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ÉCLAIRAGE ARTIFICIEL

On évite du même coup l'interposition d'une épaisseur de verre entre le négatif et l'épreuve, interposition qui peut donner un flou exagéré, surtout s'il s'agit d'épreuves de paysage. Ce tour de main permet d'éviter le repérage du négatif, car dans le châssis primitif on était conduit à déplacer et replacer plusieurs fois le négatif, le positif et le papier sensible pour surveiller la venue de l'image.

Il existe, d'ailleurs, un assez grand nombre de châssis-presse permettant de suivre la venue de l'épreuve exaetement repérée : ces châssis, qui servaient autrefois au tirage des épreuves au collodio-chlorure d'argent ou des diapositives par noircissement direct, étaient connus sous le nom de châssis à pompe.

1841. Eclairage artificiel. — L'emploi des poudre-éclair se généralise de plus en plus, et ou a proposé un très grand nombre de formules pour la préparation et d'appareils pour l'inflammation des poudre-éclair. M. Bayer, MM. Lumière utilisent d«'s mélanges d'oxydes métalliques. La Société Lumière a breveté l'emploi, comme comburant, des chromâtes des métaux existant à deux degrés d'oxydation, ainsi que des oxydes sous forme d'extrême division des mêmes métaux, lesdits oxydes étant fournis par la calcination des nitrates correspondants L Ces poudres ne donnent qu'une faible quantité de fumée.

On doit proscrire remploi des poudres contenant des sels de baryte; les

fumées dégagées par la combustion de minimes quantités de ces poudres sont toxiques. Les sels de cuivre, contenus dans certains mélanges de poudre-eclair et répandus dans l'air par un emploi répété, se déposent, sous forme d'acétates verts ou de carbonates, sur tous les objets environnants, qui, après un certain temps, peuvent être recouverts de vert-de-gris2.

Le mélange de magnésium et d'aluminium en poudre produit une flamme très brillante, surtout à cause de la température très .'levée due à la formation d'alumine. Pour réaliser la combustion de ces métaux, on place, dans une petite cuvette ou un creuset de terre poreuse, de 2 à 5 grammes de poudre pure de magnésium; on ajoute un peu d'eau, de façon à produire une pâle assez, humide; on la recouvre d'une petite quantité de poudre sèche de magnésium et l'on enflamme à l'aide d'une mèche trempée dans l'alcool. La flamme est très brillante, et la magnésie produite se présente sous la forme de longs tils.

La paie aluminium et eau se prépare de la même façon. On l'étcnd dans un creuset assez grand, on la recouvre de la poudre sèche de magnésium et on enflamme à l'aide d'une mèche trempée dans de l'alcool. On obtient une flamme très vive, plus brillante que celle produite par le magnésium; la quantité de fumée dégagée est assez faible.

Pour L'inflammation de la poudre-éclair, M. Alexandre utilise une pile sèche qui t'ait rougir un lil de platine : ce dernier enflamme une mèche de fulmicoton de 3 à 4 centimètres de long. On n'a donc pas à craindre l'altération du lîl de platine par la déflagration de la poudre-éclair3.

il Photo-Gazette, 190ô, p. 103. — 8, Bulletin de VAssociation belge de photographie, 1905. p. 303. — 3. Photo-Gazette, 1004, p. 08.

Le dispositif employé par M. Richard est simple : à l'extrémité d'un porte-bougie à ressort comme celui des lanternes de voitures, il fixe une petite cuillère pouvant contenir environ 1 gramme de poudre-éclair ; cette petite cuillère est maintenue horizontalement par une gâchette et un ressort tend à la redresser brusquement quand on le déclenche : la poudre, projetée sur la flamme de la bougie, brûle instantanément. Dans l'appareil de M. Alexandre, la flamme d'une lampe est amenée, par un ressort, au contact d'un papier qu'elle enflamme et qui provoque l'éclair; dans d'autres appareils, une poire en caoutchouc projette le dard d'un chalumeau sur la poudre, qui prend feu instantanément.

La Société Krebs a repris la fabrication des feux de Bengale employés au début de la photographie1 et livre des produits donnant des flammes diversement colorées. On a aussi modifié la lampe électrique à mercure de Way et proposé l'emploi des lampes de Gooper Hewitt, dont le fonctionnement rappelle, dans une certaine mesure, celui des tubes de Geissier; mais l'emploi de ces lampes est coûteux, car pour obtenir avec les lampes au mercure le même résultat fourni en 2 minutes par les lampes à arc en vase clos, on doit prolonger la pose pendant 7 minutes, soit trois fois et demi de plus.

L'emploi simultané de la lumière artificielle et de la lumière du jour permet d'obtenir des effets assez particuliers. M. Newton Gibson2 a obtenu ainsi des épreuves intéressantes dans lesquelles sont représentées les bougies, lampes, etc., qui semblent constituer la source de lumière éclairant le sujet. Le modèle à photographier est placé dans une chambre ordinaire, à 3 ou 4 mètres d'une fenêtre. La source lumineuse réelle (constituée par la combustion d'un fil de magnésium) doit être exactement à la place où se trouve la source lumineuse apparente. Dans ce but, on utilise une planchette de bois mince d'environ 0m75 de long sur 0m05 de large; Tune de ses faces est recouverte de velours noir, à l'autre est attaché le ruban de magnésium. Cet appareil est suspendu à un long manche tenu par un aide. Quand le sujet est posé, la mise au point faite, la bougie allumée et tous les accessoires convenablement disposés, l'aide qui tient le manche de l'écran mobile met celui-ci en position au-dessus de la bougie, côté velours tourné vers l'objet, et l'abaisse de façon à cacher la flamme; on éclaire en allumant le magnésium, et à ce moment précis l'obturateur est déclenché. L'éclairage dure environ une seconde; quand il est terminé, on relève l'écran mobile pour permettre à la flamme de la bougie d'impressionner la plaque, ce qui demande moins d'une seconde; on peut alors refermer l'obturateur. Sur l'épreuve, on ne constatera pas trace de l'écran de velours noir derrière lequel le magnésium a été brûlé pourvu que le fond sur lequel.se projette cet écran mobile de velours noir ait été choisi aussi sombre que possible. Le ruban de magnésium doit être maintenu dans une position horizontale,, formant ainsi un angle droit avec le corps de l'écran ; à cet effet, on place, à 2 centimètres environ du bas de la planchette, un petit crochet permettant de fixer le ruban dans cette position. D'autre part,

1. Voyez Van Monckhoven, Traité général de photographie, 1865, p. 275, et Bulletin de la Société française de photographie, 1905, p. 362. — 2. Photo-Gazette, 25 décembre 1904.

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