Mon'itnu' de la photographie
2. Bvlletin de la Société française de photographie, ISOT, p. 170.
plus intenses que ceux qui sont destinés à l'impression par le chlorure d'argent.
Si l'on opère sur des négatifs très doux, c'est-à-dire olTrant des oppositions très peu marquées, ce qui conduit à la production d'images grises, on emploiera un bain sensibilisateur d'un titre peu élevé et un papier mixtionné très riche en matières colorantes. On améliore grandement ces négatifs en versant sur le dos du verre un vernis mat ; on renforce les noirs avec l'estompe chargée de plombagine et à l'aide d'un canif on enlève le vernis mat dans les parties éclairées du sujet; enfin, on exposera à une lumière très douce et on recouvrira le châssis soit d'un verre dépoli, soit d'une feuille de papier mince (papier à copier les lettres).
Il est indispensable de recouvrir les bords du négatif d'une bande de papier plus ou moins opaque sur laquelle doivent porter les bords de la feuille mixtionnée : ces bords se dissolvent très vite lors du dépouillement, ce qui facilite l'isolement de l'image sur son support. Il est bon que ce papier soit légèrement perméable à la lumière, afin d'avoir une demi-teinte autour de l'image à dépouiller. Le papier jaunâtre est ce qu'il y a de mieux pour cet objet. L'emploi de ce papier fournit d'excellents résultats lorsque sur les bords mêmes de l'image se trouvent des noirs tels que toute l'épaisseur de la couche mixtionnée y est employée ; une demi-teinte ménage alors la transition et permet d'éviter que la mixtion ne se soulève dans cette partie de l'image.
On classera les phototypes à copier en trois catégories : négatifs doux, négatifs moyens, négatifs durs. Comme nous l'avons dit, les premiers nécessiteraient l'emploi d'un bain de bichromate faible et une mixtion fortement colorée, les seconds un bain de bichromate plus fort et une mixtion moins colorée , les derniers enfin exigeraient un bain de bichromate fort et une mixtion très peu colorée. L'emploi de ces divers bains et de ces nombreux papiers n'est pas pratique dans un grand atelier ; il vaut mieux modifier le négatif et employer des papiers plus ou moins frais.
667. Des châssis-presse. — On peut se servir des châssispresse ordinaires employés pour l'impression des épreuves sur papier albuminé au chlorure d'argent ; mais on peut supprimer la planchette pliante, puisqu'on ne peut pas suivre la venue de l'image.
Le papier au charbon est quelquefois tellement sec qu'il est dif-
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ficile (le ri4)pli(iuer contre le négatif ; il faut alors l'abandonner pendant quelques minutes dans un endroit humide pour qu'il devienne flexible. Afin d'obtenir un bon contact entre la surface de la mixtion et celle du né<,^atif, il est bon d'interposer entre le papier et la planchette une feuille de caoutchouc vulcanisé de 0"'005 d'épaisseur ou un feutre très épais.
Dans certains ateliers on n'emploie pas de cliAssis-presse pour imprimer les imaj^es de i)etit(' dimension : on i)lace le papier au charbon derrière le négatif, puis une feuille de caoutchouc et quelques feuilles de papiei" buvard, puis une pla(]ue de verre ou un vieux négatif; on maintient ces verres assemblés à l'aide de quatre pinces américaines à ressort: ces pinces peuvent tenir ensendjle deux systèmes de verre, telle sorte ((iie pour e<)pier dou/e négatifs il suffira rie (juatorze })inces.
Si l'on désii'e prodiiii'<' des photocopies entourées d'un fond teinté, il faut se sei'vii- de châssis spéciaux, appelés châssis teitdciirs : ces ciiAssis sont très employés i)our obtenii* des }>hotoco[)ies de portraits. On imprime d'abord sons une cdchch' négatif du |)ortrait lixé dans le châssis: le pa[)ier est découpé de telle sorte <jue les i)ords sui)érieurs et droits par e\enq)le soient en contact a\ ec les boi'ds du châssis ; on mar({U(î d ime croix, à l'envers du ]»ai)iei- mixtionné. l angle compris entre ces côtés: on [)orte ensuite le iKijïier (hms le châssis jumeau . dans le(piel Tentoniage est cette fois translucide et le centre absolument opacjue: on dispose le pai)ier de telle sorte (|ue l'angle où est mar(iué(^ la croix soit placé dans la même situation, et les côtés en contact avec les mêmes c(Més du châssis : l'image se trouve ainsi repérée. La durée de la seconde insolation n'est (pie le tiers ou le (|uart de celle (|ui est nécessaire i)our l'insolation du négatif. Sarony a ivnni i>lusieurs de ces châssis (mi un seul, dans le(piel on peut placer une série de phototypes de môme intensité. Le chargement et le décliargemeid de cet appareil s'elfectue sans perte de temps. Il est indis])ensal)le d'avoir à portée de la main un crayon pour mar- (|uei" les papi(U's \\\)vvs la première et la deuxième impression. Ce châssis teiuteur peut s(i construire très facibuiient en carton.
On a fahrifpié des châssis multiplicateurs permettant d'obtenir plusi(Mirs éi)reuves sur même feuille de papier. Le principe sur lequel est basé la construction de ces châssis est exactement le même ((ue celui (jui a servi à établir les châssis multiplicateurs de clKunbre noire (105); on obtient ainsi jusqu'à huit images sur la
même feuille de papier, on les développe toutes en même temps.
