‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 71 sur 158 · L.-P. Clerc, l'Année photographique, 1905, p · texte numérisé non relu

L.-P. Clerc, l'Année photographique, 1905, p

ÉMULSION ORTHOCHROMATIQUE. 197

ajoute une partie d'ammoniaque. Le sensibilisateur ainsi préparé s'emploie à la dose de 5 c. c. par 100 c. c. d'émulsion : le mélange se conserve pendant plusieurs jours. On étend l'émulsion sur glace, on lave sous un jet d'eau quand elle a fait prise, on expose à l'état humide. Le temps de pose est à peine supérieur à la moitié de celui qu'exige habituellement le collodion humide.

Le pinachrome, Yhomocol, le pinaverdol {paratoluquinaUUnequinoléincnicthylcyanine) sont d'excellents sensibilisateurs pour le vert, le jaune, l'orangé et même le rouge; le pinachrome donne une assez bonne sensibilisation panchromatique. Les modes opératoires sont les mômes pour ces trois colorants que l'on peut utiliser, soit par incorporation préalable à l'émulsion, soit par mouillage de la couche d'émulsion avec une solution diluée du colorant.

On prépare d'abord des solutions de réserve contenant 1 gramme de matière colorante pour un litre d'alcool à 90°; on conserve ces dissolutions dans l'obscurité.

L'incorporation à l'émulsion s'effectue en ajoutant 2CC5 de solution de réserve à 100 c. c. d'émulsion; on ajoute de 5 à 10 gouttes d'ammoniaque. Si l'on dépasse cette dose de colorant, on peut avoir des couches moutonnées par suite de l'excès d'alcool ; de plus, l'excès de colorant forme écran et diminue la sensibilité : les plaques sont fréquemment voilées. Le procédé par incorporation préalable donne des couches moins pures, moins régulières que celles obtenues par mouillage après étendage: de plus, l'émulsion orthochromatisée se conserve très mal en tlacon.

Lorsque l'on veut opérer par mouillage, on mélange de 10 à 12 c. c. de solution de réserve à 3 c. c. d'ammoniaque et l'on ajoute une quantité d'alcool à 90° suflisante pour faire 100 c. c. La couche bien lavée est recouverte de la solution colorante, que l'on maintient pendant deux ou trois minutes à la surface de la plaque que l'on balance doucement; quand toute la couche est uniformément imbibée de liquide, ce que l'on reconnaît à la disparition des stries, on lave abondamment la couche sous un jet d'eau jusqu'à disparition de toutes les traînées huileuses qui apparaissent au début du rinçage. La plaque, égouttée, est mise en châssis, exposée à la lumière et développée sans qu'il soit nécessaire de lui faire subir un nouveau rinçage. On utilise 10 c. c. de solution ammoniacale de colorant pour une plaque 18 x 24, et environ 25 c. c. pour une plaque de 30 x 40 centimètres.

Les émulsions ainsi traitées sont très sensibles aux couleurs. Pour éviter tout risque de voile provenant des manipulations, il faut prendre de grandes précautions pour l'éclairage. Si l'on ne peut opérer dans l'obscurité complète, on utilisera les écrans spéciaux d'éclairage n'admettant que le rouge extrême au delà de la longueur d'onde 670, et comme source de lumière on emploiera soit le bec Bengel, soit le pétrole, soit la lampe à incandescence, à l'exclusion du bec Auer et de la lumière du jour.

On peut préparer des plaques pouvant être utilisées à sec et qui se conservent en bon état pendant quelques jours. A 100 c. c. d'émulsion, on ajoute 5 c. c. de solution alcoolique de violet d'éthyle. Lorsque la couche a fait prise, on l'immerge sans rinçage préalable dans un bain de 3 grammes de nitrate d'argent, 1 litre d'eau et 4 c. c. d'acide acétique cristallisable. Les plaques séjournent dans ce bain jusqu'à disparition des trainées huileuses, on les laisse sécher et on expose à la lumière. Avant de développer, on ramollit la couche par l'emploi d'un mélange de moitié eau et moitié alcool; on lave ensuite à l'eau distillée jusqu'à disparition des stries et on peut alors plonger la plaque dans le révélateur. Ces plaques peuvent être employées sans écran jaunes; elles montrent une grande sensibilité pour le rouge et l'orangé.

