‹ Traité élémentaire sur l'emploi légitime et méthodique des émissions sanguines dans l'art de guérir. Avec application des principes à chaque maladieChapitre 7 sur 77 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

NYT est en général difficile de remonter à l'origine des connaissances humaines , il ne l’est pas moins d'en suiwre la marche et d'en sisnaler les progres.

A peine l'homme a-t-il existé, qu'il a dû recevoir l'influence de tous les agens extérieurs capables d’aliérer sa santé. Le retour des accidens dut éveiller son attention et sa sollicitude ; delà l'observation des maladies et les tâtonnemens de l'expérience dans l'application des moyens de soulagement.

On eut sans doute, des le premier âge, l'occasion fréquente d'observer des hémorragies naturelles qui guérirent quelques malades , et on dut étre conduit à aniter la nature.

Cependant un voile impénétrable couvre l'origine des premieres émissions sanouines artificielles |

La première saignée dont l'histoire

x L'UCRIPRAEXCES fasse mention, fut faite à la fille du roi Dametus , par Podalyre, à son retour.

du siege M UTO SÙ Ton en croi Etienne de Bysance, le succès de ce moyen fut si heureux , que le Monarque récompense le médecin d'une) mani libérale, en lui donnant sa fille en mariage, avec la Chersonése pour dot:

mais Ce fait, en le supposant vrai ,

n'établit pas même la présomption qué ce soit la premiere saionée "4H ait êté pratiquée.

Ce que l’on sait de plus certain, c'est que du tems: d'Hippocrate, l'ouverture des veines était devenue tres-fanuliere.

Ce qui pourra méme paraître étonnant , c'est que l'artériotomie ait été employée ausst anciennernent que la phlébotomie ; $ et il est bien probable que ces opérations, pour étre parvenues au point de perfection où elles étaient alors , avaient dû être pratiquées long-tems auparavant.

Mais crotra-t-on que ce soit aux piqûres des sangsues, faites accidentellement aux animaux , qu'on puisse étre redevable de l'idée des premières évacuations sanguines artificielles ? Le silence que le père de la médecine garde

PRÉFACE. Ci xvij

sur L emplot de ce moyen, ne doit-il pas faire présumer, qu ‘il n'était point

alors connu ; puisque Thémison qut £2

- paru long-tems apres lut, passe pour étre

le premier qui ait parlé de Sangsues | ?

Ne pouvant fixer l'origine des diverses évacuations sanguines artificielles, fautü se livrer à une discussion relative aux circonstances qui ont dû conduire à leur emploi ? Voudrons nous croire, avec Pline, souvent ami du merveilleux, que la saignée a été susgérée par le éhevcls marin, Qué, lorsqu'il il est suffoqué par le sang , se frotte à des roseaux ,.per

une Certaine quantité de ce MARS et ferme ensuite les plaies en se Loutant

sur le limon ?

ÆAjouterons nous foi à la tradition superstitieuse des Lgyptiens? {ls réclament l'invention L la, saignée et disent qu ‘on est sanguin dans leur pays, parce qu'on y boit l’eau du “Ni, qui se convertit en Ssang, effet qu'ils attribuent à l’eau de ce fleuve , depuis que Moïse à none en sang toutes Sotes

de l'Ecypte (1)?

€r) Prosp. Alp. de: med, Ægypt., Hb 2, cap. à. | 2

xvii] PRÉFACE.

Pourquoi, dit avec raison Dujardin {1}, l'indication de la saignée n'aurait -elle pas frappé les hommes aussitôt et méme plutôt que celle de la purgation ? Des nations plongées dans la barbarie, sans con- naître ce dernier remède, faisaient usage de la saignée. Dés que les negres de la Guinée croyatent s'apercevoir qu'ils avaient trop de sang, 1ls se donnaient un coup de Couteau, sans distinction d'aucune partie du corps, et laissaient couler le sang ausst lons-tems qu’ils le jugeaient convenable. Ensuite ils lavaient La blessure avec l’eau fraîche, et la couvraient de quelques morceaux de linge (2).

: À Tuaiti, les sauvages étaient aussi dans l'usage de la saisnée. Un Taoua, c'est-à-dire , un médecin prêtre, frappait avec un morceau de bois tranchant sur de crâne du malade , il ouvrait par ce moyen la veine que nous nommons sagittale, et lorsqu'il en était sorti la quantité de sang qu'il estimait nécessaire, ül ceisnait la tête d'un bandeau (3),

(1) Hist. de la chirurg. , pag. 126.

(2) Hist. génér. des voyag., tom. 4, pag, 147. (5) Voyage autour du Monde, par Bouganville.

PRÉFACE. . V'uIR

n faut sous ces rapports , considérer Torigine des énussions sanguines article, Le hasard3 autant que l'observation, avait appris qu ‘a tel ou tel endroit zl passait une veine , et on en arr la’ section.

Les Scythes , un des plus anciens s peuples du monde, et peut-être un des plus barbares , SR ONE très-peu de remedes, mais la saisnée était du nombre:

Lorsqu' ils étatent malades, leur coutume était de se couper une veine derriere l'oreille, et de laisser couler le sang

L Jusqu'à ce qu'ils tombassent dans une

espece de sommeil léthars cique.

Croyons donc que des l'enfance de l'art, des hommes observateurs ne per dirent pas de vue les avantages des hémorragies nazales, du flux hémorroidal et de la menstruation; qu'ils furent témoins que le sans coulait sans danger des plaies qui intéressaient des “vaisseaux superficiels situés immédiatement sous la peau, remarquables par leur saillie et leur couleur bleuätre, et

alors ü sera facile de concevoir qu'ils

‘aient osé en pratiquer l'ouverture.

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