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EFFETS GÉNÉRAUX DES DIVERSES ESPÈCES D'ÉVACUATIONS SANGUINES ARTIFICIELLES.
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| Ux volume suffirait à peine pour établir une discussion approfondie sur les controverses sans nombre qui ont été publiées au sujet des effets généraux des évacuations sanguines arlficielles. Quelque difficile qu'il soit, peut-être, de donner de ces effets des explications satisfaisantes, il me paraît qu’on doit les admettre comme autant de vérités médicales reconnues , dans tous les tems, par les praticiens les plus recommandables.
Ce sont les faits qu'il faut surtout consulter , eux seuls forment les fondemens indestructibles de la science ; c’est de leur ensemble, de ‘leur rapprochement, qu'il faut faire ressortir les préceptes qui doivent servir. de base au Code désiré sur. l’emploi sage et légitime des évacuations sangumes arbfcielles, 160
Il deviendrait par conséquent fort inutile
( 101 ) de faire ici mention des travaux de Sylva de Quesnay, de David, etc.,, pour et contre.
les effets généraux de la° saignée, et de rappeler les raisonnemens et les expériences de Zaller, de Borelly et de beaucoup d’ autres ; ce serait reproduire des discussions interminables , et qui sont aujourd'hui sans intérêt pour la science.
Nous nous sommes , d’ailleurs, : 1 POSÉ le devoir de ne point détourner l'attentidi des élèves par des considérations étrangères à la pratique. Il est tems de dégager la Médecine de toute métaphysique , et de préserver ceux qui l'étudient ; de ce vague qui ne produit qu'incertitude dans l’application des moyens de guérir. Il faut offrir des bases fixes, des données certaines , et
des principes fondés sur les résultats "de
Fexpérience, qui, bien saisis, puissent diriger sûrement les jeanes praticiens.
Le premier effet général d’une émission de sang ; celui qui précède tous les autres , la déplétion , alfaiblit le mouvement du sang, relâche les parois des vaisseaux , diminue leur roideur, et amène
üne déjente générale, qui rétablit Fharmonie des forces vitales.
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Un second effet général , la spoliation ; indique l’action plus spéciale de la saignée sur quelques-unes des parties conslituantes
du sang (1).
Un troisième effet général, la révulsion, a lieu lorsque les émissions sanguines sont pratiquées dans les parties les plus éloi- Guées du siège de la maladie.
Enfin , un quatrième effet général , Ja dérivation , s'opère lorsque les évacuaiions sanguines sont provoquées dans les parties voisines du siège du mal.
Le premier de ces effets généraux de la saignée , la déplétion , n’a sans doute pas besoin de preuves ; dé l'évacuation du sang résulte nécessairement le TeCOTBERIEES #4 | vaisseaux. |
Le second effet, la ipolations a été mis hors de doute par Quesnay. Peu d'instans après que le sang a été retiré des vaisseaux , il se sépare en deux parties bien distinctes , et de nature différente ; le sérum et le cruor , où parte rouge, qui Me
(1) Ut moles crassi rminuatur x diluénbibus spatiur» concedatur. ( Stoll }.
principalement le sang. C'est la fibrine qu'il
contient qui est le principal élément de la substance et de la force musculaire ; ce qui a fait si ingénieusement , et avec tant de vérité, dire au célèbre Bordeu, que le sang était de la chair coulante. La fibriñne exige, pour sa réparation , un tems plus long, des forces plus considérables que pour la réparation du sérum.
L'emploi trop fréquent des saignées amène une prédominance aqueuse dans le sang, par conséquent spoliation du cruor , qui, si elle est portée très-loin , entraîne la .diminution des forces ; delà l’état de cachexie et
toutes les maladies qui en sont la suite.
On ne peut donc contester raisonnablement Ja-spoliation ; c'est sur elle qu'est fondée la méthode de J'alsalya , dans le traitement des anévrysimes.
