La Photographie an charbon
PJIOCÉDÉ PAR SAUPOUDRAGE.
oxposo au chAssis-pressc sous le phototype négatif figurant le fond choisi. On développe l'imago h l'aide d'un pinceau fin chargé de plombagine, en ne passant pas de poudre sur la partie occupée par le modèle ; quand l'image est développée, on la recouvre de coUodion normal et on la lave pour enlever les sels solubles. Si l'image n'est pas satisfaisante, on peut, à l'aide d'un lavage à l'eau tiède, au besoin additionné de 1 o/o d'acide chloryhdrique, débarrasser du paysage le négatif portant l'image, et on peut recommencer tout le travail.
665. Emploi de la gélatine bichromatée. — Sobjjaclii a proposé, en 187Î), un procédé par saupoudrage qui est implicitement compris dans les découvertes de Poitevin *. Ce j)rocé(lé repose sur le fait que la gélatine bichromatée insolée devient insoluble dans l'eau, tandis qu'elle reste soluble dans l'eau chaude et se gonfle dans l'eau froide aux places insolées : ces parties peuvent donc fixer les poudres (jui n'adhèrent pas aux parties frappées par la lumière. Sobl)achi a donné à ce procédé le nom de 2)hoLantracotypie; Pizzighelli 2 a perfectionné ce ])rocédè et l'a ap})elé anlracoLypie : cette méthode permet d'obtenir des rei)roductions d'images au trait.
Pour préparer le papier, on dissout dans oO c. c. d'eau 10 grammes de gélatine, on maintient cette gélatine au bain-marie à 45« C. dans une cuvette, on fait flotter à la surface de ce bain les feuilles de papier pendant un temj)s variant <le une à trois minutes selon la force et le degré d'encollage du i)apier, on suspeinl i)our faire sécher <lans un endroit chaud : l'épaisseur de la couche o])tenne est suffisante avec G c. c. de solution par chaciue décimètre carré de papier.
La sensibilisation s'effectue en immergeant complètement le j)tipier clans une solution de bichromate de potasse à 4 o/j, ; l'opération doit être jirolongée pendant deux minutes; on laisse sécher complètement ce papier.
L'insolation s'effectue au chàssis-presse sous un positif i)our oljfenir une photocojjie positive. La durée de l'exposition au soleil dé[)end de la nature de l'original : si le i)ositif est sur verre, il faut de douze à quinze secondes; s'il est sur i)a[>ier végétal, le photocabiue s'obtient en vingt ou vin-gt-cinq secondes; s'il est sur i)apier à dessin, il faut prolonger l'insc^lation jusqu'à quarante ou soixante secondes.
Au sortir du chàssis-pressi», on lave à l'eau plusieurs fois renouvelée jusqu'à ce <jue tout le bichromate soit complètement enlevé, puis on fait tremper le papier i>endant une ou deux minutes dans une cuvette contenant de l'eau à la tempéra tun' de r28 à ('.. : le dessin prend immédiatement un relief très i)nmoncè. On place la feuille <le papier sur une surface plane, telle ((u'une glace ou un marbre; la couche de gélatine étant en dessus, on absorl)e l'excès d'humidité en passant sur l'image un linge fin et un rouleau enduit d'une i)eau de cliauiois. Le saupoudrage s'effectue en pronn'uant audessus de l'image un tamis contenant la poudre de la couleur choisie; on enlève l'excédent un blaireau, on laisse sécher le papier, puis on 1« plonge dans l'eau froide, et avec une éponge on enlève la couleur qui eni-
\. Traité des impirs.sions photographlqties, 1883, p. 181. 2. Pkot. Corrcsjjondi'Hz, 1880.
pâte le dessin; on lave et on abandonne à la dessiccation le papier portant l'image.
M. le colonel de Saint-Florent» a employé ce procédé modifié pour obtenir très rapidement des photocalqiies. Une feuille de papier albuminé est placée sur un bain de bichromate de potasse à saturation, on fait flotter le papier par le verso; on peut aussi employer une feuille de papier gélatiné que l'on applique par le recto sur le bain de bichromate. Le papier ayant été séché à l'abri de la lumière est exposé dans un châssis positif, derrière une gravure ou dessin sur papier calque, etc.; le temps de pose varie de trois à vingt-cinq minutes selon la nature du sujet à reproduire.
