AGRANDISSEMENTS
condensateur jouent un rôle prépondérant dans la netteté des images obtenues par l'emploi de la Lanterne ; on peut avoir de bonnes épreuves, même en utilisant un objectif médiocre, si le point lumineux est très petit et le condensateur bien achromatique. Les qualités du condensateur sont en relations avec son diamètre : plus faible est ce diamètre, mieux sont réalisées
les diverses corrections; c'est ce qui fait que l'on donne la préférence aux condensateurs de 4 pouces à h pouces 1/2 (115 millimètres au plus).
L'objectif «loi t être surtout corrigé de l'aberration de sphéricité. M. J.-H. Dallmeyer a établi pour les lanternes un objectif spécial {fuj. 140) qui est exempt des aberrations sphériques, chromatiques, et de la courbure du champ; l'égalité du champ d'éclairage le rend très précieux pour les agrandissements. Les condensateurs établis par le même opticien sont à deux ou à trois lentilles et construits en verres très transparents, exempts de bulles, de stries et des autres défauts, qui sont sans importance pour les objectifs ordinaires mais qui sont visibles sur La surface éclairée et amènent des perturbations considérables dans l'homogénéité du champ d'éclairage.
La disposition adoptée pour l'éclairage du négatif est identique à celle des lanternes de projection. Lorsque les dimensions du négatif sont telles que le rectangle qu'elles constituent s'inscrit exactement dans le cercle lumineux fourni par le condensateur, il n'y a pas de perte de lumière ; mais il n'en est pas ainsi dans La majorité des cas et il y a alors mauvaise utilisation de lumière. Si l'on place le négatif plus loin du condensateur, la lumière ne traverse pas librement l'objectif et les images manquent de netteté. Pour éviter ces inconvénients, on a imaginé d'ajouter à l'appareil d'agrandissement un porte-chàssis supplémentaire qui se place entre le condensateur et L'objectif et qui est muni de lentilles de diamètre et de foyers spéciaux aux négatifs à agrandir et aux objectifs appropriés aux grossissements choisis : ces lentilles négatives se placent contre L'objectif. Enfin, lorsque l'on veut agrandir un négatif de format inférieur à celui pour lequel le condensateur est prévu, on emploie un objectif plus court de foyer que celui qui accompagne l'appareil.
La buée se dépose souvent sur les condensateurs ; on évite cet inconve-
nient en pratiquant plusieurs ouvertures dans la monture, ou bien en disposant les lentilles entre un système de griffes qui permet aussi de changer les lentilles brisées. Ce système de condensateur est composé de deux parties rentrant l'une dans l'autre et maintenues par un système à baïonnette, ce qui permet de séparer rapidement les deux parties pour nettoyer les lentilles.
M. Belliéni a indiqué l'emploi des verres de lunettes pour modifier la distance focale des objectifs employés pour l'agrandissement à la chambre noire. On peut suppléer par là au manque de tirage des chambres à trois corps, car on diminue ainsi la distance focale des objectifs dans le cas de forts agrandissements1.
L'emploi de la lumière artificielle comporte presque toujours celui d'un appareil de projection; mais toute lanterne de projection laisse échapper une certaine quantité de lumière blanche qui ne doit pas arriver à la surface du papier sensible. Dans ce but, on peut adapter à l'objectif soit une chambre noire d'atelier, soit une charpente en bois recouverte d'une étoffe noire pour empêcher tout accès de lumière. Un autre dispositif consiste à placer la lanterne contre la porte du cabinet noir et extérieurement. Le chevalet sur lequel on fixe la planchette porte-papier se meut à l'intérieur du cabinet noir.
On peut obtenir des agrandissements à la lumière artificielle sans utiliser de condensateur en se servant de becs à incandescence (Auer ou alcool) devant lesquels on monte parallèlement deux verres dépolis verticaux, très propres, mesurant 16 X 22 centimètres; on règle l'éloignement des deux sources lumineuses de manière que l'éclairement du verre dépoli extérieur soit aussi uniforme que possible. Ce dispositif est utilisable soit avec une chambre à trois corps, soit avec un agrandisseur automatique quelconque. L'original doit être aussi près que possible du verre dépoli, pas assez cependant pour que le grain du dépoli soit visible; il suffit, en général, de le placer à 2 centimètres. On enferme les becs Auer et les verres dépolis dans une boîte de tôle étanche à la lumière, munie d'ouvertures en chicane donnant une ventilation suffisante, et l'on agrandit l'image en utilisant une simple chambre de touriste munie d'un porte-négatif2; l'image agrandie se forme sur le chevalet porte-papier placé à distance convenable. Si le négatif a été développé à l'aide de paraphénylène-diamine, l'image sera très fine et pourra supporter un fort agrandissement.
Ce dispositif fournit de bons résultats dans le cas où l'on agrandit un positif en négatif, ou vice versa. Du négatif à agrandir on imprime un positif dont les dimensions seront à peu près le double de celle de l'image primitive; on l'agrandit ensuite à la dimension voulue. Ces opérations peuvent être faites soit à la lumière artificielle, soit à la lumière du jour. Dans ce cas, à l'extérieur d'une fenêtre d'appartement, on place à l'aide de quelques pointes et d'un fil de fer un écran réflecteur blanc, formant avec le carreau un angle de 45o; à l'intérieur, on place dans un cadre intermédiaire le négatif à agrandir, on le dispose verticalement à 1 ou 2 centimètres du vitrage, et en avant de ce négatif on place la chambre d'agrandissement
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, pp. 89, 139. — 2, La Photagraphie, 1904, p. 25.