‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 145 sur 260 · Pkot. Notes, août · texte numérisé non relu

Pkot. Notes, août

L'obligation dans laquelle se trouve le photographe professionnel d'obtenir des images non retou?^nées complique les opérations. Si l'on se sert de phototypes pouvant s'imprimer indistinctement par le recto ou le verso, ou bien si le négatif fait sur glace est lui-même. retou7^né^ on peut opérer par simple transfert ; le procédé est d'un emploi facile. Après l'insolation, le papier mixtionné est plongé dans l'eau et appliqué sur un papier spécial appelé simple transfert ; l'ensemble est immergé dans l'eau chaude. Le papier mixtionné abandonne sur le papier de transport une image retournée.

La nécessité de conserver les demi-teintes est la cause de la complication apparente du procédé»au charbon. Bien des opérateurs ont cherché à éviter soit le double transfert, soit même le simple transfert, et cà produire leurs épreuves sur papier mixtionné. On peut par ce moyen obtenir des images de phototypes ne présentant pas de demiteintes ; mais ces négatifs ne sont pas d'un emploi général et c'est là un cas très particulier de l'impression à l'aide des sels de chrome, aussi le procédé sans transfert est-il peu usité.

On emploie en général un phototype obtenu par les procédés usuels et presque tous les photographes ont recours au procédé du dotible transfert : c'est celui que nous décrirons en premier lieu.

L'usage des pellicules pour obtenir des négatifs ne s'est pas encore généralisé. Avec des phototypes obtenus sur de telles surfaces l'impression peut s'effectuer en appliquant contre l'un ou l'autre côté de la couche le papier sensibilisé : on peut dans ce cas obtenir par simple transfert une image dans son vrai sens. Nous décrirons enfin les divers procédés qui ont été proposés pour obtenir des images sans aucun transfert.

Quel que soit la méthode adoptée, la préparation du papier mixtionné, sa sensibilisation et la manière de l'exposer à la lumière sont sensiblement les mêmes dans toiis les procédés. Avant donc d'étudier les divers procédés de transfert, nous devons indiquer comment on prépare le papier mixtionné et quelles sont les opérations que l'on doit lui faire subir avant de dépouiller l'image de l'excès de gélatine non modifiée par la lumière.

PAPIER MIXTIONNÉ.

^2. — l'RKl'ARATION DU PAPIER MIXÏIONNÉ.

658. Préparation industrielle. — On trouve actuellement dans le commerce des pai)i('rs mixtionnés très bien préparés : ce sont des papiers d'une texture aussi égale ([uc possible et recouverts d'une couche de gélatine mélangée d'une couleur convenable. Ces papiers ont été d'abord fabriqués i)ar Swann en Angleterre, puis par la maison Marion en France, qui livre encore d'excellents papiers. Il en est de même des maisons Lamy à Gourbevoie, Van Monckhoven à Gand, la Compagnie autotype à Londres, qui produisent par grandes quantités du papier mixtionné donnant de bons résultats.

Le choix du jjapicr sur le(pi('l sera étendue la mixtion de gélatine présente une imi)ortance assez grande bien que ce support de la mixtion ne soit que provisoire. Mais un papier du texture inégale provo((ue des inégalités dans la couche de gélatine, car cette substance prend exactement tous les défauts de la surface sur buiuclle on la r(''[)and. On peut i)rovoquer ainsi des taches plus ou moins opa(pit's dans rimage sur })api('r : il faut de plus que le papier soit très peu encollé et (juc l'alun soit banni des formules d'encollage employées pour ce })ai)ier.

Les gélatines «pie l'on emploie proviennent des usines qui actuellement préparent ce produit }K)ur les fabricants de plaques au gélatino-bromure, indusli'ies qui consomment des (|U'antités én(n-mes de ce produit; on choisit de préférence les gélatines un peu dures. La gélatine commune donne du l)apier mixtionné (jui se dépouille facilement à l'eau chaude, mais qui fournit généralement des images nian(|uant de vigueur: on réservera donc une telle gélatine à la i)réparation des papiers destinés à rinq)ression des phototypes durs et heurtés.

Si les i)apiers sont destinés à être employés dans les climats chauds ou bien pendant les fortes chaleurs de l'été, on additionne la gélatine soit de colle de poisson (ce qui augmente considérablement le prix du papier), soit de gélatine extra dure; on évite ainsi la dissolution partielle du papier mixtionné })en<lant les nninipulations.

