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Bulletin de la Société françaisç de photographie

PROCKDK i'AU S.Vri'OLDRAOE. 198

montré (iurnier et Salnioii, obtenir par ce moyen des photocopies positives sur papier, des positives transparentes sur verre, etc.

(ieymet a recommandé la formule suivante : eau, 100 c. c; miel épuré, 0>^''"5; sirop de sucre, 2 c. c; gomme arabique en poudre, 5 grammes; glucose liquide, ij grammes; solution saturée de bichromate d'ammoniaque, 15 à 20 c. c. L'emploi du miel et du sirop de sucre n'est pas indispensable. Kn liiver on augmente un peu la dose de bichromate. Après dissolution on liltre cette liqueur, on la laisse déposer pour éliminer complètement les substances qu'elle tient en susi)ension et on décante la moitié du liipiide.

Ce liquide est destiné à être étendu sur des glaces ou des surfaces bien planes. La glace est nettoyée à l'acide azotique et à la teinture d'iode ; on passe à sa surface un blaireau avant de la recouvrir de liqueur sensil)le, on répand cette dernière comme s'il s'agissait de collodionner une glace (280), on recueille l'excès de liciuide dans un flacon spécial et on éponge le bas do la glace pour éliminer le bourrelet (jui se forme en cet endroit. On empiète, avec du papier soie, d'un centimètre sur la surface de la glace, ((ue l'on sèche de suite sur la flamme d'une lampe à alcool: il ne faut chaullVr (pie modérément jusqu'à dessiccation complète.

liCs glaces sont exposées chaudes dans le châssis-presse alin d'éviter toute humidité; roi)érati(»ii se fait sous une image positive: elle doit s'effectuer à rombi»'. Lu excès de [xtsc donne une image dure et heurtée, même en employant un bon positif: limage se développe diflicilement sous le blaii-eau et se charge trop de poudre dans les ombres; le maii(ju(! de pose donne au contraire une image grise. La durée de l'insolation varie de tiois à dix minutes à l'ondjre. On peut se baser, i)our déternnner le temps (ju il convient d'exposer, sur le phénomène suivant : la glace du châssis-presse se couvre d'une légère buée lorsipie riiisolalioii est à peu près terminée ; cette manière empiri(iue de déleniiiiiei- la duive de l'opération est très suffisante dans la prati(|ue.

Une exposition trop prolongée s'oppose à l'adliérence de la poudre sur la glace: ivo\) \nm d'insolation amène l'elfet contraire. Lors(|ue l'atmosphère du local dans le(iuel on opère est très sèche, il faut, après l'insolation, abandonner à l'air pendant quelques minutes dans l'obscurité la glace à développer; au contraire, si l'atmosphère est très humide, on i)lacera la glace encore chaude dans le châssis-presse et on développera au sortir de cet appareil.

Les poudres dont on se sert pour le développement doivent avoir été passées au tamis de soie n» 180. On recueille la poudre dans une soucoupe légèrement chauffée et on l'applique sur la glace à l'aide d'un pinceau très doux (pinceau à trois plumes pour l'aquarelle); on tamponne légèrement la surface impressionnée avec le pinceau chargé de couleur en commençant par le haut de la plaque ; on descend progressivement., frappant toujours avec régularité et avec une certaine légèreté de main ; on couvre ainsi toute la glace, puis on décrit des cercles avec le blaireau : l'image se forme peu à peu, car la poudre adhère inégalement sur les parties plus ou moins humides; pour enlever l'excès de poudre, on promène le pinceau de haut en bas dans tous les sens avec la plus grande légèreté possible.

Pour juger de la valeur de la photocopie obtenue, on place près de la surface de l'image une feuille de papier blanc sans établir le contact : si l'épreuve est trop noire, il faut recommencer l'opération ; si elle est incomplète, on continue à passer le pinceau après avoir laissé reposer la glace pendant deux ou trois minutes. Si par ce moyen on ne parvient pas à renforcer l'épreuve et à faire paraître les demi-teintes, on peut lialer légèrement sur la couche, qui prend à l'instant un peu d'humidité et qui happe une plus grande quantité de poudre; mais il faut éviter de se servir de ce moyen qui occasionne souvent la production d'images voilées. On peut retoucher localement certaines portions de l'image en se servant pour cet objet d'un pinceau fin que l'on charge d'une petite quantité de poudre s'il s'agit de donner de rintensité à cette portion de l'image ; pour éclaircir certaines parties de l'épreuve on peut les frotter avec une touffe de coton cardé qui se charge de poudre.

Le transport de l'épreuve sur papier peut s'effectuer exactement de la même manière que s'il s'agissait de transporter une image par saupoudrage au perchlorure de fer (636).

