Sit%ber. Ac. Wiss. Wien, juillet
PROCÉDÉ DE MOTILEFF.
§ 2. — PHOTOCOPIES AU FKRRO-PRUSSIATE.
628. Procédé de Motileff. — On éteiKP sur le papier un mélanj^e de prussiate rouge de potasse et de citrate de fer ammoniacal ; ce papier est exposé à la lumière : il suffit d'un lavage à l'eau pour obtenir une inuige blanche sur fond bleu.
Parmi les nombreuses formules qui ont été proposées, la plus simple est la suivante : on fait dissoudre 10 grammes de citrate de Un- ammoniacal dans 50 c. c. d'eau, on prépare une dissolution de 8 grammes de ferricyanure de potassium dans 50 c. c. d'eau, on filtre ces deux liqueurs, on les mélange et on les conserve dans l'obscurité. On se sert d'un papier quelconque, fortement encollé ; on le fixe sur une planche à dessin avec des punaises et on l'enduit de bain sensibilisateur à l'aide d'un pinceau; on peut aussi faire flotter les feuilles de pai)i('r à hi surface du bain pendant deux minutes : on suspend le papier pour le faire séclier dans l'obscurité.
JJans l'industrie, on prépare ce papier par grandes quantités; l'étendagc du li(juide se fait avec des machines spéciales sur le papier en rouleaux.
Le papier complètement sec est insolé dans le châssis positif ordinaire, la face du négatif étant en contact avec le côté préparé du papier. Si l'on veut rei)i'<)diiii(? un plan ou dessin, ce dessin doit être fait sur papier aussi transi)arent que possible, papier végétal, toile gommée, ou tout au moins sur papier bulle mince et de pâte aussi égale que possible; le dessin sera tracé avec du noir Bourgeois ou avec de l'encre de Chine additionnée d'un peu de gomme gutte ou de solution de chrysoïdine ; on peut aussi se servir d'encre rouge au carmin assez épaisse.
Si l'on veut obtenir un calque nc^ah/ (permettant de produire une image bleuc^ sur fond blanc) on tracera ce calque avec de l'encre litlio"graphi(iue noire en bâton; au moment d'employer cette encre, on'frotte à sec avec le bâton dans un godet; lorsqu'on a obtenu une croûte poisseuse, on laisse tomber quelques gouttes d'eau distillée dans le godet et on délaie l'encre avec le doigt : il faut obtenir une encre très liquide et très noire qui s'emploie comme l'encre de
1. Bidlctm de la Société française de plwtograi^Me, 18G3, p. 210.
Chine. Lorsque le dessin est coinplètement sec^ on colle le calque sur une planche à dessin garnie de papier buvard^ on recouvre une ou deux fois toute la surface dessinée avec une solution tr.ès épaisse de brun d'aniline , on opère avec un blaireau très doux et sans appuyer trop fort, on laisse sécher la couleur, puis, sans décoller le calque, on passe à plusieurs reprises sur le dessin de l'essence de térébenthine, on opère très légèrement en se servant d'un tampon de coton trempé dans l'essence : le dessin est ainsi totalement enlevé ; on laisse évaporer l'essence et on décolle le papier qui constitue alors un excellent négatif, car la solution de brun d'aniline ne dissout pas l'encre du dessin, tandis que l'essence de térébenthine permet d'éliminer complètement cette encre en laissant le brun d'aniline inaltéré. Il est évident qu'il faut, pour réussir par ce procédé, ne pas percer le papier en dessinant avec le tire-ligne ou la plume.
Quel que soit le calque employé, sa face doit être appliquée sur la glace du châssis positif et le dos doit être en contact avec le papier sensible pour que le pliotocalqite obtenu ne soit pas en sens inverse du modèle.
On fabrique aujourd'hui spécialement, pour obtenir ces photocalques, de grands châssis-presse qui permettent d'obtenir des images de 1 mètre sur l'"40. Ces châssis sont portés par des pieds en fer spéciaux à inclinaison variable ; la pression des ressorts est régularisée au moyen de feutres minces fabriqués exprès et que l'on place derrière le papier.
