MOULAGE DU RELIEF
oOo
formats les plus usuels et l'on règle la pression du manomètre de la presse d'après les dimensions de la placjue d'acier. Pour imprimer une image de 0"''30 X 0"'4(). on se sert de plaque d'acier de 0"';^2 X 0"'42, et la pression nécessaire pour obtenii' un bon moulage est d'environ 576,000 kilogrammes.
La plaque d'acier cori^espondant au l'ormat de l'image est disposée sur le plateau de la presse hydraulique. Cette plaque doit être soigneusement rodée et être bien exempte de soufflures; elle doit être absolument plane. On l'encadre avec quatre lames d'acier évidées en l)iseau de dedans en dehors {fig. ÔHO). Ces lames sont percées de trous corresi)ondant à des goujons vissés dans l'épaisseur de la lame d'acier; on les y maintient à l'aide (Tècrous vissés eux-mêmes sur les
têtes des goujons. Ce dispositif a pour but d'empêcher que la surface du plomb, refoulé dans tous les sens par l'effet de la pression, ne provo(iue la rupture de la pellicuh» de gélatine.
Le relief en gélatim» est jxtsé sur la i)la((iie d'acier, le collodion en contact avec cette dernière si Ton a employé pour l'insolation un négatif retourné : si au contraire l'on s'est servi d'un négatif ordinaire, on place les reliefs en dessous et le collodion en dessus, en contact avec le plomb. Dans ce cas, l'image est moins line par suite de l'interposition de la couche de collodion entre le relief et la lame de plomb. Le relief étant mis en place, on tal({ue sa surface, on tahjue de même la surface du plomb, ((ui a été préalablement bien nettoyée à l'aide d'une brosse de chiendent, puis l'on courbe très légèrement la lame en dehors atin ((ue le contact se fasse d'abord suivant une ligne médiane, ce qui i)ermct d'éviter l'emprisonnement de bulles d'air (|ui nuiraient à la netteté de l'impression; on pose sur la surface extérieure de la lame d(^ plomb un coussin de fort papier et l'on pousse tout cet eus(MiibK\jus(iu'au ccMitre du plateau inférieur de la presse hydraulique. La gélatine et la plaque de métal sont ainsi prises entre deux plans dès que l'on commence à donner la pression avec
TRAITÉ ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOGRAPiliE.
la pompe à bras ; dès que la résistance devient trop considérable., on fait agir le moteur qui actionne le piston à vis ; on surveille le manomètre : aussitôt que la colonne de mercure atteint le degré correspondant à la pression exigée par le format d'acier employé, on arrête l'action du moteur.
Sous l'effort considérable exercé par la presse, le métal s'écrase et la gélatine le pénètre sans aucune altération. On maintient le moule en pression pendant deux minutes; on desserre un peu les écrous des règles tout autour de la plaque d'acier, puis on ouvre les robinets de décharge pour supprimer la pression ; le piston descend et on peut alors retirer la plaque d'acier du plateau de la presse. Le plomb est séparé de la plaque, il entraîne avec lui le relief de gélatine; on place le tout sur une glace épaisse, la partie portant la gélatine en dessus; on peut alors enlever cette dernière. Il faut manier le plomb avec les plus grandes précautions pour ne pas en altérer la planité. Le moule obtenu est ébarbé à l'aide d'une scie circulaire; on retouche au besoin ce moule tant qu'il est sur le plateau de la scie ; on abat l'arète du bord extérieur du moule en lui donnant une pente d'environ 15 à 20", à partir de 1 à 2 millimètres des bords de l'épreuve.
•778. Impression des épreuves. — L'impression s'effectue sur beau papier que l'on rend imperméable à l'eau de l'encre gélatineuse qui sert aux tirages; il faut le recouvrir d'un encollage supplémentaire sur la face qui recevra l'image. (Jet encollage se prépare en faisant dissoudre dans un litre d'eau 50 à 60 grammes de borax, 12 grammes de carbonate de soude et 200 grammes de gomme laque blanche; on maintient le tout à Féballilion jusqu'à ce (|ue la gomme laque soit à peu près complètement dissoute : on remplace l'eau éliminée par l'ébuUition et on filtre; on ajoute à la liqueur filtrée quelques traces de carmin pour lui donner une légère coloration rosée qui permettra de reconnaître aisément le côté préparé. Pour employer cet encollage, on opère dans un laboratoire chauffé à une température de 80*^. La solution est placée dans une cuvette légèrement inclinée ; ou applique deux feuilles l'une contre l'autre et on les maintient bien tendues par les deux coins supérieurs ; on fait passer rapidement les deux feuilles dans ce bain en immergeant simultanément leurs deux bords supérieurs et enlevant aussitôt du liquide la première partie immergée : il faut opérer assez vite pour que le liquide ne pénètre pas entre les deux feuilles.