On élimine les dernières traces de bichromate par immersion dans un bain d'alun à 2 "/o après avoir collodionné la couche.

653. Autres formules. — Garnier etSalmon* font dissoudre 30 grammes de sucre blanc dans oO c. c. d'eau; après dissolution complète, ils ajoutent à ce sirop 7gi"5 de bichromate d'ammoniaque finement pulvérisé; on fait dissoudre ce sel en agitant ce liquide avec une baguette de verre. Ce résultat étant obtenu , on additionne ce mélange de 10 c. c. d'ammoniaque et on le

1. Bulletin de la Société française de lihotograijliie^ 1859, pp. 115, 120 et suiv.

PROCÉDÉ PAR SxVUPOUDRAGE.

liltre il travers un liii<,'e fin. Le papier, fixé par des punaises sur une planchette, est recouvert de la mixture ainsi préparée. Pour cette opération, on se sert d'une brosse ronde de colleur; on évite la production de stries et de traces laissées par les soies de la brosse en prenant aussi juste que possible ce qu'il faut de dissolution, ni plus ni moins; on chauffe la feuille devant le feu en présentant l'envers sans trop l'approcher; on s'assure que le séciiage est terminé en passant le doigt sur la couche où il doit bien glisser, quoi({ue la surface paraisse un peu poisseuse en appuyant; on insole au chassis-presse, on réchauffe légèrement le papier après l'insolation , on fixe de nouveau la feuille, sur la planchette et on la recouvre de poudre colorante. L'image, développée, est présentée pendant quelques secondes devant le feu; il ne reste plus ([uii enlever l'excès de bichromate par les lavages.

Cette opération s'elîectue en plongeant dans l'eau ordinaire la feuille de papier portant l'image; on la plonge, l'image en dessus, tantôt l'y promenant très doucement, tantôt l'y laissant séjourner au repos. Au sortir de l'eau de lavage, il faut ("claircir les blancs; on y parvient en plongeant la feuille de papier dans un Iniin composé de 50 c. c. d'une solution saturée d'acide sulfureux (fue Ton ajoute à 1 litre d'eau. La proportion d'acide sulfureux peut être augmentée ou diminuée; l'action est i)lus ou moins prompte.

L'image doit être maniée avec le j)lus grand soin, parce que la couche non ins()lul)ilisé(î (|ui retient le carljone adhère très faiblement au papier tant ([u'uri premier séciiage n'a pas eu lieu. Il est utile de sécher une premier fois entre le bain d'eau ))Ui'e et celui «racide sulfui'eux.

Le défaut de ce procédé réside en ce (pTil est à peu près impossible de dépouiller les blancs de leur teinte jaune et grise. Le ])apier retient dans les plus grands clairs des parcelles de jxjudre (pii, sans doute, s'attachent aux aspérités invisibles (pie n'avait |tii i-elouler le satinage préalable ou (pii se révèlent «juand le papier «ievieiit humide par suite de r:ipi)lication de la li([ueur sensibilisatrice; de plus, ce j)r()cé(lt' ne dcume pas de modelé dans les demi-teintes et les noirs manquent de ])rillant et d'homogénéité.

.1. Leth * se servait d'une solution contenant o grammes de gonune arabi(iue, 72 c. c. d'eau, 1k':20 de l)ichromale de i)otasse dissous dans G c. c. d'une dissolution de uiiel (1 gramme de miel et 3 c. c. d'eau). Cette solution était iiltrée, étendue sur glac(! légèrement chaulïée, puis séchée à la llamme d'une lamp(^ à alcool. L"e\|tosition à la lumière s'elfectuait sous un positif; on dévelopi)ail à l ai-ir des poudres, puis l'on recouvrait l'image de collodion. L'excès «le hiclironnite de potasse ("tait enlevé par immersion de la glace dans une eau chargè(! d'acide a/.()li<[ue (eau 100, acitle azoti(|ue ordinaire, '25); l'image, bien lavée, })eut ensuite être reportée soit sur pa])ier, soit sur tout autre support.

Obernetter^ cnii>loie la l'orniule suivante : eau , 100 c. c; dextrine, 4 grammes; sucre blanc, 1 gramme; bichromate d'ammoniaque, 2 grammes; glycérine, 2 à 8 gouttes. Ce mélange, étendu sur glace, est séclié dans une étuve chauffée à ;'>() ou T.")'» C. On exi>os(> la i)laquc encore tiède sous un positif. Lors(pu' l'insolation est terminée, la glace est i)ortée à l'étuve alin que la surface à développer soit d'abord plus chaude cpie la salle dans laquelle

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