La durée de l'insolation est très variable. Pour éviter toute erreur, il est bon de se 'servir de papiers témoins : ce sont de petits fragments de papier qu'on expose en même temps que le calque et que l'on essaie plusieurs fois avant d'arrêter l'insolation. Il vaut mieux dépasser le temps nécessaire à la venue de l'épreuve, car il est facile de ramener à un ton convenable une épreuve trop foncée, tandis qu'il est peu aisé de renfoncer une image trop claire.
Le développement s'effectue en plongeant la feuille de papier dans une grande cuvette contenant de l'eau fraîche : le précipité bleu formé par la lumière reste adhérent à la feuille, tandis que les parties préservées se dissolvent dans l'eau en laissant à nu le blanc du papier. Ce lavage peut s'effectuer à l'aide d'eau tombant en pluie à la surface de la feuille placée sur une glace ou dans le fond d'une cuvette bien plane. Les lavages doivent être faits rapidement si l'image est faible; si, au contraire, elle parait trop vigoureuse, on
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l'abandonne dans l'eau jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la teinte voulue.
Pour aviver les blancs et renforcer les bleus, on peut faire passer l'image dans une solution d'acide chlorhydrique à 4 % additionnée soit d'un peu d'eau de chlore, soit de quelques gouttes d'une dissolution de chlorure de chaux; on lave à l'eau pure et on laisse sécher.
On peut donner du brillant aux images en les plongeant dans une solution de grammes d'alun et 1 gramme de gomme arabique pour 100 c. c. d'eau ; on laisse sécher.
Les retouches que nécessite le photocalque peuvent s'effectuer en enduisant une plume ou un tortillon de papier d'une solution faible de potasse caustique ou de carbonate de soude : ces solutions transforment le bleu de Prusse en peroxyde de fer et ferrocyanure solublc: on lave l;i partie retouchée avec de l'eau, puis avec de l'acide chlorhydri(iuo faible, enhn avec de l'eau pure; on encolle le papier, on laisse sécher et on fait alors les retouches avec du bleu de Prusse.
Ce procédé est extrêmement simple, mais il nécessite l'emploi de cahjues spécialement préparés si l'on veut obtenir une image positive, car il renverse l'effet du modèle; aussi, malgré sa simplicité d'exécution, lui préfère-t-on d'autres procédés.
629. Modifications de ce procédé. — Pour préparer le bain sensibilisattMir, on pruL l'airr (liss()U(hT 10 ^rannnes d'acide citrique dans 40 c. c. d'eau ; on ajoute de l'annn()nia((ue jusqu'à ce qu'un papier rouge de tourlu.'sol 'pass<' au l)leu, puis on ajoute 10 c. c. d'une solution de perclilorure de fer sublimé à 20 «/o ; on (hssout 10 grammes de ferricyanure de potassium dans 50 c. c. d'eau, on filtre ces deux dissolutions et on mélange.
Fisch» donne la préférence au mélange de tartrate de fer et de prussiate de potasse : il trouve que ce mélange est plus sensible à la lumière que celui de citrate de fer. Il le prépare en faisant dissoudre 95 grammes d'acide tartrique dans 875 c. c. d'eau, il ajoute à ce liquide 80 c. c. de perchlorure de fer à 45'> Haumé, et une quantité d'ammoniaque suffisante pour neutraliser la solution, soit 175 c. c; on verse alors dans ce bain une liqueur contenant 80 grammes de ferricyanure de potassium et 370 c. c. d'eau.
Schnauss» a recommandé l'emploi d'un mélange composé de 70 grammes de perchlorure de fer sublimé, 71 grammes d'oxalate d'ammoniaque cristallisé et 73 grammes de ferricyanure de potassium.
W La^ranrreS emploie 10 grammes d'oxalate de fer ammoniacal et 1 .rramme^rac4de oxalique dissous dans 100 c. c. d'eau; il mélange cette