PAPIERS AUX SELS DE FEU
noire et finalement presque bleue. Si l'image originale est brunâtre, un léger virage lui donne une coloration franchement noire. La difficulté consiste à éliminer l'excès de sel d'or qui imprègne le papier et qui tend à donner une teinte bleue; on y parvient à l'aide d'une solution révélatrice, telle que le métol. On prépare une solution de 1 gramme de chlorure d'or dans 30 C. c. d'eau distillée qu'on additionne de craie; lorsque le bain est décoloré, on filtre et on ajoute une goutte d'acide chlorhydrique : le révélateur contient 1 litre d'eau , •"><) grammes de sulfite de potasse anhydre, 5 grammes de métol et 50 grammes de carbonate de soude. La photocopie au platine, développée, éclaircie et séchée comme d'habitude, est placée pendant deux ou trois minutes dans l'eau; on la dispose sur une surface unie (verre opale) et on éponge l'excès d'eau : on étend sur sa surface de la glycérine, et quand l'image est bien imprégnée de cette substance, on l'ait tomber sur la glycérine quelques gouttes de la solution de chlorure d'or que l'on mélange à la glycérine à l'aide d'un pinceau passé rapidement à la surface de l'image. On peut continuer ce virage tant que les grandes lumières ne se teintent pas; aussitôt qui' ce phénomène se produit, l'épreuve est rapidement et complètement lavée, de façon à enlever l'or et la glycérine ; on imprègne alors les deux faces avec la solution de métol et on termine par un lavage; toutes ers opérations peuvent èhv t'ait-'- ;'i la lumière <lu jour.
1452. Restauration des épreuves au platine. — Quand les épreuves au platine ont été mal préparées, elles peuvent passer à une teinte jaune et même rouge orangé si elles sont exposées longtemps aux rayons diret-ts du soleil. MM. Poulenc ont montré qu'il était possible de restaurer de telles épreuves en employant l'hypocblorite de soude1 en dissolution. On mesure ÔO c. r. de la solution commerciale d'hypochlorite de soude, on verse ce liquide dans un litre d'eau, on plonge dans ce bain la photocopie préalablement lavée : on renouvelle le bain de temps à autre, jusqu'à ce que l'on juge le papier devenu suffisamment blanc; on lave alors avec soin en prenant la précaution d'ajouter à une ou deux des dernières eaux de lavage quelques gouttes d'acide chlorhydrique destiné à détruire L'hypochlorite contenu dans le papier: l'épreuve a repris alors plus ou moins son aspect primitif.
| 2. — Photocopies bt photoqalquks mji sels de fer.
1453. Photocopies aux sels de fer. On peut imprimer des photocopies sur papier à lettres, cartes correspondances , etc. Le papier est préparé à l'aide de deux, solutions : A ) eau, 15 c. c; citrate de fer, 1 gramme; oxalate ferrico- ammoniaque, 1 gramme; B) eau, 10 grammes; ferrieyanure de potassium, 10 grammes. A l'aide d'une éponge line, Le
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1894. p. 555.
papier est imprégné de la première dissolution à la place où on désire imprimer la photographie; quand le papier est sec, on l'expose sous un négatif jusqu'à apparition légère de l'image; on développe au moyen d'un pinceau imbibé de la solution B), on lave à l'eau et on sèche entre des buvards1. S'il y a surexposition, on ajoute à l'eau de lavage quelques gouttes d'ammoniaque. Les épreuves manquant d'éclat peuvent être renforcées, comme l'a rappelé Himly 2, en les immergeant dans une solution à 5 % d'un sel ferrique : le perchlorure de fer convient parfaitement; on lave ensuite et on fait sécher.
On obtient un papier extrêmement sensible à la lumière en le faisant flotter sur la dissolution suivante : eau, 1,000 c. c; citrate de fer ammoniacal, 80 à 100 grammes: nitrate d'argent, 12 à 20 grammes; gélatine, 10 à 15 grammes. Sous l'action de la lumière, il prend une coloration jaune clair qui pendant les lavages passe au brun foncé3.
