‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 113 sur 158 · PROCÉDÉ ÉMAIL · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ ÉMAIL

des conditions équivalentes. Si la pose est insuffisante, on ajoute par 100 c. c. de colle bichromatée 10 gouttes d'une solution -l'alun <le chrome à 20 o/0> et, après brassage énergique, on recommence l'essai, faisant, s'il y a lieu, de nouvelles additions d'alun de chrome jusqu'à obtenir, dans ce môme temps de quinze minutes, une image se dépouillant sans danger de soulèvement. Il ne faut pas exagérer, dès les premiers jours, la dose d'alun de chrome dont l'eilet continue à s'accroître pendant quelque temps. On filtre alors sur une flanelle pliée en quatre sur un entonnoir adapté à un récipient à filtration rapide. La couche fournie par la colle doit présenter une surface lisse et brillante si la solution est suffisamment diluée; dans le cas contraire, on additionnera d'eau. La solution est ('tendue sur le métal; on l'égalise à l'aide de la tournette. Une couche mince est plus sensible qu'une couche épaisse et convient pour les négatifs gris, tandis que l'on conserve une couche épaisse pour les négatifs vigoureux et bien détaillés, à points très denses dans les pénombres el à points très transparents et très ouverts dans les blancs1.

L'addition d'albumine est proscrite par certains opérateurs. M. Gill2 a constaté que, quelles que lussent les proportions des autres constituants, une colle sans albumine résistait plus longtemps au bain de morsure qu'une colle renfermant de l'albumine, exposée dans le même temps, traitée dans les mêmes conditions et mordue dans le même bain.

L'emploi des citrates alcalins permet de conserver les préparations pendant un temps ussez long. M. J, EUcard emploie une mixtion contenant M2Ô grammes de colle émail, 10 grammes de colle de Cologne, 20 grammes de bichromate d'ammoniaque, 'i grammes «le citrate d'ammoniaque, 3 c. c. d'ammoniaque, \ grammes d'éosine BE Poirier et une quantité d'eau suffisante pour taire 1 litre,

La colle de Cologne est dissoute à chaud dans une petite quantité d'eau dans laquelle elle se gonfle d'abord; le bichromate et le citrate d'ammoniaque sont di>sous chacun dans une autre partie de l'eau, et après dissolution les divers composants sont mélangés. On peut aussi utiliser la formule suivante : 825 grammes de colle émail, 25 grammes d'albumine sèche (ou 10 c. c. de blanc d'œuf), 10 grammes de bichromate d'ammoniaque,

h grammes de citrate d'ammoniaque. :l c. c: d'ammoniaque et 4 grammes d'éosine BE Poirier.

La solution d'albumine pour simili gravure se prépare avec 13 grammes d'albumine Sèche, 16 grammes de bichromate d'ammoniaque , 20 grammes ,1e colle de poisson, 'i grammes de citrate d'ammoniaque et une quantité d'eau suffisante pour faire 1 litre, si la préparation doit servir pour les images au trait, on' utilise 20 grammes d'albumine sèche, 15 grammes de bichromate d'ammoniaque, 1 a 2 <•. c d'ammoniaque et 4 grammes d'éosine BE Poirier*.

Il n'est pas utile d'enlever la couche d'émail à la surface des blocs de simili gravure; la couche conservée à la surface de. la planche donne un Surcroît de creux favorable au tirage et protège en même temps de toute

altération le métal du cliché.

Si Ton était obligé pour un motif quelconque d'enlever l'émail, onchauf-

1. Le Procédé, 1906, p. 10. - [>. Ibid., 1905, p. 175. - 3. Ibid., 1905, pp. 10, 124.

ferait la plaque comme pour la carboniser et l'on verserait sur elle une petite quantité d'une solution concentrée de soude ou de potasse caustique. On frotte la surface à l'aide d'une brosse sans parties métalliques et l'on donne le fini au cliché en le polissant légèrement ensuite avec un bloc de charbon américain.

L'image obtenue sur couche mixtionnée à la surface du métal n'offrirait pas une résistance suffisante aux agents de morsure ; on lui donne la solidité nécessaire en lui faisant subir un commencement de carbonisation.

La planche recouverte de mixtion et séchée est insolée dans un châssis muni de vis de fer, afin d'obtenir un contact parfait entre la couche et le négatif. La pose étant terminée, on desserre les vis, on retire la planche de métal et on la place, couche en dessus, dans une cuvette d'eau froide pendant deux minutes; on rince sous un filet d'eau coulant doucement. On rend l'image visible en la plongeant (après départ du bichromate) dans une solution de 5 grammes de violet d'aniline par litre d'eau : ce bain doit en deux minutes au plus colorer fortement la couche. On passe doucement un tampon d'ouate à la surface de l'image pour aider à son dépouillement; en cas d'excès de pose local, on peut mouiller avec un peu de salive qui, par sa réaction, facilite la dissolution de la gélatine; au besoin, on dépouillera à l'eau tiède. Après dépouillement, on lave, on sèche rapidement au-dessus d'un réchaud, tenant la plaque inclinée pour faciliter l'écoulement de l'eau.

L'image séchée à la surface du métal doit être carbonisée : cette opération ne peut se faire que par cuisson directe, le chauffage à l'étuve ou sur marbre à chauffer exigeant trop de temps. On place la planche sur un gril spécial qui empêche sa déformation et l'on promène sous la planche la flamme d'un fourneau à gaz. L'effet de la cuisson se manifeste par la décoloration : on surveille attentivement l'image qui bientôt réapparaît en jaune clair et passe par toute une gamine de bruns pour atteindre le noir; on s'arrête à la nuance rouge pour le cuivre et pour le zinc au bistre très foncé, sans cependant atteindre le noir. Les plaques de zinc qui ont été cuites ne peuvent plus servir pour le procédé émail, mais peuvent être utilisées pour le procédé à l'albumine ou au bitume.

Après cuisson, la planche est mise à refroidir sur un marbre; il faut avoir le soin de faire pression sur les coins pour redresser le métal et le faire appliquer par toute sa surface. Quand la planche est refroidie, on retouche et l'on procède à la morsure à l'aide des acides ou du perchlorure de fer.

1944. Morsure. — Il vaut mieux faire les grands creux à la machine à échopper qu'à l'aide des morsures successives. En Amérique, l'usage est de donner deux ou trois morsures au plus : on arrive ainsi à terminer une planche en moins de trois heures.

Si l'on adopte le procédé des morsures successives pour obtenir les grands creux, la cinquième morsure de la plaque encore tiède, d'après M. Ch. Chevalier1, sera précédé d'un encrage au rouleau lisse avec un mélange de parties égales de noir typographique (labeur de bonne qualité) et d'huile de lin

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