‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 229 sur 260 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

PHOÏOGALVAXOGKAPHIE EX RELIEF.

785. Définitions. — Nous désignons sous le nom de photogalvanographie l'ensemble des procédés qui utilisent les méthodes galvanoplastiques pour reproduire les planches obtenues par l'action de la lumière.

La photogalvanographie présente donc de très nombreux points de contact avec les procédés de tirage que nous avons fait connaître, et l'on pourrait, à la rigueur, faire rentrer les procédés photogalvanographiques soit dans ceux de phototypographie ou dans ceux de photoglyptographie. Le mot photogalvanographie s'applique donc à des procédés déjà compris parmi ceux pour lesquels des désignations précises ont été adoptées. C'est ainsi qu'une planche obtenue par les procédés de phototypographie et reproduite par moulage galvanoplastique pourra fournir un tirage photographique : nous dirons que le cliché est obtenu par les procédés de la photogalvanographie. Nous distinguerons : 1» les procédés de photogalvanographie permettant d'obtenir des clichés en relief (tirage typographique), et 2^ ceux qui fournissent des planches en creux.

786. Moulage galvanoplastique. — Pour obtenir un moulage galvanoplastique en relief, on plonge dans un vase contenant une dissolution de sulfate de cuivre un moule préalablement rendu conducteur et portant une

MOULAGE GALVAXOPLASTIQUE.

iinaj,'0 on creux. Ce moule, soumis à l'action du courant, se recouvre d'une assez forte épaisseur de cuivre qui, renforcé à l'aide d'un doublage de zinc et monté sur bois, constitue le cliché typographique, ou, comme l'on dit souvent, le (jalvdno.

Si l'appareil (|ui produit le courant est le môme que celui dans lequel le moule est plongé, on dit que l'on opère avec un appareil simple; on opère, au contraire, avec un appareil composé si le générateur d'électricité est en dehors de la cuve de réduction. Cette cuve contient : lo la dissolution métalli(iup; '2'> le moule sur lequel doit se déposer le métal et auquel on donne le nom de cntode; > la plaque qui fournit le métal et que l'on appelle anode. On se sert soit de piles, soit de machines dynamo-ëleclvi- <iues, soit enfin de piles thermo-électriques; le plus souvent, pour les ai>plications photographiques, on se sert de l'appareil simple.

Le relief à mouler est d'abord recouvert de plombagine, si Ion doit en ])rendre une empreinte, et ce cas est assez frécpient. Ce moulage peut se faire, dans certains cas, au plâtre bien gâché et déposé par couches successives. Le plâtre sec est rendu imperméable à l'aide de stéarine, substance que l'on peut d'ailleurs enqdoyer pour le moulage en lui ajoutant une certaine quantité d(» résine et de colophane; mais il vaut mieux employer soit la gutta-percha que l'on i)répare spécialement pour cet objet dans le commerce, soit le mélange de gutta-percha et de caoutchouc dissous dans le sulfure de carbone. Dans certains cas, il y aura avantage à enq)Ioyer un nK'liuige de cire et de téréix'ntiiine de Venise, qui donne un njoulage très lin. Kn Allemagne et en Améri(jue, on emploie le mélange suivant : blanc de baleine, 435 grammes; aci<le stéarifpie, :>(X) grammes; cire vierge, 170 grammes ; ])itume de Ju<lée, 70 grammes; graphite en poudre, 70 grammes. liCS empreintes obtenues à l'aide de cette composition doivent être utilisées aussitôt ((u'elles sont faites, car elles ont l'inconvénient de se l)i(|uer avec le temps. Ce <léfaul ne se présente pas avec l'alliage de Darcet, contenant 3 parties d'étain, 3 de bismulii et de plomb, alliage qui est fusii)le à basse température.

On recouvre de [ilombagine la surface du moide pour la rendre conductrice et prévenir l'adlHTeiice. et on y fixe les conducteurs du moule et du métal; les lames (pii xm vciiI de conducteurs sont plombaginées à leur jonction avec le moule. On peut aI(H-s le mettre dans le bain, qui est formé de sulfate de cuivre dissous à satni-ation dans l'eau.

