LIVRE XVI
PlIOTOTYPOGRAPiïlE
741. Définitions. — La phototypnrjraphie constitue les procédés de gravure eu relii.'l' par riuterventiou de la luiuière porniettant l'emploi de la typograpliie.
Les procédés ({ui peruiclteiit (ratt(Mii(l!'e ce résultat se diviseut en deux classes : dans l'une, on fait usa-^c du bitiunc de Jadcc pour obtenir directement la plaiu lir ou cliché t ypograplii(pie ; dans l'autre, on utilise l'action de la lumière sur diverses substances mélangées de bichromates. Le procédé le i)lus employé est celui au bitume de Judée, ({ui est d'une exécution relativement plus facile (pie celui au bichromate dépotasse; l'un et l'autre donnent de bons résultats.
iMiDi'oi vrix.uAi'ini-: w \\\ \'\ y\v. de .h'di':!-: suu /inc.
^ 1. — PUOCKDI'; DIRKCT.
742. Obtention des reliefs. — L(^ l)ul (pie Ion se proi)ose d'atteindre en phototypographie est d'obtenir sur zinc un cllrlié typographique susceptible d'être tiré à la presse typographicpie. Il faut donc produire une image sur la surface du zinc et creuser cette surface en tous les points qui ne doivent pas recevoir l'encre d'impres-
sien; la plaque de zinc terminée devra donc porter une image en relief : c'est ce relief qui recevra seul l'encre d'imprimerie. Ce résultat peut être obtenu en recouvrant le zinc de bitume de Judée, l'insolant derrière un négatif photographique, dépouillant l'image de l'excès de substance sensible, de manière à obtenir une épreuve dont les noirs sont constitués par une couche de bitume. Si l'on soumet la planche à Faction de Teau acidulée, le zinc sera attaqué dans tous les points non recouverts de bitume; on pourra donc obtenir une planche dont les noirs seront en relief. En pratique, pour obtenir un relief bien net, on effectue plusieurs mo7^siires par l'eau acidulée, en encrant d'une manière spéciale après chaque morsure : on obtient ainsi un relief dont les parois ne sont ni verticales, ni même en forme de talus incliné, mais représentant une série de plates-formes correspondant aux différentes morsures. Le rouleau toucheur ne pouvant atteindre ces plates-formes, on obtiendra les blancs de l'image. On voit donc qu'en résumé il faut : 1^ préparer la surface du zinc; 2° l'insoler et la dépouiller de l'excès de bitume; 3° l'encrer et la faire mordre; enfin 4» monter la planche ainsi obtenue pour constituer un cliché typographique.
743. Préparation de la surface du zinc. — On trouve dans le commerce du zinc de toutes les épaisseurs. En typographie, on se sert le plus souvent des numéros qui correspondent à des épaisseurs de 0'"0005 à 0'"003. Ces feuilles sont livrées à peu près prêtes pour l'emploi. On les graine dans l'atelier après que l'on s'est assuré, en les regardant à un jour frisant, qu'elles sont bien planées; on les polit avec du papier émeri fin et on termine avec du charbon de bois et de l'eau; on lave, on laisse sécher et on décape avec une solution de 3 grammes de cyanure de potassium dans 100 c. c. d'eau; avec une chiffon imbibé de cette dissolution on recouvre la plaque , on lave et on laisse sécher sur une plaque de fonte légèrement chauffée.
On prépare longtemps à l'avance une dissolution de 50 grammes de bitume de Judée dans 1 litre de benzine cristallisable ; on conserve et l'on manipule cette dissolution à l'abri de la lumière; lorsqu'elle est bien déposée, on en décante une certaine quantité dans un flacon, qui servira à verser la solution sur la plaque de zinc. On opère comme s'il s'agissait d'étendre le collodion; on laisse écouler lentement l'excédent du bitume et l'on égalise la couche à l'aide de la tournette. Il existe divers modèles de ces appa^-eils. Un des plus sim-
TOURXETTES. 309
pies se compose de deux pl;u{ue.s de l)ois triangulaires A et B (fuj. >j09) réunies à la partie su;)érieur3 par une charnière qui porte une manette mobile G et une mviivell;' M. Lo long des côtés de^ plaques
Fig. 500.
de bois sont lixéi's (piatre tiges on cuivre D, D', D", D'", terminées à leur partie inférieure par des crochets. La planclie bitumée est placée en P, on la serre à l'aide do la crémaillère E, du ta({uot à ressort T et d'une vis F située derriôro la pla<[ue de bois 1>. Lorsrpie la sur-
fac(» (lu zinc est rocouvorto do bitume, on rolounic la tournotto la l)la(juo on bas, on la dis})()S(^ au-dessus d'une source de chaleur, et saisissant la poigné(» i\ dans la main gauclie, on imprime à tout le système un mouvement de rotation rapide à l'aide de la manivelle M.
