‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 139 sur 158 · APPAREILS SPÉCIAUX · texte numérisé non relu

APPAREILS SPÉCIAUX

est décomposée au moyen d'un appareil d'éclairage analogue à un spectroscope; les prismes et les lentilles sont en cristal de roche; les radiations utilisées sont espacées des autres par un diaphragme iris qui forme la pupille d'incidence d'un condensateur en cristal de roche. Celui-ci remplace le condensateur ordinaire en verre et projette un cône de lumière, de plus ou moins grande ouverlure, sur la préparation.

1987. Appareils simplifiés. — H. Vogel et plus tard le Dr Fayel 1 ont indiqué depuis longtemps que l'on peut photographier à l'aide d'un microscope réglé pour la vision normale. L'image ainsi mise au point se forme à l'infini; les faisceaux lumineux émergents de l'oculaire sont formés de rayons parallèles, constituant des cylindres de très petit diamètre dont l'intersection par le plan de la plaque sensible (réglée pour un objet à l'infini) est sensiblement assimilable à un point. C'est le procédé qu'ont récemment recommandé MM. Belliéni et Thomas2. Ils disposent au-dessus d'un microscope réglé pour l'observation directe une jumelle photographique réglée sur l'infini; s'il ne s'agit pas d'objets dont la structure soit particulièrement délicate, ce qui est la généralité des cas, les images sont très satisfaisantes, et il est incontestable que ce procédé offre une très grande facilité d'application. Dans le procédé du IK Fayel, on plaçait l'appareil photographique au-dessus du microscope mis au point et l'on faisait ensuite la mise au point pour la plaque sensible en modifiant la distance entre l'objectif photographique et cette plaque, Dans l'un comme dans l'autre cas, l'objectif employé doit être fort bien corrigé des aberrations sphériques et chromatiques.

1988. Appareils spéciaux. — Lea deux types principaux d'appareils utilisés en micrographie sont les appareils horizontaux et les appareils verticaux. Les premiers permettent d'utiliser des chambres noires à très long tirage et offrent alors de grands avantages, surtout au point de vue de la Stabilité, condition primordiale de toute reproduction micrographique. Les appareils verticaux sont d'un emploi généralement plus commode3; c'est en particulier Le procédé vraiment pratique pour photographier les pièces anatomiques d'une certaine dimension * immergées dans l'eau ou dans d'autres liquides; dans ces conditions, le tirage du soufflet de la chambre noire est généralement assez faible.

M. Nachet a établi une chambre noire5 de microphotographie pour plaques 18 X 2'i et qui permet d'opérer le microscope étant disposé horizontalement ou verticalement; dans les deux cas, la chambre se meut horizontalement. La chambre noire est de format carré et permet de placer la plaque soit en largeur, soit en hauteur; elle se déplace sur un double chariot portant une règle divisée ; un index correspondant au plan vertical de la glace dépolie permet de connaître la longueur du tirage et par conséquent d'évaluer la valeur du grossissement pour un objet déterminé.

t. Bulletin de la Société française de photographie, 1877, p. 10. — 2. Ibid. 190o, p 174. - 3. Photographi/, n° 705, p. 346; British Journal of Photography, 1902, p. 9&7. 4. Joum. Appl. Mikr., V, p 1782, 1701. - r>. Bulletin de la Société française de photographie, 1002, p. 334,

La stabilité du microscope dépend de la forme du pied. Powel et Lealand ont adopté le support en forme de trépied très large, permettant un maniement facile des appareils de la sous-platine, aussi bien dans la position horizontale que dans la position verticale. Cette partie de l'appareil est souvent désignée sous le nom à'English base, par opposition à un autre type de base très employée et ressemblant plus ou moins à un fer à cheval ; on désigne ce type sous le nom de continental base. La stabilité est peutêtre moins grande dans ce type que dans le premier : en revanche il se place très facilement sur les tables portant les bancs optiques et peut être solidement fixé sur ces tables grâce à l'emploi d'étriei^s spéciaux. Lorsque le microscope est uniquement destiné à la photomicrographie et que l'on opère avec un appareil horizontal, il y a intérêt à employer le dispositif construit par Swift sur les indications de M. Pringle et qui rappelle celui adopté dans les petits instruments méridiens. Le tube optique est supporté par deux piliers en forme de V, ce qui donne à l'ensemble une grande stabilité, surtout si l'appareil est bien équilibré; Baker a été l'un des premiers à construire cet appareil (A, p. 340).

