‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 2)Chapitre 44 sur 260 · VIRAGE A LA CRAIE · texte numérisé non relu

VIRAGE A LA CRAIE

rure d'or acide, d'un clilorure double d'or et de sodium, d'or et de potassium, etc. Quel que soit l'état initial du chlorure employé on amve toujours à un môme état final de la dissolution qui est constituée dans sa partie active par un chlorure aureux. La seule considération qui doive guider l'opérateur dans le choix du chlorure d'or est une condition d'économie; or, en admettant que les divers chlorures d'or dont on dispose soient à l'état pur, c'est au chlorure d'or brun qu'il convient de s'adresser parce que c'est celui qui, sous le même poids, renferme le plus d'or. On dissout 1 gramme de ce chlorure d'or dans un litre d'eau distillée, on additionne la solution de 4 à 5 grammes de craie en poudre, on emploie soit le blanc d'Espagne ordinaire, soit le car])onate de chaux précipité et porphyrisé, on agite fortement et on laiss(ï déposer le liquide pendant vingt-quatre heures; il perd sa couleur jaune pour devenir presque incolore. Cette décoloration indique la transformation du sel aurique en sel aureux ; c'est seulement en cet état que le bain est bon pour le virage des images positives.

On immerge les épreuves dans ce bain et on les surveille attentivement : clh^s devieniiont rouges en moins de deux minutes et perdent leur couleur rouille. On doit continuer l'action du bain de virage jusqu'à ce (juc les demi-teintes arrivent à la couleur pourpre violacé. Il ne faut pas attendiv (|ue les ombres présentent une teinte franchement violette, sans ((uoi l'image serait trop virée. Dans un portrait, par exemple, il ne faut pas se préoccuper des draperies, mais bien de la ligure. L'opération sera terminée quand les demi-teintes de la figure paraît l'ont d'un l'ouge violacé en les examinant dans la cuvette servant au virage et à une faible lumière.

On commence en général par virer les images qui sont le plus intenses: on termine par les épreuves faibles, que l'on doit virer la face en l'air. Dans ces conditions, le virage s'effectue plus lentement que lors(|u'on vire face en dessous.

La température à laquelle s'effectue le virage a une très grande importance : à chaud (o5 à 40^0), le virage s'effectue rapidement, et la solulion dont nous venons d'indiquer la formule doit être étendue de moitié d'eau ; le virage doit s'effectuer à une température voisine de 20«C.

Il faut éviter absolument pendant le virage tout contact avec l'hyposulfite de soude, soit solide, soit en solution ; de faibles quantités de ce composé produiraient des taches jaunes ineffaçables.

(;iia(iue feuille de papier sensibilisé de la dimension 0'" 44x0'" 57

enlève au bain une quantité d'or variable avec la coloration obtenue. D'après divers auteurs, cette quantité oscille entre 0^^075 et 0^'^02. Pour remettre le bain en bon état, on lui ajoutera, par feuille de 0"^44x0'"57, environ 10 c. c. d'une solution de chlorure d'or faite en dissolvant 1 gramme de chlorure d'or dans 200 c. c. d'eau distillée; cette addition sera faite lorsque le virage d'une série d'épreuves sera terminée. On verse alors le bain d'or dans son flacon contenant la craie, on ramène le liquide au volume primitif après avoir ajouté la quantité nécessaire de solution concentrée ; on n'emploiera le bain qu'après sa décoloration complète.

On peut activer la décoloration du bain d'or soit en le chauffant légèrement, soit en l'exposant à la lumière solaire pendant quelques heures ; mais dans ces conditions, surtout si le bain a servi plusieurs fois, le chlorure aureux peut être réduit en partie à l'état métallique ; le liquide prend alors une teinte violette.

On peut aussi se servir de magnésie ^ au lieu de craie pour la préparation de ce bain.

559. Virages alcalins. — Le carbonate, l'acétate de soucl!e fondu, les phosphates de soude, le borax et bien d'autres substances ont été recommandées pour la préparation des bains de virage. Toutes ces substances présentent une réaction alcaline. L'une des plus employées est l'acétate de soude fondu, qui renferme une petite quantité de carbonate de soude. On emploie aussi le mélange d'acétate de soude cristallisé et de carbonate de soude. En préparant ces divers bains, il faut verser la solution d'or dans le liquide alcalin et ne pas opérer inversement.

L'abbé Laborde^ a indiqué l'emploi de l'acétate de soude seul : on peut se servir d'un bain renfermant 30 grammes d'acétate de soude dissous dans 1 litre d'eau et 15 grammes de chlorure d'or dissous dans un peu d'eau ; on mélange ces deux dissolutions et on s'en sert lorsque le mélange est complètement décoloré. Van Monckhoven 3 se servait d'un liquide renfermant 2 litres d'eau, 30 grammes d'acétate de soude cristallisé, 1 gramme de chlorure d'or et quelques centimètres cubes (de 1 à 20) d'une solution de 20 grammes de bicarbonate de soude dans 1 litre d'eau. L'addition de bicarbonate de soude permet d'obtenir des tons bleuâtres. Si l'on n'ajoute qu'un centimètre cube, le ton des épreuves virées est d'un beau rouge, très légèrement pourpré; si l'on augmente la dose de bicarbonate de soude, le ton devient plus bleu.

Le bicarbonate de soude peut, employé seul, donner un bain d'or alcalin ; mais ce virage fournit des résultats assez incertains : on obtient rapidement

Page 1