‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 104 sur 260 · Phot. Miltheilungen, 1880, p · texte numérisé non relu

Phot. Miltheilungen, 1880, p

Phot. Correspondenz, 1880, p. 38.

PKÉPAUATIOX DU PAPIER. 143

On choisit (lu papier assez fort de 10 à 12 kilogrammes à la rame l)0Lir le format raisin. Pour les petites épreuves, on emploie le papier glacé ; pour les grands paysages, les reproductions de grande dimension, pour les images destinées à être peintes ou coloriées au i)astel, on se servira de papier à gros grain, ou du moins de papier l)int des papeteries avant le satinage. L'usine de Rives (Isère ) ral)i i(iue un excellent papier pour ce genre de préparation. On fait subir au papier un encollage préalable pour en boucher les pores, rimage se forme alors à la surface de la feuille et conserve ainsi toute la linesse du négatif; on se sert soit de gélatine, soit d'arrowroot.

On choisit des i)apiers ne contenant pas d'outremer, car dans les bains d'acide chlorhydrique cette substance serait décomposée et Jaunirait la pâte (bi i)apier: celle-ci doit être colorée par le bleu de cobalt ou smalt.

La nature de l'encollage permet d'obtenir des teintes variées ; avec la gélatine, les tons de la photocopie sont d'un noir bleuâtre; avec l'arrow-i'ool , les tons sont d'un noir tirant sur le brun. Le papier (|ue l'on vend dans le commerce, sous le nom de papier sépia, est prél)aré à l'aide de ce dernier encollage. On l'obtient en broyant 10 grammes d arruw-root avec de l'eau, on jette la bouillie dans 800 c. c. d'eau bouillante, on fait l)()uillir pendant quelques minutes, on retire (bi feu, on ajoute 200 c. c. d'alcool, puis on verse dans une cuvette.

L'encollage à la gélatine se prépare en faisant dissoudre 10 grammes de gélatine dans 600 c. c. d'eau, on ajoute à cette solution o grammes (Talun dissous dans 200 c. c. d'eau, on additionne ce liquide de 200 c. c. d'alcool. Cette solution s'emploie à la température de 20^. On peu! (Miiployer. ;iu lieu de gélatine, une dissolution de gélose (algues (bi »lai)on). Dans ce but, on fait dissoudre 3 grammes de gélose dans .'^2.") c. c. d'eau pure: on iiltre sur une mousseline, après avoir ajouté c. c. d'alcool. L'addition d'alcool est utile pour empêcher la formation des bulles d'air qui, sans cette précaution, se produiraient en graïul nombre dans la cuvette.

Quelle (jue soit la fornmle employée, la préparation du papier est la même. On plonge d'abord les feuilles de papier une à une dans la dissolution sur la face où l'on veut que l'épreuve soit reproduite en commeiu;ant par un des petits côtés de la feuille, on fait ensuite disparaître au moyen d'un pinceau les bulles d'air qui adhèrent au pai)ier. on retire lentement la feuille, on la retourne et on la

plonge de nouveau dans l'encollage. Cette opération peut s'exécuter sur une série de feuilles que l'on plonge en même temps dans une cuvette contenant une hauteur suffisante de liquide pour que toutes les feuilles soient complètement immergées. Au bout de deux ou trois minutes, on retire les feuilles et on les suspend avec des pinces à des cordes pour les faire sécher. On leur fait subir ensuite une deuxième immersion dans le bain d'encollage, mais on a soin, en les faisant sécher, de mettre en haut la partie qui était en bas dans la première opération. Le séchage doit s'effectuer rapidement. En hiver, on activera cette opération en exposant les feuilles à la chaleur d'un poêle. Lorsque les papiers sont secs, on les conserve indéfiniment à l'abri de la poussière et de l'humidité.

618 Sensibilisation du papier. — Cette opération s'exécute à l'aide d'un bain préparé par le mélange de quatre dissolutions que nous désignons par les lettres A, B, C, D.

