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PAPIER AU CHARBON

à température relativement basse. Tous les négatifs peuvent être imprimés sur papier mixtionné à la condition de modifier le titre du bain sensibilisateur; la proportion d'eau doit varier suivant les degrés de contrastes requis, un bain plus fort donnant moins de contrastes qu'un bain faible.

1919. Dépouillement. — M. Ch. Gravier1 a insisté sur les avantages que présente l'emploi d'une dissolution alcaline dans le dépouillement des papiers à impression directe sans transfert. On place le papier insolé dans le bain alcalin chauffé à ^U" G., on élève progressivement la température jusqu'à ce que prenant La feuille par un coin une goutte colorée tombant du coin opposé montre que la couche est suffisamment amollie pour qu'à l'aide d'un épandage d'eau froide à la surface on dépouille l'image : le grain de l'épreuve sera d'autant plus lin que l'on aura employé moins de sciure OU qu'elle Bera plus line. On peut obtenir des images satisfaisantes après un séjour de quelques heures dans le bain alcalin froid et en versant simplement de Teau froide à la surface. Si l'exposition a été trop longtemps prolongé!!, on peut employer le pinceau doux, la feuille colorée étant sous une couche d'eau.

1920. Pellicule à simple transfert. — On trouve dans le commerce des feuilles de celluloïd de l/20e de millimètre d'épaisseur revêtues de mixtion colorée et destinées à remplacer la pellicule simple transferl au collodion cuir de Despaquis2. Ces feuilles de celluloïd impressionnées par l'envers donnent un»1 image droite pur simple transfert. L'impression par l'envers rend les demi-teintes plus solides pendant le dépouillement qui se fait par simple immersion dans l'eau chaude. L'image développée est, toute mouillée, appliquée sur le support ohoisi et on la presse; quand l'ensemble est sec, la feuille de celluloïd peut être détachée et l'image reste fixée à son support.

1921. Papiers du commerce. — Des papiers recouverts de mixtions colorées superposées ont été récemment mis dans le commerce. Comme l'a fait observer M. Ch. Gravier*, cette application avait été laite dès 1869 par la maison Braun. De nombreux brevets ont été pris depuis lors pour la préparation des papiers à plusieurs couches superposées.

M. Farinaud fabrique un papier qui est intermédiaire entre le papier charbon-velours (C. 1687) et le papier a la -(.mine bichromatée. Ce papier se sensibilise à l'aide de bichromate d'ammoniaque en solution étendue. Il est bon d'exposer pendant quelques secondes le papier à La lumière du jouiavant de le placer dans le chàssis-presse au contact du négatif : on diminue ainsi les contrastes que présentent les négatifs trop vigoureux; il vaut

L Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 352. Bulletin de la Société française de photographie, 1808 à 1870, passim 1904, p. .717.

— 2. \ oyez . — :l. Ibid.,

mieux dépasser la durée normale de l'insolation que d'exposer trop peu. On dépouille à l'eau froide après avoir fait tremper le papier dans l'eau pour éliminer l'excès de bichromate. Pour dépouiller une image du format 18 X 24, on emploie 250 c. c. d'eau froide, 5 à 10 grammes de sciure de sapin finement tamisée, 3 à 4 gouttes de dissolution de soude caustique; après cinq minutes d'action, on porte le liquide à la température de 25° G. Quand la couche commence à se dépouiller, on remue le mélange de manière à faciliter l'apparition de l'image par le léger frottement produit par la sciure. Ùe temps en temps on retire l'épreuve de la cuvette pour la placer sous un filet d'eau froide, de manière à mieux juger de son état. On augmente peu à peu la quantité de soude caustique et on élève la température si la durée d'exposition a été dépassée; on dépouille localement par les procédés usuels. La retouche en blanc se fait au moyen d'un pinceau très fin, l'épreuve reposant au fond d'une cuvette remplie d'eau froide. La retouche en noir, le montage, etc., se font par les procédés usuels.

La Compagnie autotype a mis en vente, sous le nom à' auto-pas tel, un papier au charbon sans transfert qui donne de très beaux effets; la manipulation est à peu près la même que celle du papier Farinaud. On insole légèrement pendant quelques secondes toute la surface du papier avant de le placer dans le châssis-presse; après exposition à la lumière, on ramollit la couche de gélatine, puis on élève la température de l'eau à 40 ou 50° G.; on dépouille au pinceau dans la cuvette; quand le dépouillement est à peu près terminé, on place l'épreuve face en dessus sur un support de verre et on achève l'opération soit à l'aide d'une touffe de coton, soit avec un pulvérisateur rempli d'eau, soit à l'aide de sciure de bois. On achève le travail à la brosse après avoir répandu sur toute l'étendue de l'épreuve une couche de glycérine qui amortit l'action toujours brutale du pinceau et permet d'éviter complètement les stries dans les cas d'excès de pose: on place l'épreuve face en dessous dans un bain de carbonate de soude à 5 °/o. On peut donner plus d'éclat à l'épreuve en l'enduisant d'une mince couche de vernis pour aquarelle, étendu de trois ou quatre fois son volume d'alcool.

