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I. Britith journal of Photographe L903, p

veau le pinceau dans le récipient qui renferme la mixtion. On doit brosser la couche jusqu'à ce que le pinceau ne laisse plus de traces à la surface; le séchage par la chaleur et l'emploi immédiat du papier donnent les meilleurs résultats.

Les pinceaux doivent être lavés aussitôt après l'étendage; le dépouillement doit suivre immédiatement l'impression, surtout si l'on a employé l'acide chromique.

Là sous-exposition se traduit par une dissolution totale de la couche pendant ou après le dépouillement Une épreuve trop insolée peut être dépouillée à l'aide du pinceau, mais les effets sont différents de ceux que donne le dépouillement par immersion dans l'eau. Les pinceaux utilisés pour le dépouillement sont en soies de porc, martre, blaireau ; on doit en posséder au moins une demi-douzaine.

On utilise aussi une éponge très fine pour dépouiller par friction et une de dimension moyenne pour arroser l'épreuve.

Le dépouillement peut, d'ailleurs, être effectué en pleine lumière; le papier n'est plus sensible dès qu'il est mouillé.

Les couches insolées pour être développées à l'eau sont très délicates; on les manie avec précaution et l'on utilise des pinceaux très fins et très doux si l'intervention du pinceau est nécessaire. Après l'intervention du pinceau il est dangereux de plonger cette épreuve une seconde fois dans la cuvette à dépouillement ou de l'arroser avec excès d'eau; il faut donc faire intervenir très discrètement le pinceau.

L'emploi de l'eau chaude n'est utile que pour un dépouillement difficile ou encore pour les plus fortes ombres du sujet : le dépouillement local consiste à soumettre certaines portions de la couche à une plus abondante, plus forte ou plus chaude coulée d'eau que d'autres. Il est très important pendant ce dépouillement local que l'épreuve soit disposée de façon à évoluer en demi-cercle dans son plan, de part et d'autre de son axe, de telle sorte que le plus fort courant d'eau tombe et agisse sur une seule et même place pendant que le courant d'eau le plus lent et le moins actif s'étend en forme d'éventail sur la partie la plus basse de l'épreuve et produit ainsi le dégradé nécessaire.

Aucune épreuve pouvant se dépouiller normalement par immersion ne supportera facilement le dépouillement au pinceau, les parties les plus claires seront emportées. Le temps d'exposition le plus convenable pour ce genre de dépouillement est réalisé quand une faible image seulement apparaît après des lavages répétés à l'eau chaude.

GOMME BIGHROMATÉE.

L'épreuve qui après immersion de quelques minutes dans l'eau froide ou tiède montre une faible silhouette en relief de l'image est placée à plat sur une glace inclinée ou une plaque d'ébonite; on l'attaque par un hardi et léger coup d'un pinceau large, doux et flexible; l'image apparaît, les ombres offrent une certaine résistance à l'action du pinceau, tandis que les demi-teintes sont très fragiles. Par un léger frottis et quelques touches délicates au pinceau, on fait baver La eouleur sur les blancs trop crus et on fait naître un modelé inattendu dans les demi-teintes. Quand le travail est suffisamment avancé on fait intervenir les brosses les plus dures et toutes sortes de modifications peuvent alors être exécutées.

Après dépouillement on sèche l'épreuve dans un courant d'air; après dessiccation complète on l'immerge dans l'eau contenant 10% de bisulfite de sodium ; on élimine ainsi les dernières parties de sels de chrome et on éclaircit les blancs. Si certaines parties de l'image nécessitent un nouveau dépouillement, on prend de l'eau chaude au lieu d'eau froide en doublant la proportion de bisulfite.

Les épreuves trop posées et dont la couche est devenue insoluble peuvent être ramollies 1 au point de permettre un nouveau développemont en les immergeant dans une solution tiède d'alun acidulé d'acide chlorhydrique : l'immersion est prolongée pondant quelques minutes, on plonge ensuite L'épreuve dans un bain de carbonate de soude à 5 °/°.

