RES PRÉFACE
‘Au reste, S'il devient peu intéressant d'assioner l'origine précise des pre- mières | ÉMISSIONS sanguines artificielles , ainsi que les causes qui y ont donné lièw, peut-être le serait-1l davantage de jeter un coup d'œil rapide sur l’emploi de ces moyens de guérison, depuis Hippocrate jusqu'à nous? L'histoire de l’art nous apprend que les disciples les plus distinoués de ce grand homme, Dioclès et Praxagore, pratiquérent avec zèle la saisnée, mais que bientôt après, Chrysippe ef Erasistrate, qui acquirent une haute réputation, se déclarérent contre elle.
Les successeurs de ces médecins ,répandus dans les contrées de l'Empire romain , apportèrent les uns , la doctrine d'Hippocrate , les autres , celle de Chrysippe et d'Erasistrate. Chacun suivait .
une méthode particulicre , lorsque vers le milieu du 39° siècle , parut Asclepiade :
il rejeta tous les remedes évacuans et surtout la saignée. Cependant Yhémison, guivécut de son tems , tout en adoptant
la théorie d’Asclepiade , ne proscrivit point les évacuations sanguines: il passe
| PRÉFACE. Ar xx} PES à ul F £ NOTA pour le premier médecin. de 1 antiquité ui ait parlé des sanssues. Ab à © q Pa Mr] | Les ouvrages de Celse nous apprennent que de son tems, on saisnait méme les petits enfans , les vieillards, les femmes enceintes, et qu'on avait 3 4 0 ; plus d'égard aux forces vitales qu'à toute autre circonstance. #
Cælius Aurélianus parle de la saignée et des sangsues , qui étaient, dit-il ,employées dans la vue de relächer les parties trop tendues. Aretée de Capadoce confirme cette doctrine. Sévere, Antylus et Appollonias pratiquent l'artériotomie et les scarifications.
Galien, qui exercait la médecine à Ÿ ü \
. Rome , sous le règne de Marc-Aurèle,
se déclare pour les principes d'Hippo-
crate; 4 saisnait même plus souvent
que lut.
Les successeurs de Galien, Oribase, Ætius |, Alexandre de Tralles, Paul d'Egine, parmi les Grecs; Mesué, Sérapion , Khases , Avicenne , Avenzoar , Averrhoës , Albucasis parmi les Arabes, adoptent lu pratique de ce grand maïtre.
xxi] | PRÉFACE.
Les écoles de Salerne , de Montpellier ,
de Paris, imitent leur exemple.
Tel était l'état de la pratique lorsque parut la secte des chymistes. La méthode hippocratique fut bientôt abandonnée , la saionée proscrite , et l’art de guérir fit alors des pas rétrogrades.
La découverte de la circulation, par Harvée , n'avait point encore changé cet état de Whnsers lorsque Bellimi , médecin italien ; fonda sur elle la pratique des différentes sortes de Sargnées.
C’est alors que la doctrine de la révulsion et de la dériwation, avouée par Hippocrate , Galien et leurs successeurs, trouva des partisans et des détracteurs.
Qui n'a point, avec r gret , pris Cconnaissance des Hisbutes qu'on vit s'élever dans les tems (1)?
(1) Ces disputes devinrent des plus vives au commencement du 16% siècle. Les anciens n’avaient jamais eu recours à la saignée du pied , dans l'inflimmation de la plèvre et du poumon , ils lui avaient toujours préféré l'ouverture des veines du. bras du côté malade , ce qu’ils appelaient la saignée directe; cependant, vers le 8% siècle, quelques médecins ce entr'autres Ayicenne, portèrent atteinte à
PRÉFACE, | xxij . Parmi les médecins distingués, qui
se présentérent dans l'arène , on remar- Pa »
la doctrine d’Hippocrate et de Galien, et firentadopter presque généralement la saignée du pied dans les inflammations de poitrine, avec la recommandation de ne laisser couler le sang que lentement et goutte à goutte. Cette méthode prévalut jusqu’au 16.% siècle. Brissot , médecin de Paris, fut le premier qui osa s’opposer à cette pratique. Voici comme Moreau s'exprime dans la vie qu’il nous a laissée de ce médecin : « Frappé » des inconvéniens de la saignée du pied , ou de celle » faite du côté opposé à la douleur, Brissot se mit » à examiner la doctrine d'Hippocrate et de Galien, » et cet examen le convainquit qu’elle était entiè— » rement contraire à la pratique régnante , introduite » par les arabes. Pénétré de cette vérité, il hasarda » de faire saigner quelques pleurétiques du côté de » la douleur; cette méthode lui réussit, et il ne cessa » dès —lors de s'élever contre celle des arabes. Il » publia hautement la doctrine d'Hippocrate et de » Galien , il réprouva la pratique reçue, exalta la » nouvelle, ou plutôt FPancienne , interrompue par » les barbares. Il parla, enfin, avec tant de force et » de clarté, qu'il y eut peu de ses disciples qui ne » louassent sa doctrine ; mais à peine s’en trouvait- » il un qui eut le courage de la suivre, Sur ces » entrefaites, une pleurésie épidémique , très-dan= » gereuse , vint sévir aux environs de Paris. Un des » disciples de Brissot, qui fut envoyé dans.la banlieue » pour y traiter cette maladie , saigna toujours du » côté de la douleur, et le fit avec tant de succés, » qu'il guérit tous ses malades. Il s’en trouvait plu- » sieurs de mourans parmi eux, et d'autres qui lan » guissaient depuis long-tems, pour avoir été saignés » du côté opposé. Brissot nous apprend que ce jeune » médecin s’acquit une grande réputation, dont il 4 vint jouir ensuite dans Ja Capitale. »
AIME: | ON REPATE:
que au premier rang ; Deheyde, Æder, Hamberger et Haller. Les expériences artificielles, et les ‘calculs furent entassés pour prouver , évaluer ou combattre les effets généraux des évacuations sanguines artificielles.
On sait maintenant quelle foi on peut ajouter. à des théories fondées. sur de semblables expériences. La méthode analytique introduite dans l'étude de la science médicale, nous mettra désor:
mais à l'abri des écarts de nos prédécesseurs. En admettant la doctrine de la dérivation dans le sens que lui donnatt Hippocrate , C'est déclarer qu'on s'en tient à la stricte observation des faits, c’est établir, comme principe fondamental , que dans le iraïtement des.
maladies , on doit, à l'exemple de ce.
grand homme , avoir pour but d'imiter,
de favoriser ou de diriger convenable-.
ment les efforts conservaieurs de la nulure.
net Écrans