RETOUCHE
675. Alunage. — La glace portant l'image dépouillée est immergée dans une solution de 50 grammes d'alun dissous dans 1 litre d'eau distillée; le bichromate de potasse est très soluble dans Talun; do plus, la gélatine devient insoluble par l'action de ce bain. Ce traitement a donc pour etlet de durcir la couche de mixtion et de dissoudre l'excès do bichromate (|ui se trouve dans Timage.
I^a glace doit être immergée dans le bain d'alun l'image en dessous; on évite ainsi (jue les suljstances entraînées par la glace ne se fixent à la surface de l'image. Il arrive, en efTet, que la glace entraîne du bain de dépouillement une multitude de grains de couleur si l'on ne maintient pas la cuvette en mouvement. On peut faire disparaître ce défaut ai)rès l'action de l'alun, en passant sur la couche un pinceau de martre line: celte opération doit élrc faite avec un pinceau bien mouillé.
Il suflit de laisser séjourner la glace pendant un (juart d'heure dans le bain d'alun , on la lave ensuite complètement et on la laisse séjourner pendant une demi-heure dans une cuvette d'eau froide, on la laisse sécher avîint de faire le second transi)ort: on j)eut alors faire les retouches (jue nécessite l'image.
676. Retouche. — Il vaul mieux reloucher les images pendant ({u'elles sont encore sur glace, et pour cet objet l'usage du verre opale est fort utile. On exécutera la retouche en se servant de la mixtion même (non sensibilisée). On place un fragment de papier mixtionné humecté d'eau dans un godet de verre légèrement chaull'é; la mixtion se dissout et constitue ainsi la couleur (|ui servira à faire la retouche. ( )n [)iMit aussi retoucher avec des couleui's à l'huile ou avec l'estompe.
Si l'on veut colorier réi)reuve, on se servira des couleurs à l'albumine, auxquelles on ajoutera une petite quantité de solution concentrée d'alun de chrome et de fiel de buMif avant de l'employer; il faut appliquer les couleurs en couches minces.
Pour renforcer les ombres et donner plus de vigueur au fond, on retouche avec l'estompe et des couleurs en poudre, on mélange de la terre d'ombre et du carmin avec du noir de fumée: le tout doit être passé au tamis. Si la surface de l'épreuve ne retient pas assez de couleur, on peut ajouter un pou de plond)agine en poudre, ou bien l'on verse sur l'épreuve, tandis qu'elle est encore humide, un mélange de 1 partie de glycérine et de 25 parties d'eau, et on fait sécher.
Quel que soit le procédé employé, il est très utile, pour protéger
la retouche contre l'action de l'eau pendant le second transport, de verser du collodion dilué sur l'image retouchée.
677. Second transport. — Le papier double transport est constitué par une couche de gélatine blanche durcie par l'alun de chrome. Le papier appelé clouUe transport émail est du papier couché des lithographes recouvert d'une couche de gélatine blanche; il est destiné cà transporter les épreuves cà couche brillante dites émaillées; les opérations sont les mêmes avec l'un ou l'autre de ces papiers.
Le papier double transport est coupé de dimensions un peu plus petites que celles de la glace portant les épreuves ; on l'immerge dans l'eau froide. Au moment de faire le transport, la glace portant les images est immergée dans l'eau froide pendant un instant et on la met à plat sur une table, on retire le papier de transport de l'eau froide et on le fait passer dans une cuvette contenant de l'eau chaude jusqu'à ce qu'il soit complètement ramolli, ce que l'on reconnaît en frottant le papier entre le pouce et l'index. La gélatine doit pouvoir s'en enlever facilement, sinon l'adhérence entre le papier et les images serait insuffisante; la couche de mixtion pourrait se détacher après le collage de l'épreuve. Il faut qu'au sortir de l'eau chaude le papier double transport soit recouvert d'une couche de gélatine qui comblera les moindres reliefs de l'image. Si le papier est préparé depuis très longtemps, la gélatine est très peu soluble, et il faut plonger le papier dans l'eau chauffée à 50 ou 60*^; si cette température ne suffit pas pour ramollir la gélatine, on ajoute à l'eau quelques gouttes d'ammoniaque ou un peu de carbonate de soude. Il faut éviter, avec un papier fraîchement préparé, d'employer de l'eau trop chaude ou d'y laisser trop longtemps le papier double transport, car la gélatine en serait enlevée.
Le papier étant bien ramolli, on l'applique sur l'image en évitant les bulles d'air, puis avec une toile recouverte de caoutchouc et une raclette spécialement 7^éservées pour cet objet, on racle, on éponge l'excès d'eau et on laisse sécher; on détache ensuite l'image et on peut alors la coller sur carton par les procédés usuels; mais elle perd une partie de son brillant en la collant sur le bristol. Lamy^ a fait connaître un procédé qui permet de conserver le brillant de l'image lorsqu'on la monte sur carton. Il est à remarquer que cette