Cette tournette est assez commode pour les plaques de petites dimensions; pour les grands formats, il vaut mieux employer le modèle représenté par la figure 570. L'appareil est enfermé dans une sorte de caisse sans fond (non dessinée sur la figure) recouverte de toile jaune qui arrête les projections de liquide; une plaque de fonte assez épaisse est montée sur un axe vertical et peut recevoir un mouvement de rotation à l'aide d'une manivelle munie d'une vis sans fin; une rampe à gaz permet de chauffer la plaque de fonte à une température qui ne doit pas dépasser 50^0.; des griffes montées sur boulons, pouvant être écartées ou rapprochées à volonté, permettent de pincer les feuilles de zinc et les maintenir en place pendant le jeu de l'appareil. On chauffe la plaque à 50« C, après avoir déterminé la position que doivent occuper les griffes, on éteint le gaz et on fixe rapidement la planche recouverte de bitume; on fait tourner le disque, et en quelques minutes la couche est sèche et prête à être insolée.
744. Insolation et dépouillement. — Si l'on se sert de négatifs pelliculaires recouverts de collodion (nous supposerons qu'il s'agit d'un négatif ne présentant pas de demi-teintes, une reproduction de gravure par exemple), on fait adhérer directement ce négatif à la couche de bitume en plongeant la pellicule et la plaque préparée dans l'eau, on met la pellicule à la place qu'elle doit occuper sur la planche, on la maintient en place, on retire de l'eau, on racle fortement, et après dessiccation on peut exposer à la lumière sous une glace. On peut aussi effectuer l'insolation à l'aide du chassis-presse ordinaire. La durée de l'opération se règle à l'aide du photomètre; avec un négatif ordinaire, il suffit de vingt minutes d'exposition au soleil. On chauffe légèrement la plaque de zinc pour chasser l'humidité qu'elle aurait pu prendre pendant l'insolation, on la laisse refroidir et on verse rapidement à sa surface de la térébenthine ordinaire : l'image se dépouille assez vite si la durée de l'insolation a été convenable; on arrête l'effet de l'essence en maintenant la plaque de zinc au-dessous d'un fort courant d'eau, on essore la plaque à l'aide de papier buvard, et on chauffe pour enlever l'humidité. Si l'image n'est pas suffisamment brillante dans toutes ses parties, s'il reste un léger voile de bitume sur certaines places, on les recouvre d'essence en ayant soin que cette essence ne se répande point sur les parties du dessin qui sont assez venues; lorsque le voile a disparu on lave énergiquement la plaque pour empêcher que l'essence n'attaque les traits du dessin
engka(;e et mous l ue.
lui-inêmo; on lave la planche et on la fait sécher. On expose ensuite l'image en plein soleil pour consolider le bitume restant à la surface du ziiu;; la i)la(jue est alors prête pour l'encrage et la morsure.
745. Encrage et morsure. — Nous avons vu qu'un cliché typographique doit présenter une certaine profondeur dans les creux correspondant aux blancs de l'épreuve: par conséquent, il semble que pour obtenir des creux assez profonds dans la confection du cliché il soit nécessaire de recourir à des bains fortement chargés d'acide. En pratique, de tels bains rongent les traits en dessous et finissent \n\v enlever complètement les parties les plus fines de l'image; il faut donc pour obtenir ces creux profonds avoir recours à certains artifices. L'impossibilité de produire un talus continu étant démontré par l'expérience, on produit un talus discontinu, constitué par une série de gradins obtenus en faisant rcnilcr les encres sur les parties qui sont d'al)or(l creusées par l'acide; on fait d'al)()rd une série de morsures à froid, puis une série de morsures à chaud.