786. Aciérage, platinage, nickelage des galvanos. — Les i)lanches de cuivre ne i>euvent ])as fournir un tirage aussi long que celui qui est donné par les i)lanches d'acier; aussi les recouvre-t-on d'une couche de fer, comme l'a indi<pié Cîarnier en 1857. Cette opération porte le nom d\tciéraf/e.

La j)lanche est plongée dans un bain préparé de la manière suivante; on fait dissoudre 250 grammes dt> chlorliydrate d'ammoniaque dans 1,250 c. c. d'eau, on attaclie ensuite aux deux iils de la pile qui plongent dans le récil)ient deux phnpies de fonte de même dimension. Avant de soumettre la pla([ue galvani({ue au i)ain d'aciérage, il faut laisser agir le courant pendant un ce'rtain tenq>s. On essaie jiar précaution l'action de ce bain sur une lame de cuivre bien décapée; il faut ({ue la couche déposée se présente avec un aspect brillant; le dé])fM de 1er doit être superficiel et sans épaisseur. On

retire la plaque du bain aussitôt qu'elle se recouvre d'une couche terne et grisâtre.

Lorsqu'on juge, après un assez grand tirage, que la planche a besoin d'être aciérée de nouveau, on enlève le fer qui reste sur le cuivre en passant rapidement à la surface une éponge imbibée d'acide chlorhydrique ; le fer disparait et on lave rapidement à grande eau. La planche nettoyée est prête pour un nouvel aciérage.

Au lieu d'aciérer la planche, on peut la recouvrir d'une couche de platine. On prépare le bain avec la solution suivante : eau distillée, 2 litres; potasse caustique, 25 grammes; bichlorure de platine, 25 grammes; on fait dissoudre d'abord le bichlorure de platine dans 200 c. c. d'eau, et l'on ajoute la solution au restant de l'eau distillée qui a reçu la potasse caustique. Pour que le dépôt de platine se produise régulièrement il faut un courant énergique.

Les planches sur zinc peuvent .être facilement recouvertes d'une couche de nickel qui leur donne une grande solidité. Dans 5 litres d'eau distillée, on fait dissoudre 500 grammes de sulfate double de nickel et d'ammoniaque, on fait l)Ouillir cette dissolution et on la laisse refroidir; le décapage de la planche se fait à l'aide d'une brosse douce trempée dans une solution de carbonate de soude et enduite de craie lévigée. Il suffit de laisser les planches pendant cinq à vingt minutes dans le bain, suivant l'épaisseur du dépôt, qui doit être d'autant plus mince que la planche présente plus de finesse. Pour obtenir un courant convenable dans une cuve de 15 à 20 litres de bain, il suffit de deux piles Bunsen grand modèle. On amalgame d'abord le zinc à l'aide d'une solution faible de bichlorure de mercure avant de le soumettre au bain de nickelage.

787. Étamage et doublage. — L'étamage a pour but de faciliter sur cuivre l'adhérence du plomb servant à doubler le moulage obtenu (ou coquille, en terme de métier). On commence par recouvrir le moulage du côté qui doit servir à l'impression avec une couche de craie pulvérisée et délayée dans une petite quantité d'eau; on fait sécher cette couche, puis à l'aide d'une solution acide de chlorure de zinc on décape l'envers du métal et on le recouvre d'une couche formée d'un alliage fait par parties égales de soudure des plombiers et de matière à clichés (alliage contenant 8G o/o de plomb et 14 o/o d'antimoine). On verse cet alliage sur le revers du cuivre de façon à recouvrir sa surface tout en rejetant l'excès de métal, on passe ensuite le moulage à l'eau claire et on fait sécher sous l'influence de la chaleur; on verse ensuite sur la surface étamée, placée bien horizontalement, une certaine quantité de plomb contenant 10 o/o d'antimoine, et à l'aide d'un rouleau de métal on enlève l'excès d'alliage, puis on soumet à la presse pour faire adhérer le plomb sur l'étamage sans repousser aucune partie de la gravure; on termine ensuite le galvano en lui donnant une surface tout à fait plane. Toutes ces opérations doivent être faites par des ouvriers spéciaux. Il ne reste plus qu'à monter sur bois ou sur matière les clichés obtenus.

