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Le Procédé, 1904, p

Mise ex train.

mélangés au couteau-raclette sur la pierre à encrer. Cet encrage doit se faire très légèrement, de façon à éviter que le noir coule. Quand les traits sont bien garnis et la plaque refroidie, on poudre comme à l'ordinaire et on plonge dans le bain de morsure jusqu'à ce que le prolongement de séjour dans ce bain risque de miner le trait. Il est bon, après chaque morsure, d'examiner soigneusement la planche à l'aide d'une loupe compte-fils.

1945. Emploi de l'asphalte. — Un certain nombre d'opérateurs utilisent l'asphalte. La sensibilité de cette substance à la lumière peut être augmentée par sulfuration. On fait dissoudre 12 grammes de fleur de soufre dans 100 grammes de pseudocumène brut du commerce dont le point d'ébullition est de 170° C; on y ajoute 100 grammes d'asphalte brut de Syrie, et l'on fait bouillir dans un appareil muni d'un réfrigérant à reflux pendant trois ou quatre heures. On élimine alors le cumène par distillation sans toutefois pousser à sec. Le résidu noir, analogue à de la poix, est dissous dans vingt-cinq fois son poids de benzine, et l'on obtient ainsi un liquide prêt à être appliqué sur zinc.

1946. Mise en train des clichés. — Les clichés de simili doivent être imprimés sur des machinée spéciales; ils nécessitent une mise en train spéciale sans laquelle ils ne donnent que des résultats médiocres. M. Paul Keufer a donné les indications suivantes : le cliché doit avoir une assise parfaite et, pour ce faire, il n'est pas nécessaire de tenir sa gravure plus liante (pic la lettre. Le bois étant d'aplomb, on passe une simple épreuve, sans excès d'encrage, sur laquelle on réparera, au moyen de quelques béquets, les défauts qui pourraient provenir du bois bombé, creux ou mal corroyé. Le cliché sëïa décloué, limé en dessous à l'emplacement des clous pour enlever toute bavure, et cette mise en train sommaire sera collée entre le cliché et le bois : elle suflira à donner le contact nécessaire entre toutes les parties du cliché et du rouleau, autrement dit à rendre le cliché parfaitement plan. Ceci fait, on recloue légèrement la gravure de façon qu'elle ne puisse glisser du bois et, sur une doublure de trois à quatre feuilles de 10 à L2 kilogrammes, on fait trois épreuves successives sur papier de même force : elles servent à faire ressortir le sujet à représenter.

Sur la première de ces épreuves on découpera toutes lès parties claires, on dégagera les ciels, 1rs dégradés, sans chercher à découper les plus petits détails, ce qui serait inutile ; sur la deuxième épreuve on découpera les demiteintes et tous sujets d'importance secondaire ne devant figurer qu'au deuxième plan, et, sur la troisième épaisseur, les noirs pleins. Ces épaisseurs seront collées soit à l'aide de colle de pâte, soit de dextrine, ce qui est infiniment préférable, fixant les noirs sur la première épreuve découpée et l'épaisseur où les demi-teintes ont été dégagées servira à recouvrir le tout; avec son découpage, il faut donc que l'opérateur fasse ressortir soit au premier, second ou troisième plan les différents sujets de sa gravure, proportionnellement à leur importance. Cette opération terminée, le découpage sera collé comme la première mise entre cuir et chair, et le cliché sera définitivement et solidement cloué.

A la première épreuve, l'opérateur s'apercevra du résultat obtenu, et Le

peu qui lui reste à faire pour terminer sa mise en train devra être exécuté sur le cylindre; on traitera de préférence au papier de soie.

La mise en train faite, non entre cuir et chair mais sur la face du bois en adhérence avec le marbre, ne peut donner que de mauvais résultats : c'est là ce qui ressort des impressions faites par les petits imprimeurs qui en sont encore à dire que la simili « manque de creux ». Pour les clichés de ce genre, le déclouage est le commencement de la mise en train après que l'on a obtenu la première épreuve d'essai1.

1947. Procédés divers — M. Ch. -G. Petit a imaginé un procédé qui consiste à utiliser la superposition, avant la morsure, de deux images au bitume de Judée, tramées sous des angles différents et convenablement repérées, ces images comportant, suivant le choix de l'opérateur, des lignes ou des points de différentes formes obtenues au moyen de diaphragmes appropriés. Cette superposition est rendue commode par l'emploi du système de repérage adopté en héliogravure et par l'utilisation judicieuse des propriétés du bitume de Judée qui, par cuisson modérée, devient absolument insoluble dans ses dissolvants habituels2.