On i)eut aussi employer pour rendre le papier imperméable soit la gélatine alunée, soit l'albumine coagulé ; mais quel que soit le procédé employé, il faut appli(juer sur le papier préparé un second encollage qui favorise l'adhérence de l'encre gélatineuse au papier et empêche la gélatine de se soulever i)ar écailles lors(iue la couche d'encre est sèche. Cet encolhige est formé par un lait gélatineux de résine que Ton i)rép;»re en précipitant une sohition alc()oli({ue de benjoin par
Fi«î. r>si.
l'addition d'une eau (•(lutt'nanl une petite (juanlité dt^ gélatine. Cette opération prélimiiiaiic pnitc le nom de Udlaoe. VAla se fait très facilemeid en passant un tami)oii de coton à la surface des feuilles couvertes déjà de la i)reinière préparation. Les feuilles laitces sont ensuite glacées fortement à l'aide d'un laminoir spécial ifig. 581) : la surface du papier ju-ésente alors un aspect brillant. Plus complet est le laminage et plus belles seront les épreuves, car l'encre gélatineuse ne sera arrêtée par aucune des aspérités du papier; on pourra donc obtenir des images dont les blancs seront très brillants. Le glaçage
s'effectue entre deux lames. d'acier bien polies; ces lames donnent un glaçage très supérieur à celui que l'on obtient par l'emploi du zinc.
L'encre gélatineuse est constituée par une simple dissolution aqueuse de gélatine contenant certaines matières colorantes. La quantité de gélatine que contient cette encre varie avec la température à laquelle se fait l'impression. Il faut obtenir une encre suflisamment chargée en gélatine pour que la mixtion emprisonnée entre le moule et le papier fasse prise rapidement ; il est clair que ceci dépend et de la profondeur du moule et de la température à laquelle on opère. Les matières colorantes doivent être broyées aussi finement
c|ue possible et]doiveiit êtrelidentiques à celles que l'on emploie pour les mixtions du procédé au charbon. L'intensité de la coloration dépendant de l'épaisseur de la couche d'encre, il est évident que la quantité de matière colorante varie aussi suivant la profondeur du creux des moules; ce n'est donc que par des essais faits avec chaque moule que l'on peut déterminer la nature d'encre la plus convenable au sujet à imprimer.
Le mélange de solution de gélatine et de matière colorante est fait au bain-marie, liltré à l'aide d'un carré de mousseline et recueilli dans un récipient cylindrique disposé sur un bain-marie {t^g. 582). La gélatine devant séjourner pendant assez longtemps à la température du bain-marie, il est bon de choisir des gélatines de qualité dure.
Le nioiilo en ploiul), ('oiivonal>lement retouché et paré sur le plateau de la scie circulairr', est i)oussc sur une glace et de là sur le plateau de la [)i'esse à impression {pg. rj83), plateau qui a préalablement reçu une couclie de i)là(re de mouleur, gâché à consistance pâteuse; lorsque le plond) est posé sur ce lit de plâtre, on place à la surface du moule une feuille de papier de tirage et l'on rabat le plateau de la presse de façon à coniprini.T je plomb contre le lit de plâtre; on maintient la i)ression jus((u à ci' (pie le plâtre se soit durci: on relève alors le plateau et on ncttoif^ le })lâtre (fui s'est étalé autour du moult'. I.a phiiiclie csl alors prèle à être im])riiiiée si le calage a été
Fi-. :,s;}.
l)ien fait. On s'en assure eu vcrsani une cei'taine ({uantité d'encre sur le (-(Mitre du moule, ou pose le pai)ier du côtt'' préparé en contact avec l'encre, on rabal le plaleau supéi-jeui* aprc's l'avoir tiré vers soi Jus((u"à son poiul d'anvi. (Ui laisse la gélaliue faire i)rise. on relève le plateau et 'mi enlève le papier d'un mouvement continu; on examim^ l épi-euve et l'on eonslate si l'encre est régulièrement répartie sur loul(> sou ét(Mulue : dans ce cas la planche est bien calée et l'on peut commencer 1(> tirage. S'il se manifeste des taches plus ou moins marquées, c'est le moule a été faussé. On enlève alors le moule de son lit de plaire et l'on fait la mise en train; pour cela, on place <nix endroits où se foniiei»! les taches sous le moule des découpures
en papier affectant la forme même de ces taches, on soude ensuite le plomb à son support en plâtre en y versant un peu d'encre à imprimer et l'on recommence la série des opérations quand la gélatine employée comme colle a fait prise. Le calage peut aussi être obtenu par l'emploi de gutta-percha en feuilles de O^^Ol d'épaisseur,
que l'on ramollit dans l'eau chaude avant de l'appliquer sur le plateau de la presse.
