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PRÉPARATION DES ÉCRANS

qu'on cimente les écrans. Cette opération se fait dès que la gélatine est bien sèche; on l'effectue de la manière suivante : on passe le blaireau sur la couche de gélatine. Sur l'une de ces couches, on laisse tomber, au centre, une quantité largement mesurée d'une solution épaisse de baume du Canada dissous dans le chloroforme : c'est la solution employée en micrographie. On met également une goutte de baume au centre de la seconde couche de gélatine supportée par une autre glace; on place aussi une goutte de baume dans chacun des angles des deux plaques. On retourne alors brusquement la glace portant le moins de baume et l'on amène doucement les couches de baume du Canada en contact; on laisse tomber le second verre sur le premier aussi doucement que possible. Quand l'opération est bien faite, il n'y a pas de bulles d'air interposé et les gélatines n'adhèrent nulle part, accident qui arrive parfois avec les solutions contenant trop de glycérine. On enlève l'excédent de baume; on met sous presse entre deux glaces épaisses. Le baume s'épaissit en quelques jours : on enlève le baume qui a débordé sous l'influence de la pression. On nettoie au chloroforme et on borde l'écran avec du papier noir, comme s'il s'agissait de border une diapositive.

Les écrans ainsi préparés ne doivent pas être inutilement exposés à la lumière; ils se conservent bien, malgré la présence de la glycérine.

L'interposition des écrans sur le trajet des rayons lumineux déforme quelquefois l'image, et on attribue cette déformation au collage par le baume du Canada; en réalité, c'est la contraction de la gélatine qui produit les courbures du verre, courbures tout à lait comparables à celles que l'on constate dans l'emploi des pellicules. Les écrans constituent alors des lentilles perturbatrices qui nuisent considérablement à la netteté fournie par l'objectif, dont ils changent, d'ailleurs, la distance focale. Si l'on veut éviter l'emploi de la glycérine, on peut couler la solution de gélatine colorée sur des pinces dont l'envers porte déjà une émulsion sèche de gélatine : il se produit ainsi deux contractions agissant en sens inverse. Quand l'écran est achevé, après collage au baume du Canada, on peut enlever les couches extérieures.

On peut aussi fixer la glace à un bloc très résistant, empêchant les contractions. Dans ce but, on prépare une solution de gélatine à 4 %, contenant parties égales d'eau et de glycérine. D'autre part, on prépare des glaces très épaisses et de dimensions légèrement inférieures à celle de l'écran. Quand la gélatine colorée a complètement fait

prise sur les glaces minces, on laisse tomber sur les glaces épaisses quelques centimètres cubes de solution de gélatine à 50 % de glycérine : cette solution doit être chauffée au point nécessaire pour amener la fusion, mais pas au delà. On dépose alors sur la glace épaisse la glace mince portant la gélatine colorée. Les deux glaces sont ainsi soudées par une colle à point de fusion peu élevé. On séparera les glaces épaisses d'avec l'écran lorsque le baume du Canada sera durci : il suffit pour cela de chauffer légèrement. Entre temps, la glace mince sera à l'abri des déformations provenant de la gélatine ou du collage au baume. .

1818. Proportion de matière colorante par unité de surface. — Les quantités de matières colorantes pures sont indiquées en grammes et par centimètre carré de surface recouverte de solution colorée, pour les écrans secs; en centimètres cubes pour 1 centimètre d'épaisseur, pour les écrans liquides.

On obtient un écran à compensation, de teinte légère, en employant une solution saturée d'esculine et un cinquante-millième de tartrazine (1/50.000); avec la plupart des bonnes plaques orthochromatiques du commerce, l'augmentation de la durée du temps de pose est de 4 à 6 fois.

Pour le paysage, lorsque le sujet comporte des verdures claires, on emploie la solution saturée d'esculine, un trente-millième de tartrazine (1/30.000) et un cent-millième de cyclamine (1/100.000); le coefficient de pose varie de 15 à 25.

Si la plaque orthochromatique est préparée à l'aide de la pinachrome, on utilisera un écran à compensation contenant de l'esculine, un trente-cinq-millième de tartrazine (1/35.000); le coefficient de pose est 6 à 8.

On obtient aussi de bons écrans à contrastes par l'emploi du picrate de calcium. L'écran léger contient un cinquante-millième de picrate de calcium (1/50.000); le coefficient de pose varie de 2 à 5. S'il s'agit de paysages avec des lointains très clairs, on préparera l'écran avec moitié moins de picrate, soit un vingt-cinq-millième (1/25,000); pour des lointains moyennement brillants, on emploiera un écran contenant un dix-millième (1/10.000) de picrate de calcium; si les lointains sont brumeux, on augmentera la dose de picrate de calcium jusqu'à un millième (1/1.000). Le coefficient de pose sera de 8 à 12.

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