M. Renault2 utilise pour 1rs petites épreuves les papiers Blanchet frères et Kléber ou Le papier Simple transfert préparé pour le procédé au charbon. Le papier non préparé est recouvert au pinceau d'une couche de gélatine à 8 %; après (lessication, on insolubilise par immersion dans une solution de formol à 10 %• À.V6C le papier simple transfert, la solution de gomme employée est à H) <> „ ; elle est à :>ô ->/o avec le papier platiné passé au formol ; elle est à 80 o „ avec les papiers non préparés.

Pour maintenir planes au fond «le l'eau les épreuves à dépouiller, il utilise un gabarit en zinc évidé; l'épreuve est placée entre une plaque de zinc et ce gabarit.

M. Renault sensibilise d'abord le papier bichromaté; il l'essore et passe alors la gomme colorée sur le papier en se servant de la brosse d'étendage imprégnée à mi-poils et débarrassée «le l'excès .le couleur. Le papier, couvert de DOir, doit demeurer gris foncé. La brosse doit être passée avec une pression moyenne et bien égale, de façon a bien uniformiser la couche. Le seul insuccès qui se présente dans letendage est la granulation produite par suite de l'absorption de la couleur par du papier mal encollé ou de

1. La Revue de Photographie, 1604, p. 188. — t. Bulletin de la Société française de photographie, 1905, p. 278.

mauvaise qualité. L'insolation doit être prolongée jusqu'à ce que l'image soit silouhettée à la surface et nettement visible par transparence. Dans le cas de surexposition, on laisse l'épreuve immergée dans l'eau, puis on emploiera l'eau tiède avec un peu d'ammoniaque ; au besoin, on ajoute de l'eau chaude; on laisse sécher et on- plonge l'épreuve dans une solution de bisulfite de soude à 5 °/o jusqu'à ce que toute teinte jaune ou verdâtre ait disparu; on lave pendant deux minutes et on fait sécher; on retouche ensuite avec les mêmes couleurs que celles qui ont servi à la préparation du papier.

M. Sanchez a préconisé l'addition de glycérine et d'acide chlorydrique à la mixtion bichromatée. La glycérine rend l'image plus douce et facilite la conservation des demi-teintes pendant le dépouillement. L'acide chlorhydrique ne joue d'autre rôle que de rendre la couche mixtionnée moins soluble en permettant ainsi le dépouillement par friction ; on doit le supprimer complètement pendant les chafeurs d'été. Les papiers les plus recommandables sont les Michallet, Lalanne, Montgolfier, Ingres et Ganson ; les meilleures couleurs sont celles de Bourgeois en tubes. La gomme utilisée est la gomme du Sénégal dissoute à la dose de 35 % dans l'eau; plus la dissolution est vieille, meilleurs sont les résultats. Il convient d'ajouter à cette solution quelques cristaux d'acide phénique pour empêcher une fermentation trop active; suivant les couleurs adoptées, on utilise les proportions suivantes, en ajoutant après mélange, pour les quantités indiquées, 3 gouttes de glycérine et 2 gouttes d'acide chlorhydrique :

Noir. — Noir de bougie, 0 gr. 60; ocre rouge, 0 gr. 25; indigo, 0 gr. 10; solution de bichromate d'ammoniaque à 10 °/0, 5 c. c. ; solution de gomme à 35 °/0, 5 c. c.

Marron. — Noir de bougie, 0 gr. 60; ocre rouge, 0 gr. 55; indigo, 0 gr.25; solution de bichromate, 5 c. c; solution de gomme, 5 c. c.

Bistre. — Bistre, 1 gr. 50; solution de gomme, 5 c. c. ; solution de bichromate, 5 c. c.

Sanguine. — - Ocre rouge, 0 gr. 35; noir de bougie, 0 gr. 05; solution de gomme, 6 c. c; solution de bichromate, 4 c. c.

Terre de Sienne brûlée. — Terre de Sienne brûlée, 1 gr. 25; solution de gomme, 6 c. c; solution de bichromate, 4 c. c.

