Ibid., 18(57, p
l'épreuve au carton en la pressant légèrement du centre aux bords.
Il est très important, lorsqu'on applique la colle cà l'envers de l'épreuve, d'examiner avec soin la surface recouverte et d'enlever avec l'ongle ou avec une éponge les taches ou les fragments de colle desséchée qui laisseraient sur l'image une marque fort difficile à faire disparaître.
On se sert quelquefois de papier non collé comme support des épreuves positives : l'épreuve n'adhère à ce papier que si l'on se sert d'empois d'amidon. On peut cependant le préparer pour qu'il puisse servir comme le carton bristol; dans ce but, on l'enduit abondamment, avec un pinceau queue de morue, de l'encollage des aquarellistes. On le prépare en dissolvant 20 grammes de colle de Flandre ou de belle gélatine dans 1 litre d'eau; à cette dissolution chaude l'on ajoute 2 grammes de savon blanc de Marseille, on fait bouillir pendant cinq minutes, puis on laisse refroidir et on ajoute 20 grammes d'alun; lorsque cet encollage est sec, on peut employer le papier comme le carton bristol.
572. Retouche des épreuves. — La retouche des épreuves positives a surtout pour objet de faire disparaître les taches qui apparaissent à leur surface ; cette retouche se fera facilement avant que le papier ne soit complètement sec. On se sert pour cela d'encre de Chine, de jaune, de carmin, mélangés en proportions suffisantes pour reproduire la teinte de l'épreuve. Afin de rappeler le brillant de l'albumine, on fait une dissolution aqueuse saturée de gomme arabique, et l'on mélange un peu de cette solution de gomme avec les couleurs que l'on emploie. Ces couleurs doivent être délayées avec de l'eau; il faut manier le pinceau très légèrement et éviter de faire les taches plus larges qu'elles le sont sur la photocopie. Dans certains cas, par exemple dans l'épreuve d'un portrait, il est utile d'indiquer, à l'aide du pinceau et de la couleur blanche, les hautes lumières: mais il faut être extrêmement sobre de ce genre de retouche.
On peut quelquefois, si l'épreuve présente une teinte bleuâtre, faire la retouche à l'aide du crayon de plombagine de dureté moyenne; mais l'emploi du crayon n'est pas possible avec toutes les teintes d'épreuves.
573. Satinage. — Lorsque les épreuves sont retouchées et sèches, elles sont soumises à une dernière opération appelée satinage ou cylindrage. On l'exécute à l'aide d'un appareil appelé cylindre à satiner (fig. 520). Il consiste en doux cylindres de fonte ou d'acier
SATlNÀGÉ.
entre lesquels passe une plaque de fonte portant soit une pierre lithonraplii(iue, soit une pla({iie d'acier, ou même une glace très forte, finement polie; la photocopie est appliquée contre cette surface, et lors- ({u'elle passe sous le cylindre supérieur elle prend le poli de la pierre lithographique avec laquelle elle est en contact. On communique le mouvement à la plaque polie à l'aide d'une roue dentée commandée l)ar une roue plus petite, mue à son tour par un levier très long. Des vis de pression permettent de serrer le cylindre supérieur contre la
Fi g. 530.
surface polie; ces vis agissent sur des coussinets que l'on doit régler séparément afin d'avoir un contact hien égal. Pour satiner fortement une épreuve, on commence par une faihle pression, en l'augmentant à chaque passage de l'épreuve sous le cylindre.
Depuis quehiues années, cet appareil est remplacé par la presse a satiner à chaud. Il existe un nomhre considérable de modèles de cet appareil (lui a pour but de faire passer l'épreuve entre un cyhndre 1 ilèrenumt cannelé et une règle d'acier poli, chauffée, qui communi:,ue son brillant à l'in.age {fw^ 531, Par l'emploi de ce te presse les ombres prennent un peu plus de transparence et un éclat tics Mf recherch43 surtout pour les petites images.
Pour faciliter le glissement de l'épreuve contre la règle d'acier, on emploie une sorte d'émulsion préparée en faisant dissoudre 1 gramme de cire blanche dans 15 c. c. d'éther; quand la solution est complète' on ajoute 240 c. c. d'alcool à 40«. La cire se précipite, on agite le flacon avant de l'employer, et, avec un petit morceau de flanelle propre ou un large pinceau, on applique un peu de cette solution que l'on laisse sécher. On peut aussi se servir d'une solution alcoolique de savon.