Le pinaverdol sensibilise surtout pour le vert. Le mélange d'une émulsion au pinaverdol et d'une émulsion au pinachrome donne une nouvelle émulsion ayant les qualités propres à chacune d'elles et ne manifestant pas de tendance au voile ; cependant la sensibilité aux couleurs autres que le bleu semble diminuer avec la durée de conservation.

1849. Développement. — Le révélateur au glycin fournit de très bons négatifs. On prépare tout d'abord une dissolution concentrée en dissolvant dans environ 250 c. c. d'eau chaude 50 grammes de sulfite de soude cristallisé, 20 grammes de glycin et 100 grammes de carbonate de potasse; on amène au volume total de 600 c. c. et on conserve en flacons bien bouchés cette solution de réserve.

Le développateur est préparé avec 25 c. c. de la solution de réserve et 75 c. c. d'eau; on ne doit pas ajouter de bromure, car l'addition de bromures alcalins et surtout de bromures de potassium a une tendance à provoquer un voile d'autant plus accentué que la couche d'émulsion est plus épaisse.

FIXAGE.

L'opération doit être menée très rapidement et ne pas excéder huit à dix secondes; l'image ne gagne pas en intensité par la prolongation du développement, mais elle perd rapidement en clarté pour se voiler complètement. Le rôle du développateur est de donner le modelé, comme dans le cas du collodion humide : le renforçateur donne de l'intensité, intensité qui est nécessaire pour le tirage. Aussitôt que le modelé est obtenu, on rince sommairement l'image sous un filet d'eau et on la fixe. L'action du carbonate de potasse tend à soulever la couche de collodion qui, avec certains pyroxites, se déchire; cet insuccès ne se présente pas en employant la celloïdine Schering pour la confection de l'émulsion.

Les plaques préparées à l'aide de l'émulsion Albert peuvent être développées par l'hydroquinone. Tschorner1 a recommandé l'emploi de deux dissolutions : la première contient 100 grammes de sulfite de soude cristallisé, 26 grammes d'hydroquinone et une quantité d'eau suffisante pour faire un litre; la seconde renferme 100 grammes de carbonate de potasse et une quantité d'eau suffisante pour faire un litre. On mélange une partie de la première et deux de la seconde, on ajoute cinq gouttes de solution aqueuse à 10 p. 100 de bromure de potassium pour chaque 100 c. c. de révélateur préparé. Ce bain révèle rapidement. S'il s'agit de négatifs destinés à la trichromie, il vaut mieux diluer ce mélange de quinze à dix-huit volumes d'eau; le bain développe alors lentement et donne des images limpides avec la plupart des émulsions.

Le bain d'hydroquinone et formol est souvent employé avec avantages pour la production de négatifs présentant de grandes oppositions des noirs aux blancs. On le prépare en mélangeant avec environ 800 c. c. d'eau V) grammes d'hydroquinone, 150 grammes de sulfite de soude anhydre et 20 grammes de formol commercial à 40 p. 100; on ajoute après dissolution une quantité d'eau suffisante pour faire un litre de liquide. Ce révélateur agit très rapidement, et il convient en général de le diluer de six à huit volumes d'eau.

1850. Fixage. — Le fixage du négatif s'efïeetue à l'aide d'une dissolution d'hyposultite de soude dont La concentration peut varier de 10 à 20 p. 100. Le cyanure de potassium ronge les demi-teintes; il provoque d'ailleurs fréquemment les soulèvements et la rupture de la couche. Lorsque l'image est fixée, on La lave pour éliminer complètement l'hyposulfite de sodium"; dans ce but, on lave pendant une minute sous un filet d'eau, on laisse égoutter pendant cinq minutes et on recommence deux fois ce traitement. La plaque peul alors être soumise à l'action du renforçateur; l'opération s'effectue exactement comme s'il s'agissait d'une plaque préparée au collodion humide.

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