Jiriti.sh Journal of Photographtj, 29 nov. 18G
On fait une solution de 12 grammes de paraffine dans 100 c. c. de benzine; d'autre part, on fait dissoudre 13 grammes de gomme Dammar dans 100 c. c. de benzine, on mélange trois parties de la première solution avec une partie de la seconde, on applique ce vernis à l'aide d'un pinceau et l'épreuve est fixée au carton avec de la colle au caoutchouc; elle est ainsi à l'abri de l'humidité.
575. Émaillage. — L'émaillage des photocopies est une opération qui a pour but de rendre l'épreuve plus brillante et de donner plus de transparence aux ombres. Pour cela, on recouvre les épreuves d'une couche de gélatine que l'on protège par une couche de collodion destinée à mettre la gélatine à l'abri de l'influence de l'humidité.
Les épreuves destinées à être émaillées peuvent être retouchées par les moyens ordinaires, à la condition de recouvrir immédiate-
Fig. 532.
ment d'une gouttelette de collodion normal la partie de l'image retouchée: ce collodion normal doit être très fluide.
On peut aussi retoucher en délayant les couleurs à l'aide d'un liquide formé d'alun de chrome , de gélatine et d'eau ; la gélatine alunée devient insoluble dans l'eau et la retouche n'est pas modiflée par le gélatinage de l'épreuve. Un moyen très pratique consiste à employer un morceau de papier au charbon que l'on fait surnager dans un vase d'eau chaude ; la gélatine ramollie sert de tablette de couleur et le papier lui-même fait l'office de palette sur laquelle on étend un peu d'alun de chrome.
EMAILLAGE.
Pour éniailler, on se sert de glaces bien polies et sans défauts que
1 on talque comme s'il s'agissait de les employer pour le collodion sec • on essuie les bords avec un petit tampon de coton préalablement enduit de vernis au caoutchouc; on trace ainsi sur les quatre bords de a glace une bande de 1 demi-centimètre de largeur sur laquelle le collodion adhérera fortement. Les glaces talquées et bordées sont recouvertes d'une couche de collodion normal renfermant 600 c c d'ether, 400 c. c. d'alcooL 8 grammes depyroxile et 15 à 20 gouttes de glycérine. On verse ce collodion sur la glace qu'on abandonne ensuite sur le chevalet (tlg. 532) jusqu'à dessiccation complète; après cette opération, on les enferme dans des boîtes à rainures qui préservent la surface de la poussière.
La glace collodionnée est ensuite recouverte de gélatine. On fait Uviiipcr 10 grammes d(; gélatine dans 100 c. c. d^eau; lorsqu'elle est gontlée, ou la fait dissoudre au baiii-marie dans cette eau et on ajoute
2 c. c. (r.immoniaque; on agite et on filtre à chaud. Le liquide est recueilli dans une cuvette que l'on maintient inclinée. La gélatine doit arriver au niveau de l'angle du fond sur le bord qui se trouve relevé. En posant contre cet angle le bord d'une glace que l'on abaisse doucement avec un crochet jusqu'au niveau du liquide, le collodion élant en dessous, on l'ai( adhérer la solution de gélatine à la couche de collodion ; on relève la glace, on fait égoutter et on laisse sécher.
Au moment d'émailler l'épreuve, on fait tremper la glace collodionnée gélatinée dans \uw solution de 3 grammes d'alun de chrome l>our 1 litre d'eau : rimmersion dure environ 15 secondes ; on place ensuite la glace dans une cuvette d'eau filtrée, la gélatine étant en dessus; dans une aulre contenant de l'eau, on place les épreuves à émailler jus(iu"à ce ({u'elles soient bien distendues; on les transporte aloi's dans la cuvelle contenant la glace gélatinée, on dispose l'épreuve face en dessous, de façon (|ue le côté portant l'image puisse se trouver en contact -axoc la surface de la gélatine, on saisit en même temps deux des angles de la glace et deux des angles du papier portant riniage, on relève le tout hors de l'eau et l'on fait adhérer l'image à la glace en ])assant à la surface du papier un petit rouleau recouvert de caoutchouc ; on retourne la glace pour voir s'il y a des bulles d'air interposées, au([uel cas on replonge le tout dans la cuvette et l'on nM'ommence l'opération avec plus de soins. On laisse égoutter l'ens(Mnl)l(> el l'on i)lace au dos de Tépreuve une mince couche de caoutchouc vulcanisé ; on passe la raclette sur le caoutchouc de manière à III 6
expulser l'excès d'eau ; sans laisser sécher les épreuves, on applique une feuille de papier assez épais , ramollie à l'eau , enduite de colle d'amidon, plus large que la glace, on rabat les marges du papier sur l'envers de la glace de manière à maintenir le papier, on laisse sécher lentement. On reconnaît que la dessiccation est complète quand le papier est devenu tout à fait blanc et que chaque épreuve, vue à travers l'épaisseur du verre, paraît entourée d'une sorte de filet irisé.
On coupe le papier à 1 millimètre des bords de la glace et on le sépare d'avec celle-ci ; on peut alors le coller sur des cartons spéciaux.
On peut aussi employer un autre procédé. On filtre la dissolution de gélatine dans une cuvette , on fait passer les épreuves sur ce liquide et on les fait sécher; lorsqu'il s'agit de les émailler, on les fait tremper dans l'eau et on les applique sur une glace talquée et collodionnée; on retire ensemble la glace et l'épreuve et on laisse sécher.
On a préparé d'autre part des feuilles de papier blanc ordinaire que l'on a coupées de môme grandeur que l'épreuve. Après les avoir mouillées et encrées, on les dispose en trois paquets : on encolle la feuille supérieure de chaque paquet, on superpose ces feuilles l'une après l'autre sur l'épreuve à laquelle on constitue ainsi un bristol assez résistant, on termine en plaçant une dernière feuille plus grande que l'on colle également et dont on rabat les marges jusque sur l'envers de la glace après avoir fait adhérer le tout à l'aide de la raclette^; on laisse sécher avant de séparer l'épreuve d'avec la glace.
Enfin, une autre méthode consiste à plonger la glace collodionnèe et l'épreuve dans un bain contenant 1 litre d'eau, 50 grammes de gélatine et 20 c. c. d'ammoniaque. Ce liquide, filtré, est placé dans une cuvette ; on immerge la glace collodionnèe face en dessus dans cette cuvette, on plonge l'épreuve dans le même bain, on la fait adhérer à la glace, et quand on s'est assuré de l'absence de bulles d'air, on colle plusieurs épaisseurs de papier et on laisse sécher.
Lorsque les épreuves sont complètement sèches, on met les glaces près d'un poêle en hiver ou en plein soleil en été ; si l'on incise les bords du papier, la contraction de la gélatine est telle que l'épreuve se détache rapidement. On coupe alors l'image à l'aide d'un calibre, puis on la colle sur bristol ; pour cela, on enduit les bords de l'envers de l'épreuve avec de la colle forte chaude sur une épaisseur de 0'"004 à 0"^005, on la met en place sur son bristol, on lui superpose une glace plane que l'on charge d'un poids assez lourd pour assurer le contact ; on superpose ainsi plusieurs épreuves et on laisse sécher pendant dix
1 Davanne, La Photofji'ajfhie, t. II, p 131).