‹ Traité élémentaire théorique et pratique de l'art de la danseChapitre 6 sur 19 · ÉTUDE DU CORPS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DU CORPS

Il faut que le corps soit toujours droit, et d'aplomb sur les jambes , excepte dans quelques attitudes, et priucipalement dans les arabesques , où il faut le pencher , le jetter en avant ou en arrière , selon la position ; cependant il faut qu'il se trouve sans cesse assis sur les lianches , en équilibre sur ses pivots. Faites ressortir la poitrine , rentrez le plus que vous pourrez la ceinture, cambrez-vous un peu, et ralVerinissez les reins (i); il faut que les épaules

(i) « On ne peut être excellent danseur, ■ « sans être ferme sur ses reins, eût-on même « toutes les qualiics esseuiielles à la perfection « de cet art. Celle force est, sans contredit, « un don de la nature. IN'est-ellc pas cultivée « par les soins d'un maître habile ? Elle cesse « dès-lors d'être utile. Nous voyons journelie- • nient des danseurs fort vigoureux , qui n'ont

soyent basses, que la tôte soit élevée, et que le regard soit aimable. . .

Le danseur," pour se rendre agre'able à

« ni aplomb, ni fermetë, et dont rexécution « est déhanchée. Nous en rencontroos d'autres , « au contraire, qui n'étant point nés avec cette « force, sont, pour ainsi dire, assis solide- « ment sur leurs hanches, qui ont la ceinture i« assurée et les reins fermes. L'art chez eux « a suppléé à la nature , parce qu'ils ont eu « le honlieur de rencontrer d'excellens maîtres , « qui leur ont démontré que lorsqu'on aban- « donne les reins., il est impossible de se sou- « tenir dans une ligne droite et perpeudicu- .« laire ; que l'on se dessine de mauvais goût» ■« que la vacillation et l'instabilité de cette . partie s'opposent diV aplomb et à la fermeté j ■« qu'ils impriment un défaut désagréahle dans '« la ceinture; que l'affaissement du corps ôte ,« aux parties inférieures la liberté dont elles * ont besoin pour se mouvoir avec aisance ; «-que le corps dans cette situation est comme « indéterminé dans sa position j qu'il entraîne. « souvent les jambes; qu'il perd à chaque ins- « tant le centre de gravité , et qu'il ne re- « trouve enHn son équilibre qu'après des ef- « forts et des contorsions , qui ne peuvent «( s'associer aux mouYsmcns gracieux de la » danse. »

l'œil du spectateur , doit toujours , sans af-

fectation manièrëe cependant, se coniplaire lui-mérae dans son maintien , dans la tournure de son corps, dans l'heureux développement de ses membres, et dans l'élégance de ses positions ; on lui saura grë du soin qu'il prendra à faire briller en lui tous ces avantages.

Un beau-haut du corps est une des parties essentielles qui constitue le mérite de l'artiste. Effacez votre buste (i) avec élégance , donnez-lui , dans ses oppositions et dans ses mouvemens , de la grâce , de la souplesse , de l'abandon , sans jamais lui faire perdre la beauté' de sa pose , en conservant rigoureusement la pureté' du dessin.

Les épaules , la tôte et le buste , doivent être soutenus , et ornés par les mouvemens des bras , et ils doivent les suivre avec grâce , pour que tout l'ensemble présente une agréable harmonie (2).

(i) Les statuaires, les peintres, les antiquaires donnent à celte partie supérieure du corps le nom de Torse; mais nous sommes obligés ici de nous servir des termes usités le plus généralement dans nos écoles de danse.

(2) Les mouvemens des jambes, comme l'ap*

Dans rexëcutîoQ des pas. Il faut que le corps soit tranquille , inébranlable , ferme , sans roideur , mais flexible suivant tous les mouvemens des jambes et des bras. Celui qui pendant sa danse ferait mouvoir le corps par secousses , qui hausserait ses épaules par le contre-coup des jambes , qui plierait ou lâcherait les reins , pour faciliter l'exécution des temps , et qui , par les grimaces de sa Bgure, nous démontrerait toute la peine que lui coûte son travail, serait un objet absolument ridicule; le nom de groltesque lui sie'rait mieux que celui de danseur (i).

prend le chapitre précèdent, doivent nécessairemcut participer de cet ensemble harmonieux.

(i) J'ai été souvent témoin de ce désordre, et il doit être attribué à la négligence des maîtres , qui livrent trop tôt leurs écoliers à eux-mêmes, et qui s'empressent de les voir se montrer sur le théâtre, avant d'avoir accompli leurs études.

Quelquefois aussi le public , par de trop complaisans applaudissements , ou par défaut de connaissances et de goût, augmente la tourbe de cette espèce de sauteurs, qui se persuade

Simple position du corps , fig. i, pi. I.

Épaulement, opposition du corps , fig. 3

et 4 î pï- '• Positions du corps dan^ les poses , et dans

les différentes attitudes , plaac. V , VI ,

VII , VIII et IX.

Positions du corps dans les arabesques ^ . plane. X, XI et XII.

NB. Dans les arabesques, le corps s'éloigne de la perpendiculaire, et doit se pencher avec un agréable abandon. , .•

avoir atteint le but de l'art, parce

«Que le vulgaire s'extasie

«Aux tours de force, aux entrechats!..?*.*

VHospitaL On devrait bannir de la scène ces méchants danseurs, qui n'ont d'autre talent que celui d'entretenir le mauvais goût.

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