ÉCLAIRAGE DU LABORATOIRE
Soit G le grossissement (rapport .l'une dimension linéaire homologue du négatif et de l'épreuve agrandie, mesurées toutes deux sur l'axe de rotation de leurs châssis respectifs, F le foyer d'agrandissement, f celui de la chambre noire qui a été utilisée pour obtenir le négatif; on doit avoir :
M. Th. Scheimpflug * a décrit un procédé et un appareil permettant de transformer de fa<;on méthodique les images planes, photographiquement ou optiquement, à l'aide de lentilles ou de miroirs sphériques.
Ces procédés de déformation systématiques, comme l'a montré M. Max Jalfé, permettent de modifier au gré de l'opérateur la position du point de fuite d'une perspective que l'on peut de façon très analogue déplacer vers la droite ou vers la gauche, suivant l'effet à obtenir. On peut, en particulier, utiliser ce déplacement latéral du point de fuite à l'assemblage de vues prises d'un même point par pivotement de l'appareil pour la constitution d'une vue panoramique correct.'. Cet assemblage est souvent impossible quand on use des procédés usuels : le procédé de redressement appliqué aux vues extrêmes (dans le cas de trois vues par exemple) permet d'obtenir des images susceptibles d'être exactement raccordées.
1836. Eclairage du laboratoire. M. Planchon1 a modifié la lampe de sûreté des mineurs pour lui faire donner une lumière antiphotogénique. A la place de verres incolores, 088 lampes sont munies de verres rouge rubis; elles sont enveloppées d'une double toile métallique dont l'etlicacité est certaine aussi bien contre le grisou que contre l'inflammation des vapeurs d'éther. L'emploi de cette lampe est très pratique dans les laboratoires où l'on manipule les émulsions au collodion et des substances volatiles et Inflammables comme l'étlier, l'acètonc, etc.
Le Falot de M. Decoudun est une lampe à pétrole qui donne un éclairage inactinique très suffisant pour le laboratoire : une disposition très simple permet d'employer cette lampe pour L'impression des diapositives : c'est un des meilleurs appareils que l'on puisse utiliser dans les laboratoires qui ne disposent ni du gaz ni de l'électricité.
M. Dilleman a établi sous le nom de Multiphane une lanterne pouvant être utilisée avec tous les modes d'éclairage et dans laquelle l'arrivée de l'air se t'ait de haut en bas : on obtient ainsi une très bonne aération de la flamme et l'on évite toute infiltration de lumière3.
La lampe à pétrole dégage souvent une odeur désagréable : il suffit de mélanger une partie d'acétate d'amyle et quatre de pétrole pour augmenter l'éclat de la lumière et affaiblir l'odeur désagréable du pétrole.
M. Belliéni a étudié les divers modes d'éclairage employés dans les laboratoires et a constaté que dans la pratique on pouvait utiliser de grandes lanternes, munies de larges surfaces éclairantes, pourvu que cette lumière n'agisse pas directement sur la plaque. Comme la lumière indirecte n'a
1. Revue des sciences photographiques, octobre 1905, brevet français 339, 655. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1903, p. 18G. —3. Photo-Gazette, 1904, p. 1 13.
pas d'action sur les préparations même les plus sensibles, toutes les lanternes peuvent être largement éclairées sur les côtés et, quand c'est possible, sur l'arrière J. Les plaques Lumière, étiquette bleue, peuvent se développer sans aucune précaution à la lumière jaune constituée par une feuille de papier à l'anactinochrine emprisonnée entre un verre blanc et un verre dépoli jaune. Quant aux plaques S Lumière, elles sont très sensibles à la lumière rouge et peu sensibles à la lumière jaune : il faut éviter l'action directe de la lumière rouge pour leur développement. Les plaques orthochromatiques, très sensibles au rouge et au jaune, sont celles qui demandent le plus de précautions pour l'éclairage du laboratoire. On peut les développer sans danger de voile avec une feuille de papier à l'anactinochrine et une feuille de gélatine rouge clair entre un verre blanc et un verre jaune dépoli. La lumière indirecte jaune, même très claire, a peu d'effet sur les plaques orthochromatiques, mais a un effet marqué sur les plaques S.
Les verres du commerce n'ont pas toujours une efficacité suffisante. On obtient des verres très supérieurs à la vitre rouge en opérant de la façon suivante : on passe dans l'hyposulfite de soude deux plaques au gélatinobromure non développées; lorsqu'elles sont complètement transparentes, on les lave et on les fait sécher complètement. On plonge la première dans une solution de 3 grammes de violet de méthyle ordinaire dans un litre d'eau ; la seconde est baignée dans une solution de 6 grammes de tartrazine pour un litre d'eau. On laisse ces plaques dans leur bain de teinture respectifs préalablement bien déposés jusqu'à ce qu'elles soient saturées de colorant; on les rince superficiellement et on les fait sécher. L'ensemble des deux plaques superposées, gélatine contre gélatine, laisse seulement passer le rouge extrême au voisinage de la raie A. La plaque jaune peut être employée seule pour les manipulations du collodium humide; on obtient une lumière éclatante qui ne voile pas les plaques.
Le Dr Castellani a indiqué un mode de préparation d'un papier inactinique jaune pour manipulations usuelles, analogue aux papiers de cette nature que l'on trouve dans le commerce. Du papier à dessin, type Ganson, est plongé pendant cinq minutes dans un mélange de 5 grammes d'auramine Agfa, 100 c. c. de solution alcoolique à un demi pour mille de safranine et un litre d'alcool à 95°. Pour opérer en solution aqueuse, il convient d'opérer avec un liquide très chaud contenant 5 grammes d'auramine, 10 c. c. d'acide acétique, 100 c. c. de solution de safranine à un demi pour mille et un litre d'eau.
M. Calmels a préparé et mis dans le commerce une série d'écrans vendus sous la marque « Invicta ». Ces écrans, utilisés avec l'excellente lanterne du même constructeur, donnent la plus grande somme de lumière compatible avec la sécurité nécessaire. La fabrique de pellicules de gélatine, à Hanau, livre des écrans du même genre 2.
Le Dr Miethe a donné plusieurs formules pour la préparation des écrans destinés à l'éclairage des laboratoires : ces écrans sont fabriqués industriellement et vendus à bas prix. On peut préparer un bon écran pouvant servir à l'éclairage du laboratoire pendant le développement de plaques sensibili-
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1905, p. 63. — 2. Bulletin de V Association belge de photographie, 1904, p. 358.