On fait passer l'épreuve sous la presse deux fois dans le sens de la longueur et deux fois dans le sens de la largeur, on la maintient avec
Fig. 531.
la main gauche, tandis qu'on tourne la manivelle avec la main droite. Il est indispensable que cette opération s'accomplisse sans temps d'arrêt pendant le passage de l'épreuve, sans quoi il se produit des marques ineffaçables.
La température de la presse, chauffée en dessous à l'aide du gaz ou de l'alcool, ne doit pas être trop élevée sous peine de compromettre la couleur des images ; d'un autre côte^ il ne faut pas que la règle soit trop froide, sans quoi on n'obtient pas de brillant.
674. Encaustiques et vernis. — Les épreuves satinées sont encaustiquées à l'aide d'un mélange de cire blanche et de divers
ENCAUSTIQUES. 79
dissolvants. Une des meilleures encaustiques se prépare de la manière suivante : on fait dissoudre 25 grammes de mastic en larmes dans 200 c. c. d'essence de térébenthine et on ajoute 250 grammes de cire blanche. La dissolution s'effectue à chaud, on laisse refroidir dans de petits flacons et on frotte l'épreuve avec un tampon de flanelle sur le(iu(4 on étale un peu d'encaustique, puis, avec un tampon de flanelle plus gros, on frotte en tout sens pour enlever l'excès et donner du brillant à l'image. Pendant cette opération, il est bon de protéger les marges par une cache. L'épreuve est alors terminée.
On a donné un très grand nombre de formules d'encaustiques. Eder» emploie un mélange de 100 grammes de cire vierge, 100 c. c. d'essence de térébenthine et 4 c. c. d'une solution épaisse de gomme Dammar dans l'essence de téi-é])enthine. Adam Salomon préparait l'encaustique en mélangeant 100 ^rrnnniies de cire, 2 granimes de gomme élémi, 4 c. c. de benzine, (iO c. c. (ressence de lavande, 3 c. c. d'essence d'aspic. Blanchard 2 faisait un iiiélantre de 100 c. c. de l)enzine et 25 grammes de cire jaune. On enduisait l'épreuve de cette sorte de crème, la henzhie s'évaporait très vite, on polissait à l'aide d un linj^e lin.
Les mélanges do cire avec l'essence de lavande, le vernis copal, le spermaceti, le savon, etc., ont été employés à la confection des encaustiques.
Le vernissage des épreuves ne se pratique plus aujourd'hui. On faisait autrefois cette opération en encollant d'abord l'épreuve à l'aide d'un pinceau lrfMUj)é dans U!ie solution chaude de 20 grammes de gélatine et 20 grammes d'alun dans 500 c. c. d'eau, on laissait sécher ce mélange qui empêchait l'imago d'être pénétrée par le vernis, puis on vernissait. Cette opération jieut s(! faire de la manière suivante ^ : sur un tampon de ouate de coton que l'on entoure d'un tissu ou tricot de laine blanche, on verse quelques ^'outlcs d'un vernis renfermant 10 grammes de gomme laque pour 100 c. c. d'alcool, on le recouvre d'un linge lin sur lequel on étend un peu de saindoux, on promène létrérement et vivement ce tampon sur les épreuves en tournant le tampon, on renouvelle trois fois le vernis et le saindoux, et, à une ((uati-iéme fois, on met une goutte d'huile d'olive à la place du saindoux : prend ensuite un nouveau tampon de coton et de laine sur lequel on verse quelques gouttes d'alcool à 40", on le recouvre d'un quadruple linge fin que Ton promène de nouveau sur les épreuves pour opérer le dessèchement du corps gras. Le premier linge étant sec, on l'enlève, on frotte avec le deuxième, puis le troisième, et enfin le quatrième. Les épreuves ainsi vernies sont très hi-illantes; mais l'opération du vernissage étant assez longue à exécuter, on la remplace par l'émaillage. 'Gooper-* a indiqué reini)loi du vernis suivant pour épreuves positives :