‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 143 sur 260 · IhUL, IBCO, p. 3H · texte numérisé non relu

IhUL, IBCO, p. 3H

papier, et les demi-teintes resteront en totalité fixées au papier après le dépouillement à l'eau chaude. L'inconvénient que présente le procédé primitif de Fargier consiste en ce que l'image est grenue, parce que la lumière, avant d'arriver à la gélatine, traverse le grain du papier. Il ne fut pas difficile de faire disparaître cette cause d'insuccès que Fargier élimina complètement en substituant le collodion au papier; il obtint donc par ce moyen des photocopies avec demi-teintes. En pratique, il préparait la mixtion sensible en versant sur une glace posée horizontalement un mélange de gélatine, d'encre de Chine et de bichromate de potasse, de manière à obtenir une couche suffisamment épaisse qu'il laissait sécher à l'abri de la lumièra. Il exposait cette couche derrière un négatif; mais au moment de dépouiller l'image de la gélatine insoluble, il changeait de support, ou du moins il donnait un support aux demi-teintes ; pour cela, il recouvrait de collodion la surface de gélatine qui, dans le chassis-presse, avait été en contact avec le phototype négatif; aussitôt que le collodion avait fait prise, il immergeait l'ensemble dans l'eau froide pour saturer la gélatine d'eau; ce résultat étant obtenu, il plongeait le tout dans l'eau chaude.

La gélatine inaltérée étant en contact avec le verre se dissolvait dans l'eau chaude; toute la couche s'enlevait du verre, mais toute l'image avec ses demi-teintes restait adhérente à la pellicule de collodion. Lorsque toute la gélatine non modifiée par la lumière était dissoute dans l'eau chaude, il restait une image sur collodion que l'on pouvait transporter sur une feuille de papier, mais ce transport était d'une exécution délicate.

Swann * indiqua plusieurs tours de main qui permirent d'éviter ces difficultés. La glace destinée à supporter la mixtion de gélatine bichromatée était d'abord recouverte de collodion, puis de la préparation sensible ; après dessiccation, il détachait du verre la double couche obtenue. Cette pellicule sensible était exposée sous le négatif, le côté opposé au collodion étant en contact avec la surface du négatif, puis cette même surface était appliquée contre un papier qui lui servait de support pendant le dépouillement, opération qui s'elîectuait tout en conservant les demi-teintes de l'image, puisque ces portions étaient adhérentes à la surface du papier. Peu de temps après, Swann constate que l'on peut supprimer le collodion et faire adhérer directement la couche sensible à un papier, pourvu que cette couche de gélatine bichromatée soit assez épaisse.

Après l'insolation, il fait adhérer le papier mixtionné à un autre papier recouvert de caoutchouc, immerge les deux papiers dans l'eau chaude après les avoir fortement pressés, et dépouille l'image qui est retournée. Pour l'obtenir dans son vrai sens, il suffit de coller une feuille de papier sur l'image, de laisser sécher en cet état et, après dessiccation, de ramollir le caoutchouc du support provisoire à l'aide de benzine : l'image se détache du premier support et reste adhérente au second; elle est dans son vrai sens.

Davies2 fit une remarque très importante au point de vue des applications pratiques du procédé au charbon. Il constata que l'on rend certaine l'adhé-

Page 1