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CHAPITRE PREMIER

l'IKJTOCiJPIKS AUX SELS D'aUGENT.

627. Action de la lumière sur les sels de fer. — L'emploi des sels (le r«'r en idiotot^rupliic est basé sur certaines réactions assez simples ({ue nous allons rappeler. Les sels ferriques mélangés de matières organi- (|nes sont réduits par la lumière; c'est ainsi ([u'une solution de perchlorure de fer dans Tétlier ou l'alcool ne tarde pas à se décolorer lorsqu'on l'expose au sol(>il. Un papier imprégné de i)erchlorure de fer se décolore à la lumière en (|uel(iues minutes ; le perchlorure s'est transformé en protochlorure grâce à la matière organi(iue du papier. Si l'exposition est faite sur un négatif, on obtiendra une iuuige d'un jaune clair plus foncé que le papier. On pourra développer cette image par plusieurs moyens, tels que l'emploi d'une solution de ferricyanui-e de potassium, de certains sels de platine, <lu chlorure d'or, etc.

Le citrate de fer ammoniacal se réduit sous l'influence de la lumière. Il en est de même des tartrates et oxalates ferri(|ues ; un papier préparé avec du citrate de fer ammoniacal et du ferricyanure de potassium se colore en bleu aux endroits iniluencés par la lumière.

Le mélange de perchlorure de fer et d'acide tartrique étendu sur papier gélatiné rend la gélatine insoluble ; mais, sous l'intluence de la lumière, les portions insolées deviennent solubles. En plongeant un tel papier dans certaines solutions, les parties correspondantes aux noirs du négatif restent chargées de sels lerri(iues; elles pourront donner diverses réactions : par exeml)le, on obtiendra une coloration noire avec le tannin, ou bleue avec l'amidon et l'iodure de potassium; on obtiendra une photocopie identique au phototype (pii aura servi, on aura donc un négatif d'après un négatif.

(le n'est ])as la seule propriété que présente le mélange de pei'chlorure de

fer et d'acide tartrique. Cette dissolution, étendue sur une glace et desséchée dans l'obscurité, donne une surface qui, exposée à la lumière, se réduit et devient alors hygroscopique : en cet état, les portions insolées peuvent lixer des poudres colorées, vitrifiables ou non , et peuvent donner par ce moyen soit des photocopies, soit des émaux. Dans la pratique, on préfère employer le mélange de perchlorure de fer et d'acide oxalique, qui est six fois plus sensible que celui à l'acide tartrique : il y a formation de protochlorure de fer, d'acide chlorhydrique et d'acide carbonique qui se dégage. Marchand ^ a employé ces réactions pour la construction d'un photomètre.

Eder2 a étudié l'action de la lumière sur les sels ferriques. Pour mesurer cette action, il a dosé le protoxyde de fer formé; il a obtenu les nombres suivants pour une môme durée d'insolation :

Perchlorure de fer et acide oxalique 100

Oxalate ferrique 89

— ferrico-ammonique 80

— — potassique 78

Tartrate ferrique 80

— ferrico-ammonique 80

Perchlorure de fer et acide citrique ii)

— — — tartrique 15

Dans ses recherches sur l'action chimique de la lumière, Eder^ a spécialement étudié l'influence de la lumière sur le ferricyanure potassique et ses mélanges : il a constaté que les vieilles solutions de ferricyanure potassique qui ont subi l'action de la lumière dégagent beaucoup d'acide cyanhydrique quand on les chauffe à 60^. L'addition de substances étrangères telles que le sucre et les oxalates accélèrent cette décomposition; c'est ainsi qu'il a constaté qu'une solution de ferricyanure potassi([ue ajoutée à l'acétate de plomb donne, à la lumière, un précipité blanc ])leuàtrc de ferricyanure de plomb que l'on peut séparer au moyen de l'hyposulfite de soude aussi bien que le bleu de Prusse.

Le sulfate d'urane et le ferricyanure de potassium donnent un mélange plus sensible que le mélange précédent: on obtient un précipité brun rougeâtre qui contient beaucoup de ferrocyanure d'urane.

Le ferricyanure de potassium et le bichlorure de mercure mélangés sont plus sensibles à la lumière que l'un ou l'autre de ces composés pris séparément : il se forme du chlorure de mercure, du vert de Prusse et de l'acide cyanhydrique.

Ces diverses réactions ont donné naissance à un très grand nombre de procédés qu'il est à peu près impossible de classer. Plusieurs de ces procédés donnent des images bleues, de là le nom de cyanotypie que l'on donnait quelquefois à ces méthodes photographiques. Nous décrivons ici les procédés les plus employés, nous bornant ensuite à l'ènumération de ceux qui ont été proposés et qui n'ont pas été adoptés.

1. Étude s^ir la force ckiinique de la lumière du soleil, 1875.

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