PIEDS DE CHAMBRES NOIRES
timètres, emboîtées d'équerre et solidement reliées l'une à l'autre par deux arcs-boutants. L'une des faces de l'équerre se fixe sur un pied quelconque; elle porte, à cet effet, un écrou au pas du Congrès ; l'autre face, perpendiculaire à la première, reçoit la chambre noire ordinaire; elle est munie, dans ce but, d'une vis de pied. Cette équerre peut être fixée sur la table d'un
Fig. 135.
pied d'atelier, table que l'on a préalablement rendue horizontale, on peut alors photographier, l'axe de l'objectif étant vertical, les petites pièces anatomiques qu'il est presque impossible ,1e disposer devant une chambre horizontale. On place sous l'objectif un tabouret :'i vis qui reçoit les objets à reproduire. L'expérience nous a montré que. pour éviter les ombres portées trop fortes sur le fond, il est bon de disposer les objets sur une glace sans tain, placée horizontalement et à une assez grande distance d'une feuille de papier, formant le fond de couleur appropriée aux objets à reproduire.
1833. Viseurs; iconomètres. — Dans la plupart des viseurs usuels, la ligne de visée et l'axe de l'objectif sont dirigés parallèlement : on suppose que leur écartement est négligeable par rapport à la distance du modèle; il n'en est plus ainsi quand on photographie des objets rapprochés. Le viseur Sigriste, celui de Benoist-Krauss (G, p. 172) permettent d'éviter ces inconvénients.
Le viseur à balancier de M. Mackenstein 1 permet d'assurer l'aplomb de l'appareil sans le secours des viseurs, que Ton ne peut, du reste, contrôler lorsque l'on vise à hauteur de l'œil. Un balancier à contrepoids en forme de T oscille sur l'axe même du viseur; en faisant coïncider le T avec les lignes horizontales et verticales du viseur, l'aplomb est assuré. Ce même viseur permet d'opérer en tenant l'appareil à hauteur de la poitrine grâce à l'emploi d'un miroir.
Pour éviter certains des inconvénients que présentent les viseurs ordinaires, MM. Clément et Gilmer ont établi un viseur géant donnant une image de 40 sur 50 millimètres, non pas sur un verre dépoli, mais sur une lentille placée horizontalement, de telle sorte que cette image est très brillante; l'objectif qui la fournit a 30 millimètres d'ouverture et est très lumineux.
M. Belliéni a pu réduire à son minimum l'ancien iconomètre et établir un petit appareil qu'un anneau placé sur le côté permet de porter suspendu au cou par un cordon de montre. Le champ est permanent, et si le constructeur a laissé un léger tirage au coulant de l'oculaire, c'est uniquement dans le but de permettre une mise au point pour les différents yeux2.
1834. Photomètres. — M. Degen a établi sous le nom de Photomètre normal un petit instrument de poche, d'une longueur totale de 11 centimè-
tres, donnant immédiatement, par l'observation d'un sujet à photographier, le temps de pose normal, depuis les instantanés les plus rapides jusqu'aux poses les plus longues.
Ce photomètre (fig. 136) se compose principalement d'une pièce tubulaire à section carrée dans laquelle se meuvent deux coulisses où sont logés deux prismes en verre violet, d'angle égal et montés en sens inverse. Le mouvement des coulisses entraîne deux curseurs qui parcourent des échelles graduées tracées sur l'instrument. L'une de ces graduations se rapporte à l'ouverture de diaphragme de l'objectif employé et l'autre comporte les temps de pose. L'examen du sujet à photographier se fait à travers deux œilletons ouverts en regard l'un de l'autre et entre lesquels se déplacent les prismes.
1. Bulletin du Photo-Club de Paris, 1902, p. 74. — 2, Bulletin de la Société française de photographie, 1905, p. 59.
Fig. 136.
EXPOSOMÈTRES.
Les deux graduations correspondent l'une au diaphragme l'autre au temps de pose : suivant que l'on connaîtra l'une de ces données, on amènera l'index correspondant à sa place et l'on glissera ensuite l'autre prisme jusqu'à extinction du sujet visé ; on lira alors sur l'autre échelle le nombre cherché.
L'icono-exposomèlre de Busch est constitué par un tube semblable à celui d'une jumelle de théâtre et muni d'un disque percé de six fenêtres à verres colorés de différentes nuances. Il porte à sa périphérie, du côté de l'oculaire, l'indication du temps de pose allèrent à chacune de ces nuances pour un objectif d'ouverture relative F/8. On fait tourner le disque et on s'arrête à la nuance qui permet de voir distinctement les détails les plus importants, même dans les parties les plus sombres. Le chilfre inscrit sur le disque, et qui se trouve alors devant la raie blanche tracée sur la tranche de l'oculaire, indique le temps de pose pour une plaque rapide et pour un objectif à ouverture relative de F/8. Lorsque le paysage contient des lointains bien éclairés, on règle la durée de pose sur ces lointains et on posera par défaut, de façon à éviter l'excès de pose.
