‹ Traité élémentaire théorique et pratique de l'art de la danseChapitre 17 sur 19 · PREMIERS EXERCICES · texte numérisé non relu

PREMIERS EXERCICES

Premières Positions.

Dans la première on doit avoir les jambes fort Rendues, les deux talons l'un près de l'autre, et les pieds en-dehors également. V. la fig. i, pi. I. Dans la seconde position les deux janJjes sont écartées, mais seidement de la longueur du pied. V. la fig. 3, pi, 11. A la iroisiciue les pieds sont croisés à mpitié et se touchent. V. la fig. 3 , pi. 1. La quatrième position est à-peu-près la même que les précédentes , excepté que les pieds se croisent sans se toucher. V. la fig. i , pi. IL A la cinquième les pieds sont croisés en entier. V. la fig. 4, pi. ï.

On doit ployer les genoux dans toutes ces positions, sans jamais lever les talons de terre. V. la fig. 4 , pi. 11. Pour donner de la souplesse et de la force aux coude^pieds , on doit exécuter toutes ces positions sur les pointes. Voyez la fig. 5, pi. I, et la fig. 5, pi. 11.

Battements.

Battements. Mouvemens en l'air que Ton fait d'une jambe, pendant que le corps est posé sur l'autre. Il y en a de trob sortes, qui sont: les

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grands-battements i les petits-hattementSt tt \é% petits-battements sur le coude-pied.

Les grands-battements se font en détachant et en portant la jambe tendue jusqu'à la hautenr de la hanche. V. la fig. 5, pi. II. Celte même figure vous démontre de quelle mamère on doit s'exercer en se tenant. Après le mouvement du battement ^ la jambe retombe k la cinquième position d'où die est partie. On les croise detant et derrière. Les grands-bàttements vous toumerom entièrement, et donneront de la facilité aux nioiivements des hanches pour les déveîoppemeuls et pour l'exécution des grands-temps (i).

Les petits-battements se font de la même rainicre, excepte qu'au lieu de lever la jambe à la seconde en l'air, il faut que le dégagement soit petit , et que la pointe ne (piitte point terre. Ces battements délieront les jambes, parce que l'clcve sera obligé de doubler le temps et le mouYCmenu

Les petits-battements sur le coude-pied. La hanche et le genou forment et disposent ces niouvcnicnsj la hanche conduit la cuisse pour s'éca^ ter ou pour s'approcher; et le genou par sa flexion foiTne le battement en croisant le bas de la jambe soit devant, soit derrière l'autre jambe qui est

(i) On fait aussi des grands-batlementt en avant et ea arrière. En avant, la jambe doit arriver à la mime position qu'offre la fig. i et l de la pi. IV. En arrière, 1» position est celle de la fig. 5 de la racine planche.

poj^e i terre. Supposez donc que v(yi5 sover «ur le pied gsuche, la joi^e droiie à la second'; et la poiniû appuyée k icrre , il faut la crober devcnt la gauche, eu pliant le genou, et l'étendre en l'ouvrant i cô'é ,' plier du mén^e-temps le genou en croisant denière , puis l'éiendrc à côté, et continuer à faire plusieurs de ces batteraens de suite. DouL'ez peu-à-peu le mouvement jusqu'à ce que vous soyez parvenu, avec le lenaps » à les faire aussi vile qu'on ne puisse les compter. Ces battements sont d'un très-joli efïet, et ils donnent de la vivacité et du brillant aux jambes (i).

RoND-nE-JAMBES.

Pour commencer à faire les rond-Je-janihes en dehors^ placez-vous dans la même position que

.vous prenez en commençant les petits-battements. Supposons la jambe gauche à leire et JUi droite à la seconde; faites décrire à celle-ci un demi-cercle en anière, qui se termine à la première posi-

.tion; il faut que de là il continue et achève le lond,

• en finissant à l'endroit d'où il est parti j c'est co que nous appelions rond-de-jambes.

' Les rond-de-jainbes en dedans se commencent à la même position, et la jambe au lieu de décrire \m cercle , en le commençant en arrière.

(r) Ces petit» battements doivent aussi »e faire en «' élevant «ur la pointe.

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doit le commencer en avant Après. cela on doit exécuter les rond-de-jambes en l'air que l'on fait en ëtant placé sur la pointe du pied qui porte le corps (i). .

