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PAPIER AU CHARBON

1918. Sensibilisation du papier au charbon. — Le papier au charbon peut être sensibilisé très peu de temps avant de l'employer, si l'on utilise une solution sensibilisatrice renfermant une dose assez élevée d'alcool. On prépare deux solutions de réserve : Ai bichromate de potassium, 70 gr.; eau, 1 litre; B) bichromate d'ammonium, 30 gr.; bichromate de potassium. 40 gr.; eau, 1 litre. Ces solutions sont faites dans l'eau chaude; on laisse refroidir. La première convient au tirage des négatifs durs, la seconde au tirage des négatifs légers. On mélange 30 c. c. de A) avec 50 ce. d'alcool à 30°, on agite fortement le mélange avant l'emploi; au besoin, on liltre. Si le papier est destiné à l'impression de négatifs très légers, on mélangera de 5 à 20 c. c. de solution B) à 50 c. c. d'alcool à 90°. La sensibilisation se fait au pinceau en plaçant le papier mixtion né face en dessus sur une planchette ; on fait sécher dans l'obscurité.

Le mélange doit être fait au moment de l'emploi. Au lieu de passer le pinceau à La surface du papier mixtionné, on peut le passer au dos du papier : la couche se laisse alors plus facilement travailler au pinceau lors du dépouillement de l'épreuve; on peut aussi sensibiliser des deux côtés en laissai) t sécher le papier après la première sensibilisation. Ce mode opératoire peut s'appliquer à tons les genres de papier au charbon. On utilise un pinceau plat, ou mieux comme l'a indiqué M. Gravier1, une toull'e de coton placée dans une mousseline lâche.

M. le l)1 Namias, reprenantdes recherches antérieures de MM. Lumière, a montré que les colloïdes sensibilisés au bichromate de potasse se conservent mieux que ceux sensibilisés au bichromate d'ammoniaque, et que la conservation est améliorée par l'addition de citrate de soude ou d'oxalate neutre de potasse2. Les tartrates et les lactates diminuent la durée de conservation des papiers, mais peuvent exalter leur sensibilité.

M. Bennet1 a indiqué plusieurs formules de bain au bichromate de potasse et à l'acide citrique. Tour les négatifs d'intensité moyenne, il sensibilise avec un bain de bichromate de potasse à 3 •/«, auquel il ajoute de l'oxalate de potasse, du carbonate de soude, du citrate neutre de potasse et de l'acide citrique dans la proportion de 1 % (Ul volume du bain; il ramène à l'état neutre le bain ainsi préparé : pour

L Photo-Gazette, 1904, p. U8. — "2. Congrès de chimie appliquée de Berlin, t. IV, i». 898. — 3. La Reçue de photographie, 1904, p. 181.

cela il ajoute goutte à goutte de l'ammoniaque jusqu'à l'apparition de la couleur jaune citron du liquide; il faut employer la plus petite quantité d'ammoniaque qui puisse produire cette coloration. Si la couche de papier mixtionné est très soluble. la quantité d'ammoniaque doit être réduite d'environ un tiers des quantités qui seraient nécessaires. On prend un tiers de la quantité nécessaire de solution titrée de bichromate dépotasse, on l'additionne d'ammoniaque jusqu'à ce que la teinte passe au jaune citron ; on ajoute ensuite les deux autres tiers de solution de bichromate de potasse, sans ajouter d'ammoniaque.

Les formules suivantes donnent de bons résultats avec la plupart des papiers du commerce :

A) Bichromate de potasse, 30 grammes; acide citrique; 7 gr. 05; eau, 1500 c. c; ammoniaque, quantité suffisante;

B) Bichromate de potasse, 30 grammes; acide citrique, 1 à 2 grammes; eau, 1500 c. c; ammoniaque, quantité suffisante : ce bain est destiné à sensibiliser le papier servant à l'impression de négatifs sous-exposés, durs;

C) Bichromate de potasse, 30 grammes; citrate de potasse, 15 grammes; eau, 1500 c. c. ; ammoniaque, quantité suffisante.

M. Kessler1 a recommandé l'emploi d'un bain contenant 20 grammes de bichromate de potasse, 1 litre d'eau, 5 à 10 grammes d'acide citrique et 30 c. c. d'ammoniaque concentrée. Le papier sensibilisé dans cette solution donne de bonnes épreuves, même après une conservation de cinq semaines. On peut laisser écouler entre le tirage et le développement un espace de deux semaines sans que l'excès d'intensité de l'image ou l'insolubilisation de la couche se produise. M. Harry Quilter emploie 10 grammes de bichromate d'ammoniaque, 8 grammes de carbonate de soude, 800 c. c. d'eau et 1600 c. c. d'alcool méthylique ; il sensibilise au pinceau.

Le titre du bain de bichromate a une très grande importance. Les négatifs intenses sont impressionnés avec des bains riches en bichromate (3 à 7 %)• Les négatifs légers sont imprimés à l'ombre sur papiers sensibilisés à l'aide de bains faibles (1 à 8 grammes par litue de bain). Dans ces derniers cas, la durée de l'insolation est fort longue, mais les résultats sont au moins égaux à ceux que fournissent les meilleurs procédés de tirage; le dépouillement doit être fait

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