A. On fait dissoudre 10 grammes de chloroplatinite de potasse dans 60 c. c. d'eau ;

B. Dans 100 c. c. d'eau, on fait dissoudre 40 grammes d'oxalate sodico-ferrique et 3 grammes de glycérine, on filtre soigneusement cette dissolution ;

C. On mesure 100 c. c. de la dissolution B, on l'additionne de 0^''"4 de chlorate de potasse ;

D. On mélange 20 c. c. d'une solution de bichlorure de mercure (5 grammes de bichlorure de mercure et 100 c. c. d'eau) avec 40 c. c. d'une solution d'oxalate de soude (eau, 100 c. c; oxalate de soude,

3 grammes), on ajoute 2 c. c. de glycérine.

Pour sensibiliser une feuille de papier mesurant 0"'45 X 0"^58, on mélangera 5 c. c. de la solution A avec 6 c. c. de solution B et 2 c. c. de solution C : on obtient ainsi des images d'un beau noir. Si l'on veut obtenir des tons sépia, on mélangera 5 c. c. de solution A,

4 c. c. de solution C et 4 c. c. de solution D. On obtiendra des teintes intermédiaires en combinant les deux formules et en remplaçant une partie de la solution D par son volume de la solution B.

S'il s'agit d'imprimer des négatifs très durs, on diminuera la proportion de chlorate en augmentant i)roportionnellement celle de fer; pour les phototypes faibles et doux, on fera l'inverse.

La sensibilisation s'effectue très simplement. Le papier encollé est fixé au moyen de deux punaises sur une planchette propre et unie,

PHÉPAKATION DU PAPIER.

recouverte d'u,. papier que l'on aura soin de changer fréquemment- 0,. évitera avec son. tout contact de la solution sensibilisatrice avec les po.uts d'attache. On verse cette dissolution dans une petite o" coupe peu profonde, et avec un pinceau mou en forme de brosse n.on 0 sur bois ou sur verre (et non sur métal), on l'étend bien égale^ ment sur e papier; pour égaliser la couche, on se sert d'un blaireau rond luoiite sur bois.

Le séchage doit s'effectuer rapidement: il ne faut pas qu'il s'écoule plus d un quart d'heure entre l'instant où la dissolution a été étendue

Fig. rAO.

sur le papier et ('cliii où lo [)apior est sec. Il faut donc employer la clialour ardlicielle, et le mieux est de se servir d'une étuve. Le modèle suivant est très pratique : il se compose d'une monture en l)ois (jui est recouverte de carton, sauf à la partie supérieure 510): le dessus est recouvert de toile sombre, de manière à empeclier l'accès de la lumière tout en permettant à l'humidité de s'écliappcu" ; une poi'te A peut monter et descendre dans des rainures et p(U'met (Tatleindre les cadres de bois B sur lesquels on a tendu une forte mousseline. Ces cadres sont distants l'un de l'autre de 0"^15 et reposent sur des lattes clouées des deux côtés aux parois de

rétuve; on peut les manœuvrer comme des tiroirs. Un réservoir en zinc, destiné à contenir de l'eau chaude, se trouve sur le fond de l'étuve ; on le garnit par le tuyau a. On commence de sensibiliser le papier lorsqu'un thermomètre placé dans l'étuve indique que la température de l'intérieur est de 30°. La première feuille de papier, recouverte de solution de platine, est placée sur le cadre supérieur ; dès que la seconde feuille est sensibilisée, on place la première feuille sur le cadre immédiatement inférieur, la seconde est mise à la place de la première sur le cadre le plus élevé, et on continue ainsi jusqu'à ce que toutes les feuilles les unes sur les autres reposent sur le

cadre le plus bas; lorsque le papier est sec, on l'enlève et on le conserve dans une boîte contenant du chlorure de calcium.

Cette boite {fig. 541) est destinée à préserver le papier de toute humidité; on la construit en fer-blanc ou en zinc. L'espace A est destiné à recevoir les papiers; le couvercle B se compose de deux parties : la partie inférieure G que l'on applique sur la boîte contient le compartiment a qui est percé de trous comme une passoire, et dans lequel se trouve le chlorure de calcium absolument sec et enveloppé dans un morceau de toile à voiles ; la partie supérieure D sert à fermer le compartiment a; il est indispensable de recouvrir les joints mm, nn d'anneaux en caoutchouc pour éliminer l'humidité de l'air ; entre le zinc et le caoutchouc, on dispose une ou deux doubles

INSOLATION

leiiilles de papier mince pour éviter le contact du caoutchouc avec le métal.

