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fier l'écart entre les lentilles, ce que l'on doit rigoureusement éviter quand on utilise de bons objectifs.
L'écran sur glace ordinaire non travaillée, placé devant la plaque sensible et à son voisinage immédiat, n'est utilisé qu'en photographie trichrome, et seulement dans les petits formats par raison d'économie. Il convient de placer l'écran à l'avant de l'objectif avec les
Fig. 78.
petits appareils à main pour le travail au dehors ; dans ce cas, l'écran sera protégé par un parasoleil, car si sa surface n'est pas dans un état de parfaite propreté il y a toujours diffusion de la lumière solaire et, par suite, voile général ou halo par lumière diffusée. Dans les ateliers ou au dehors avec les appareils de grandes dimensions, on utilise pour maintenir l'écran en place les boîtes à écran que l'on place derrière la planchette porte-objectif. Cette position permet de diminuer dans une faible mesure la courbure de champ donnée par l'objectif.
1816. Matières colorantes employées. — Pour la préparation des écrans jaunes, les substances organiques présentant à l'état de solution diluée d'un gramme pour dix litres d'eau une teinte jaune pur ou jaune verdâtre sont celles qui conviennent le mieux. Il y a lieu de rejeter certaines substances anciennement conseillées, telles que le chromate de potassium, le jaune primuline, la benzoflavine n° 2, le jaune acridine T, l'auramine, le jaune de Martius, le jaune de naphtol S. Les couleurs qui conviennent le mieux sont l'acide picrique, certains picrates et en particulier celui de calcium, la tartrazine, la cyclaminepure; enfin, pour les radiations ultra-violettes, il convient d'employer l'esculine de Merck.
L'acide picrique convient pour la préparation d'écrans à contrastes et d'écrans légers. On ne peut pas dépasser la concentration de un milligramme par centimètre carré, parce que l'acide picrique en dis-
l'RKRA RATION DES ÉCRANS.
solution concentrée précipite la gélatine. H en est de même des picrates : ces derniers sont, en général, plus colorés que l'acide dont ils dérivent ; celui de calcium est le plus intéressant à cause de sa grande solubilité. Une solution saturée à la température ordinaire contient 10 pour cent de picrate. On la prépare à l'aide d'acide picrique et de carbonate de calcium; le picrate est jaune quand il est humide, devient orangé quand il est presque sec et reprend brusquement la teinte jaune quand il est complètement sec et que son poids reste constant.
La tartrazine de Meister, Lucius et Rrûning a été recommandée par Miethe et semble être la meilleure matière pour les écrans à compensation ; mais elle est assez transparente aux rayons ultra-violets au-dessous de azz '>)(ï2; on doit l'additionner d'une matière absorbant les rayons ultra-violets.
La cyclamine pure de Gillet, Monnier et Cartier possède une coloration rouge violacée avec une bande d'absorption très nette vers \ — ô60; elle peut donc convenir à la préparation d'écrans pour plaques orthochromatiques lorsqu'une action exagérée des rayons vertjaune est à craindre.
Toutes ces matières colorantes sont à fonction acide et peuvent par conséquent être mélangées.
Uesculine de Merck est un excellent absorbant des rayons ultraviolets; mais sa solubilité dans l'eau est très faible. Pour la préparation d'écrans secs dans la composition desquels entre ce produit, on remédie au manque de solubilité en employant au lieu d'eau distillée une solution saturée à froid d'esculine.
1817. Préparation des écrans. — Les données relatives à la préparation des écrans ont été fournies par H. Vogel, par Miethe1 et par Konig-, par Eder; Callier1 a précisé le mode d'emploi delà glycérine dans les écrans. 11 n'a été ajouté rien de pratique à la technique formulée par ces auteurs dont les indications précises ont été bien des fois reproduites.
La matière la plus utilisée pour servir de véhicule à la couleur est la gélatine : les glaces bien nettoyées à l'eau et à l'alcool sont recouvertes de dissolution de gélatine colorée; cette opération se fait à l'abri de toute poussière.
1. Zeitschrift fin- Reproductions tecknick, novembre 1901. — ~>. Die Farbenphutoyraphie. — 'à. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1806, p. 188.
iÈ2 TRAITE ENCYCLOPÉDIQUE DE PHOTOGRAPHIE.
On prépare la dissolution de gélatine en faisant gonfler dans l'eau distillée 8 grammes de gélatine blanche extra de Winterthur. Après une heure d'immersion, on exprime le plus d'eau possible, la gélatine est placée dans un ballon jaugé à 100 c. c. On ajoute à l'aide d'une pipette graduée les solutions de matières colorantes et 3 c. c. de glycérine pure; on mélange le tout, on fait dissoudre à chaud à 50° G. au maximum; on complète le volume à 100 c. c. avec de l'eau distillée tiède, on mélange et on filtre sur un bon papier placé dans un entonnoir à filtration chaude ; on a le soin de mouiller au préalable ce papier, et de verser la solution dans un ballon placé dans l'eau tiède en laissant écouler le liquide contre la paroi du ballon pour éviter les bulles ; on chauffe les ustensiles qui serviront à étendre la gélatine.
On place sur un trépied à vis calantes une glace épaisse qui fera l'office de table, que l'on amène au moyen d'un niveau d'eau à être rigoureusement horizontale; cette glace doit être froide.
La glace destinée à être recouverte de gélatine est chauffée à 40°, placée sur un carton que l'on tient de la main gauche, tandis qu'on y laisse tomber sans bulles, au moyen d'une pipette chaude, 7 c. c. de solution de gélatine par chaque 100 c. c. de surface (glace de 10 X 10 centimètres) ; on incline la glace de divers côtés, de façon que la solution de gélatine la couvre en entier en aussi peu de temps que possible, mais sans dépasser nullement le bord. Au besoin, on étendra la gélatine avec l'extrémité de la pipette; on incline alors la surface portant la couche, de façon à régulariser autant que possible l'épaisseur, puis on fait glisser la plaque de carton sur la glace, disposée horizontalement à l'aide de vis calantes. On recouvre aussitôt d'un cristallisoir ou d'une cloche, pour éviter le dépôt de poussières pendant que la gélatine fait prise.
La pipette est soigneusement lavée et séchée; on passe à une autre glace.
Quand on a ainsi coulé un certain nombre d'écrans, on les met en une fois (pour éviter la poussière) dans un grand exsicateur à vide contenant des étagères pour recevoir les écrans. On fait le vide après avoir placé à la partie supérieure de la cloche, et non dans le bas, un vase desséchant à acide sulfurique; les glaces sèchent en quelques heures. Si quelque défaut a été constaté après l'étendage, il est inutile de soumettre la glace à la dessication.
Quand les écrans sont secs, on les examine et on rejette ceux qui présentent des stries accentuées ; les stries faibles disparaissent lors-