Les clichés de similigravure sur cuivre et sur zinc peuvent être conservés très facilement en les recouvrant d'une mince couche de nickel; on obtient, ce résultat à l'aide du produit que l'on trouve dans le commerce sous le nom de niché line.

L'obtention des blancs purs en similigravure, lorsqu'il s'agit de reproductions en fac-similés de dessins au crayon ou au fusain, est assez délicate. M. A. J. Newton a recommandé pour cet objet l'emploi d'un très grand diaphragme pendant une minime fraction du temps de pose. Ce diaphragme, de forme carrée, ne doit pas être trop grand sous peine de provoquer un voile général du négatif; d'autre part, on doit proportionner judicieusement les deux parties de la pose pour que la pose avec grand diaphragme ne vienne pas affecter les dimensions du point dans les noirs du dessin ; c'est là un procédé assez simple.

M. Otto Mente utilise une trame de 133 lignes au pouce, un petit diaphragme rond au début de la pose pour conserver au dessin son caractère de dureté ; il termine la pose en remplaçant le diaphragme rond par un diaphragme carré dont les côtés sont disposés parallèlement aux lignes de la trame et dont l'ouverture est en relation correcte avec le tirage de la chambre, la distance de la trame à la plaque et l'écartement des lignes de la trame 3.

M. Rollï a fait breveter un procédé d'impression sur étoffe. Le moyen employé consiste à couler sur un cylindre une couche de gélatine bichroma. tée sur laquelle on fixe, à l'aide d'un composé huileux, une pellicule photographique tramée obtenue par la méthode utilisée en phototypographie. La planche tramée ainsi obtenue peut s'imprimer par les procédés usuels 4.

1. La Typographie française, 1905. — 2. Le Procédé, 1905, p. 76. — 3. lbid. p. 37. — 4. Bulletin de la Société française de photographie, 1902, p. 136.

PHOTOMICROGRAPHIE.

§ 4. — Photoglyptographie.

1948. Procédé à l'asphalte. — Le grainage â l'asphalte de la plaque de cuivre peut être supprimé en utilisant le procédé indiqué par M. Howard Fariner. On imprime, sur la planche couverte de gélatine bichromatée, l'image fournie par une plaque de verre grainée : on obtient un grain insoluble, parfaitement régulier, qui remplace avantageusement celui qui est fourni par la poussière d'asphalte; on expose pendant une ou deux minutes à la lumière d'une lampe à arc. La morsure s'obtient régulièrement par les procédés usuels en faisant agir des solutions de perchlorure de fer à des titres judicieusement gradués.

§5. — Photochromographie par procédés mécaniques.

1949. Production des négatifs. — Les négatifs destinés aux impressions trichromes s'obtiennent habituellement à l'aide des émulsions au collodio-bromure. On ne doit pas appliquer à l'émulsion orthochromatique au collodion les méthodes de travail que l'on utilise dans les procédés au collodion humide. Si on laisse aux pénombres la même étendue que s'il s'agissait de plaques au collodion humide,' leur effet, considérablement accru par l'irradiation, donnerait un étalement exagéré de chaque point et pourrait même amener la jonction complète des points dans les parties claires : l'effet de La trame serait perdu dans ces régions.

L'émulsion au collodion donne fréquemment une gradation de teintes moins étendue que celle fournie par l'emploi du collodion humide : ce dernier ne donne le noir qu'avec un temps de pose soixante-quatre fois plus grand que celui qui donne l'impression visible, tandis que l'émulsion au collodion donne le noir avec un temps de pose égal à huit fois le temps nécessaire pour l'enregistrement de la première teinte appréciable.

Il faut donc, dans L'emploi de l'émulsion au collodion, amener la trame aussi presque possible de la surface sensible; ce rapprochement e^t d'ailleurs très limité par le fait que le quadrillage de. la trame est tracé, non sur une face externe mais à son intérieur, et par le fait que la plaque est employée à l'état humide; il faut, de plus, utiliser un petit diaphragme de façon à limiter autant que possible la formation des pénombres1.

Certains écrans jaunes, préparés au moyen de colorants mal choisis, peuvent laisser passer librement la presque totalité de l'ultrà-violet, tout en absorbant de façon assez complète le bleu et le violet : c'est le cas des écrans à la chrysoïdine. Si cette cause d'erreur est minime dans le cas où l'on emploie des objectifs de types anciens présentant de fortes épaisseurs de verres notablement colorés qui absorbent la presque totalité de ces radiations, elle prend, au contraire, une importance considérable avec les objectifs modernes, formés de lentilles minces en verre parfaitement incolores, et surtout avec les objectifs apochromatiques où la correction déjà pénible

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