‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 149 sur 260 · Ihid., 1870, p · texte numérisé non relu

Ihid., 1870, p

SENSIÊILISAÏION DU PAPIER.

nicito de puttisso etcraiiiiiioiiiiiquo. On peut fixer rencre d'iny»rimerie ou toute autre couleur grasse à des papiers rnixtionnés, pourvu que la préparation contienne du savon mou ; mais la gélatine devient insoluble assez rapidement. Au lieu d'employer la gélatine, on peut se servir de caséine ou de toute autre substance organique de nature analogue insoluble dans l'eau chaude, mais susceptible de se dissoudre dans l'eau additionnée d'ammoniaque, d'alcali, etc.

^' 3. — SENSIBILISATION DU PAPIER.

661. Bain sensibilisateur. — Pour rendre sensible à l'action (1(; la lumière le papier niixtionné, on se sert d'une solution aqueuse de bichromate de potasse, préparée d'après la formule suivante : eau, 1 litre; bichromate de potasse pulvérisr, 20 grammes; carbonate d'ammoniaque, 1 gramme. On introduit ces diverses substances dans un flacon, on agite jusqu'à dissolution complète et on liltre dans une cuvette de porcelaine; le bain doit occuper dans la cuvette une épaisseur d'au moins

L'addition dr (•arl)()na((' (raninionia(|ue a i)Our but d'empêcher le papier niixtionné de s'insolubiliser spontanément ; il ne faut pas négliger l'emploi de cette substance, surtout pendant l'été, parce qu'en cette saison le papier sensibilisé devient rapidement insolul)le.

La (|uantité (le bichromate de potasse que doit renfermer un litre de bain n'a rien d'absolu, (adtc ({uantité doit être en rapport avec la nature des négatifs ; [)lus ces négatifs sont légers, plus la solution de bichromate doit être faible: on i)eut alors obtenir des images vigoureuses, mais avec une (hiréc d'insolation qui pourra être fort longue.

Le bain de bichromate de i)otasse doit être souvent renouvelé, lors même qu'il n'aurait servi ({ue pour un petit nombre de feuilles mixtion nées, car ces dernières abandonnent au bain des matières organiques (jui réduisciil le liichromate : il se forme alors des substances (|ui rendent i)lus ou moins insoluble la couche de gélatine ; cet elfet se traduit par des épreuves grises, sans vigueur dans les noirs. Si la décomposition du bain est plus avancée, le papier n'adhère pas à son support lors(|u'on essaie de le transporter pour le dépouillement de l'image.

Il ne faut pas employer moins de 100 grannnes de bichromate III U

de potasse, soit un bain de 5, litres, pour sensibiliser un rouleau de papier mixtionné de 3'n60 de longueur sur 0'"76.

La température du bain de bichromate doit, autant que possible, ne pas dépasser 15^ G. Il est bon de préparer ce bain en quantité considérable afin que la sensibilisation se fasse dans une masse de liquide assez grande pour qu'elle ne prenne que très lentement la température du laboratoire. En été, on conserve à la cave les flacons contenant le bain de bichromate ; on les laisse séjourner le moins de temps possible dans le laboratoire. Quand la température est très élevée, il est bon de sensibiliser le papier dans une cave, sauf à le faire sécher à un étage supérieur. Pendant les fortes chaleurs on emploiera un bain contenant 15 grammes de bichromate de potasse, 2 c. c. d'ammoniaque et 1 litre d'eau ; en hiver, on augmentera la dose de bichromate et on emploiera 30 grammes de bichromate dépotasse, 1 gramme de carbonate d'ammoniaque et 1 litre d'eau.

662. Procédé opératoire. — La sensibilisation doit être faite dans une cuvette de porcelaine, de faïence ou de verre. On trouve actuellement des cuvettes de grande dimension en faïence qui ne sont pas d'un prix trop élevé et qui conviennent fort bien pour la sensibilisation du papier; à défaut, on se servira de cuvette à fonds de verre, mais non en gutta-percha. En coupant le papier dans des dimensions assez grandes (par exemple 0'"90x0'"76j et sensibilisant ces grandes feuilles il y a peu de déchet; mais dans ce cas la mixtion exige plus de temps pour sa dessiccation que si le papier était coupé en formats plus petits ; on se guidera sur la dimension des épreuves que l'on doit imprimer pour couper le papier.

La surface de la mixtion est toujours couverte d'un léger duvet qui provient de ce que l'envers du papier adhère toujours plus ou moins à la surface de la gélatine ; on fait disparaître ce duvet en passant à la surface de la feuille une brosse longue et étroite, dite brosse à bijoux.

On immerge le papier dans le bain de bichromate, la couche en dessus; on fait plonger les bords du papier à l'aide d'une baguette de verre recourbée et on fait osciller la cuvette pour que le liquide recouvre complètement le papier. Si l'on s'aperçoit que les bords de la feuille tendent à s'enrouler et à sortir du bain, on les maintient avec la baguette, la feuille ne tarde pas à devenir plane ; ce résultat est habituellement atteint en deux minutes ; on la retire alors du

ftENSlfilLISATION DU l'APÏKR.

bain et l'on constate (lue le dos de la feuille est recouvert de bulles d'air. Ces bulles formeraient autant de taches : on les fait disparaître en immergeant de nouveau pendant tme minute la feuille mixtionnée, mais en plaçant la rourJic en dessous ; à l'aide de la baguette de verre on fait disparaître les bulles qui sont adhérentes au dos du l)apier: on peut alors retirer la feuille du bain sensibilisateur.