On prépare deux encres : 1» le noir mou et 2'^ le noir dui\ La première de ces encres contient 200 grammes de cire jaune. 15 grammes de résine et 500 grammes de noir d'affiche; la seconde renferme '250 grammes de noir à vignettes, 100 grammes de cire jaune, 100 grammes de bitume, SI) grammes de résine et 80 grammes de poix de Bourgogne : on fait foiidivaii feu dans le môme récipient les éléments (pii conslilueni le noirjus((n"à ce (ju'ils soient bien mélangés. Le noir dur iKMirrait être avec la foninile indi({uée trop solide i)our être directement utilisable; on lui ajouh> assez d'essence de térébenthine i)our l'empêcher d'être par trop résistant.
. Ces encres sont préparées dans le but de paralyser l'action de l'acide sur les traits. En chaulfant la planche on fait couler les encres sur les parti(^s ([ui sont creusées, et cela après chaque morsure, de manière à empêcher l'acide de ronger le zinc en dessous; dès lors on l)eul, dès le début, préserver les finesses de fimage. En employant un acide très dilué, et répétant souvent les morsures, on jieut creuser aussi profondément qu'il est nécessaire, tout en conservant les parties les plus lines de fimage; la seule difliculté réelle qui existe dans ce procédé, le seul point vraiment délicat est le cliauffaoe de la planche, chaullage (|ui a pour but de faire couler l'encre dans les tailles.
La planche poi-tant l'image parfaitement séchée est chauflee légèrement ; on passe ensuite sur les marges de l'épreuve et sur tout le
dos de la planche une couche de vernis à la gomme laque dans l'alcool (alcool, 100 c. c; gomme laque blonde, 10 grammes); on fait sécher à une douce chaleur et, à l'aide d'une pointe en os qui n'attaque pas le zinc, on trace sur la surface du vernis un trait assez tin mais assez profond pour mettre le métal à nu : ce trait permet de juger de combien l'acide a creusé le zinc.
Le vernis étant complètement sec, on immerge la plaque dans un bain d'eau acidulée dans les proportions suivantes : eau, 1 litre ; acide azotique, 10 c. c. Le but de cette immersion est non pas de faire une morsure profonde, mais de préparer le métal à recevoir la morsure. Il suffit d'une immersion prolongée pendant une demi-minute si la température n'est pas trop basse : on doit produire un creux très léger. On retire la plaque du bain lorsque en essayant de faire glisser l'extrémité d'un ongle sur la surface du métal, cet ongle s'arrête franchement au trait et qu'il constate une résistance indiquant qu'il s'est produit un très légère solution de continuité. La planche est d'abord lavée, puis séchée.
On mélange sur la table à encrer du noir mou avec du vernis gras ; le rouleau de cuir est roulé sur le marbre, de manière à le recouvrir d'une légère couche d'encre. La planche séchée est humectée à l'aide d'une éponge avec la solution de gomme et d'acide gallique employée en lithographie (701). Cette solution ne doit séjourner que quelques instants sur le zinc; on l'enlève avec une autre éponge bien imbibée d'eau propre, et on essuie la planche avec un linge fin en tamponnant légèrement la surface qui doit être très peu humide après cette opération.
On roule le rouleau une dernière fois sur la table à encrer et, avec une touche légère, on encre rapidement la planche : il faut laisser aller le rouleau de lui-même sur le bitume du dessin. On cesse d'encrer aussitôt que l'on s'aperçoit que toute humidité de la plaque a disparu; on le reconnaît très vite parce que les fonds blancs du zinc prennent un peu d'encre. Il ne faut pas chercher dans ce premier encrage à noircir complètement le bitume ; il suffit qu'il soit seulement teinté de noir. On saupoudre alors la plaque avec de la résine en poudre. On effectue cette opération à l'aide d'un pinceau que l'on charge de poudre de résine très fine, on souffle sur la plaque de manière à chasser l'excès de résine, puis on fait sur la marge un trait à l'aide d'une pointe d'os : la raie ainsi obtenue met le zinc à nu et permet de reconnaître la profondeur de la morsure. On ajoute à l'eau
ENCKAGE ET MORSURE.
acidulée de la cuvette uue quantité d'acide telle que cette liqueur contienne: eau, 1 litre; acide azotique à 36'^ Bauiné, 25c. c; on imnuM'j^e la plaque dans cette eau en faisant osciller continuelleluent la cuvette, on retire la plaque après quelques minutes d'immersion. Avec l'ongle du pouce on se rend compte de la morsure obtenue : il faut éprouver une certaine résistance au bord de la raie tracée dans la «^omme la(fue.