Ces divers appareils peuvent être construits très facilement soit par transformation du matériel ordinaire, soit en employant pour les images de petites dimensions des glaces minces, exactement calibrées , que l'on recouvre de caches convenables en papier noir épais.
668. Des photomètres. — Les ])apiers iiiixtionnés étant noirs ou de teinte très foncée, on ne i)eut suivre la venue de l'image, ainsi que cela se pratique avec les papiers au chlorure d'argent. Pour produire une série d'épreuves de même valeur il est indisponsal)le d'employer un bon photomètre.
Il existe un très grand nondjre de ces ap})areils : presque tous permettent d'arriver à de très bons résultats. Le plus simple des photomètres est le
photomètre anglais. Il consiste en une boîte de fer-blanc verni, dont le couvercle (de 0'"03 de côté environ) porte une lame de verre peinte en couleur rouge chocolat : c'est la teinte que prend ime feuille de papier préparé au chlorure d'argent et à l'acide citrique. Au centre de la lame de verre se trouve ménagée une partie longue et étroite où le verre est à nu. Une bande de papier sensible préparé au chlorure d'argent est placée dans l'intérieur de la boîte et est maintenue en contact avec la glace par un coussin en drap sur lequel elle glisse à volonté. La lumière agissant sur ce papier l'amène à la nuance qui est peinte sur le verre; quand ce résultat est atteint, on a un degré du photomètre; à ce moment, on fait glisser un peu la bande de papier, on imprime un second degré, et ainsi de suite.
On a proposé, au lieu d'une seule teinte, d'employer un photomètre portant quatre ou six nuances différentes {fig. 550). Celui de Woodbury* est un des plus pratiques : il est de la grandeur d'une montre de dimension normale; on le garnit d'une bande de papier chloruré, sensibilisé sur un
1. Bulletin de V Association belge de fliotograjjliie.^ VI, p. 408.
Fig. 550.
piio'J'()Mî:tke vidal.
bain contenant lU grammes de nitrate de magnésie, 10 grammes de nitrate d'argent et 100 c. c. d'eau. Cette Ijande de papier passe sous l'ouverture pratiquée au centre du disque entouré de six teintes d'intensité graduées; la teinte la plus foncée peut être considérée comme teinte entière, les autres servent à la diviser au besoin on 1/6, 2/6, 3/6, 4/6, 5/6 de teinte. On cherche, par l'expérience, (jnel est le nond)re de teintes et de fractions de teintes nécessaires pour ol)tenir une inii»ression convenable sur le papier mixtionné
placé dans le châssis; aussitôt (pi<' I<" p-ipier sensible placé dans le photomètre a atteint la nuance exacte de la teinte entière maniuée sur le verre, on tire le papier de ([uel-pn^s millimètres pour taire apparaître une nouvelle surface blanche que Ion insole juscpi'à ce qu(^ la teinte désirée soit obtenue.
Il est bon de ne pas avoir recours aux teintes foncées obtenues par la lumière, car on peut se tromper alors d.> fortes quantités, les teintes foncées étant bien plus difliciles à apprécier «nu^ les teintes légères; aussi, dans beaucoup de photomètres, on se sert di> verre jaune plus ou moms foncé, que l'on jipi)lique à la surface du photomètre.
Un des photomètres les plus pratiques est celui qu'a imaginé L. Vidal. Cet appareil, accompagné de son graduateur des rapports, constitue l'instrument le plus précis et le plus pratique dont on puisse se servir pour le tirage des épreuves.
Ce photomètre* se compose de trois séries de teintes graduées {fig. 551) recouvertes chacune d'un nombre de feuilles de mica tel que le degré de translucidité de chacune des couches de mica diffère de celui de deux autres échelles dans un rapport déterminé; de plus, un verre jaune peut glisser entre les coulisses de bois AB, CD, de manière à recouvrir tour à tour chacune des échelles graduées 1, 2, 3. Ce verre jaune permet donc, quand il le faut, d'opposer une entrave plus forte à la translucidité des simples couches de mica.
Chacune des teintes des trois échelles est percée à son centre d'une ouverture circulaire, et le degré cherché est obtenu quand un fragment de papier sensible au chlorure d'argent, placé sous la teinte indicatrice de ce degré, se colore de telle sorte, dans la partie correspondante à l'ouverture, que la tonalité de cette coloration soit assimilable à celle de la teinte ambiante.
Pour graduer l'appareil ainsi organisé, on a choisi un jour de vive lumière; puis, le photomètre se trouvant muni d'un morceau de papier sensible recouvrant toutes les ouvertures à l'intérieur, on l'a exposé en plein soleil durant cinq secondes, très exactement. Cela fait, on a cherché quelle était celle des ouvertures dont la coloration arrivait à se confondre le mieux avec la teinte ambiante : on a ainsi obtenu le degré 1/2; puis, avec un morceau de papier sensible, on a fait une expérience semblable, mais d'une durée exacte de dix secondes : cela a fourni le degré 1/4, et ainsi de suite, de proche en proche, et en prenant toujours pour l)ase la lumière directe d'un beau soleil d'été entre onze heures et une heure. On est ainsi arrivé à la graduation suivante :
l^lOs 3/5
lm20s 3/6
3"! 1/3 verre jaune.