L'impression s'effectue à l'aide d'une série de presses disposées autour d'une table circulaire pivotant autour d'un axe et solidement maintenues par des tringles de fer {fîg. 584) ; au-dessus des presses se trouve une tablette destinée cà recevoir le papier d'impression ; le bain-marie se trouve à portée de cette table. Avant d'encrer chaque moule on le graisse avec un tampon de flanelle imbibé d'huile verte. Il faut éviter de toucher le moule avec les ongles, qui pourraient
rayer le plomb ; de l'encre chaude (:30<' C.) est versée au centre du moule, lo papier est posé sur l'encre du cùté préparé, on ramène vers soi le plateau supérieur de la presse, puis, en tournant le levier de droite à «gauche, on donne la pression. L'excès de liquide s'écoule tout autour du moule et forme sur le plateau inférieur une épaisseur d'encre figée, que l'on enlève de temps en temps pour la faire servir de nouveau.
Quand la dernière presse u été chargée, l'opérateur amène la première presse devant lui. ral)at le levier de gauclio ;i (h'oite. relève le plateau, le repousse arrière, et saisissant le papier par l'un des angles l'enlève d'un mouvement continu et l'épreuve se trouve fixée au papier. Si le mouk' a été hien graissé et si la gélatine a fait prise il ne reste pas d'encre à la surface du ploml).
L'épreuve enlevée est débai-rassée de l'excès d'encre qui se trouve tout autour du ))apiei'; cet excès d'encre est refondu, tiltré et peut servir de nouveau. Il est indispensable d'avoir sous les yeux pendant
le tirage une épreuve type, car après deux cent cinquante ou trois cents coups (le pi-esse. le ploml) est usé i)ar suite du frottement du tanq)on de tlanelle; il faut alors supi)rimer le moule ainsi détérioré et le remplacer \y.\r un nouveati.
Les images im[)rimées. débarrassées de bMir bordure en gélatine, sont placées sur un canevas à larges mailles tendu sur un châssis: elles sont abandonnées à la dessiccation spontanée, puis on les fixe dans un bain contenant 25 grammes d'alun pour 1 litre d'eau, on lave pour éliiuiiier l'excès d'alun et on fait sécher les épreuves en les suspendani à des lileaux.
Le lixage à l'alun n'est pas indispensable si on vernit les images; d'ailleurs'^ dans c.Mtains cas, ce lixage altère la matière colorante. On retouche les épreuves, puis on les vernit à l'aide d'une dissolution de 15 grammes de gomme laque blanche dans 100 c. c. d'alcool méthylique. Ce vernis est placé dans une cuvette légèrement inclinée; on trempe dans la cuvette un tampon formé par un morceau de feutre épais ou par plusieurs doubles de flanelle cloués entre un sup-
port de hom (fig. 585)^ on enlève l'excès de vernis par pression sur un des bords de la cuvette, puis on le passe d'un mouvement continu à la surface dé l'épreuve à vernir; on la place alors dans une étuve à dessiccation semblable à celle qui est employée pour le vernissage des épreuves photocollographiques (727).
Les épreuves vernies sont coupées à la dimension convenable, puis montées sur carton. On emploie pour ce montage les procédés indiqués pour les photocopies sur papier albuminé. Woodbury a recommandé pour le collage des épreuves une colle composée de 192 grammes de gélatine, 385 c. c. d'eau et 6 grammes de glycérine. Aussitôt que la gélatine a absorbé tout le liquide, on fait dissoudre au bainmarie et on ajoute en agitant constamment 576 c. c. d'alcool méthylique. Lorsque les épreuves sont collées on les fait passer sous le cylindre à satiner, comme dans les procédés usuels.
On peut aussi reporter les épreuves sur glaces transparentes ou sur verre opale à la condition d'employer une encre plus chargée en couleur que lorsqu'il s'agit d'épreuves sur papier. Le procédé le plus simple consiste h imprimer sur papier à la gomme laque satiné et talqué, mais ne portant pas de couche de lait benjoin; l'épreuve sèche est ensuite reportée sur la glace préparée.
BIBLIOGRAPHIE
Davanne. La Photographie, t. II.
Van Mongkhoven. Traité général de photographie, 1^ édition. Vidal (L.). Traité pratique de photoglyptie.