. Les: expériences de aller ont confirmé cé que les anciens avaient avancé touchant la: révulsion etla dérivation. La piqüre d’un vaisseau appelle dans tous ceux du woisinage un'afflux de sang : ainsi ces deux effets généraux des évacuations sanguines artificielles paraissent bien évidemment déterminer un nouvel appareil de mouvemens fluxionnaires qui contribuent eflica-
LA
( io4 ) cement à dissiper , ou du moins à affaiblir la fluxion établie auparavant.
| "15 done de la révulsion et de la dérivation est, pour ainsi dire, aussi ancienne que l’art de guérir ; elle a été généralement . adoptée depuis Hippocrate ; jusqu’au siècle de Harvey; elle était regardée comme un dogme sacré dont personne n’osait s’écarter. « Perpetuum est quod didicimus ab eo Hippocrate, incipientem fluxionem ad contraria trahendam esse ; fixam verû jam in laborante particulä quæ af- Jligitur, vel à maxime viciné.» Galién, qui cite ce passage dans son traité de la saignée, ne s'explique pas moins formellement en faveur de la révulsion et de la dérivation. Les médecins grecs et arabes, qui lui ont succédé, ont professé les mêmes principes.
Les anciens distinguaïent, avec ‘raison, deux tems dans les inflammations et les grandes douleurs; l'invasion, et l’état. Dans le, premier cas, ils ouvraient les veines éloignées pour faire révulsion ; et dans le second , celles de la partie affectée , ou celles qui éiaiente les: plus proches. |
Lorsque la douleur était fixé et violente,
Hi ppocraté
( dur ) Hippocrate irait le sang du vaisseau le plus voisin ; dans les grands maux de tête, il ouvrait pe veines dwfront ; dans l’esquipancie confirmée, celles qui sont sous la langue; dans les He des lombes , des hanches , celles du jarret et du pied. Cest conformément à cette pratique, qu'il saigna au pied, une Esclave Tdauméenne, qui, après
l'accouchement , éprouvait de grandes douleurs et des Fnen
ue nous assure n'avoir vu que trés-rarement réussir la saignée faite du côté. opposé à une douleur fixe ( pl
Riviere saïignait, en pareil cas, le bras, du côté douloureux (2}set Sydenham suivait la même pratique (3).
Ses riller faisait toujours la première sai- | gnée, du côté malades; et la seconde, le plus souvent au pied , du même côté. Mais s'il en fallait une troisième, une quatrième , il les pratiquait du côté opposé à la
douleur (4).
A 1) Obser. ehir, cent. 5, obs, SG: dj, yo (2) Obser. cent, 1, obs 19, cent. obs. 92.
(3) Op. sect. 6; cap. 3.
(4) De pleuritide ; pag: 50.
( i06 } | Un: rapporte, page 80 , une observation par liquélle il prétend prouver que la preiière saignée faite au bras, du côté doulouteux , est, non seuleien! prélérable à ‘celle du QRe opposé ,. mais même à celle du pied , quoique faite aussi du côté affecté.
Le hasard lui procura, dans le mêmetems, deux jeunes malades qui menaïent Je même genre de vie, et qui farent attaqués ensemble de pleurésie et par les mêmes causes. Îl les fit saigner dans des endroits différens. Celui qui eut la veine ouverte au bras, du côté affecté, fut bientôt guéri; il ne devint pas nécessaire de réi-
iérer l'évacuation sanguine. La saignée du pied ne procura à l'autre aucun soulagement, quoiqu'il Jui eùt été tiré une grande quantité de sang : on fut obligé d’en venir à la saignée du bras, du côté douloureux , et celle-ci calma tous les symptômes.
La guérison fut beaucoup plus lente que chez l’autre malade.
els sont les avantages reconnus de la saignée directe dans les fluxions parvenues à un état fixe (1). |
(1) Voyez, page 18, la note relative à Brissor,
* Bordeu a remarqué que le saignement L nez avait eu lieu par la narine droite, dans des circonstances où l’on avait signalé le pouls nazal, du méme côté; et vice versé (1). Don "Solano et Nikell ont consigné les mêmes remarques.
Galien nous a appris, d’après Hippocrate, que les inflammations du foie et de la rate sont guéries quelques fois par l’hémorragie du nez , pourvu qu'elle se fasse dans le premier Cas , par la narine droite, et dans le second , par la narine gauche {al
Si, malgré les lois de la circulation , k siège de la maladie apporte des modifications dans le pouls et dans les crises , il faut en conclure qu’il ne peut étre indifférent de saigner à telle ou telle partie.
… Les considérations physiologiques et pa-
thologiques ; qui précèdent , viennent donc à l'appui de la révulsion et de la dérivation : ajoutons quelques observations propres à confirmer ces effets généraux des évacuations sanguines artificielles.