On enlève la plaque du bain acide, on la lave soigneusement, on l'essuie à l'éponge, on la chauffe légèrement pour faire étaler l'encre et produire une première terrasse; il faut éviter de trop chauffer. Il ne faut pas oublier que l'on ne peut faire mordre en profondeur que la largeur du trait à laisser en relief; on se conformera à ce principe admis en morsure typograpliique. La planche refroidie est gommée de nouveau, essuyée à l'éponge mouillée, puis tamponnée au linge lin ; on encre de nouveau en poussant un peu plus l'encrage, mais non jus(pi'à complet noircissement: on trace un».' nouvelle raie sur les marges, on répand un excès de résine en poudre sur la plaque et on élimine l'excès de résine en souftlant fortement sur la surface.
La planche est alors plongée dans le troisième bain de morsure contenant 1 litre d'eau et 30 c. c. d'acide azotique à 36<' Baumé. Cette troisième morsure ne doit pas être beaucoup i)lus profonde que la deuxième ; on se rend c()m})te de sa nature à l'aide du trait tracé sur les marges. On retiiv la phupie du bain et on la lave, on laisse sécher.
On chaullV de nouveau la planche de manière à faire couler l'encre sur les faibles talus obtenus i)ar la morsure précédente, on laisse refroidir, on encre de nouveau en étendant sur le rouleau une quantité d'encre plus abondante que celle de l'opération précédente , on recouvre la i)laque de résine en poudre, on chasse l'excès et l'on fait mordri» une quatrième fois en prolongeant la durée de l'immersion ; on i)eut faire ainsi c\m[ ou six morsures successives.
Après la sixième morsure on peut généralement encrer la planche avec un rouleau de molleton. Il faut que les morsures précédemment faites soient assez profondes pour que les blancs du dessin ne s'empâtent pas pendant cet encrage. On saupoudre abondannnent de résine la planche bien encrée, on enlève l'excès de résine et on fait mordre dans un bain contenant environ 50 grammes d'acide azotique par litre, on lave et on fait sécher la planche après cette morsure. On fait chauffer assez fortement pour que l'encre recouvre tous les talus,
et quand la plaque est de nouveau refroidie on recommence la même série d'opérations en encrant de plus en plus fort. Le rouleau recouvrira presque toute la plaque d'encre, sauf aux endroits où les blancs du dessin sont plus étendus.
La morsure terminée, il s'agit de nettoyer la planche. Dans ce but, on emploie un mélange de 200 c. c. d'essence de térébenthine et 100 c. c. de benzine cristallisable ; on enlève ainsi toute l'encre de la surface de la planche, qui est ensuite lavée k la potasse légère et soigneusement passée à l'eau.
On imprime alors à la presse lithographique une épreuve d'essai. On élimine les taches, défauts de morsure, en frottant la surface du zinc avec une plume d'oie taillée en biseau et garnie d'émeri très fm ; certaines retouches peuvent se faire à l'échoppe ou à la roulette.
746. Mise à effet. — Il peut arriver que l'épreuve obtenue soit d'une teinte trop uniforme; ce défaut, fréquent dans la reproduction des négatifs avec demi-teintes, se présente quelquefois dans la reproduction des gravures au trait. Il faut alors retoucher la planche, travail qui demande du soin et un certain sentiment artistique de la part de l'opérateur. Cette retouche s'effectue au pinceau en couvrant de noir dur et de résine les parties de l'épreuve qui doivent être les plus noires; l'opération s'effectue de la manière suivante.
On recouvre de vernis noir les marges du zinc préalablement chauffé sur une plaque de fonte, on brosse fortement ce cliché avec une brosse sèche et propre afin d'enlever toute poussière, puis on l'encre complètement. La planche étant encrée, on retouche à l'aide d'un petit pinceau trempé dans du noir dur délayé dans l'essence de térébenthine: on recouvre toutes les parties fortement noires du dessin. La plaque refroidie est ensuite saupoudrée de bitume en poudre; on place alors le cliché encré sur une plaque de fonte chaude, on l'y laisse jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que sa surface est devenue brillante comme celle d'une glace, on la laisse refroidir et on la plonge dans l'eau acidulée de manière à obtenir une morsure très légère. La planche est alors nettoyée: on fait une nouvelle épreuve, qui permet de juger de l'état de la retouche.