L'épreuve, après l'insolation, est lavée dans un bain d'eau ordinaire additionné d'une très petite quantité d'ammoniaque; elle est ensuite essorée (et non séchée) entre plusieurs doubles de papier buvard; il faut que le brillant de l'albumine soit conservé. L'épreuve étant simplement essorée, les blancs seuls, c'est-à-dire les portions correspondantes aux noirs de l'image, conservent leur propriété adhésive et peuvent retenir le noir en poudre ou toute autre couleur inerte qu'on applique à leur surface, soit au moyen d'un tampon de coton, soit à l'aide d'un pinceau; on éclaircit l'image avec un tampon neuf; on la traite ensuite par une solution à 10 o/o d'acide sulfurique. On fait disparaître l'aspect verni des parties insolées en plongeant le papier pendant dix à quinze minutes dans une solution de soude caustique et lavant ensuite avec précaution.
Ce moyen est précieux lorsqu'il s'agit de copier d'urgence des documents importants. Si le temps de pose est insuffisant, on obtient une épreuve négative au lieu d'une épreuve [)0sitive.
BIBLIOGRAPHIE
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1. Bulletin de la Société française de photographie, 1882, p. 182.
CIÎAIMTHI': II
photocopip:.s pau iNsoLuniusAriox des sldstaxces colloïdes.
(l'rocédé dit au cliarbou).
656. Historique. — I^oitovin est rinvfiilcui- du j)ro('('dr dit an (diarl)oii; c'p.st lui (jiii !<• |.ivmier' utili.Sii laction de la Imiiirro sur un UH'lan(T(3 de fçélalin<! do niatit'To coloranlo cl de l)icliromal(' do potasse étendu sur une fouille do i»a])ier. Les i)artios d'une t(dle couclie forteniont insolôes passent à l'ôtat insolubles, et cela i)roporlionnoll('nient à rintonsité de la lumière qui les a tVappôos. On ]>out donc lliôori(|uoinent ohtonir par ce moyen desima{=çes pholo^M'apliiquos si Ton traite par l'eau cliaudo la surface in.solôc derrière un né^'atif. Les parties protégées contre l'action dr la lumière se dissolvent et il reste sur le pa[>ier une photocopie posilivo : c'est le ])romior moyen qui servit à obtenir les épreuves au charbon
Ces imai^fos étaient noires et blanches, sans domi-teiidos, parce que l'action de la lumière avait lieu à la surface de la couche sensible: la couche sous-jacente restait s(duble dans l'eau chaude. (lotte couche disj)araissant, les demi-teintes ('daient eidevéos et il no restail de l'ima^'o que les ]>artios les ])lus noires, parties dans los({uelles la lumière avait a^n dans loule rô})aisseur de la couche, comme h' lit romaiwpu'r l'aldn'' Labordo au snj(d do son procédé photo<^M*aphi(jne par l'iinili-de lin remlue siccativoà l'aide d'oxyde de ploml)2, Fargior'' conslala (pie dans le procédé au charbon le jdiénomène se passait exactement comme l'avait indi(pié rai)bé Labordo : l'eau chaude amassant sur une surface modiliéo j»ar la lumière dissout d'abord les parties qui étaient entièrement à l'abri de la lumière; puis, sans dissou<lre conqdètement la couche sous-jacente, (die enlève peu à pou et balaie en quelque sorte les parties faiblement im})ressionnées i)arco (pio. lixées sur la surface extérieure, elles reposent sur une l)aso qui a conservé sa solubilité. Fargier eut l'idée très simple de changer cette base : il proposa de placer le papier mixtionné contre le négatif, non pas du c(Mé d(> la surface libre, mais bien du côté opposé, do telle sorte qu'après être passée par le négatif la lumière traversât le ])aj)ior avant d'arriver à la gélatine. Dans ces conditions, l'insolubilili' se ))roduira (ont d'abord à la surfac(^ (pii est on contact avec le