Les photocopies de teinte bleue peuvent être amenées à une coloration brune 4. L'épreuve bleue, bien lavée et séchée, est plongée dans un bain d'ammoniaque diluée (eau, 900 c. c; ammoniaque, 100 c. c.) jusqu'à ce que l'image soit presque blanche; on lave et on plonge [la photocopie dans un bain de tannin à 2 °/0 jusqu'à ce que le virage soit obtenu, ce qui peut nécessiter douze heures; si après ce temps la couleur n'est pas assez foncée, on ajoute au bain quelques gouttes d'ammoniaque et on abandonne l'épreuve pendant une ou deux minutes ; on lave ensuite abondamment. Si l'on désire une image de teinte noire, on place le papier dans l'eau légèrement acidifiée par l'acide azotique, puis dans un bain de carbonate de soude à 5 %> : l'image prend une teinte orangée. On la met alors dans un bain d'acide gallique à saturation, et finalement dans l'eau légèrement acidifiée; on lave et on sèche.
1454. Diapositives bleues. — Les plaques au gélatino-bromure hors de service peuvent être utilisées de la manière suivante : on fait disparaître le bromure d'argent en plongeant la plaque dans un bain contenant 30 grammes de prussiate rouge de potasse mélangé à un bain renfermant 30 grammes d'hyposulfite de soude pour 500 c. c. d'eau : la couche de gélatine devient transparente en quelques minutes ; on lave complètement et l'on plonge la plaque dans une dissolution de 25 grammes de citrate de fer ammoniacal pour 100 c. c d'eau, on laisse sécher dans le cabinet obscur, et l'on imprime par contact à la lumière du jour jusqu'à ce que les ombres soient devenues brunes; on développe la plaque, sans la laver, avec une solution de ferricyanure de potassium à 25 °/o; quand le développement est terminé, on lave à l'eau jusqu'à ce que les grandes lumières soient devenues complètement claires.
1. Paris-Photographe, 1894, p. 137. — 2. British Journal of Photography, septembre 1892. — 3. Bulletin de la Société française de photographie , 1896, p. 400. — 4. Photo-Gazette, 1896, p. 120.
PROCÉDÉ àRTIGUB.
§ 3. — Photocopies aux sels de chrome.
1454. Procédé Artigue. — L'emploi du papier que l'on trouve dans le commerce sous le nom de papier charbon-velours Artigue permet d'obtenir des images très artistiques (1209). On peut sensibiliser ce papier, d'après les indications de M. de Saint-Senoch, en l'immergeant complètement dans un b;iin de 25 grammes de bicbromate de potasse pour 1 litre d'eau' ; pendant l'été ce bain doit être maintenu à la température de 15° Cl. M. le colonel de Saint-Klorent verse sur le côté charbon une solution alcoolique saturée à froid de bichromate d'ammoniaque : la dessiccation s'opère en deux minutes; <>n lave la feuille après exposition au sortir du châssispresse, puis on l'étend sur une glace et on la frotte avec une toulTe de coton mouillée à l'eau froide, de manière à enlever le noir des parties non insolées : en agissant avec précaution, l'image se dégage peu à peu. Il est indispensable que le papier soit de préparation récente, sans quoi il faut développer à l'eau chaude*'2.
M. Pector développe très facilement le papier an charbon-velours à l'aide : 1° d'un appareil qui se compose d'un plateau sur lequel on pose le récipient destiné à contenir le mélange d'eau et de sciure de bois employé au développement; "2" de deux montants insérés dans cette base et fixés au moyen d'une vis de serrage; ces montants sont garnis de supports destinés à recevoir des règles pinceuses, différemment espacées pour répondre aux grandeurs diverses des formats de papier: :>" de règles composées de deux parties s'emboltant l'une dans l'autre et retenant Le papier au moyen d'anneaux de cuivre, ce qui évite toute chance de chute, accident fréquent quand on emploie les pinces de blanchisseuses OU autres analogues. Ces règles sont en forme d'olive connue coupe, afin de faciliter L'écoulement du
liquide versé dessus. Les montants peuvent recevoir deux tringles suffisamment espacées pour que le liquide passe entre elles. < >n a donc la facilité de développer deux épreuves et même plus ;'i la fois, ce qui n'est pas à dédaigner, car l'opération du développement est toujours assez longue; c'est même là un des Inconvénients de ce procédé.