Terre d'ombre naturelle. — Terre d'ombre naturelle, 2 grammes; solution de gomme, 5 c. c; solution de bichromate, 5 c. c.

Sépia. — Sépia naturelle, 1 gramme; solution de bichromate, 6 c. c; solution de gomme, 5 c. c.

Bleu. — Indigo, 1 gramme; solution de bichromate d'ammoniaque, 6 c. c. ; solution de gomme, 5 c. c.

Gris. — Gris de pagne, 1 gramme; solution de bichromate, 4 c. c. ; solution de gomme, 6 c. c.

On emploie 2 c. c. de mixtion pour une feuille 18 X 24, et l'étendage à la surface du papier doit être fait dans un temps variant de soixante-quinze à cent vingt secondes en se servant d'un pinceau queue de morue de 25 millimètres de large.

L'insolation, le dépouillement ne présentent rien de particulier; on traite le papier d'abord par l'eau froide, puis par l'eau tiède additionnée de sciure ;

GOMME BIGHROMATÉE.

au besoin, et dans certains cas, on élève la température du mélange. Si le dépouillement ne se fait pas assez vite, on ajoute un peu de sciure; au contraire, si l'mage se présente brusquement, on met l'épreuve dans une cuvette contenant de l'eau froide avec très peu ou point de sciure ; on lave ensuite après le travail du pinceau1.

Pour empêcher la gomme de pénétrer dans l'intérieur du papier, M. Drouillard fait dissoudre 4 à 5 grammes de térébenthine de Venise bien blanche dans 100 c. c. d'alcool; à ce liquide, il ajoute un excès de bichromate de soude, de façon à obtenir une dissolution saturée; il décante la partie limpide et l'étend sur le papier au moyen d'un pinceau queue de morue; quand les feuilles ont été séchées dans l'obscurité, on les recouvre de la gomme colorée2.

[/épaisseur que doit posséder la couche de gomme a donné lieu à bien des controverses. Pour M. Harold IlolcrotT3, la couche doit être assez mince pour permettre à La lumière de la traverser complètement et de fixer ainsi le pigment au support.

La durée d'insolation augmente avec l'opacité actinique du pigment employé et l'exposition minimum doit être assez longue pour que, dans les parties les plus denses du négatif, la lumière traverse complètement la couche sensible. La surexposition, si elle n'est pas exagérée, peut être compensée par une plus grande durée du dépouillement. La gamme des tons étant peu étendue, on doit éviter l'emploi des négatifs à contrastes violents : toute addition fi la mixtion sensible dont l'effet serait de diminuer la rapidité avec laquelle la gomme devient insoluble, sans affecter le point auquel l'action de la Lumière commence à se faire sentir, aurait pour résultat d'accroître La gamme des tons. Pour obtenir cet accroissement, M. H. Allen utilise une couche de gomme épaisse et saturée de bichromate4: de cette façon on a une très grande latitude pour la durée du temps de pose et on obtient une échelle de gradation de teintes très étendues sans qne l'on soit obligé de surexposer les grandes lumières. Le dépouillement est obtenu en faisant llotter l'épreuve, couche en dessous, dans l'eau froide. La mixtion sensible se prépare avec 120c, c. d'eau dans laquelle on fait dissoudre à chaud 10 gr. de bichromate de potasse; on ajoute ensuite 30 gr. de gomme arabique en menus fragments et 1 gramme de noir végétal. Le papier bien encollé est enduit de ce mélange; on utilise environ G c. c. pour une feuille du format 26x32 centimètres. La quantité de pigment employée doit être suffisante pour obtenir des ombres très foncées.

