‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 108 sur 260 · PRÉPARATION DU PAPIER · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DU PAPIER

les opérations de l'analyse chimique s'il vent préparer lui-même son papier.

Le chloroplatinite de potasse peut se préparer en réduisant le chlorure de platine i)ar l'acide sulfureux. On dissout 30 grammes de bichlorure de platine (PtCl*, 2Hr:i, GH^O) dan« 100 c. c. d'eau, on chaufïe à lOOo et on y lait passer un courant d'acide sulfureux bien lavé. Le liquide, de jaune qu'il était, ne tarde pas à passer au rouge; de temps en temps, on prélève une t,'outte de liquide et on examine si par l'addition de chlorhydrate d'ammoniaque il se produit un précipité de chloroplatinate d'ammonium. Si ce précipité ne se forme que lentement, on ralentit le courant de gaz afin de ne pas dt'passer le terme de la réduction, ce qui donnerait naissance à un sulfite de platine insensible à la lumière. Lorsque la réduction est terminée, c'est-à-dire lorsqu'une goutte liquide ne donne pas de précipité avec le chlorhydrate d'ammoniaque, on arrête le courant d'acide sulfureux, on verse le liquide dans une capsule de porcelaine et on l'additionne d'une solution chaude de 2.') grammes de chlorure de potassium dans 50 c. c. d'eau. Il se i)réci})ite une poudre de chloroî)latinite de potassium; on laisse déposer pendant vingt-quatre heures, on recueille cette poudre sur un filtre, on la lave 5Ï l'eau, i)uis à l'alcool, jusqu'à ce que toute réaction acide ait disparu, puis on fait sécher les cristaux à l'abri de la lumière. Le produit obtenu doit se dissoudre dans 0 c. c. d'eau chaude et ne pas présenter de réaction acide. La solution normale de platine est faite avec 1 partie de sel et 0 parties d'eau.

La solution (Vo.valftle farfiqye se préi)are en prenant comme point de départ l'hydrate ferrique. On précipite 500 grammes de perchlorure de fer dissous dans 0 litres d'eau par 250 grammes de soude caustique : la précipitation s'elfectue à la température de l'ébullition ; le précipité obtenu est al)andonné au re])Os, on décante le liquide surnageant et on lave le peroxyde de fer à l'eau l)ouillante jusqu'à ce que le liquide surnageant ne soit plus alcalin ; on recueille le précipité sur un linge, on exprime l'excès d'eau et on al)andonnc le i)récipité avec 200 grammes d'acide oxalique cristallisé; ce mélange est abandonné pendant plusieurs jours dans l'obscurité à une tem- ])érature (^ui ne doit pas déi)asser 30o G.; lorsque le liquide est devenu d'un vert brunâtre, on le liltre et l'on dose dans un volume donné de liquide le fer et l'acide oxali(iue ; le dosage du fer s'etïectue par précipitation à l'état de i)eroxvde, celui de l'acide oxalique à l'aide du caméléon minéral. La solution ol)t.enue est alors amenée au titre de 20 grammes d'oxalate ferrique Fe2 (C2()i)3 et U'r^O à Ik' OO d'acide oxalique par litre.

La préi)aration de ces produits est assez longue et il vaut mieux les acheter tout préparés. La liqueur d'oxalate ferrique ne doit pas contenir de protoxvde de fer, et, par suite, ne pas précipiter en bleu par le ferricyanure de potassium ; de plus, elle ne doit pas contenir de sels basiques, ce ,|ue l'on reconnaît en l'étendant de dix fois son volume d eau et faisant l)ouillir : la li(iueur ne doit pas se troubler. , . ,

Les li.ni.urs sensibles au platine peuvent être étendues sur toile forte ou fin(>, sur satin, sur soie, etc. Si les morceaux d'étoffe sont de grande dimension, on a soin, après avoir appliqué le second encollage fl^), de les tendre sur un châssis; les toiles de petites dimensions peuvent etie sechees comme le papier, à la condition de faire disparaître les phs en satinant le tissu placé entre deux feuilles de carton.

622. Insolation. — Il est indispensable pour obtenir de bons résultats que le papier soit absolument sec avant, pendant et après l'insolation ; on conservera donc le papier préparé dans les boîtes à chlorure de calcium et l'on placera dans le châssis, derrière le papier sensibilisé, une feuille de caoutchouc qui le protégera contre l'humidité.

Le papier préparé est d'une couleur jaune : sous l'influence de la lumière cette couleur passe au brun ; une plus longue exposition lui fait prendre une teinte plus claire, de telle sorte que l'image se dessine en clair sur un fond plus sombre.

Il est très difficile de déterminer à priori la durée de l'insolation ; ce papier est au moins trois fois plus sensible que le papier albuminé préparé au chlorure d'argent. On arrive cependant à déterminer par l'expérience la durée du temps nécessaire à l'insolation ; on peut se servir des photomètres employés dans les procédés de photocollographie. Pizzighelli et Hiibl se servent d'un photomètre ordinaire à échelle de papier semblable au photomètre de Vogel que l'on trouve dans le commerce; mais au lieu de placer dans le photomètre un papier au chlorure d'argent, ils se servent d'un papier préparé aux sels de fer à l'aide des deux solutions suivantes :

A. Ferricyanure de potassium, 8 grammes; eau, 50 c. c;

B. Citrate de fer et d'ammoniaque, 10 grammes; eau, 50 c. c.

On mélange, au moment de préparer le papier, 1 volume de la première dissolution et 4 c. c. de la seconde ; le papier est appliqué sur ce bain, on le fait sécher rapidement et on le conserve dans l'obscurité. Quand on l'expose à la lumière sous le photomètre, les nombres apparaissent en bleu sur le fond vert clair du papier. Il vaut mieux employer ce procédé de photométrie que de se servir de papier au chlorure d'argent, parce que la sensibilité du papier à l'argent, surtout lorsque le temps est sombre, n'est pas comparable à celle du papier au platine.

Les photocopies imprimées sont conservées dans une boîte contenant du chlorure de calcium, si on ne veut pas les développer immédiatement.

623. Développement. — Les images insolées sont développées dans un bain d'oxalate de potasse acidifié par une dissolution d'acide oxalique chauffé à 85« C. Pour chauffer la dissolution, on se sert de récipients en fer émaillé, plats, ou mieux en forme de gouttière, de la

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