788. Production du creux destiné à être moulé. — Il existe un très grand nombre de procédés permettant d'obtenir le creux destiné à être moulé : presque tous sont basés sur la propriété que possède la gélatine

PRODUCTION DU CRErX.

Iticlii'oiiiatt'»' (lf «Icvenir insolul^le sons l'infUionce la liunièrc. 11 serait à pt'ii près impossible de classer tous ces procédés dont les antcurs ont mis à l)rofit les moyens les plus divers.

M. Petit ^ a imaginé un procédé basé sur les principes suivants. Un outil en forme de V donne, suivant sa pénétration dans un corps quelconque, des entailles i)lus ou moins larg(?s. Si le corps est blanc et sa surface noircie, (jn obtiendra à Taide de cet outil des traits Ijlancs plus ou moins larges sur fond noir, d<' même, si on fixe Foutil à une liauteur déterminée et que la surface à graver soit ondulée, cha({ue ondulation en relief sera plus ou moins toucliée par l'outil, chaque ondulation en creux sera épargnée : or, on peut produire au moyen de la gélatine bichromatée une planche réalisant (•(!S conditions. On peut donc, en faisant un moulage du relief de gélatine (à l'aide de cire, par exemple) et creusant ce moule à l'aide d'une machine à hachures, obtenir un moule qu'il sera facile de reproduire par la galvanoi)lastie et qui permettra d'oljtenir des blocs typographiciues.

M. le capitaine Biny2 a fait connaître sous le nom de topogravure le procédé suivant. Une plaque préparée pour la photographie à l'aide du bitume de Judée, encrée sur bitume et gommée, est passée rapidement dans une solution étendue d'acide nitrique en la frottant ave:- une brosse douce pour la déca})er, on la lave à grande eau et on la plonge encore humide dans un bain de cuivrage au trempé, où elle séjourne pendant cinq à dix minutes; (piand tout<' la surface du zinc, primitivement à nu, présente un bel aspect rouge, on retii'c la pla<{ue et on la i»lace dans une cuvette contenant un peu de beii/.ine pure; à Taidc d'un pinceau et en frottant le bitume, on l'élimine complétcuKMit dr la surface de la plaque : le dessin se montre d'un blanc luisant sur un fond de cuivre rouge sombre: on lave à fond et on frotte m.suite la surface avec une éponge dans un baquet d'eau, l.a pla((ue de zinc est alors placée dans un bain d'aride nitriiiue très étendu; la surface cuivrée n'est pas attaquée par l'acide Après cin([uante ou soixante secondes, on obtient une planche <le fojiof/rt/r tn-c. En employant un positif que Ton insole sur la coiicln- de ititinne de Judée on obtient une planche dans la(pi(dle les cuivres forment encrier et les zincs forment les creux.

L(! cuivrage du zinc s'obtient très facilement à l'aide des formules qu'a fait coimailiv M. le capitaine Biny. Pour le cuivrage au trempé et afin d'obtenir une pellicule très légère, on plonge le zinc dans un bain de 101) i)artics d'eau saturée de bichlorure de cuivre, 150 parties d'ammoniaque et ;} litres d'eau. S'il s'agit d'obtenir un cuivrage très solide, on ajoute à ce j)ain de l'eau saluré(« de cyanure de potassium jusipi'à ce que la teinte bleue du mélange disparaisse à peu près complètement. Le cuivrage est alors un p(Mi i»lus lent, mais presiiue aussi solide que celui obtenu à la pile. Wmv le zinc gravé typographi(iuement, il vaut mieux employer un mélange d'eau saluré("le sulfate de cuivre et d'eau saturée de cyanure de potassium jus([u'à dissolution complète du précipité et décoloration de la li(iueur.

En ajoutant du sulfate ou du chlorure de zinc aux réactifs précédents, on obtient un très bon bain de laiton, fonctionnant pour les planches de zinc à l'îiide d'un seul élément de i>ile. Dans ces deux cas, on doit, au lieu d'em-

1. BuUttln de la Société française de photographie, 18S0, p. 130.

Page 1