‹ Traité élémentaire théorique et pratique de l'art de la danseChapitre 7 sur 19 · ÉTUDE DES BRAS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES BRAS

JLiA position, les oppositions (i), et sur-

(i) « De tous les raouTemens qui se font « en dansaDt , c'est l'opposition où contraste c du bras au pied , qui nous est la plus na- « turelle , et à laquelle on fait le moins d'at- « tention.

« Par exemple, regardez marcher différentes « personnes, vous verrez que lorsqu'elles portent « le pied droit en avant, ce sera le bras gau- « che qui s'opposera naturellement; ce qui me c parait être une règle certaine. C'est de cette H même règle que les habiles danseurs ont « conduit leurs bras; l'opposition du bras au « pied , qui est , que lorsque vous avez lo « pied droit devant , c'est le bras gauche qui « doit être opposé (a). »

(a) Il nous semble que l'explication de l'Opposition, donnée par Noverre , dont nous nous faisons ici une juste autorité , ne pre'sente pas toute la clarté que ce sujet exige. Aussi l'avons nous vue toujours être elletnéoie un objet de controverse parmi Us artiste«.

tout les mouvemens ou le port des bras (i)^

sont, peut-être, les parties les plus difficiles

(i) Mouvemens des bras.

Lo mouvement du poignet so prend do deux manières I savoir du haut en bas, et du bas en haut. Lorsque vous voulez prendre du baut cd bas, il faut laisser plier le poignet en dedans, faisant un rond de la main , qui de ce même mouvement se remet dans la première siiua» tion où elle ëtait : mais il faut prendre garde de ne point trop plier le poignet ; car il paraîtrait cassé. Quant au second mouvement, qui se prend du bas en baut, il faut plier le poignet en l'arrondissant , puis laisser retourner la main en baut, faisant un demi-tour, et

Essayons de la rendre moins obscure. L'opposition d'une partie d'un corps solide quelconque, qui se nicut, , à une autre partie, est une loi dVquilibre qui divise les forces gravitantes. C'est ce que nous dit Noverre dans l'exemple qu'il apporte de la marche de riiomnie: I ainsi quand il ajoute que Y Opposition est, lorsque l'iioni- ,' me, on le danseur, a le pied droit devant, c'est-îi-dire ,' qu'il le porte en avant, il veut indiquer, que le Irai ) gauche doit, pour balancer la déclinaison de la ligne [■ du centre de gravite , se porter en raêmc-temps en avant} |j ce qui donne de plus au danseur infiniment de grâce, parce qu'il «loit toujours éviter l'uniformité des lignes, comme la peinture le recommande k ses élèves. ( Voyei Exem. d'oppos., fig. 3, pi. \, fig. /{, pi. IV; toutes le» figures, pi. VIIl ).

de la danse , et qui demandent un grand

par ce mouvement la mata se trouve à la pre* mière position des bras.

Le coude , comme le poignet , a son mouvement de haut en bas , et do bas en haut ; avec cette différence , que lorsque vous plieis les coudes, les poignets les accompagnent; ce qui empêche que les bras ne soient roides, et ce qui leur donne beaucoup de grâce. Néanmoins il ne faut pas tant plier le poignet, parce qu'il paraîtrait outré , et il en est de même des jambes , quand vous pliez le genou j c'est le coude-pied qui achève le mouvement , en relevant le pas ; et il en est de même du coude avec le poignet.

Ainsi pour les mouvoir de haut en bas , les bras étant placés , il faut plier le coude et le poignet: et lorsque les bras sont plies, vous achevez de les étendre. Ensuite ils se remettent dans la situation où ils étaient. Lorsque vous prenez un mouvement des poignets, ils doivent se plier et s'étendre de même que lorsqu'ils se plient avec les coudes.

Quant au second mouvement qui se prend de bas en haut, les mains se trouvant en dessous , il faut plier les poignets et les coudes , en faisant seulement un cercle , et en observant que les deux bras doivent se plier également l'un contre l'autre, et revenir à leur premièi;e attitude.

travail , et un soin extrême. Le danseur qui placera bien ses bras , et qui les fera mouvoir gracieusement , selon toutes les règles ^ de l'art , décèlera une bonne e'cole , et l'exécution de sa danse sera accomplie (i).