Le clironophote de MM. Iloudry et Durand se compose d'un simple disque en cuivre adapté à la monture de l'objectif; sur ce disque sont gravées des indications (nature du sujet à photographier, etc.) qui, lorsqu'on les rapporte à dos repères tracés sur un manchon tonnant la bague du diaphragme-iris ordinaire, donne immédiatement la valeur du temps de pose selon l'état du ciel, l'époque de l'année et l'heure de la journée1.
L 'appréciateur Elyé permet de déterminer avec précision la durée de pose pour le tirage des épreuves au gélatino-bromure. Il se compose d'un carton comparateur de teintes et d'une règle graduée llcxible imprimée sur une tresse sur laquelle coulissent le porte-bougie et le porte-châssis. Le compararateur porte sept opacités graduées, numérotées û, 10, 20, 40, 80, JGO, o20, que l'on compare facilement aux teintes les plus opaques du négatif à imprimer; pour cela il suffit d'appliquer sur le négatif un des trous placés à droite du carton : en examinant par transparence, on se rend compte très facilement de La valeur de La teinte examinée et on peut l'assimiler à une des sept opacités types OU la classer entre deux. D'après cette opacité, on fixe la position du porte-bougie sur la tresse. Une graduation tracée à l'autre extrémité do l'échelle permet de tenir compte de la température du révélateur. Pour déterminer une fois pour toutes le temps de pose avec le papier employé, on fait un essai eu démasquant successivement les portions du papier sensible maintenues cachées par un carton tenu à La main ; il suffit de diviser Le négatif en quatre bandes ayant posé par exemple une demi minute, une, deux, quatre minutes. Pour l'essai du révélateur, on découpera le papier exposé en quatre bandes qui seront retirées du révélateur au bout «le une. deux, trois, quatre minutes. Quand on utilise des papiers lents, on remplace La bougie par une lampe à pétrole2. Le même appareil permet L'impression des diapositives à tons noirs et des plaques diapositives à tons chauds en employant la lumière du magnésium dont on brûle un ruban d'environ deux centimètres de long. Cet apprécia-
1. Bulletin de la Société française de photographie, 19U3, p. 394. — 2. Ibid., 1903, p. 30b.
teur Elgé donne un moyen sûr et commode de déterminer le temps de pose aussi bien avec la plaque positive qu'avec le papier au gélatino-bromure.
1835. Appareils redresseurs. — M. Pasqueau a fait établir par la maison Gilles un appareil pour redresser les négatifs à verticales convergentes. L'appareil est constitué par une chambre à trois corps, chaque corps possédant une bascule. Les bascules sont montées sur des tourillons d'une forme spéciale qui assure la précision des mouvements de rotation autour des axes théoriques passant par les surfaces de la plaque et celles du négatif. Le châssis qui porte le négatif et son disque tournant sont disposés dans un cadre entièrement semblable à celui du châssis porte-plaque : ces deux châssis sont interchangeables. L'appareil peut servir pour les agrandissements en plaçant le châssis porte-plaque à l'arrière et le châssis porte-négatif à l'avant; il peut aussi servir pour les reproductions et tirage des diapositives.
La manœuvre de l'appareil est des plus simples ; il suffit, en effet : 1° de disposer la ligne d'horizon du négatif parallèlement aux axes des bascules avec le disque tournant; 2° de placer les bascules verticalement et de mettre au point en utilisant la tige à vernier qui accompagne l'appareil ou par tout autre procédé ; 3° de fixer le curseur sur la division correspondant au rapport choisi et de serrer les bagues du tube télescopique; 4« d'incliner ensuite la bascule arrière avec Taxe denté jusqu'à ce que les lignes verticales du sujet, qui convergent sur le négatif, viennent reprendre leur verticalité sur la glace dépolie de l'appareil; 5° de basculer le support de l'appareil si l'on opère à la lumière du jour, ou de rapprocher la lanterne à condensateur si l'on emploie la lumière artificielle.
Cet amplificateur redresse toutes les déformations dues à la pente de l'axe optique et au devers de l'appareil qui a produit ce négatif. Il maintient automatiquement et rigoureusement la mise au point sur toute la surface de l'épreuve à obtenir1.
Cet appareil, comme tous les appareils similaires bien construits2, (G. 1604), permet aussi, tout en rétablissant le parallélisme des verticales, d'obtenir des images exagérées en hauteur ou en largeur. On peut aussi, comme l'a montré M. Max Jaffé3, passer d'une image correcte à une image déformée, exagérée dans un sens ou dans l'autre. On peut, par exemple, accroître de 30 pour 100 la hauteur d'un carré en lui conservant la même largeur; pour cela, on exécute en premier lieu un trapèze présentant une majoration de 15 pour 100 sur sa hauteur, puis de ce trapèze on passe au rectangle définitif : ces opérations permettent de raccorder diverses vues prises d'une même station et présentant des lignes communes à deux épreuves successives.
M. Olive 4 a discuté les solutions du problème qui a pour but d'obtenir un agrandissement correct en se servant d'un négatif â perspective anormale.
1. Bulletin de la Société française de photographie, nov. 1903. — 2. Voyez British journal of Photography, 1892, pp. 550, 566; Caméra Oscura, 1900, pp. 678, 875; Bulletin de la Société française de Photographie, 1899, p. 55. — 3. Phot. Correspondes, 1905, passim. — 4. Revue des sciences photographiques, 1905, pp. 361, 365.