Les bons fabricants de papiers mixtionnés livrent des papiers spéciaux pour le tirage des diapositives. Il faut employer des couleurs très finement broyées, car la diapositive est fortement agrandie snr l'écran. On peut s'assurer assez facilement de l'exactitude de la durée de la pose à l'aide de l'artifice suivant : on prend un cadre d'une ouverture un peu plus grande que celle requise pour l'image finale; sur le côté extérieur du cadre, on fixe un morceau de papier au citrate, de telle façon que lorsque le cache est mis au contact du négatif, le papier au citrate se trouve devant une des parties du négatif qui ne doit pas être reproduite, mais qui possède cependant une gamme des tons types du négatif. Cette feuille de papier sensible sert de témoin pour le tirage du positif au charbon : on imprime alors à la lumière du jour et on continue l'insolation jusqu'à ce que le papier au citrate montre une image suffisamment intense pour pouvoir être virée; on dépouille jusqu'à ce que les grandes lumières soient bien transparentes. L'épreuve bien lavée après le dépouillement est passée dans un bain d'alun, lavée de nouveau et abandonnée à la dessiccation à l'abri de la poussière.

GOMME BICHROMATÉE.

1922. Procédé à la gomme bichromatée. — Des indications très précises ont été données par M. le commandant Puyo1, l'un des maitres en la matière, sur la préparation et l'emploi du papier à la gomme bichromatée. Il recommande l'emploi d'une forte proportion de gomme étendue en couche homogène et fine. C'est par tâtonnement qu'on arrive à déterminer les proportions les plus convenables. Avec une solution de gomme à 40 %, on fait un mélange de gomme, couleur, bichromate avec excès de gomme; on couche une première feuille de papier grain fin; la couche est irrégulière, striée, marbrée, et au bout d'un temps inférieur à 45 secondes, la couche ayant fait prise ne se laisse plus travailler; on ajoute alors au mélange une nouvelle quantité de bichromate et l'on recommence jusqu'à ce que, sous le travail du pinceau, La matière obéissante s'étale sans stries, sans marbrures. En ce moment, les proportions sont bonnes, la durée de l'opération est de 45 secondes. Si l'on a mesuré les proportions de bichromate ajoutées, sachant qu'une feuille 20 X 26 centimètres absorbe 3 C. c« du mélange, on en conclut les proportions de gomme et de bichromate à adopter,

Il y a avantage à utiliser de la gomme ancienne devenue lilante et des pinceaux énergiques sans brutalité : la nature de la gomme, celle des pinceaux employés peuvent taire varier les proportions du mélange.

A. La gomme filante, on ajoute le pigment coloré, noir de bougie relevé d'une pointe d'OCre jaune ou de teinte neutre, suivant que l'on veut avoir du noir chaud ou du noir bleu : le mélange étalé en couche mince ne doit pas être noir cirage, mais gris fer foncé.

Les pinceaux sont en soie de porc, collés à la résine. Pour des feuilles du format 80 X 40, l'épaisseur du pinceau à la monture sera de 8 millimètres et demie, la longueur des poils. 37 millimètres et sa largeur 8 centimètres. On doit avoir deux de ces pinceaux : une petite brosse dure sert à agiter le mélange, un pinceau en éventail sert à l'étaler sur le papier. L'un des pinceaux plats dit de décharge sert à répartir l'excès de matière et à faire un premier égalisage, le second pinceau plat sert pour le finissage.

La solution de gomme, les couleurs d'aquarelle en tubes, la solution concentrée de bichromate de potasse sont mélangées en proportions convenables dans un bol et d'après le nombre de feuilles à

t. La lievue de photographie, 190U. p. 91.

fabriquer en se basant sur ce qu'il faut 3 c. c. de mélange pour une feuille de format 20 x 26 centimètres; lorsque le mélange est fait, on en dépose une goutte sur une feuille de papier, on l'étalé avec le doigt pour se rendre compte du ton.