On peut aussi, pour soutenir les papiers pendant Le dépouillement, comme l'a indiqué M. de Saint-Senoch employer le petit appareil appelé « Classe-feuille Delagarde » que l'on trouve chez tous les papetiers : il faut seulement presser fortement sur les crochets de fermeture la première fois que l'on se sert de cet appareil, de façon qu'il saisisse bien Le papier et La réglette. On peut projeter sous pression le mélange d'eau et la sciure : ce procédé permet de dépouiller convenablement les parties de l'image qui sont trop noires; on peut, par le même moyen, débarrasser l'épreuve terminée des points de sciure fixés par La gélatine et qu'elle retient avec une assez grande persistance.
Les images obtenues sur papier charbon velours augmentent d'intensité en séchant : on doit donc continuer Le dépouillement jusqu'à ce que les
1. Bulletin de lu Soriéh1 française de photographie, p. 2<>1. —'2. Ihid.
lHtx;, ]). 892. — 8. Ibid., L8M, i>. 167. — t. Ibid., 1894, i>. 368.
demi-teintes s'affaiblissent; on peut d'ailleurs diminuer l'intensité des teintes à l'aide d'un pinceau promené à la surface de la couche, l'épreuve étant couverte d'une épaisseur d'eau de 5 à 6 millimètres. On consolide la couche dans une solution d'alun à 5 %>> e* lorsque l'épreuve est terminée, on la monte sur carton ; l'on procède exactement comme pour les épreuves aux sels d'argent.
1455. Papier au charbon. — La mixtion qui recouvre le papier au charbon peut être étendue sur un papier de couleur inactinique ; après sensibilisation, on applique le côté gélatiné contre un support opaque tel que l'ébonite; le séchage peut être fait en pleine lumière. M. Withe a montré qu'on réalisait ainsi plusieurs avantages1 : le séchage se fait rapidement, la couche pigmentaire reste soluble pendant longtemps, le séchage se fait à l'abri des poussières et, de plus, le papier n'étant pas suspendu dans le cabinet noir, on peut y effectuer d'autres opérations.
On peut préparer un papier mixtionné donnant de belles épreuves noires en opérant comme l'a indiqué le D' Mallmann On mouille du papier de Rives et on l'enduit d'une solution de gélatine à 2 %; quand la gélatine est à peu près sèche, on saupoudre la surface de noir ou de brun d'ivoire. On peut le sensibiliser en même temps en opérant comme on le faisait au début du procédé au charbon, c'est-à-dire en faisant dissoudre dans la solution gélatineuse 0cr20 à 0?r25 de bichromate de potasse par gramme de gélatine employée.
La préparation du papier mixtionné (III, 658) peut d'ailleurs être faite rapidement, comme Ta indiqué M. Rousseau3, en incorporant la matière colorante choisie à une dissolution de bonne gélatine. On fait dissoudre 20 grammes de gélatine dans un litre d'eau, on ajoute 6 c. c. de glycérine et 6 grammes de la matière colorante bien broyée; après mélange et dissolution, on filtre sur une fine mousseline, on étend sur papier, puis on laisse sécher.
Les matières colorantes ne sont pas toutes convenables pour fournir des images au charbon ; elles doivent être essayées d'après le procédé qu'a fait connaître Jeanrenaud pour la sépia4 qui fournit ordinairement des couches bichromatées devenant insolubles sans l'intervention de la lumière. Pour l'amener à un état convenable, on fait bouillir la pâte de matière colorante avec une solution de bichromate de potasse concentrée; la matière colorante non altérée est lavée jusqu'à disparition du bichromate de potasse, puis lavée à l'alcool concentré, et finalement à l'eau bouillante : la sépia ainsi traitée est inerte dans les préparations gélatino-chromatées.
M. Cousin a montré que le dépouillement de certains papiers au charbon pouvait être fait d'une manière très simple. Après exposition sous le négatif, le papier est plongé dans une cuvette d'eau froide pour le débarrasser de la plus grande partie du bichromate; on le plonge ensuite dans une solution froide contenant 5 à 10 o/0 de sulfocyanure d'ammonium : l'image apparaît dans peu de temps; pour la dépouiller, on verse à sa surface,
1. The Journal of the Photographie Society, 1894, n° 11. — 2. The British Journal of Photography, 1895, n° 1851. — 3. Bulletin de l'Association belge de photographie, 1895, p. 109, — 1. Bulletin de la Société française de photographie, 1872.
