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LUMIÈRE ULTRA- VIOLETTE

foyer d'une autre lentille de même dimension qui donne un faisceau lumineux projeté sur un réseau ou sur un prisme. La lumière qui a traversé le prisme est recueillie par une lentille et traverse soit un condensateur, soit un illuminateur. Quand on utilise le banc optique pour l'éclairage ordinaire, on emploie un condensateur de lanterne de projection et une cuve à eau; on supprime la fente, ainsi que le prisme ou le réseau.

Le banc optique de Watson est surtout utilisé avec le condensateur de Gonrady et les écrans ou les cuves à liquides monochromatiques; des iris diaphragmes permettent de réduire le faisceau lumineux suivant le pouvoir des objectifs employés.

1985. Photomicrographie stéréoscopique. — La maison Zeiss a établi deux statifs binoculaires permettant la vision stéréoscopique et la photographie; l'un des statifs est construit d'après les indications de Gree- ÛOUgh, l'autre d'après celles de Brauss-Dniner : ils possèdent l'un et l'autre deux tubes distincts formant microscopes complets avec objectifs et oculaires. Dans le modèle Brauss-Dniner employé pour la photomicrographie, on supprime ces tubes et on les remplace par la chambre stéréoscopique ; on les conserve, au contraire, dans le modèle de Greenough. Les axes des tubes sont inclinés de l'i° l'un sur l'autre; cette inclinaison correspond à peu près à celle des yeux pour la vision d'objets rapprochés. Quand on utilise ces appareils pour la photomicrographie, l'image formée par les objectifs vient se projeter sur la plaque qui est placée perpendiculairement à l'axe optique de l'objectif correspondant.

La vision stéréoscopique dans ces deux modèles n'est pas obtenue en partageant le faisceau de rayons reçus par un seul objectif, comme cela a lieu dans les microscopes binoculaires précédemment construits ; on utilise deux microscopes redresseurs complets et on photographie les images que forme ehaque microscope ou chaque objectif.

1986. Photographie en lumière ultrà violette. — Le grossissement utile du microscope est limité à 1,000 ou 1,500 diamètres en lumière blanche et avec les liquides à immersion connus. Les reproductions microscopiques cessent d'être semblables aux objets examinés quand |les dimensions des longueurs d'onde sont du même ordre de grandeur que les objets ou détails à reproduire; il y a donc intérêt à employer en microscopie des longueurs d'onde aussi petites que possible, et dans ce but, sur les données de M. A. Kœhler et les calculs de M. von Rohr, la maison Zeiss1 a établi tout, un matériel destiné à donner des photographies en lumière ultrà-violette. M. von Rohr a démontré qu'il était possible de constituer un système optique, aplanétique et de grande ouverture formé par un système de lentilles collectrices toutes taillées dans la même substance. Ces systèmes ne sont pas achromatiques et exigent l'emploi d'une lumière strictement monochromatique; la lumière ultrà-violette étant invisible, il a fallu recourir à la photographie. On utilise une longueur d'onde X =: 275 (xji, c'està-dire deux fois plus petite que celle des rayons qui impressionnent le plus

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1906, p. 8ô\PhysL 1904,'p. 689,

la rétine, de telle sorte qu'un objectif monocliromatique en lumière ultraviolette d'ouverture 1,25 a un pouvoir résolvant sensiblement égal à celui d'un objectif d'ouverture 2.50 en lumière du jour.

L'installation comporte un appareil d'éclairage complet en quartz, qui projette le spectre discontinu d'un métal (le cadmium ou le magnésium, mais le premier est préférable) sur le diaphragme du microscope. L'appareil est réglé de manière que la seuls raie 1 = 275 w tombe sur l'ouverture du diaphragme. Le réglage se fait au moyen d'un verre d'urane, sur lequel on voit le spectre ultra-violet par fluorescence; l'éclairage est donc strictement monochromatique.

Le microscope est du modèle usuel; la partie optique est en quartz, la chambre de microphotographie est verticale. Gomme liquide d'immersion, on utilise un mélange de glycérine et d'eau qui a exactement le même indice de réfraction que le quartz. Pour les préparations, on utilise des lames et des lamelles de quartz, et pour l'inclusion on se sert de glycérine, d'huile de vaseline, de solution de sel de cuisine, etc.

L'image n'est pas visible à l'œil nu sur le verre dépoli. Pour trouver la place de la préparation et la mettre au point, on se sert d'un chercheur spécial, imaginé par M. Kcelher. Ce chercheur permet de rendre visible la lumière ultrà-violette avec laquelle on veut opérer et éliminer une lumière parasite qui est gênante (la lumière ultra-violette produit, en effet, des phénomènes de fluorescence dans la plupart des préparations). Par suite de ces phénomènes, la préparation émet une lumière appartenant au spectre visible, et cette lumière, qui n'a pas la longueur d'onde voulue, donne de mauvaises images venant masquer l'image principale formée par les rayons nltra-violets. Cette lumière n'intervient pas snr la plaque parce que son action est moins photogénique que celle de la lumière ultrà-violette; ce n'est que pour le viseur qu'il faut en tenir compte.

Ce chercheur, muni d'une plaque fluorescente sur laquelle se forme l'image ultrà-violette de la préparation, peut être considéré comme un œil artificiel; les images fournies par ce viseur sont loin d'être aussi fines que les photomicrographies. Le viseur sert exclusivement comme auxiliaire pour la mise en plaque, la véritable observation se fait sur l'image photographique.

Les opérations ne sont guère plus difficiles avec cette installation qu'avec une installation microphotographique ordinaire; les poses sont courtes, deux minutes par exemple pour un grossissement de 2,400 diamètres. A la lumière ultrà-violette, un grand nombre de préparations organiques fraîches ou fixées accusent des différences de transparence considérables et se comportent absolument comme des objets différemment colorés, quoiqu'en lumière blanche elles restent incolores; sur les organes vivants ou en service, la lumière ultrà-violette exerce une action physiologique souvent très prononcée.

Comme source de lumière, on se sert d'une série continue d'étincelles électriques jaillissant entre des électrodes de cadmium (ou quelquefois de magnésium). Le courant des étincelles est alimenté par une bouteille de Leyde qu'on charge le plus commodément au moyen d'une bobine d'induction fournissant des étincelles d'environ 10 centimètres; c'est la lumière émise par les vapeurs de cadmium X z= 275 ou de magnésium X = 280, qui

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