ÉMAILLAGE
à douze heures. En opérant ainsi, on évite que l'humidité passant dans les pores du papier ne fasse ressortir le grain du papier et détruise le (,dacé produit par le gélatinage.
On est quelquefois obligé de terminer en quelques heures le glaçage d'un petit nombre d'épreuves ; on opère de la manière suivante : la glace recouverte de ses épreuves collées sur bristol est plongée pendant un quart d'heure dans une cuvette renfermant de l'alcool à 40». La dessiccation s'opère rapidement; on peut, aussitôt que l'alcool a disparu, exposer la glace au soleil ou bien à une source de chaleur artificielle.
Lorsque l'épreuve est coupée à la dimension qu'elle doit présenter, on procède à l'opération du bombage qui a pour but de mettre en relief la i)artie de l'épreuve occupée par le sujet, tandis que le double
Fier. 535.
r.Hul cbii' ou soiiil)ro, uni ou à dessins, ilomeure plat. L'épreuve préscnU' ainsi l'aspect d'un véritable émail. Il existe un très grand nombre d(! presses à bomber. I>e modèle le plus simple est assez sembla- |,|e à une presse à copier les lettres {/uj. 5S3). Plusieurs formes en cuivre poli, creuses dans leur milieu, soit ovales, soit carrées, a coins ron.ls, format carte de visite ou album, peuvent s'adapter entre le plateau supérieur et une plaque de caoutchouc posée sur le plateau inférieur; entre la feuille de caoutchouc et la matrice de cuivre se place l'éi.reuve à bomber. Le bombage s'effectue après le découpage de l'épreuve. Celte dernière doit être imprimée en réservant les marges à l'aide de caches obtenues en se servant des calibres mêmes qui servent à bomber; la pression s'obtient à l'aide d'une vis munie d une tête à levier ^fuj. Ô34) ou à volant (fiO- 535). Le centre de 1 épreuve seul est bombé, les marges restent planes. Les épreuves bombées
ne pouvant être pressées, on assure le collage des marges sur les bristols avec de petits cadres en bois dont l'épaisseur dépasse la hauteur du bombage. Il peut arriver par les fortes chaleurs de l'été, lorsque la dessiccation a été très rapide, que l'émail éclate à la ligne de démarcation de la partie repoussée et de la partie plate ; on peut obvier à cet inconvénient en additionnant le collodion de quelques gouttes d'huile de ricin et la gélatine d'un peu de glycérine ; mais dans ces conditions l'émail obtenu n'est pas très brillant.
L'épreuve émaillée peut être rayée très facilement; pour la préserver, on fixe au sommet du verso du carton une feuille de papier de soie blanc ou bleu que l'on trouve chez tous les marchands d'accessoires de photographie.
L'émaillage des photographies est actuellement une opération qui ne se fait presque plus chez les photographes professionnels; il existe des maisons spéciales qui se chargent de faire cette opération pour un prix minime.
576. Altération des épreuves positives. — Les photocopies positives aux sels d'argent ne conservent pas indéfiniment la belle coloration cfu'elles présentent lorsqu'on vient de les préparer: certaines d'entre elles deviennent jaunes au bout de peu de temps. Davanne et Girard ' ont montré que cette altération des images était due à la sulfuration de l'argent qu'elles renferment. Cette sulfuration peut provenir soit d'un bain d'hyposulfite acide, soit d'un virage imparfait, soit enfin d'une élimination incomplète de l'hyposulfite de soude renfermée dans l'épreuve fixée. John Spiller^ a fait observer que les fabricants de papier emploient souvent un excès d'hyposulfite pour détruire le chlore qui a servi à blanchir la pâte à papier: on doit donc essayer, à l'aide de l'iodure d'amidon , si le papier ou les cartons destinés au collage des épreuves sont exempts d'hyposulfite. Tous les cartons blancs en contiennent plus ou moins; les cartons teintés n'en renferment presque jamais, car ils n'ont pas été blanchis bien énergiquement. L'hydrogène sulfuré qui existe dans l'atmosphère est une cause d'altération peu importante.
Les épreuves positives résistent d'autant mieux à l'altération qu'elles sont plus fortement virées. Si la quantité d"or que les bains y ont déposée est considérable, elles n'ont rien à redouter des émanations naturelles d'hydrogène sulfuré humide; mais sous l'influence de la lumière, ces diverses causes ne sont pas négligeables. Stass 3 a constaté qu'une solution d'acide sulfureux préalablement insolée agit sur le nitrate d'argent comme le feraient les acides pentathioniques.