747. Montage du cliché. — Les bords du cliché et les blancs sont découpés à l'aide d'une scie à main, et avec un rabot spécial Qn façonne les bords en biseau ; on perce quelques trous soit sur les
GRAIN DES NKCiATIFS.
l)()r(ls, soit sur les creux, pour permettre le passage des pointes destinées à lixer le cliché sur le bois. Ces bois doivent être préparés de l'épaisseur convenable pour pouvoir être imprimés sans difficulté dans la presse typographique.
Les opérations que nous venons de décrire ne présentent pas de causes d'insuccès. Les précautions principales à observer consistent (ral)()rd à donner une insolation convenable à la i)lanche, puis à faire lentement les diverses opérations; en particulier, il vaut mieux faire un grand nombre de morsures légères au dèlxit, on conserve alors toutes les finesses du négatif, ce qui n'a pns lieu si on commence la morsure avec un aride un peu fort.
On constate souvent, on enq)l()yîint le procédé (jiic nous venons de décrire, ({lie les traits obtenus, qui paraissent brillants sur un fond mat, ne sont pas nets, mais barbelés. Dans l)ien des cas, il est utile de faire disparaître cet aspect; on y parvient en faisant une nouvelle série de morsures que l'on a])|)elle morsure à chaud. On cliaulfe la planche et on l'encre avec un rouleau diu", «farrd de noir dur: il faut que l'encre i)renne partout. Il est inutile d'enq)loyer la li({ueur ^^allicpie, parce que les creux (|ui représentent les Ijlancs sont assez jtrofonds et ne peuvent être salis par le rouleau qui est assez dtn". La i)la(pie étant bien encrée, on la ehaulVe à nouveau jusipr;') ce (HIC I:i siirt'afe encrée, ([iii •'•lait iiiat^'. devieinie brillante ; on laisse relVitidir cl l'on inmicr^^e dans un bain i-enferniant la même quantité (Tacidi; (pie celle contenu:' dans le deniier bain. Cet acide doit marquer envii-on ;> liaunié : on fait dune inordiv à l'acide foi't et la (liiré(^ de l'opération est celle de la cin(piièni(' morsure à Iroid. Au s(U'lir de ce bain, on chaulfe la planche et on l'encre moins fortement (pie dans roi)éi-ation précédente; on l'ail mordre une seconde, une troisième et jus(prà une cin(piième fois, en chani^^eant le bain pour la quatrième et la cincpiième morsure, 'i'outes ces opérations se font en sens invei'se des premières, c'est-à-dire que 1(» premier bain de la seconde série des morsures est le plus fort et le dernier le plus faible : de même la durée du i)remier est la plus longue et celle (lu .leniicr la plus coui le. Après clia([ne morsure, on peut faire les retouches (pie l'on ju^^^e nécessaires en réservant complètement, à l'aide du pinceau enduit de noir, les i)arties qui doivent être les plus foncées.
C(>s divers modt^s de morsure ont été imaginés par Cillot», et cette série d'ojtérations porte dans l(»s ateliers le nom de f/illof<tf/(>.
748. Emploi des négatifs avec teintes continues. — La transformali(ui d'un néeatif à drini-fcuilcs en un cliché typographique présente des difficullés ass«>zsérieus(>s. Il faut, (m etl'et, pour imprimer typoorraphi(piement des traits ou des «rrains assez peu serrés pour éviter l'emprdement général lors du tiraf^e. Les traits ou les grains peuvent être produits assez facile-
1. Jinllrf'ni de lu Société (Vi nccvragtmcnf j'ovr V industrie nationale, janvier août 1883,
ment dans la texture de la planche; mais le tirage exige l'emploi de machines de haute précision, des rouleaux toucheurs parfaits, des encres de tout premier choix et du papier fortement glacé. En l'état actuel de la phototypographie, ce serait perdre son temps que d'essayer le tirage des planches à demi-teintes sur les presses ordinaires avec les moyens usuels ; la mise en train de ces planches nécessiterait un travail hors de proportions avec le résultat obtenu. Les imprimeurs ne peuvent arriver à de bons résultats qu'en employant l'outillage le plus perfectionné ; mais dans ce cas, et surtout pour les j^lanches de grand format, on obtient des tirages dont l'eftet n'est comparable qu'à celui fourni par l'impression en taille douce.