Si la nature ne vous a point favorise',

(i) Très-peu de danseurs se sont dislingiics par la belle manière de faire agir les bras. Cela provient et de la médiocrité des principe» qu'ont reçu les élèves, ou de leur négligence, parce qu'ils croyent qu'en ayant une brillaole exécution des jambes , ils peuvent se passer du bel ornement des bras , et s'exempter les difficultés de l'étude qu'ils exigent. Ces faiblej artistes se trompent; ils seront justement appréciés , et ne serviront qu'à grossir la foule des danseurs imparfaits. 11 ne s'agit pas seule* ment de danser avec les jambes ; il faut aussi danser avec les bras et avec le corps.

x Les bras qui accompagnent bien le corps « en dansant f font comme la bordure fait à « un tableau : car si elle n'est faite de façon « qu'elle puisse convenir au tableau , quelque « beau qu'il, soit, il n'est pas si apparent: « ainsi, quelque bien qu'un danseur fasse les «t pas, s'il n'a pas les bras doux et gracieux, « sa danse ne paraîtra pas animée, et par con- « séquent fera le même effet que le tableau " hors de sa bordure. »

6t en vous donnant de beaux bras arrondis et bien laits, vous, ne sauriez alors trop vous livrer à l'e'tude, pour la forcer de suppléer à ses dons : mais par un exercice re'fle'chi vous pourrez parvenir à donner de 1 élégance, de la grâce à des bras maigres, et vous ferez môme disparaître leur longueur, en sachant les arrondir avec art (i). Un bon danseur doit tout entreprendre pour corriger, ou pour cacher les défauts de sa construction j c'est un des talens que doit posse'der celui qui veut me'riter d'être range' parmi les artistes. Il faut que les brus soyent sans cesse arrondis tellement , que la pointe des coudes soit invisible ; sans cela , ils formeraient des angles , qui leur enlèveraient la grâce et le contour moelleux, qu'ils doivent toujours présenter; au lieu des lignes droites , obliques , ou courbées en demi-cercle {2), nous n'en verrions

(i) 11 faut aussi savoir placer ses bras selon sa construction physique. Si le danseur a la taille courte, il doit porter en général ses bras plus haut que ne l'indiquent les règles reçues; et, s'il a la taille longue, ils doivent être placé» plus bas qu'à l'ordinaire.

(a) Voyez la plan. I, Cg. i , 4 ^^ ^-

que d'angulaires, et dt^pourvue» d'dl<^gance(i). Le danseur qui serait placé de cette ma-, uiôre ^ l'dpugnerait au bon goût ; et ses positions , ses attitudes , devenues grotesques et caricatures , seraient un objet de ridicule pour le dessinateur.

La saignée (2) doit être au niveau du creux de la main. Soutenez les poignets , et ne les pliez pas trop ; car ils paraîtraient casse's; l'épaule doit être basse et toujours immobile; les coudes soutenus , et les doigts seront gracieusement reunis et groupes. 11 faut que la position et le port des bras se montrent avec aisance et avec douceur. Bannissez-en la roideur , et ne les abandonnez jamais à des mouvemens exage'res.

Ne les faites point mouvoir par secousses, ni par saccades , ce serait un grand défaut qui dégraderait l'artiste le plur parfait dans l'exercice de ses jambes.

(i) Voyez la plan. III , fig. i , a et 3.

(2) Nous devrions dire le Point de réunion de V humérus ou avant-bras, avec le radius ou le bras, mais nos élèves le connaissent mieux par la désignation de la Saignée.

Simple position des bras , fig. i ', pi. I. . Position du poignet et des doigts , fig. i ,

pi. I.

Bras à la seconde , fig. i , pi. L Bras en opposition , fig. 4 » pl» l* Bras Arrondis au-dessus de la tête, fig. 5,

pi.i.

Demi-bras , fig. 2 , pi. II.

Opposition des demi-bras , fig. 3 , pi. I.

Positions des bras dans les différentes at>

titudes, plane. V, VI, VII, VIII et IX. Positions des bras dans les arabesques ,

pi. X, XI et XII.

NB. On doit remarquer que dans les arabesques la position des bras s'écarte de la règle commune, et c'est au goût du danseur à savoir les placer le plus gracieusement possible.

Position de la main dans différentes attitudes et dans les arabesques , fig. 5 > plane. V.

Positions défectueuses des bras , fig. i y 2 et 3 , plane. III.

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