Les couleurs doivent être inaltérables et ne pas avoir d'action sur la gélatine; ce sont là deux conditions assez difficiles à réaliser. On donnera la préférence à l'encre de Chin<". au noir de fumée, au noir d'ivoire, au peroxyde de fer, etc., à l'alizarine et à la i)urpurine combinées au peroxyde de fer. Il faut éviter l'emploi des rouges de cochenille, du carmin, et en général des la((ues contenant de l'alun, <4 .|ui tendent à rendre insoluble la couche de gélatine bichromatée.

L'état physi(|ue de la matière colorante exerce une très grande intluence sur la nature de l'inuige. C'-ette matière doit être à un certain degré de finesse, que l'on obtient en pulvérisant la couleur, la laissant séjourner dans l'eau froide, puis l'étendant" en couche unie avec de la glycérine sur une table de verre dépoli. On broie la couleur à l'aide d'une molette de verre; il faut broyer jus<iu'à co que l'on obtienne un certain degré de finesse qui ne peut s'apprécier que par une très grande expérience.

Certaines couleurs, telles que l'alizarine ou la purpurine, peuvent être dissoutes dans la potasse ou l'ammoniaque, puis précipitées par l'alun : on obtient ainsi des tons rouge vif. Si l'on précipite les mêmes dissolutions ammoniacales par les sels ferriques, on obtient des bruns qui résistent très bien à l'action de la lumière.

La sépia naturelle peut fort bien être employée, mais elle nécessite un traitement spécial avant d'être incorporée à la gélatine. Jeanrenaud a constaté * que la couleur naturelle renferme une matière qui agit sur la gélatine pour la coaguler. Il faut concasser la sépia et projeter peu à peu 100 grammes de cette substance dans 150 grammes de soude fondue dans une capsule d'argent; on fait dissoudre et on i)récipite la liqueur obtenue par un très grand excès d'eau, on recueille le précipité, on le lave à l'alcool et on fait bouillir la pâte obtenue avec une dissolution très concentrée de bichromate de potasse, on lave par décantation d'abord à l'eau, puis à l'alcool, enfin à l'eau bouillante : on peut alors employer cette sépia à la fabrication du papier au charbon 2.

Le même auteur 3 a indiqué que l'on pouvait obtenir des épreuves sépia en employant le charbon de sucre traité au bichromate de potasse, la sépia de Vencoryiet (encre de sèche de l'encornet), enfin, la sépia artificielle, mélange de bleu de Prusse et de terre de Sienne.

Les couleurs préparées sont conservées en pâte épaisse à peu près comme du mastic ; il ne faut pas qu'il y ait excès de glycérine dans la pâte, sans quoi l'on obtient des images heurtées.

On ajoute à la gélatine un peu de glycérine, ou mieux un peu de sucre pour rendre le papier au charbon plus souple; sans cette addition, la gélatine se gerce par les temps très secs, et le maniement du papier devient très difficile.

Le papier mixtionné se prépare habituellement par rouleaux de 3m60 de longueur sur 0"'76 de largeur. Pour couvrir de mixtion une telle surface, on emploie 25 grammes de gélatine Nelson, 200 grammes de gélatine ambrée, 675 c. c. d'eau, 30 à 60 grammes de sucre et 25 grammes de savon sec; à ce mélange on ajoute une certaine quantité de matière colorante, matière que l'on prépare suivant la nuance que l'on veut obtenir.

Pour la nuance brun rouge, on emploiera 10 grammes de rouge indien en pâte, 8 grammes d'encre de Chine et 6 grammes de laque carminée : la teinte obtenue par ce mélange se rapproche assez bien de la teinte conventionnelle des photocopies positives sur papier albuminé au chlorure d'argent. On peut, d'ailleurs, obtenir un très grand nombre de tons en employant les mélanges suivants :

Ton hriin chocolat : encre de Chine en bâton, 3 grammes; peroxyde de fer hydraté sec, 2 grammes; alizarine dissoute dans la soude, Ôs^b; purpurine, 0d'>5.

Ton noir de gravure : noir de fumée, 38 grammes; laque carminée, 4 grammes; indigo, 2 grammes. On ne peut songer à employer, pour obtenir

1. Bulletin (le la Société française de i^liotographie. 1872, p. 31.

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