La nature de l'image est fortement influencée par la durée de l'immersion de la feuille dans le bain sensibilisateur. Il est évident que moins la mixtion séjournera dans la liqueur sensibilisatrice, moins la gélatine absorbera de bichromate : elle sera alors peu sensible et conviendra pour l'impression des négatifs légers. Mais une ininicrsion par trop courte ne permet pas au bichromate de pénétrer assez profondément dans la gélatine ; les images obtenues sur un tel papier manijucnt de demi-teintes . elles sont entraînées lors du dépouillement de l'image.

La durée de l'immersion doit être modiliée suivant la température; plus la température est l)asse. plus il faut prolonger le temps d'immersion.

La feuille de i»apier sensiitilisé doit donc être imprégnée d'une (juantitê suflisante «le s(»lnlinii de iMcliroiiiale de potasse. Il ne faut

Fi-, r.i:..

pas (lu'il y en ait un excès, sans (pioi le séchage serait extrêmement long; en été, il pourrait arriver «pie la gélatine se dissolve après la sensil)ilisatioii. A lin d'éviter cet insuccès, on dispose sur l'un des côtés de la cuvette, et plongeant dans celle-ci. i)ar un de ses côtés, une glace dans une position légèrement inclinée, on fait glisser le papier sur cette glace, le côté niixtionné en contact avec celle-ci: grâce au li(iui(le (huit le papier est imprégné, l'opération s'effectue assez rapidement. Le papier étant bien placé sur la glace, on passe légèrement sur le dos de la feuille une raclette en caoutchouc. On opère très lèiirrcincnl pour chasser l'excès de liquide: on commence par racler du centre de la feuille V(U-s les bords, puis du bord supérieur vers le bord inférieur, de manière à chasser tout l'excès de liquide.

La racle ou ixœleite en caoutchouc {fig. 5-^5) est formée d'une lame de caoutchouc épaisse de 0'"004 à0'"005, large de 0"^05 et longue de 0'"20. Cette lame est emprisonnée entre deux règles plates de bois dur de 0'"04 de large ; la lame de caoutchouc dépasse les règles de bois de

Fig. 546.

O'^Ol. La raclette ne doit pas avoir plus de 0'"20 de long, car l'effort que l'on exerce sur de larges raclettes est insuffisant pour appliquer régulièrement le papier ; on se sert de cet appareil comme d'une brosse à habits.

Les feuilles de très grandes dimensions s'appliquent difficilement

Fig. 547.

sur la glace; on peut les déchirer en faisant cette opération. Lorsque l'on sensibilise des feuilles qui ont l"i20 de côté, on se sert d'une cuvette à fond de glace {fig. 546)^ munie d'un recouvrement A. Cette cuvette peut osciller autour de deux pivots CC ; elle est montée sur un solide bâti de bois. Après avoir immergé la feuille, la mixtion en

SÉCHAGE DU IWPIEK. 213

dessus, 011 la retire en ai)[)liqu;int une bande de glace contre l'un de ses côtés, et on la plonge de nouveau dans le bain, la mixtion étant tournée vers la glace; au bout d'une minute, on incline fortement la cuvette, de manière à faire arriver dans le recouvrement A le bain sensil)ilisateur: en môme temps, on maintient le papier mixtionné contre la glace du fond; c'est sur cette glace môme que l'on racle le papier ; on enlève alors la feuille, on redresse la cuvette et on sensibilise une nouvelle feuille.

I/emi)loi de la raclette est très utile. On peut à la rigueur, pour la s(Misil)ilisation, so passer de cet instrument en se servant du dispositif suivant : on lixo à la table sur la(]uelle se trouve la cuvette un tube de verre, et on fait glisser le papier sensibilisé sur ce tube {fig. 547) ({u'on a préalablement bumecté ; en retirant 1^ papier lentement, la gélatine perd une grande partie du li(juide qu'elle entraînait, le séchage s'effectue très rapidement.

La sensibilisation peut être faite en pleine luniière: il n'en est i)as de môme du sécliage.

663. Séchage du papier. — dette oi)ération doit s'effectuer le plus rapidement itossijjle. \ an Moncklioven ^ a fait observer que le l)apier séché rapidement lournit des images très vigoureuses, des noirs purs et des blancs bien accusés; lors du transport sur verre ou sur i)apierla mixtion adhère facilement et énergiquement aux surfaces, et les images se déi)ou illent à Teau chaude en peu de temps. Un pai)ier (|ui sèclui avec lenteur est relativement très sensible à la lumière, mais se dépouille diflicileinent . adhère mal au support temporaire et doniK^ souvent (h^s images ternes et sans vigueur.

JjG séchage doit s'effectuer dans une pièce aérée et obscurcie par des verres jaunes. F/air de la partie supérieiire de la chambre étant toujours i)lus sec (jue cebii (Ttui-bas, on suspend le papier aussi haut ((ue possible. î^e meilleur moyen consiste à le placer sur une feuille de carton séclieiii* lixé Iiii-iiième au-dessus d'iinc^ planchette demii-onde. On i>lace au plafond des roulettes (]ui ])erinettent d'élever la feuille près (h» ce j)larond; l'air humide descendant est remplacé par de l'air [)lus sec, sui lout si Ton peut disposer d'une cheminée ou d'une ouverture coinniuni(iuant avec l'extérieur.

Pour faire sécher rapidement les feuilles de grandes dimensions,

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