Les modelés des images typographiques ne peuvent être obtenus que par la discontinuité, car l'épaisseur de l'encre déposée par le rouleau toucheur pendant le tirage est partout la môme. Ces modelés doivent être discontinus, c'est-à-dire formés par des points ou par des traits plus ou moins larges et séparés par des espaces absolument blancs. On y parvient, dans le procédé direct au bitume, à l'aide de divers artifices, parmi lesquels il convient de citer : l'emploi d'un réseau interposé entre le négatif et la surface sensible, ou bien l'emploi de ce même réseau photographié dans la chambre noire en même temps que le sujet. Ces deux procédés conduisent au même résultat.
749. Emploi d'un réseau pelliculaire. — On trouve dans le commerce du papier présentant une série de lignes fines et également espacées, qu'on obtient à l'aide de la machine à griser. On appelle grisé ce papier imprimé qui est employé par quelques dessinateurs qui recherchent un fond pour leur dessin. Ce grisé est reproduit photographiquement à l'aide du procédé au collodion humide. On fait deux phototypes très nets, que l'on recouvre de vernis au caoutchouc, puis d'un collodion léger, de manière à obtenir deux négatifs pelliculaires ; ces deux pellicules sont reportées l'une sur l'autre, de telle sorte que les lignes parallèles des deux grisés soient à angle droit; on laisse sécher ces deux pellicules ainsi adhérentes Tune à l'autre.
On prépare une série de glaces par le collodion Taupenot (334), ou bien par le procédé au tannin (337). On obtient, par un moyen quelconque, avec ces glaces, une image positive du négatif à reproduire. Quand la positive transparente est sèche, on applique à sa surface, en immergeant le tout dans l'eau, les deux pellicules superposées représentant le grisé, on laisse sécher et on fait un négatif (soit par contact, soit à la chambre noire) de l'image positive ainsi préparée ; on obtient un négatif complètement recouvert du réseau donné par les grisés.
Le négatif ainsi préparé sert à l'insolation de la plaque de zinc recouverte de bitume de Judée par les procédés habituels.
On peut aussi interposer entre un négatif ordinaire et la surface sensible préparée au bitume le réseau produit par les lignes grises ; mais ce procédé ne donne pas, à beaucoup près, autant de finesse que celui que nous venons d'indiquer, parce que si l'on opère avec soin à la chambre noire la mise au point du positif par transparence et celle du grisé est sensiblement la même ou du moins ne présente pas de différences appréciables.
PllOCÉDK PAR REPORT.
Le (lépouilleineiit ck- hi plaque insolée s'effectue par les procédés usuels. La })lanche, couiplèteinent sèche, est enduite de vernis sur les marges, sur les tranches et sur l'envers. On peut alors procéder à la morsure de cette planche, ce qui demande de très grands soins, surtout si le grisé est très fin ; ce grisé ne doit pas être trop serré, car il pourrait être comijlé par l'encrage rapide fait avec une encre qui ne serait pas de premier choix.
La première morsure se fait avec un acide très faible : on emploie 2 c. c. d'acide azoti(|ue pour un litre d'eau, on agite constamment la planche dans la cuvette et on la retire après dix minutes ou un quart d'heure; le creux obtenu doit être à peine sensible à l'ongle. On encre alors la planche lavée et séchée : l'opération se fait avec un rouleau de zinc poli garni de noir dur délayé avec l'essence de térébenthine, on touche très légèrement la planche après l'avoir recouverte de gomme dont on a enlevé l'excès, on recouvre la plaque de résine, on souffle à sa surface et l'on procède à une morsure faible. On lave la placjue, on la chauffe doucement, et on peut recommencer un second encrage i)lus fort que le i)récédent; on répète ainsi les encrages et les morsures successives. Il faut absolument éviter une morsure trop forte en une seule fois; on peut, à l'aide d'un junceau enduit de noir dur, faire sur la planche les réserves nécessaires.
Quand la planche est suflisamment mordue, on enlève l'encre, la résine et le bitume avec de l'essence de térébenthine, on lave la plaque à la potasse très faible : elle doit i)résenter une surface l)rillante dans les parties qui doivent recevoir l'encre. On termine ensuite pur les morsures à chaud comme dans le procédé i)rècédemment décrit.
§ •2. — l'UOCKUK l'AU UKI'OHT.
749. Frcduction de la planche. — On peut obtenir, par les procédés de photocolloginpliie :ni bitume de .Judée, une épreuve susceptible d'être reportée sur zinc; si Ton elVeclue ce report à l'aide d'une encre permettant de préserver le zinc de l'action de l'acide, on effectuera le f/illol((gc de cette planche d'après les procédés usuels.
