L.-P. Clerc, L'Année photographique i906, p
nitrate d'argent libre, on développe avec un révélateur à l'oxalale ferreux. On donne à l'image un ton noir plus prononcé en passant l'épreuve, après développement, dans une dissolution contenant 2 c. c. d'acide chlorhydrique pour 1 litre d'eau, puis dans un bain de 1 c. c. d'ammoniaque pour 1 litre d'eau : l'image obtenue est d'un beau noir.
§ 3. — - Photgrammes aux sels de chrome.
1917. Action des sels de chrome sur la gélatine. — MM. Lumière frères et Seyewetz1 ont étudié l'action des sels de chrome sur la gélatine; ils ont reconnu que la gélatine insolubilisée par la lumière en présence de bichromate de potassium renferme du sesquioxyde de chrome et de la potasse qui forme, avec l'excès de bichromate, un chromate neutre peu sensible à la lumière. Cette gélatine diffère notablement dans sa composition de celle qui est insolubilisée par les sels de sesquioxyde de chrome. L'oxyde de chrome qu'elle renferme paraît formé de deux parties : l'une fixe, comcomparable à l'oxyde qui retient la gélatine dans l'insolubilisation par les sels de sesquionxde de chrome, l'autre variable avec la durée d'exposition et provenant de la réduction à la lumière du bichromate par la matière organique.
La quantité d'oxyde de chrome que renferme la gélatine insolubilisée croît avec la durée d'exposition, mais sans lui être proportionnelle. Cet accroissement devient de plus en plus faible à mesure que la quantité de chromate neutre augmente.
La décomposition du bichromate en excès par les sesquioxydes de chrome avec formation de chromate de chrome comme l'indique Eder, paraît être partielle. En raison de l'instabilité de cette substance, l'analyse ne peut pas donner d'indication précise sur sa composition.
En présence de gélatine, le bichromate d'ammonium paraît beaucoup plus réductible par la lumière que le bichromate de potassium ; tandis que ce dernier ne fournit guère que 10 °/0 de sesquioxyde de chrome en plusieurs semaines d'exposition à la lumière, le bichromate d'ammonium en fournit davantage après une heure seulement d'insolation.
L'alun de chrome forme avec la gélatine un composé résistant à l'eau bouillante, tandis que les autres aluns rendent seulement la gélatine moins soluble. La quantité minima d'alun de chrome permettant à la gélatine de résister à l'action de l'eau bouillante est de 2 grammes pour 100 grammes de gélatine. En raison de sa facile dissociabilité, la gélatine insolubilisée est plutôt un composé d'addition qu'une véritable combinaison.
Un grand nombre de gélatines insolubilisées renferment des oxydes métalliques en quantités notables. Dans le cas particulier du fer, par exemple, la gélatine fixe très peu de sesquioxyde de chrome et beaucoup de sesquioxyde de fer2.
1. La Revue de photographie, 1903, p. 442. — 2. Bulletin de ia Société française de photographie, 1905, pp. 112, 448.