1) Obser. sur le pouls, par rapport aux crises , se 109 €Ë suiv.
nee) De crisibus, lib: 5 , cap. 4
: Une fille de dix-huit ans, moins menstruée que de coutume depuis, quinze MOIS ; éprouve une | céphalalgie violente du côté gauche, qui s'étend à toute la région temporale, et même à la joue, du même côté; il y a fièvre générale ; rougeur locale et accélération du pouls du-côté malade. On saigne infructueusement au bras droit; mais six sangsues appliquées à la jambe gauche , font cesser de suite les accidens (r).
L'observation suivante m'a été fournie par mon ami, le docteur Maisonneuve.
Une jeune personne de Abu ans , d un tempérament bilioso-sanguin , qui, a la suite de veilles prolongées, avait éprouvé des maux de 1iête, quelques irrégularités dans la menstrualion, et une douleur périodique à l'œil droit, est tout - à - coup prise de coliques hystériques compliquées de babil extrême, et de chants continuels pendant cinq à’six heures chaque jour:
à cette exaltation morale succèdent la douleur de l'œil gauche et une fatigue générale; ces accidens se continuent pendant ‘deux mois, alors paraissent des accès de délire
(3) V.® Obser. de l’Aut,
pendant lesquels la malade ne reconnait personne , et débite mille extravagances ;
$es yeux sont étincelans , le timbre de sa voix devient tout particulier; cet état change subitement $et est remplacé par la perte totale de la vue. MM. Bin et Maisonneuve font pratiquer deux saignées du pied , une du bras droit, et la faculté de voir est rendu à l'œil droit; on saigne ensuite du bras gauche, et. l'œil gauche est rendu à ses fonctions. Mais à peine la cécité a-t-elle disparu, que le désordre moral s'établit, et ne cesse que pour donner de Nr place à la cécité. On revient successivement à L'ouverture des veines de chaque bras, et toujours elle procure de suite à l'œil, du côté duquel on saigne, la faculté de voir. Les docteurs Blin et Maisonneuve observérent que l'effet de la saignée était d'autant plus sûr , que le jet du sang était plus rapide, et qu'on la poussait jusqu'à dix-huit et vingt onces ; au-dessous de cette quantité à E malade pe se sentait point Ja tête aussi dégagée, et.elle ne l'était jamais Si. parfaitement que. lorsque l'émission du sang était suivie de, syncope. Un autre effet de la saignée était, de IERRORE le sommeil dont la malade,
| ( 110 } était entièrement privée pendant toute la durée de la cécité. Des évacuations sanguines , très - multipliées, ont terminé heureusement celte maladie.
La découverte de là circulation fixa , sur la dérivation et la révulsion, lattention d’un grand nombre de savans ; c’est alors que cette doctrine reçut un nouveau jour. Peudant que Brissot, Fernel, Hecquet, Sylva, Quesnay et David la proclamaient successivement dans leurs écrits, avec quelques modifications qui ne laissaient pas de produire un certain désordre, les praticiens les plus distingués, Duret, Baillou, Bouvart , Van Swieten, Lomure , Fouquet, Houllier , Stoll et beaucoup d’autres médecins, qui se sont rendus recommandables, en faisaient la base de leur pratique.
Les consultations choisies des médecins de Paris et de Montpellier, celles d’Æoffmann, Sont toutes conformes à la doctrine de la révulsion et de la dérivation. Boérhaave en fait un précepte formel par ces mots:
révellendo in partes alias, Van Swieten renchérit encore sur cét aphorisme : « post » Harveum , dit le commentateur , plurimt
( Lur ) -» spreverunt hcæc auxila tanquam inv » tilia el sanguinis, Circulation: cognilæ » repugnantia , ratione tamen et exper » rimerndis Confirmalur repulsionum uii- » litas. »
Faodis que Sydenham écrivait que la saignée du bras était nécessaire pour reinédier au flux immodéré des règles , ct pour prévenir des fausses-couches , Maurtceau, Puzos , Smellie et Lamotte faisaient uue application heureuse de ces préceptes.
La pratique , même , des détracteurs de Ja révulsion et de la dérivation , est venue confirmer ces effets généraux des évacuations sanguines. Si toute saignée n'était qu'évacuative, pourquoi verral-0n varier son emploi? Pourquoi craindrait- on la saignée du pied et les sangsues à l'anus dans le commencement d’une grossesse ?
Interrogeons les fais pathologiques, ne mettent-ils pas en évidence les résultats non équivoques de la révulsion et de Ja dérivation ? Une violente céphalalgie qui avait résisté à plusieurs saignées du bras, cède, comme par enchantement, à une saignée du pied, et des règles , supprimées depuis long-tems, sont à lnistant