Cet étui permet de conserver pendant quelques jours une provision de papier préparé au platine, mais sa forme même le rend incommode s'il faut en retirer souvent le papier destiné au tirage; dans ce cas, on emploie une boîte représentée par la figure 542. Le papier coupé est conservé dans cette l)oîte, étendu à plat dans des papiers

Fitr. 542.

ayaid la lormc d'une enveloppe et dont les dimensions varient selon les feuilles de papier; les diverses espèces sont séparées par des morceaux de carton (jui servent en même temps à les distinguer les uns des autres; à la partie supérieure du couvercle se trouve le réservoir à chlorure de calcium. On retire l'enveloppe de la boîte au uiomeiit do garnir les châssis-presse, on l'y remet aussitôt que cette opération est terminée; (]uand les images sont insolées, on les met dans un portefeuille semblable, renfermé dans une seconde boîte.

619. Insolation et lavages. — L'insolation s'effectue dans un chàssis-pressc ordinaire: elle nécessite certaines précautions. Il est

prudent de placer dans le châssis., derrière le papier sensibilisé, un morceau de caoutchouc qui le protégera contre l'influence de l'air ambiant pendant le tirage ; il est très utile, si l'atmosphère est saturée d'humidité, de chauffer les coussins des châssis-presse avant l'insolation.

Le papier préparé comme nous l'avons indiqué noircit sous l'influence de la lumière. On prolonge l'insolation jusqu'à ce que l'image soit arrivée à la teinte qu'elle doit présenter lorsqu'elle sera terminée ; il faut éviter la surexposition. Lorsque l'image est imprimée, on la plonge dans un bain contenant 80 c. c. d'eau et 1 c. c. d'acide chlorhydrique; ce bain se colore en jaune, on fait passer l'épreuve dans une seconde cuvette contenant le même bain, puis dans une troisième, jusqu'à ce que ce liquide ne se colore plus en jaune; on lave à grande eau et on fait sécher le papier. Si l'on emploie pour les lavages un bain d'acide chlorhydrique ayant servi plusieurs fois, l'image peut se renforcer dans ce bain, à cause de la petite quantité de chlorure de fer que renferme la dissolution.

620. Autres formules. — On peut employer un très grand nombre de formules pour préparer le papier au platine. Pizzighelli, qui a fait connaître* la méthode que nous venons d'indiquer, a publié aussi deux autres procédés de préparation qui fournissent de bons résultats.

Dans le premier procédé, on fait l'encollage du papier avec la solution suivante : arrow-root, 2 grammes; solution d'oxalate de soude (3 d'oxalate, 100 d'eau), 103 c. c. Le bain sensibilisateur se prépare à l'aide de quatre solutions :

A. Eau, 60 c. c; chloroplatinite de potassium, 10 grammes.

B. Oxalate sodico-ferrique, 40 grammes; eau, 100c. c; glycérine, o c. c. G. Solution B, 100 c. c; chlorate de potasse, 0g''4.

D. Solution de bichlorure de mercure (100 c. c. d'eau, 5 grammes de bichlorure), 20 c. c. ; solution d'oxalate de soude à 3 o/o, 40 c. c; glycérine, 2 c. c.

Le liquide sensibilisateur s'obtient en mélangeant ces diverses solutions conformément aux indications que nous avons données plus haut.

Dans le second procédé, l'encollage et la sensibilisation s'effectuent en même temps; on prépare aussi quatre solutions.

A. Eau, 60 c. c. ; chloroplatinite de potasse, 1 gramme.

B. Oxalate sodico-ferrique, 40 grammes; gomme arabique pulvérisée, 40 grammes; solution à 3 o/o d'oxalate de soude, 100 c. c. ; glycéi'ine, 3 c. c. La préparation s'effectue en chauffant la solution d'oxalate à 30 ou 40o G. On fait alors dissoudre la glycérine et Toxalate sodico-ferrique, on verse cette dissolution peu à peu en agitant sur la gomme arabique, on laisse

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