Sur une planchette à dessin, on place un bristol épais et on fixe le papier sur le bristol par quatre punaises fortes à tête plate. On plonge dans le bol le pinceau en éventail pour remuer le mélange, on le fait dégorger sur la paroie du bol, de façon qu'il contienne juste la quantité de mélange nécessaire pour une feuille ; on donne un premier coup sur la ligne médiane de la feuille et on étale avec rapidité et vigueur, sans laisser d'endroits non couverts : cette première opération doit durer environ 10 secondes; on passe le pinceau de décharge en appuyant très fortement dans le sens largeur, puis dans le sens longueur de la feuille : l'opération exige environ 5 secondes.

A ce moment, l'ensemble de la couche doit être uniformément réparti sur la surface. On prend le dernier pinceau, celui dit de finissage, et on continue le travail ébauché par le pinceau de décharge en ayant soin de faire tourner le bristol portant la feuille, de façon à rompre la couche dans tous les sens et à assurer une épaisseur de couche régulière. Au début, on doit broyer franchement la couche en appuyant fortement le pinceau incliné ; puis, au fur et à mesure que la couche résiste et fait prise, on diminue progressivement l'action à la demande de la main, en terminant par un travail exécuté à fleur de poil, le pinceau vertical. Tout cela peut durer environ 30 secondes; en tout 45 secondes.

La feuille est sèche en un quart d'heure; on la passe au besoin audessus d'une lampe pour que le papier soit craquant, on la met contre la couche du négatif placé dans le châssis, on expose à la lumière et on dépouille l'image.

Le papier à la gomme doit être manipulé à Y état frais; c'est la première condition de réussite.

Quand le papier est mouillé dans la cuvette de dépouillement, l'image négative apparaît très visible par réflexion et aussi par transparence. Après dix minutes au plus, l'image demeurant négative, le coulage commence. Quelques minutes après elle apparaît positive et s'achève progressivement.

Ces temps s'augmentent en proportion de l'âge du papier. A mesure qu'il vieillit (c'est une question d'heures), l'image négative est de moins en moins nette, le phénomène ne se produit plus à la fin; le

GOMME BICHROMATÉE.

travail de dissolution ne se montre qu'au bout de quelques heures, souvent même de quelques jours. Le papier vieux donne des images grenues où les oppositions sont diminuées ; il convient donc de fabriquer le papier chaque jour suivant ses besoins. Dans ces conditions, le procédé est automatique ; les opérations se réduisent à consulter un photomètre et placer le papier dans l'eau où il se dépouillera tout seul, d'autant mieux qu'on le laissera plus tranquille.

L'image peut être modifiée par l'opérateur : grâce au développement local, le sujet peut être mis en relief et acquérir toute sa valeur, soit par l'atténuation ou la suppression des alentours, soit par le placement judicieux des accents. On peut effectuer ce travail : 1° pendant la période du dépouillement; 2° pendant la période du séchage de l'épreuve; 3° après le séchage de l'épreuve.

1° L'image étant à moitié dépouillée et bien visible, on la place sur une feuille d'ébonite inclinée et, se guidant d'après une épreuve préalablement tirée sur un papier quelconque, on examine de quelle façon il convient de continuer le dépouillement. On fait des arrosages à l'eau chaude ou à l'eau tiède, soit en écrasant une éponge sur les bords extérieurs de l'image, soit en laissant tomber quelques gouttes d'eau chaude sur une partie résistante de l'image; on opère ainsi sur de larges zones. Pour modifier des détails de peu d'étendue, pour baisser un ton Local de petite surface, l'attaque directe de ce ton local se fera soit au pinceau, soit à l'estompe, soit au papier buvard. Le pinceau détruit superficiellement le grain là où il passe, et, pendant le dépouillement d'une couche grenue et résistante, on fera suivre chaque coup de pinceau d'un arrosage qui enlèvera la couche superficielle libérée par l'action du pinceau et fera réapparaître le grain sous-jacent.

Les épreuves sous-exposées seront traitées pendant la période de séchage.

2° Pendant le séchage, le pinceau produit un écrasement de la couche accompagné d'un abaissement de ton, surtout si le pinceau est sec et propre. Pour créer des blancs et dégager le papier, il faut avoir recours au papier buvard. Dans un portrait, on pourra, au contraire, monter telle région du fond en transportant en cette région de la couleur prise sur les marges : c'est là un des grands avantages du procédé à la gomme. A mesure que l'eau s'évapore la couche devient plus résistante, et l'abaissement du ton à tel endroit touché par le pinceau devient de moins en moins marqué. C'est pendant

cette période que l'on pourra créer des blancs purs dans les épreuves sous-exposées : la sous-exposition produit des images grises ; les blancs se trouvent recouverts par l'écoulement partiel de la matière pigmentaire insuffisamment fixée.