On doit s'exercer d'abord en se tenant, et faire tous les exercices dont j'ai parlé, aussi bien d'une jambe que de l'autre. Après ce travail on répète les mêmes-temps sans se tenir, pour acquérir l'équilibre cl l'aplomb , qualités essentielles à un bon

(i) J'ajoute ici une remarque sur la manière de mar« cher; chose très-ulile h un danseur, dont la plupart ignorent ou ne'gligent les principes, tout en dansant, ou en se présentant au public. C'est un grand défaut au théâtre, et qui choque les spectateurs^ car il leurs fait perdre la charmante illusion de la danse, par la manière désa< gre'able dont on marche dans les momens de repos ou dans l'instant que l'on se présente au public, pour l'exécution du pas.

La manière de bien marcher est très-utile, parce quç d'elle dépendent les premiers principes que la daoie inspire, qui est le bon air. Les jambes doivent êlre fort étcudues dans leur temps, les hanches fort tournées en dehors, parce que les autres parties inférieures se tournent d'elles-mêmes, ce qui est incontestable. Le pas ne doit avoir que la longueur du pied. Ne mettez point de roideur dans le mouvement des jambes, et ne les écartci pas. Il faut aussi donner I» sa manière de marcher un temps qui ue soit ni trop vite ni trop lent. Ces deux extrémités choqueraient. Ayez la tète droite et la ceinture Icrme ; c'est par ce moyen que le corps se maintiendra dans une situation avantageuse, et ne dandinera point. Avancez la poitrine, et laissez tomber les bras naturellemente à côté du corps. Pour ce qui regarde la position naturelle des bras voyez le ch. IV, n. (i), p. 57.

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«îanseur. Par cette manière de «'exercer on gagne de la force et les moyens de réussir dans rexécutioo de tous les pas. Le danseur doit répëter tous les jours ces exercices et ne jamais les négliger, crainte d'afibiLlir son exécution. Eusslez-vous le talent de Gossclin (i), vous devez étudier sans cesse.

Je vais ajouter à la fm de ces exercices du danseur, une remarque et un conseil rjue je crol» ponvoir être fort utiles aux jeunes élèves , qui ayant déjà mis en usage les principes de la danse, s'adonneront à. la composition des pas.

Pour s'exercer et pour hâter les progrès dan» la composition de la danse, pourquoi nos jeunes élèves ne suiveraient-ils pas l'exemple de Dupré? Cet artiste, qui avait l'IiaLiiude de danser en improvisant, sur des airs inconnus , pour former son imagination à innover des pas et des euchaîuemcns, et pour habituer son oreille à saisir promplement le mouvement et le rythme de la musique.

Ce travail serait infiniment utile et servirait k développer le génie du jeune danseur. Ses prcr nacres compositions manqueraient, sans doute, de concction, et parfois de grâce, mais après avoir

(i) Aucun danseur ni danseuse n'a autant approclé de la pcifcclion de la danse, comme M.Ue Gossclin, aussi elle dansjiit comme un ange (a). Il n'y a que lioi* ans que cette jeune artiste n'est plus.

(a) Le Josepin disait ; nout autres nous peignons comme de> hommes j U Guide peini comme un Ange.

formé le canevas; pour ainsi dire; du pa$^ il pourrait ensuite le corriger , et y faire tous lei changemens convenables. Je nie suis souvent plu il improviser, et j'ai 016 asser heureux quelquefois pour produire des choses passnhles ; j'ohtins par | col exercice Iieaucoup plus do faclliié pour coraposer des pas que je devais exécuter en public; ayant surtout quelque peu do temps pour Ici mieux coiiJjiner en les perfectionnant.

M. Gardel, en me parlant 'de nos anciens artistes, me vanta cette manière de danser de Dupré, qui tout en se formant un excellent danseur, donnait un plus grand essor à son génie: ce conseil me frappa, je m'y attachai, et j'en fis l'essai sou» les yeux de mon père. Pendant qu'il improvisait aur le piano-forte , je tâchais de suivre ses inten« lions musicales, et de former des pas sur ses notes. Après quelque temps enqiluvé k cet exercice, je ma risquai h essayer des pas de deux , de trois , Vèglcs de cette manière, sur les juéuies motifs, dans ies opéras A'Omphale ^ d'Jc/iille, de Dir hutade ^ etc.; ces essais eiu-ent le bonheur de m pas déplaire.

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