‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 21 sur 260 · IMPRESSION PAR DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

IMPRESSION PAR DÉVELOPPEMENT

536. Généralités. — La préparation des photocopies développées sur papier salé est à peu près complètement abandonnée aujourd'hui. Elle est remplacée par les procédés dans lesquels on se sert d'une couche d'émulsion étendue sur papier; mais il n'est pas inutile de rappeler ici les principaux procédés employés. Le papier était généralement salé à l'aide d'un mélange d'iodure, de bromure et de chlorure; il était ensuite séché, sensibilisé sur un bain d'argent, exposé à la lumière sous le négatif, puis développé à l'aide d'acide pyrogallique ou d'acide gallique. Les images ainsi obtenues présentaient en général un ton froid; mais ce procédé permettait d'obtenir très rapidement des photocopies positives alors que par suite d'insuffisance de la lumière le procédé au chlorure d'argent ne pouvait être employé. L'usage du bromure d'argent présente de grands avantages.

537. Procédé de Blanquart-Evrard. — On plonge le papier pendant quelques heures dans une solution contenant ^ 10 grammes de gélatine, .10 grammes d'iodure de potassium, 2gi'5 de bromure et un litre d'eau; on fait sécher ce papier par suspension; on expose alors la feuille aux vapeurs que dégage un volume d'eau mélangé de deux volumes d'acide chlorhydrique du commerce pendant un quart d'heure. Au sortir de la cuvette dans laquelle se dégagent ces vapeurs, le papier est placé sur un bain de nitrate d'argent à 7 o/o, on fait sécher le papier, on l'expose à la lumière sous un négatif pendant un temps variant de 3 à 20 secondes.

L'image, à peine visible, est développée à l'aide d'un bain d'acide gallique contenant 100 c. c. d'eau, 100 c. c. de solution saturée d'acide gallique et 2 c. c. d'acide acétique. Le développement dure vingt minutes. Le papier doit être complètement immergé dans ce bain. Quand le développement est terminé, on retire l'épreuve du bain, on la place sur une glace, on l'éponge des deux côtés, et, sans la laver, on l'immerge pendant cinq minutes dans un bain d'hyposulfite de soude à 5 o/o, puis on l'immerge dans un second bain d'hyposulfite de soude de même concentration, elle y séjourne vingt minutes et se fixe complètement; on la lave pour éliminer l'hyposulfite de soude, puis on la plonge dans un bain d'acide chlorhydrique qui enlève un dépôt jaunâtre et les taches marbrées qui se forment pendant le développement. Le papier est alors lavé, puis séché et soumis pendant plusieurs semaines à l'action de la lumière, ce qui donne à l'image une teinte pourpre.

538. Papier au citrate et au chlorure d'argent. — Ce procédé donne de meilleurs résultats avec les papiers encollés à la résine qu'avec ceux encollés à l'amidon ou à la gélatine. On choisit le côté le plus uni du papier et on l'étend très rapidement en le relevant aussitôt à la surface d'un

1. Van Monckhoven, Traité général de ptiotographie, 5^ édition, 1865, p. 315.

PAPIER AU NIÏRO-GLUGOSE.

bain qui renferme un litre d'eau, 10 grammes de chlorure de sodium et 5 grammes de citrate de soude. Il est important de retirer ce papier aussitôt que possible du bain de salage ; si on le laisse trop longtemps sur le bain, l'image sera dans la pâte du papier; on le fait sécher aussi rapidement que possible. Il est indispensable de marquer au crayon l'envers du papier. Quand il est complètement sec, on le sensibilise en faisant flotter le côté préparé sur un bain renfermant 1 litre d'eau, 20 grammes de nitrate d'argent et 15 c. c. d'acide acétique. Le papier doit séjourner très peu de temps sur ce bain, dix secondes au plus; on le fait sécher soit par suspension, soit en l'épongeant à l'aide de papier buvard. On expose ce papier sous le négatif jusqu'à ce que les grands noirs de l'image commencent à se montrer; plus l'image est visible et plus vite se termine le développement. Pour développer, on emploie 4 c. c. d'une solution saturée d'acide gallique et 4 litres d'eau distillée; on verse ce liquide dans une cuvette de porcelaine nettoyée avec le i)lus grand soin et on immerge le papier dans le développateur : l'image prend une très belle teinte rouge qui se complète en une heure ou deux. Quand le développement est terminé, on retire le papier de ce bain d'acide gallique, on le lave à l'eau pure, puis on l'immerge dans la dissolution d'hyi)Osuirite de soude.

On ol)tient des teintes assez agréables en n'ajoutant pas de nitrate d'argent à racid(! gallicjue, en développant lentement et, après lavages, virant l'épreuve dans une dissolution de chlorure d'or et d'acétate de soude; le virage s'effectue en trente ou quarante secondes. On lave l'épreuve, on la fixe dans le bain (rhy})Osuirite, on lave et on fait sécher.

539. Papier au nitro-glucose. — Le papier au nitro-giucose introduit en piiotograi)hi(' par Van Monckhoven» présente sur les papiers salés ordinaires le plus grand avantage, celui de permettre d'arrêter l'insolation à un moment quelcon(iue de sa période; pourvu que l'épreuve soit légèrement visible sur le i)apier, elle peut être entièrement développée.

On prépare une solution de 50 grammes de nitro-glucose dans un litre d'alcool; la solution est abandonnée pendant deux ou trois mois dans une étuve chauffée à 30» jus((u'à ce que cette dissolution alcoolique précipite abondamment le nitrate d'argent; les papiers sont immergés dans cette solution alcoolique pendant une minute, on les sèche par suspension, puis on les immerge complètement dans un bain contenant 20 grammes de chlorure de sodium, 20 grammes de citrate de soude et un litre d'eau. On sensibilise à l'aide d'un bain renfermant un litre d'eau, 80 grammes de nitrate d'argent et 4 .rrannnes d'aci.le citri(iue. Ce papier, après dessiccation, se conserve en bon état pendant trois à (luatre jours en été. On peut l'employer pour obtenir des images par noircissement direct.

Le papier préparé comme nous venons de l'indiquer n'a pas d envers; on peut donc imprimer l'image sur tel côté de la feuille qu'on désire. Il nécessite l'emploi de phototypes plus durs que ceux dont on se sert habituelle-

""on peut développer à l'aide de l'acide pyrogallique, ou bien avec l'acide gallique. Le bain d'acide pyrogallique contient 10 grammes d acide citrique,

Page 1