On peut activer le séchage en plaçant l'épreuve sur une feuille de buvard sec que l'on promène au-dessus d'une lampe : dès que la feuille est sèche partout et craquante, on la remet dans l'eau : on élimine ainsi la petite quantité de bichromate que contient le papier et on rend à la couche une mollesse suffisante pour qu'elle puisse être travaillée par frottement doux.

3° Dans la retouche postérieure au premier séchage, on rendra la couche très docile, soit en élevant la température de l'eau, soit en ajoutant à l'eau du bisulfite de soude dans la proportion de 3 à 5 % : l'épreuve se laisse dès lors travailler au pinceau, à la ouate, à l'estompe, au doigt, et l'on peut par frottement baisser le ton plus ou moins à tel endroit jugé convenable. On atténuera de même certaines valeurs trop claires et l'on augmentera l'intensité de certains tons noirs en posant à l'aide du pinceau, là où il convient, de la matière pigmentaire provenant soit d'une épreuve manquée, soit des marges de l'image.

Une couche peu chargée en gomme est aisée à étendre; elle est fine à l'excès et donne des demi-teintes parfaites dans les parties claires de l'image; en revanche, les noirs sont enterrés et sans détails; ils sont insolubilisés et ne contiennent pas assez de gomme pour qu'il y ait gonflement de la couche. Les noirs les plus beaux et les plus gras se produisent quand l'épreuve est légèrement sous-exposée et qu'elle se développe dans Teau froide dans un temps relativement court.

S'il y a surexposition excessive, si l'image se développe péniblement à l'eau bouillante, le grain est fort, l'aspect est sec. La surexposition ne doit être utilisée que pour les effets brutaux. La durée d'exposition doit, d'ailleurs, varier selon la couleur du pigment et selon la force du papier. Les rouges demandent à être exposés à peu près deux fois autant que les noirs; quant aux papiers à grain fort, la couche obtenue est plus épaisse, car la mixtion se loge immédiatement dans les creux et n'est plus entraînée par le pinceau; de ce fait, le temps d'exposition peut être doublé.

Les épreuves trop exposées peuvent être sauvées par l'emploi du bisulfite de soude. On baigne l'épreuve dans l'eau chaude et on ajoute du bisulfite jusqu'à ce que le coulage commence à se manifester; on

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retire l'épreuve, on la travaille à l'eau pure jusqu'à ce qu'elle ne coule plus; on renouvelle l'opération plusieurs fois si cela est nécessaire. Pour un dépouillement local, on fera couler en nappe du bisulfite étendu d'eau, puis de l'eau chaude. Après séchage, l'immersion dans le bain faible de bisulfite permet d'éliminer l'excès de bichromate que contient le papier; la couche est assez amollie pour être travaillée par frottement doux.

Les essais, études, expériences sur procédé à la gomme doivent être faits avec un seul négatif, transparent et complet. Il faut commencer par obtenir des couches toujours les mêmes et ne faire varier que la durée du temps d'exposition. On étudie l'influenee de cette variable sur les résultats, puis on étudie une autre variable, la gomme, puis la couleur, puis l'influence de la proportion de bichromate ; on arrive ainsi à réduire très rapidement à un minimum les insuccès possibles.

M. Demachy1, dont les épreuves sont si justement appréciées, a insisté sur quelques points de détail qui ont une grande importance. La solution de gomme est faite en plaçant la gomme du Sénégal, non pulvérisée, dans un nouet de mousseline suspendu dans un bocal plein d'eau; si la solution moisit, on la décante et on l'additionne de solution fraîche de façon à lui donner une consistance suffisante.

La solution de bichromate de potasse est réservée pour les épreuves destinées à être dépouillées à l'eau. Pour le dépouillement au pinceau, on mélange par parties égales une solution saturée de bichromate de potasse, une solution saturée de bichromate d'ammoniaque et de l'acide chromique déliquescent; pour l'emploi, on utilise deux tiers de gomme colorée et un tiers de solution chromique : ce mélange ne se conserve pas. Les couleurs à employer sont les couleurs moites en tubes ( t un papier suffisamment encollé pour ne pas absorber la peinture à l'eau. Il es! :'i remarquer que les pinceaux en poil de blaireau sont plus difficiles à employer que les brosses dures. On utilise un pinceau 1" en poils de porc, que l'on coupe à environ la moitié de sa longueur primitive pour mélanger le pigment avec la solution sensibilisatrice ; 2* un pinceau plat, simple, pour étendre le mélange sur le papier; 3» deux larges pinceaux plats, aussi en poils de porc, pour égaliser.

Pendant le couchage de la mixtion, il faut éviter de tremper à nou-

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