Le tirage des grandes chambres noires peut varier de 25 centimètres jusqu'à 2 mètres. Le soufflet delà chambre noire doit toujours être soutenu par un cadre en bois ou des supports qui annulent l'effort exercé par le poids du soufflet sur le cadre arrière portant la surface sensible.

Le modèle établi par Beck peut être placé verticalement ou horizontalement; le tirage est de 75 centimètres.

Dans les appareils verticaux le poids du soufflet peut amener l'obliquité du plan de la plaque sensible par rapport à Taxe de l'objectif auquel il doit rester perpendiculaire; cet inconvénient n'est pas à craindre avec l'appareil de van Heurck (A, p. 339), même dans le cas de forts grossissements. Pour les faibles grossissements on utilisera la petite chambre microphotographique toute en bois et à tirage fixe établie par Krauss. Cette chambre est légère, de faibles dimensions; elle est munie d'un verre dépoli au centre duquel est collé un couvre-objet portant une croix tracée au diamant; elle est montée sur un pied poli et nickelé qui lui assure une grande stabilité et permet de lui donner toutes les positions à l'aide d'un bras articulé ; les châssis doubles sont établis pour deux épreuves; ils sont munis de plaques de 5x5 centimètres. Sous le nom de Pochet-Photo-Micro Caméra Watson et Sons ont construit une chambre noire du même genre qui est assez légère pour être placée directement sur le tube à tirage du microscope; à l'intérieur de la chambre se trouve un obturateur à volet qui permet de faire l'exposition lorsque l'on a démasqué la plaque. Cet appareil est d'un emploi très commode; les plaques employées mesurent 54x41 millimètres; l'image obtenue est du format 46x34 millimètres Cet appareil s'installe très rapidement sur le microscope utilisé pour une observation courante et ne nécessite l'emploi d'aucun dispositif spécial; il en est de même de l'appareil construit par Swift : il comprend un cône en aluminium de 19 centimètres de hauteur, dont la grande base porte un adapteur destiné à recevoir les châssis à plaque et à verre dépoli. Le microscope étant placé verticalement, on fixe cette petite chambre noire au tube de tirage portant l'oculaire; elle est maintenue en place à l'aide d'un collier à vis de serrage.

t'HOCÉDÉS OPÉHATOIHËS.

Leitz construit, pour être utilisé avec les objectifs microscopiques et les instruments photographiques de distance focale assez courte (donnant des grossissements de 1 à 3 diamètres), un appareil vertical du format 13x18; on utilise fréquemment avec cet appareil un objectif de 64 millim. de distance focale qui donne des images très nettes d'objets de 50 millim. de côté. Un autre dispositif établi par ce constructeur permet d'utiliser pour la photomicrographie L'appareil de projection d'Edinger1 par l'addition de la chambre photographique de Wieser.

Dans l'appareil imaginé par M. Moifat, la chambre d'une grande légèreté, est constitué par un cadre contenant les châssis auquel est fixé un tronc de cône en étoile noire remplaçant le soufflet usuel. Le cadre portechàssis est fixé à une tige constituée par une branche de pied photographique en aluminium ; à ce pied est fixé par un collier le cadre portant les châssis; le tronc de pyramide en étoffe opaque est fixé au tube oculaire par un simple caoutchouc2. Cet appareil est d'un maniement très simple et d'un poids des plus minimes. 11 en est de môme de l'appareil de Gordon construit par Beck.

Les photomicrographies stéréoscopiques peuvent être obtenues par l'emploi des instruments spéciaux construits par Zeiss, ou bien simplement par l'emploi d'un diaphragme qui recouvre la moitié de la surface de l'objectif, comme l'a indiqué depuis longtemps Moitessier. M. W. P. Dollmann a Signalé de nouveau les nombreux avantages que présente ce procédé qui permet d'elî'ectuer le tirage de l'épreuve positive sans transposer les négatifs 3. 11 recommande pour l'emploi de ce procédé l'objectif à portraits de Dallmeyerde deux pouces de foyer (format médaillon) diaphragmé à /"/5,6, l'unar de 112 millim. de foyer et l'anastigmat de Gœrz de 150 millim. de foyer, ces derniers diaphragmes à Ouand on utilise un objectif non symétrique L'instrument doit être renversé dans sa monture (sauf dans les cas d'objets reproduits à dimensions égales). Comme le tirage de la chambre noire est extrêmement long, on ajoute à l'avant de l'appareil, entre l'objectif et Le soufflet, un Cône de papier opaque. Les objets de grande dimension sont éclairés à l'aide de condensateurs simples dont les distances focales varient de 108 à 316 millimètres; pour les petits objets on utilise un condensateur achromatique d'ouverture numérique égale à l'unité.

