‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 128 sur 158 · TIRAGE DES ÉPREUVES STÉRÉOSGOPIQUES · texte numérisé non relu

TIRAGE DES ÉPREUVES STÉRÉOSGOPIQUES

Soit un objet à une distance D (d'un appareil pour obtenir un relief correspondant à celui qu'on aurait obtenu dans la photographie d'un objet placé à ta distance d d'un appareil stéréoscopique comportant un écartement e des objectifs, on écartera les deux stations d'une distance E donnée pcr la formule :

Dans la pratique, pour les objets rapprochés de moins de 100 mètres, on prendra autant de centimètres d'écartement entre les deux stations qu'il y a de mètres de l'appareil au sujet, soit 1/ 100e de la distance; pour une vue panoramique présentant des premiers plans relatifs et des lointains, l'écart pourra être moindre, soit l/200c de la distance du sujet principal.

1964. Châssis transposeur. — La photographie stéi éoscopique doit nous faire voir, par l'image, la nature telle que nous la percevons à l'aide de nos yeux; or, le mécanisme de la perception du relief est bien loin d'être connu dans tous ses détails, de telle sorte qu'il est à peu près impossible d'établir des règles précises pour la confeclion des images stéréoscopiques. On peut établir des théories géométriques de la formation et de la perception des images en relief; mais ces théories, qui supposent deux points fixes, ne s'appliquent qu'en supposant les deux yeux absolument fixes dans l'examen des épreuves, ce qui est inexact. Elles n'ont pu, d'ailleurs, expliquer pour quelles raisons deux images identiques, montées en stéréogramme et examinées au stéréoscope, font percevoir un relief presque toujours satisfaisant. L'expérience a indiqué certaines règles dont il convient de ne pas s'écarter dans la pratique : en particulier, la distance des points homologues doit être comprise entre 72 et 63 millimètres ; mais dans bien des cas particuliers, on peut aller au-dessus et au-dessous de ces chiffres1.

Les dimensions des lentilles du stéréoscope ont une certaine importance; plue le diamètre de ces lentilles est grand (jusqu'à 30 millimètres) plus facilement se fait l'examen stéréoscopique.

M. Marteau2 a l'ait construire par la maison Mackenstein un châssis transposeur qui, respectant rigoureusement les décisions du Congrès de 1891, permet : 1° de l'accommoder à la dimension réelle des plaques négatives et positives; 2° de choisir, par le jeu de l'écartement des deux fenêtres et de la position du négatif par rapport à ces fenêtres, des images semblables; 3° d'assurer à la positive une mise en place rigoureuse et même de corriger certains défauts de mise en plaque que peut présenter le négatif. Les éléments de cet appareil (fig. 145), fenêtres, emplacement du négatif, glissières, buttoirs, sont mobiles et réglables à volonté.

On peut aussi imprimer les diapositives par copie à la chambre noire : le

1. La Photographie, 1905, p. !•">. — Bulletin de la Société française de photographie, 1908, p. 494.

Tirage des épreuves stéréosgopiques.

négatif peut alors être réduit ou agrandi, et l'on opère comme s'il s'agissait d'obtenir un agrandissement à la lumière diffuse. On détermine aisément la distance à laquelle il convient d'opérer pour obtenir l'agrandissement ou la réduction désirée. Soient, en effet, L une dimension de l'image que l'on

veut réduire à la longueur l, soit f le foyer de l'objectif et D la distance du point nodal d'émergence de l'objectif à la plaque, on aura :

on peut aussi déterminer le tirage t de la chambre donnant pour cette réduction une image nette :

On utilise une chambre noire munie d'un chariot multiplicateur ou, à défaut, portant une planchette à décentrement horizontal suffisamment étendu pour que l'axe de l'objectif puisse se projeter aux centres des deux extrémités de la plaque; on déplace l'objectif de façon à inverser les images et l'on protège par un rectangle de carton noir placé à l'intérieur de la chambre et à peu de distance du châssis négatif la portion de la plaque sensible qui ne doit pas être exposée; les centres du milieu du négatif, l'axe de l'objectif et les centres des deux moitiés de la plaque sensible doivent se trouver sur la même droite. Si l'on ne reproduit qu'une portion du négatif, les mêmes points doivent se projeter aux centres des deux moitiés de la plaque diapositive dont les dimensions doivent être tracées sur la glace dépolie.

1965. Procédés opératoires. — On demande aux épreuves stéréoscopiques, et en particulier aux épreuves sur verre, une très grande finesse. Les papiers à la celloïdine, ceux au citrate brillant, au bromure lisse sont le plus fréquemment employés : ils donnent des images qui supportent fort bien le grossissement produit par les oculaires du stéréoscope. S'il s'agit d'épreuves de petites dimensions (45 X 107 et 6 X 13) on donnera la préférence aux papiers fournissant les images les plus fines.

Les procédés de tirage de ces papiers par noircissement direct ou par développement ne diffèrent en rien des procédés de tirage usuel.

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