‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 76 sur 158 · PLAQUES AUTO-DÉ VELOPPATRICES · texte numérisé non relu

PLAQUES AUTO-DÉ VELOPPATRICES

obstance particulièrement précieuse pour composer l'un des écrans analyseurs de la photographie trichrome. Comme sensibilisateur, on utilise un bain au 40, 1000e avec 2«/o d'ammoniaque; avec une durée d'exposition suffisante, les plaques ainsi traitées accusent une sensibilité régulière s'étendant de B à H. Une addition de deux à trois gouttes de nitrate d'argent au 40e augmente la sensibilité des plaques pour cette même région.

M. Monpillard1 a recommandé l'immersion successive des plaques dans les divers colorants qui communiquent la sensibilité aux couleurs; on peut combiner ainsi les etï'ets d'un très grand nombre de matières colorantes qui :ie peuvent être employées simultanément dans le même bain. On utilisera un bain contenant 90 c. c. d'eau, 2 c. c. d'ammoniaque et 10 c. c. d'une solution au millième de tétraiodotluorescéine ; après lavage d'une minute, on plonge la plaque pendant deux minutes dans un autre bain renfermant 100 c. c. d'eau et 4 c. c. de solution au 500e d'acridine rouge; on lave de nouveau et on sèche. Les plaques ainsi trempées ont une sensibilité très grande et parfaitement uniforme depuis le jaune orangé jusqu'à l'ultraviolet. On peut aussi plonger dans le bain d'acridine une plaque dont l'émulsion aura été teinte à la rhodamine avant l'étendage.

1857. Plaques auto développatrices. ( ta désigne ainsi les plaques renfermant en elles-mêmes les éléments essentiels du révélateur. Il y a fort longtemps que; l'on ;i essayé la préparation de plaques de cotte nature2; tout d'abord, on avait placé le* substances révélatrices au dos de la plaque, puis l'on a ajouté de l'acide pyrogallique, de l'hydroquinone et du bisulfite de sodium à l'émulsion. Le I >' lîeiss * opère par trempage de la plaque dans une solution contenant 100 c. c. d'eau distillée, 1 gr. d'hydroquinone et ■ 10cc.de sullite d'acétone de haver; l'immersion est prolongée pendant deux minutes et le séchage B6 fait dans l'obseurité. La sensibilité de la plaque est diminuée de moitié, mais l'image est très line, ce qui est précieux pour les reproductions. Le développement se fait «lans une solution de carbonate de potassium dissous dans L'eau à La dose de 'à à 4 «, «. En réduisant la quantité d'acétone sultité, on obtient une plaque plus sensible, mais ne donnant pas d'images aussi fines que colles obtenues par l'emploi du premier procédé. M. Bayer a fait breveter un procédé qui consiste à plonger la plaque dans un bain contenant 100 c. c. dVau. 10 gr. d'édinol et 100 gr. d'acétone sultité; après séchage dans l'obscurité et exposition à la chambre noire4, les plaques sont révélées dans une solution de carbonate de potassium à 25 Vo. Plus tard, la Société Bayer a repris une idée mise en pratique autrefois et qui consiste à appliquer au dos du support de la plaque une couche soluble renfermant les produits nécessaires au développement. On dissout 0*1 de gélatine,-? gr. d'amidol el L3 gr. de sulfite de soude dans 15 c c. d'eau, puis on ajoute 0«2 d'éosine ; cette substance joue le rôle d'anti-halo : l'immersion de la plaque ainsi enduite dans l'eau pure suffit pour produire le développement.

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1893, p. 243. — 2. Voyez Aide-mémoirt de photographie pour 1883, p. 60. - 3. Revue suisse de photographie, 1902. — 4. Brevet français n° 34002, 20 mai 1901.

§ 2. — Révélateurs.

1858. Propriétés des révélateurs. — MM. Lumière et Seyewetz ont montré que les alcalis ou leurs succédanés jouent dans le développement un rôle beaucoup plus complexe que celui qu'on leur attribue d'habitude. On ne saurait admettre, en effet, qu'un corps dont le but est uniquement de saturer la faible quantité d'acide bromhydrique qui prend naissance par suite de réduction de bromure d'argent ne puisse être remplacé équimoléculairement par divers saturateurs d'acide bromhydrique. De même, on ne conçoit pas que les révélateurs exigent pour produire le même effet réducteur des quantités extrêmement variables des divers alcalis et de leurs succédanés. Ces différences s'appliquent même à deux isomères comme l'hydroquinone et la pyrocatéchine, ce que les hypothèses les plus récentes n'expliquent pas mieux

M. le commandant Houdaille 2 a étudié l'influence de la température et du temps de pose sur la nature de l'image ; il a vérifié les conclusions d'Eder et constaté que le révélateur qui paraît le plus sensible à l'action de la température est celui qui contient de l'hydroquinone. A 0°, cette substance n'agit presque pas, tandis que si la température dépasse 25°, il est fort difficile d'éviter la production d'images voilées. L'acide pyrogallique, la pyrocatéchine sont moins sensibles à l'influence de la température que les autres révélateurs.

Le pouvoir réducteur d'un révélateur affecte surtout la densité de l'image développée. L'énergie du développateur influe principalement sur la rapidité du développement. L'énergie d'un révélateur alcalin dépend essentiellement de la quantité d'alcali dissous. Si l'on augmente progressivement la proportion d'alcali dans le révélateur, on constate au début un accroissement très net dans la rapidité du développement ; cette rapidité acquiert bientôt une valeur maxima qu'elle ne peut dépasser. En diluant un révélateur alcalin, la durée du développement s'allonge et se trouve réglée dans chaque cas par l'alcalinité de la dissolution.

L'addition de substances telles que le bromure de potassium, la glycérine, les glucoses, combinées avec les variations de température, constitue un excellent moyen de faire varier la durée du développement sans modifier la nature du bain révélateur.

La grosseur du grain d'argent réduit qui constitue l'image a une grande importance. MM. Lumière frères et Seyewetz ont constaté que pour obtenir des images à grain fin en utilisant les divers révélateurs du commerce, il paraît indispensable de réaliser deux conditions : 1» développer lentement, soit en ajoutant dans le révélateur des substances retardant la venue de l'image, soit en diluant convenablement la dissolution ; 2° introduire dans le révélateur un dissolvant du bromure d'argent. On prépare ce dissolvant par l'emploi du chlorure d'ammonium dissous à la dose de 15 à 20 grammes par 100 c. c. de révélateur. On ne doit pas l'employer en trop grande

1. Bulletin de la Société française de photographie, décembre 1905. — 2. Ibid., 1903, p. 256.

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