Leitz* a établi une chambre noire pour inicrostéréoscopie; par son emploi on peut obtenir les résultats que fournissent les appareils du même genre, et en particulier ceux que produit l'appareil de Duncan 5.

1989. Procédés opératoires. — En photomicrographie, on utilise presque toujours les plaques orthochromatiques et un écran coloré. La couleur que doit présenter l'écran est extrêmement importante : c'est en très grande partie de la couleur de cet écran que dépend la vigueur de l'image. M. Moffat 6 a indique un procédé très pratique pour déterminer la couleur que doit avoir l'écran avec une préparation de couleur donnée. On place sur La platine de microscope un cristal de chlorate de potasse ou de salycine

. I, ZeiUchrift fût vois*. Mikr., 1891, VIII, p. 179. - 2. Journ. Micr Soc, 1906, p gg a Ibid L906 pp. 257, 605. — 4. Zeits. f. Instrumentenkunde» 1904, voi. 34, pl 0L - 5. Journ. R. Micr. Soc., n« 148, p. 300. - 6. Ibid., avril 1906, p. 220.

et on l'examine en lumière polarisée; en faisant tourner le prisme on arrive à trouver la couleur identique à celle que présente la préparation à photographier; on tourne ensuite le prisme de 90°, la couleur complémentaire apparaît : c'est exactement la couleur que doit avoir l'écran coloré pour donner le maximum de vigueur à l'image, pourvu que l'on utilise les plaques orthochromatiques convenant à la couleur de la préparation. On prépare d'ailleurs très facilement un écran utilisable en microphotographie en débromurant une plaque au gélatino-bromure par immersion dans un bain d'hyposulfite. Quand le bromure d'argent a été dissous on lave la couche de gélatine pour éliminer l'hyposulfite, et on la teint à l'aide d'une solution aqueuse de matière colorante. Les préparations sont colorées d'après la technique adoptée en microscopie. Quand on opère avec de forts grossissements, K. Kruis recommande l'emploi des couleurs d'alizarine et les plaques Perorto comme donnant de bons résultats 1.

L'éclairage de la préparation constitue l'opération la plus délicate de la micrographie. Lorsque l'objet est bien éclairé, sa reproduction photographique est relativement facile. Les sources d'éclairage auxquelles on a recours sont : l'éclairage à l'aide d'une lampe à pétrole ou d'une lampe à acétylène, qui permettent la mise au point facile de la source lumineuse. Sous ce rapport les éclairages par incandescence (bec Auer et analogues) sont moins pratiques; l'éclairage oxhydrique, obtenu en projetant le dard du chalumeau sur une pastille de magnésie ou de zircone, donne une lumière remarquablement fixe, fixité que l'on n'obtient pas toujours par l'utilisation de l'arc électrique, employé d'ailleurs très souvent. Les sources d'éclairage sont placées à l'extrémité du banc optique portant les condensateurs, diaphragmes iris, cuves refroidissant* s. écrans colorés, etc. L'intensité de la source lumineuse présente une grande importance sous le rapport de la durée de la pose et de la visibilité de certains détails. Toutes les fois que cela est possible, il convient d'utiliser la lumière solaire.

Lorsque l'on dispose d'une canalisation électrique, l'emploi de la lampe de Nernst est avantageux 2. Leitz et plusieurs autres constructeurs ont établi des lampes électriques à l'usage de la microphotographie 3.

Quand on utilise la lumière solaire on peut la réfléchir sur le condensateur à l'aide d'un porte-lumière si la pose ne doit durer que quelques secondes; mais il est presque toujours indispensable d'employer un héliostat. L'un des plus répandus est celui de Prasmowski, construit par Nachet. Il existe d'aillours un grand nombre de modèles de ces appareils : celui de Gray 4, celui du Dr Stoney (de chez Watson) *, quoique de construction un peu plus compliquée que celle du modèle de Prasmowski, sont cependant d'un emploi pratique.

La détermination du temps de pose présente une très réelle importance en photomicrographie : il est indispensable, lorsque l'on commence une série de travaux, de faire diverses poses sur des fractions d'une même plaque : on ne peut songer à faire des poses a échelles, étant donnée la difficulté de conserver la mise au point; il vaut mieux, pour ces poses

1. Eder, Jarbuch fur Photographie, 1904, p. 15. — 2. Ibid., 1906, p. 96. — 3. Zeitschrift fur Wissen. Mikr., XVIII, p. 412. — 4. Deutscher Mekaniher Zeitung, 1904, p. 104. — 5. Journ. R. Micr. Soc, 1903, p. 92.

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