On obtient donc sur zinc un rei)ort d'ai)rès les moyens (|ue nous avons indi(]ué (706). L'épreuve obtenue sur zinc est recouverte à l'aide d'un tampon de ouate de colophane en pou<lre impalpalde qui, en adhérant aux parties grasses, donne assez de résistance à l'encre pour protéger les parties qu'elle recouvre contre les atta(iues de l'acide: à l'aide d'un second tampon, on enlève la poudre résineuse ([ui a pu se loger dans le vide des lignes, on vernit le revers, les marges et les tranches de la plaque avec du vernis à la gomme laque, on la i)longe alors dans la cuvette renfermant le bain de morsure Cette cuvette doit être constamment agitée pendant l'opération et le degré du liquide doit être proportionné à la morsure qu'on veut obtenir et conserver une force égale pendant toute la durée de l'opération. On maintient ce degré en employant un robinet plein d'acide placé au-dessus de la cuvette dans laquelle il laisse tomber en gouttes plus ou moins pressées le mordant, de manière à n'nq)lacer l'acide au fur et à mesure de la formation du sel de zinc.
TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE! DE PriOTOGRAPHÎE.
Il est très important de commencer par une morsure très légère qui attaque seulement les parties blanches qui existent dans les teintes les plus foncées. Lorsqu'elles sont suffisamment mordues, pour que les plus noires soient parfaitement distinctes par leur relief, on retire la planche de la cuve, on l'essuie et on la place au-dessus d'un fourneau. La planche est doucement chauffée; la légère couche de résine fond sous Tinfluence de cette chaleur et se déverse dans toutes les petites cavités creusées par l'acide au milieu des teintes foncées. Quand la résine a formé en fondant un vernis protecteur, on refroidijt la planche à l'air libre. On distribue soigneusement avec le rouleau lithographique une encre composée d'encre de report, de deux parties de corps gras ou résineux, et à laquelle on ajoute du vernis de lithographe, au point de la rendre assez liquide pour couler facilement autour des traits de dessus, on encre fortement la plaque : les parties noires s'empâtent ; on recommence ensuite à la saupoudrer de résine en poudre très fine, et on la met ainsi en état de retourner dans la cuvette ; cette seconde opération devant attaquer les teintes les moins foncées doit être plus énergique. Le chauffage doit être un peu plus élevé, de manière à étendre davantage la couche de résine en fusion et à protéger les cavités ménagées dans la première opération. On continue ainsi une série d'opérations jusqu'à ce que la fusion des résines et les encrages successifs remplissant toutes les cavités laissées par les morsures précédentes et formant les demi-teintes du dessin ne présentent plus qu'une masse noire uniforme, qu'on met dans un bain assez fortement acidulé pour creuser complètement les parties blanches.
S'il y a lieu, on fait les réserves à l'aide d'un pinceau imbibé de vernis à la gomme laque: on termine par un lavage dans une lessive de potasse et de benzine, on essuie la planche, on la sèche, et on découpe à la scie les blancs non mordus ; on monte alors le zinc sur le bois disposé à cet effet.
On a cru pendant fort longtemps, et les imprimeurs ont propagé cette erreur, que la phototypographie n'était pas pratique, parce que les zincs obtenus « manquaient de creux ». Or, ce n'est là qu'un tout petit côté du problème à résoudre. Il ne s'agit pas, en effet, d'obtenir des reliefs suffisants pour l'impression typographique : il faut ménageries morsures, arrêter chacune d'elle à des degrés différents, indiqués par les teintes du dessin, et mettre, par conséquent, à l'abri des attaques de l'acide les parties suffisamment préparées après chaque mordançage ; de là une série d'opérations que l'habileté acquise par l'expérience permet seule de diriger d'une manière convenable, et qui exigent un savoir pratique que l'étude théorique de la méthode ne pourrait jamais donner
I 3. — PROCÉDÉS DIVERS
750. Procédé Albert. — Les quelques modiffcations apportées par Albert 2 aux anciens procédés permettent d'obtenir des images d'une grande finesse. Les opérations qui constituent ce nouveau procédé sont au nombre
1. Motteroz, Essai sur les gravures chimiques en relief, Paris, Gauthier-Villars, 1871.