PROCÉDÉS OPÉRATOIRES
successives, utiliser les vis micrométriques de la platine et déplacer la préparation dans le sens convenable. On préserve, à l'aide d'un carton noir percé d'une ouverture, les portions de plaque qui ont été exposées et celles que l'on va exposer. Cet essai qui, au premier abord, parait compliqué, permet d'économiser beaucoup de temps et de plaques; avec an peu d'habitude on choisit immédiatement la durée la plus convenable du temps de pose. La nature de la préparation, son épaisseur, sa couleur, la façon dont elle est montée, l'intensité de l'écran sont autant de facteurs qui interviennent et dont il est fort difficile de tenir compte, surtout lorsqu'on ne fait pas de microphotographie d'une façon continue.
L'emploi des plaques anti-halo est à recommander pour conserver à L'image ses parties les plus déliées. On peut vérifier l'importance qu'il y a à utiliser cet enduit en ocrant seulement la moitié d'une plaque : la partie ocrée présente un fond plus vigoureux et une image plus nette que celle de la partie correspondant à la surface qui n'a pas reçu d'enduit.
Si l'objectif employé est à grande ouverture, et qu'il s'agisse de reproduire des objets de structure très délicate, on utilisera un condensateur dont l'ouverture numérique sera comprise entre le tiers et les cinq huitièmes de celle du condensateur. Autant que possible le condensateur sera achromatique, ou même apochromatique. Bien que l'utilité de tels instruments soit encore contestée, nous n'hésitons pas à en recommander fortement l'emploi ; quelques essais exécutés avec soin démontreront la supériorité de ces accessoires utilisés en place des condensateurs achromatiques.
Dans bien des cas, lorsqu'il s'agit de photographier des objets de dimensions un peu grandes, on se sert, pour l'éclairage, d'objectifs photographiques de court foyer (entre 5 et 12 centimètres) ; ils doivent être bien corrigés de l'aberration sphérique suivant Taxe et de l'aberration chromatique; les meilleurs pour cet usage sont les objectifs à portraits du type Petzwal; les aplanats sont d'un moins bon usage. Les nouveaux anastigmats de très grande ouverture f/& à f/ï ne sont pas toujours assez bien corrigés de L'aberration sphérique pour être utilisés comme condensateurs. On interposera entre La source lumineuse et l'objectif photographique un diaphragme iris qui limitera le cône lumineux projeté sur la préparation : on fait à l'aide de l'objectif photographique la mise au point de la source lumineuse soit sur la préparation, soit sur la lentille frontale de l'objectif s'il s'agit de très faibles grossissements, puis à l'aide du diaphragme iris, on limite le faisceau éclairant jusqu'au moment OÙ les bords de la plaque utilisée seraient obscurs; on ne doit pas réduire l'ouverture du diaphragme audessous de cette limite, l'image diminuant de netteté quand le diaphragme est trop petit.
Le procédé indiqué par Maddox pour utiliser la lumière solaire permet de se passer d'héliostat ou de porte-lumière; en avant du condensateur on dispose une tablette en porcelaine fine, dépolie et d'une grande blancheur; au moyen d'une lentille de fort diamètre, on projette les rayons solaires sur cette surface blanche en donnant au cercle éclairé un diamètre de 3 à 4 centimètres, afin que le mouvement apparent du soleil n'occasionne pas d'inégalités d'éclairage', comme cela arriverait avec un disque lumineux plus réduit. Ce procédé d'éclairage indirect est d'un réglage très facile.
1990. Applications diverses. — L'étude des propriétés des métaux et des alliages utilise de plus en plus la photographie pour enregistrer la structure que présentent les surfaces des métaux polis ou après leur attaque par des réactifs divers. Il est peu d'applications qui aient pris un tel essor en aussi peu de temps et bien des usines métallurgiques ne sauraient se passer de l'essai photographique qui permet d'enregistrer d'une façon continue et durable les diverses phases de la fabrication. La photomicrographie permet, en effet, de dévoiler la structure des métaux1. Le matériel nécessaire pour polir et préparer les échantillons est simple 2 : les objectifs, môme de pouvoir moyen, doivent être réglés par l'opticien pour l'observation sans couvre-objet ; l'éclairage électrique, qui existe d'ailleurs dans toutes les usines, est de beaucoup le plus pratique ; les lampes utilisent un courant de 20-30 ampères à 45 volts. La stéréomicrographie des échantillons peut s'obtenir facilement avec cet éclairage.
La métallographie est constamment mise à contribution par l'ingénieur8 et permet de préciser les descriptions les plus compliquées : l'étude de tous les métaux4, de leurs alliages5, celle du fer et celle des nombreux aciers6 modernes ont intérêt à employer la photomicrographie.
L'analyse chimique exécutée à l'aide du microscope permet de reconnaître facilement certains mélanges : les préparations obtenues sont photographiées et les épreuves sont plus faciles à conserver que les préparations. La formation des cristaux, leur accroissement enregistrés par la photomicrographie peuvent servir d'objets d'étude7.
Les sciences naturelles font un emploi de plus en plus fréquent de la photographie; les procédés qui permettent de photographier en lumière ultra-violette 8 accroissent dans une très large mesure le champ d'investigation du microscope ; malheureusement le prix des appareils nécessaires est élevé, ce qui constitue souvent un obstacle à l'application de cet ingénieux procédé; il en est de même pour la photographie des objets ultra-microscojriques9 que l'on peut appliquer à l'étude des solutions et à celle de bactéries invisibles par l'emploi des microscopes les plus puissants utilisés avant la découverte, par Siedentopf et Zsigmondy, de cet ingénieux moyen d'investigation.
Le tirage des microphotographies peut être fait en couleur, soit par les procédés de la chromotypographie, soit plus simplement par les procédés de trichromie indiqués par MM. Lumière : c'est le meilleur moyen que l'on puisse employer pour projeter les photomicrographies d'objets observés en lumière polarisée, ou de préparations teintes : dans ces derniers cas, si l'image ne présente que deux teintes, le repérage est particulièrement facile. Les images d'une seule teinte sont imprimées par procédé au charbon ou mieux par hydrotypie.
1. Nature, 1904, p. 187. — 2. British journal of Photography, n° 2262. — 3. Metallographist, vol. V, pp. 257, 285. — 4. Photography, n° 720, p. 593; Journal Appt. Micr., V, p. 1920. — 5. Revue de métallurgie, '1906, pp. 243, 432, 365 (résumé). — 6. Journ. of the R. Micr. soc., n° 146, p. 1. — 7. Revue des sciences photographiques, août 1905, p. 136. — 8. Zeits. f. wies. Mikr., t. XIX, p. 417; t. XXI, pp. 129 et 273. — 9. Ann. der Physik, 4e série, X, p. 1; Journ. R. Micr. soc, 1903, 573; Revue générale des sciences, p. 1184.