1923. Modifications diverses. — M . Renger Patzch a proposé d'associer L'albumine à La gomme pour La préparation du papier*. A 12 c. c. d'albumine battue en neige et déposée, il ajoute 5 c. c. de solution de gomme à f>0 pour 100 et 3 gr. de couleur; à ce mélange, il ajoute 15 à 20 c. c. d'une solution contenant 100 c. c. d'eau, 10 gr. de bichromate d'ammoniaque et 10 gr. de sulfate de manganèse. Les meilleures couleurs noires sont obte-

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 209. — 2. Ibid., 1902, p. 146. — 8. The Amateur Photographer, 1904. — 4. Ibid., 1903, p. 507. — 5. Appollo, 1904.

nues soit par un mélange de 0 gr. 25 de noir de fumée, 0 gr. 25 de noir d'ivoire et 2 grammes de noir animal; on peut aussi employer 0 gr. 5 de noir de fumée, 1 gr. 5 de noir d'ivoire et 1 gramme de noir animal. Ces quantités sont mélangées à la mixtion à la gomme albumine; on l'étend comme à l'ordinaire à la surface du papier.

M. Foxlee1 a modifié le procédé à la gomme et effectué les manipulations comme dans l'ancien procédé Mariotype. Une solution de gélatine plus ou moins épaisse est étendue à la surface du papier; on fait sécher et on sensibilise ce papier sur un bain de bichromate de potasse à 5 pour 100 acidifié par un peu d'acide sulfurique. Après dessication dans l'obscurité, on imprime sous un négatif et on suit la venue de l'image au châssis-presse ; les détails doivent être bien visibles dans les lumières. La mixtion colorée se prépare avec une solution de gomme contenant 2 grammes de gomme, 8 grammes d'eau, 6 à 8 gouttes d'acide phénique; on prend 4 c. c. de cette solution, 2 c. c. de glycérine pure, 2 c. c. d'acide acétique, 1 c. c. d'eau et une quantité suffisante de couleur. Cette mixtion est étendue à l'aide d'une brosse douce sur l'image au bichromate, en ayant soin de ne pas attaquer la couche de gélatine. On opère à la lumière jaune. Quand on a ainsi fait tableau noir à la surface de l'épreuve, on laisse sécher et on fait le dépouillement à l'eau comme dans les autres procédés à la gomme. Au lieu de gélatine. M. Foxlee utilise aussi la gomme adragante, l'amidon, la colle de farine. Ces deux dernières substances permettent d'obtenir des couches plus mates que celles fournies par la gomme. Le papier se prépare avec une solution d'amidon à 3 pour 100 obtenue à chaud, ou bien avec un mélange fait à chaud de 10 gr. de belle farine pour 100 c. c. d'eau : cette colle de pâte est étendue à la surface du papier; après séchage, on sensibilise sur un bain de bichromate de potasse.

On peut aussi, quoique plus difficilement, employer une mixtion analogue à celle qui est usitée pour produire les émaux photographiques. On fait dissoudre 20 gr. de glucose, 10 gr. de sucre, 5 gr. de miel, 10 gr. de gélatine dans 500c. c. d'eau; dans la dissolution faite au bain-marie, on incorpore 12 gr. de noir de fumée. Après refroidissement, on étend sur du papier bien encolJé à l'aide d'un large blaireau. On laisse sécher à plat, on sensibilise à l'envers en étendant au blaireau une solution de bichromate de potasse à 3 ou 4 pour 100, on laisse sécher dans l'obscurité et on insole comme dans le procédé au charbon. Il faut avoir la précaution de chauffer légèrement le papier et les coussins avant de les introduire dans le châssis-presse à cause de la présence du glucose et du sucre. Le dépouillement se fait à l'eau froide ou tiède additionnée au besoin d'une minime quantité de sciure de bois très fine.

On trouve dans le commerce des papiers à la gomme bichromatée. M. Hocheimer, de Munich, livre un papier se développant à froid; on le sensibilise au moyen d'une solution alcoolique de bichromate d'ammoniaque ; après séchage, on expose à la lumière. Au sortir du châssis-presse, on lave l'épreuve, puis on la plonge pendant une minute dans une solution de carbonate dépotasse faiblement tiède; on procède enfin au dépouillement progressif par aspersions d'eau froide additionnée d'environ 1 pour 100 de

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