GOMME BICHROMATÉE. 323
comme dans le procédé Artigue, un mélange de sciure de bois de sapin et d'eau qui balaie la couche dans les parties qui doivent rester blanches. Le dépouillement se fait très vite si la durée de l'exposition n'a pas été exagérée; la môme solution de sulfocyanure peut servir pendant fort longtemps1.
M. Drouet2, dans le but de consolider la couche de gélatine après les lavages qui suivent le passage à l'alun, plonge l'épreuve dans un bain contenant 50 c. c. de formol (solution commerciale) pour 1 litre d'eau. On peut aussi placer l'épreuve dans une boite fermée au fond de laquelle on a répandu quelques gouttes de formol commercial; après dix minutes, l'épreuve est mise à sécher sans lavages : la gélatine semble devenir un peu plus friable après ce traitement.
Lorsque les photocopies doivent être encadrées, on peut supprimer le second transfert à condition de faire h' dépouillement sur le verre même du cadre; on colle sur ce verre, comme fond, soit un papier teinté, soit un papier rugueux, h gros grains, etc. Certaines épreuves gagnent à être traitées par ce moyen*.
1456. Procédé à la gomme bichromatée. L'ancien procédé de Poitevin utilisant l'action de la Lumière sur la gomme bichromatée a été récemment remis en laveur.
On verse à la surface du papier un mélange fait par parties égales de deux dissolutions : A) eau, 100 c. c; gomme arabique, 10 grammes; B) eau, 100 c. c.; bichromate de potasse. M grammes. La dissolution de gomme s'effectue à chaud, et avant refroidissement on verse la solution de bichromate dans celle de gomme préalablement filtrée sur mousseline: on ajoute à cette liqueur une couleur moite préparée pour l'aquarelle, telle qu'on la trouve dans le commerce. Il faut environ 1 gramme de matière colorante pour:J(> c. c. de solution bichromatée. Le ton sépia s'obtient avec :; 'i de sépia et 1/4 de brun rouge; la sanguine avec 1/4 de sépia et 8/4 de brun rouge; les tons noirs s'obtiennent en utilisant l'encre de Chine de très belle qualité.
L'étendage de cette mixtion se l'ail à L'aide d'un blaireau fin et plat de \ à G centimètres de large; on couvre vivement le papier à l'aide de cette solution et on passe à plusieurs reprises le blaireau jusqu'à ce que la couche soit uniforme ou à peu près telle. Le papier Ganson à gros grains et fortement collé est celui qui fournit les meilleurs résultats. Après exposition sous un négatif, le dépouillement de l'image s'effectue avec de l'eau chaulfée à 25 ou 87° C. On ne fait pas de double report, ce qui exige une détermination exacte de la durée d'insolation si l'on veut conserver toutes les demi-teintes de l'image4.
1. Bulletin de la Société française rie photographie , L895, p. 897.-2. Ibid., ÎS'JÔ, p. :>88. — 8. The Photographie Times, ir 668. — V. Bulletin riu Photo-Vluh de Paris, 1891.
La dissolution de gomme à 40 % ne doit pas pénétrer le papier. La couche sèche doit avoir le brillant de la gomme ; mais si la surface est trop brillante, c'est qu'il y a trop de gomme et la couleur s'enlèvera avec elle. De la quantité de gomme dépend aussi la grosseur du grain de l'image; beaucoup de gomme donne un grain intense. On emploiera donc beaucoup de gomme pour le papier destiné à imprimer des paysages et peu dégomme pour celui qui doit servir pour les photocopies de portraits ; il y a lieu de remarquer que si l'on emploie trop peu de gomme on aura des ombres empâtées.
Le séchage du papier doit être fait à chaud, sinon la couleur disparaîtra au lavage, et l'insolation doit être faite aussitôt que possible après le séchage ; la durée d'exposition doit être appréciée très exactement à l'aide d'un photomètre. Le dépouillement doit être commencé à l'eau froide, et Ton change cette eau jusqu'à ce que celle qui s'écoule soit incolore ; on prend alors de l'eau de plus en plus chaude et on s'aide du pinceau pour le dépouillement de l'épreuve.
