‹ Traite encyclopedique de photographie (volume 3)Chapitre 77 sur 158 · PROPRIÉTÉS DES RÉVÉLATEURS · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DES RÉVÉLATEURS

quantité afin do no pas dissoudre le bromure d'argent avant que l'image soit développée. Abney avait d'ailleurs constaté que le grain d'une plaque surexposée est plus fin que celui d'un négatif exposé normalement.

MAI. Lumière frères et Seyewetz sont arrivés à des conclusions assez importantes au point de vue pratique :

1° La grosseur du grain d'argent réduit par les révélateurs à composition normale utilisés dans la pratique est sensiblement constante ;

2° La température des révélateurs, leur concentration, la durée de leur action ne paraissent pas avoir d'influence sur la grosseur du grain de l'argent réduit ;

3° L'excès d'alcali ou do bromure alcalin semble provoquer un accrois- Bement très faible de la grosseur du grain ;

4° La surexposition parait être un des facteurs de la diminution de grossour du grain d'argent réduit sous l'influence du révélateur;

.> Deux substances révélatrices non utilisées dans la pratique, la paraphénylène diamine et Portoamidophénol, employés en présence do sulfite de soude seul, donnent de l'argent réduit d'une couleur comparable à celle obtenue dans los émulsions au collodion et dont lo grain est beaucoup plus tin que celui fourni par les autres substances révélatrices;

6° La couleur de l'argenl réduit semble être on relation avec la grosseur du grain, le grain le plus tin correspondant à une couleur gris violacé analogue à celle que présente l'argenl réduit dans les émulsions au collodion.

On peut obtenir avec un même révélateur des différences très grandes dans les gradations .In négatif. lTn révélateur dilué procure facilement un négatif doux d'un suj. t heurté. Si le bain est bromure et contient peu d'alcali, il donne des contrastes plus marqués que si l'on employait un révélateur normal; c'est donc le bain que l'on doit employer pour les sujets qui manquent de contrastes ou qui sont surexposés.

Un révélateur chargé en alcali donnera des ombres plus détaillées et plus vigoureuses pour la même densité des grandes lumières. L'augmentation de l'alcali et la dilution simultanée du bain produiront des ombres beaucoup mieux détaillées et mieux venues, et des grandes lumières plus légères que si l'on avait utilisé an bain concentré. Une plaque placée dans un bain faible supportera sans voile une plus grande quantité d'alcali que si elle était placée (huis un bain concentré.

MAL Lumière frères et Seyewetz ont étudié la constitution des substances réductrices susceptibles de développer l'image latente sans addition d'alcali. En présence du subite alcalin, il faut que la substance renferme une seule fonction développatrice dont un des groupes soit un amidogène; celui-ci peut être substitué ou non. pourvu que la substitution ne détruise pas le caractère basique de l'amidogène; il faut, en outre, que la substance soit suffisamment soluble dans Le sulfite alcalin. Si la substance ne renferme qu'une fois la fonction développatrice ou bien si elle renferme deux fois cette fonction, mais sans groupe amidogène, la propriété de révéler sans alcali est trop faible pour être utilisée pratiquement.

Le pouvoir réducteur se trouve considérablement renforcé dans le cas où il y a deux fois la fonction développatrice, si celle-ci renferme deux groupes amidogènes ; le révélateur peut alors être utilisé pratiquement sans alcali.

Le pouvoir réducteur se trouve également augmenté, quoique plus faiblement que dans le cas précédent, si la ou les fonctions basiques du révélateur sont salifiées par les oxhydriles d'un composé phénolique possédant lui-même des propriétés développatrices ; le révélateur est alors utilisable pratiquement sans addition d'alcali.

La salification des fonctions basiques d'un révélateur par les oxhydriles d'un composé phénolique ne possédant pas de propriétés développatrices, ou bien la salification des oxhydriles d'un révélateur à fonction phénolique par une aminé aromatique ne renfermant "pas de fonction révélatrice ne fournissent dans aucun cas des composés pouvant développer pratiquement sans addition d'alcali.

Les divers corps employés comme révélateurs ont des coefficients de solubilité dans l'eau extrêmement différents. M. Ch. Gravier1 a déterminé la solubilité de ces corps : 1° dans l'eau à 15° G ; 2° dans l'eau à 45° G ; 3° dans une solution de sulfite de soude cristallisé à 10 °/o d'eau et à la température de 15° G. Il a obtenu les chiffres suivants :

DANS 100 c. c. DE DISSOLVANT.

Température : 15° c. 45» c. Sulfite à 10 pour cent.

Adurol

100 gr

plus de 100 gr.

65 gr,

33 gr.

Glycine

traces.

Hydroquinone

Iconogène

Ortol

Métol

Pyrogallol

plus de 100 gr.

Chlorhydrate de paramidophénol.

Certains réactifs permettent d'identifier rapidement les divers révélateurs. Le Dr Grœs a indiqué les réactions suivantes :

L'acide pyrogallique prend une teinte rouge sombre en présence de l'acide nitrique, bleu tournant au bran sous l'action du chlorure ferrique ; le sulfate ferreux ne produit aucune réaction; le ferricyanure de potassium donne une teinte rouge foncé.

L'hydroquinone donne une coloration rouge foncé tournant au jaune avec l'acide nitrique; avec le chlorure ferrique, une teinte brun sombre s'affaiblissant graduellement; coloration jaune clair avec le sulfate de fer; pas de réaction avec le ferricyanure de potassium.

Le métol donne avec l'acide nitrique une coloration rouge sombre tournant peu à peu au jaune clair; le chlorure de fer, rouge brun; le sulfate de fer ne donne rien; le ferricyanure de potassium, rouge jaunâtre.

Les solutions d'iconogène se colorent en jaune rougeàtre sous l'influence de l'acide nitrique, en brun rougeâtre par le chlorure ferrique, en rouge

1. Bulletin de la Société française de photographie, 1904, p. 579.

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