‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 209 sur 260 · Phot, Correspondenz, juin · texte numérisé non relu

Phot, Correspondenz, juin

PllOGÉDÉS DIVËRS.

(le ciiKi : 1'^ on rcporlo riiiuige .sur zinc (ce report peut s'ellectuor par tout procédé) ; on fait ensuite : 2^ la morsure préliminaire ; 3» la morsure en creux profond; 4» la morsure pour arrondir les arêtes; ;> la morsure de décapage.

On retouche le report avant d'effectuer la morsure préliminaire. Cette retouclie s'effectue au moyen d'une encre très fluide, puis on saupoudre la plaque de zinc avec du bitume de Judée, en poudre très fine, additionné de cire jaune (10 de bitume et 1 de cire); on enlève l'excès de poudre à l'aide d'un tampon de ouate, et on chauffe la plaque jusqu'à ce que le bitume qui recouvre le dessin prenne une teinte noire, de brune qu'elle était. Il faut éliminer tout excès de i)0udre. Pendant que la plaque est encore chaude, on en couvre le dos et les bords de vernis gras ou de vernis à l'alcool pour éviter l'action des acides.

L'immersion de la plaque se prolonge pendant cinq minutes dans une liqueur contenant 25 c. c. d'acide azotique pour 2 litres d'eau : il se forme à lu surface de la plaque un précipité (pi'il faut laver sous l'eau à l'aide d'une éponge très douce. La finesse de l'image décide de la composition du mordant et de la durée de roi)ération ; plus le dessin possède de traits épais, plus facile sera la morsure, car on jiourra prolonger pendant plus longtemps l'action de l'acide.

La planche est alors recouverte du mélange suivant : encre lithographique n" 2, 10 grammes ; cire jaune. 10 grammes ; t(''réi)entiiine de Venise, 15 grammes; saindoux, 5 grammes. On fait fondre ces diverses substances à un feu doux, et, après refroidissement, on y ajoute 40 grammes d'encre.

Le gommage du zinc et l'acidubition s'effectuent avec un li(iuide contenant 50 grammes d'eau. 1 gramme de gonnne arabitpie et 4 à 5 gouttes d'acide phosplioricfue commercial. La planclie est recouverte de cette dissolution à l'aide «l'une éponge line; on enlève l'excès de gomme avec une éponge humide, (d l'on encre la planche régulièrement. Ouniid l'humidité a disparu, on sau[)0udre de nouveau le zinc avec le mélange de bitume et de cire ([ue l'on fait fondre comme la première fois. La planche est alors immergée dans un bain acide plus énergique, et, après une nouvelle morsure de huit minutes, on renouvelle l'opération de l'encrage en ayant soin de durcir davantage par un chaulVage plus prolongé la couche i)rotectrice. Pendant cette opération, le l)itume déborde un peu sur le bord des parties non mordues, ce qui fait croire que le dessin s'est emprué. Ce débordement protège non seulement les arêtes vives de la surface primitive, mais encore les couches qui lui succèdent immédiatement, ce ([ui évite la sous-morsure.

On renouvelle toutes ces opérations une troisième et une quatrième fois si cela est nécessaire en augmentant chaque fois la force du bain acide et la quantité d'encre étendue sur le rouleau. A une cinquième morsure, on prend 75 grammes d'acid»; pour 2 litres d'eau et on laisse agir pendant deux minutes : l'encre est rendue plus fluide par une addition de vernis et on presse assez fort sur le rouleau ; elle ])énètr(> plus profondément dans les parties déjà attaquées, tout eu débordant sur les diverses couches formées par les morsures précédentes. Pour la septième morsure, on se sert d'un bain contenant 250 c. c. d'acide pour 2 litres d'eau , et on prolonge son action pendant vingt minutes. A la huitième morsure, on porte la (piantité d'acide à 450 c. c. d'acide pour 2 litres.

On fait alors la morsure à creux profonds. On commence par traiter le zinc à la térébenthine et à la benzine ; on le nettoie ensuite à la craie et à l'alcool. On prépare une encre très fluide contenant 80 grammes de paraffine, 40 grammes de saindoux, 200 grammes d'huile de lin et 5 grammes de noir de fumée. Après fusion et refroidissement, on en prend une petite quantité qu'on étend sur le rouleau à encrer, puis on encre le zinc avec une touche légère (sans pression). L'encrage doit être uniforme; on saupoudre plusieurs fois de colophane toute la surface du zinc, et, pour finir, on se sert de bitume en poudre impalpable. On peut alors immerger la ]^)lanche dans la liqueur mordante contenant une forte porportion d'acide.

La surface portant l'image accuse celle-ci par des arêtes vives qui pourraient trouer le papier d'impression. Il faut arrondir ces arêtes, ce qui s'obtient par une nouvelle morsure. On nettoie le zinc et on le recouvre d'encre no 2; cette encre ne protège plus les arêtes de la niorsure, ce qui permet à la liqueur mordante faible de les attaquer et de les arrondir. On nettoie, par une morsure légère, le zinc dans son ensemble et on le monte sur un bloc de bois.

751. Procédé Sartirana. — On peut obtenir des effets différents de ceux que donnent les morsures chimiques à l'aide du procédé suivant imaginé par M. Sartirana ^ La photographie est traduite par des entailles plus ou moins larges, plus ou moins profondes, faites par un burin dans une planche de métal. Le principe de l'invention repose sur l'emploi d'une machine à graver les lignes parallèles. Lorsqu'on fait marcher le chariot de la machine, un butoir (une touche en terme de métier) rencontrant des reliefs et des creux dont l'ensemble représente les noirs et les clairs d'une image ainsi que cela existe dans les lithophanies, agit sur un burin qui produit sur la planche des tailles plus ou moins larges. Suivant que l'image photographique en relief est positive ou négative, la planche obtenue sera gravée pour l'impression typographique ou pour l'impression en taille douce. Un dispositif spécial permet cependant dans la machine Sartirana de donner l'une ou l'autre gravure; on peut ainsi, dans les vingt-quatre heures, transformer le négatif photographique en une planche gravée, prête à être mise sous presse.

752. Procédés divers. — Niepce de Saint-Victor employait un mélange de benzine, de bitume de Judée et de quelques gouttes d'essence de citron pour rendre la préparation de bitume plus sensible à la lumière; il dépouillait avec un mélange de 2 parties d'huile de naphte pour 1 de benzine ordinaire.

Fichtner^ dissolvait le bitume dans un mélange de benzine et d'huile de lavande composé de 90 grammes de benzine, 10 grammes d'huile de lavande et 5 grammes de bitume. La plaque de zinc polie et décapée était enduite de cette solution; on faisait sécher dans l'obscurité; la durée de l'insolation sous un négatif était d'environ vingt-cinq minutes au soleil. Le dépouillement s'effectuait au moyen de l'huile de pétrole mélangée d'un sixième de

1. Bulletin de la Société f rançaise de 2^hotogra2>Me, 1888, p. 42.

Page 1