On obtient des images très fines en préparant le papier d'après le procédé indiqué par le Dr Mallmann1. Il remplace la solution de gomme à 40 % par une solution de gélatine au même titre. Mais un liquide renfermant 40 % de gélatine fait prise trop rapidement pour que la couche puisse être étendue d'une manière uniforme à la surface du papier; il faut, pour réussir, ajouter une substance qui, sans influer sur la sensibilité de la gélatine bichromatée, enlève à la gélatine son pouvoir de coagulation. Dans ce but, on remplace la solution de gomme par le mélange suivant : eau, 1,000 c. c; gélatine, 400 grammes ; hydrate de chloral, 250 grammes. Le papier préparé par ce procédé est dépouillé à l'eau chaude. L'addition d'une petite quantité de potasse à cette eau chaude facilite l'opération. Un arrosage avec de la bouillie de sciure permet d'obtenir des lumières très vives.
M. Demachy2 a indiqué l'emploi de la gomme acide comme permettant d'obtenir très facilement les demi-teintes, ce qui n'a pas toujours lieu quand on se sert de gomme arabique neutre. Il emploie un mélange fait par parties égales d'une solution d'acide citrique à 10 °/0 et d'une solution de gomme arabique ordinaire à saturation. Ce mélange est utilisé en place de la solution de gomme ordinaire.
Cette gomme peut d'ailleurs être remplacée, comme l'avait indiqué
1. Wiener photographische Blaetter. 1896, nos 4, 7, 10. — 2. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 51.
PROCÉDÉS DIVERS. 325
Poitevin, par d'autres substances, telles que divers mucilages : celui de graines de lin fournit de bons résultats. La dextrine, l'amidon, ont été indiqués comme permettant d'obtenir, par leur mélange avec le bichromate, des couches sensibles à la lumière.
Le procédé à la mixtion de gomme bichromatée étendue directement sur papier est d'une exécution un pou délicate et présente des difficultés assez sérieuses dans l'appréciai ion du temps de pose : les demi-teintes les plus délicates sont à la surface de la couche et sont souvent entraînées lors du dépouillement de l'image.
Sous ce rapport, le procédé à la gomme par saupoudrage (III, 652» est d'un maniement plus facile, et permet, de plus, des retouches locales, difficiles à exécuter quand on utilise le procédé direct.
S t. — Pnocftofis divers.
1457. Emploi des sels de fer. de cuivre, d'urane. Les photocopies obtenues sur papier salé ou sur papier au gélatino-bromure d'argenl peuvent être virées à l'aide des sels de fer <>u de cuivre. On obtient (les tons bleus en plongeant l'épreuve dans un bain de 1 gramme d'oxalate ferrique, 1 gramme de ferrievanure de potassium et 2 litres d'eau; on arrête l'opération aussitôt rpie la teinte désirée «-si obtenue. <>u peut virer ces épreuves à la teinte violette en employant un sel de enivre dissous dans une solution de carbonate d'ammoniaque, ou fait dissoudre lu grammes rte sulfate de cuivre dans 1 litre d'eau et on ajout»' une solution concentrée de carbonate d'ammoniaque jusqu'à ce que le précipité «l'abord formé soit redissous; l'épreuve virée au bleu est plongée dans 08 bain <|ui t'ait passer L'image au violet. Si l'on désire des images de teinte rouge, on ajoute -.'-'ôo de ferrievanure de potassium à KM) c. c d<> cette solution : 1rs tons rouges obtenus par ce moyen sont «les plus remarquables4.
Le mélange des sels d'urane et de cuivre fournit des épreuves d'un beau rouge. On mélange dans une petite quantité d'eau ~rî grammes de nitrate d'urane et 20 grammes de nitrate de cuivre, on neutralise la solution avec une petiU; quantité de carbonate de soude, on ajoute ensuite de l'eau, de manière à obtenir le volume de 1 litre. Sur ce bain, placé dans une cuvette
de porcelaine, on fait tlotter du papier recouvert de gélatine ou d'arrow-root durant une ou deux minutes, on laisse sécher dans l'obscurité, on imprime sous un négatif jusqu'à ce que l'image soit bien visible, on développe dans une solution à 8% de ferrocyanure de potassium et l'on lixe par un lavage suffisamment prolongé : la teinte de l'image est d'un beau rouge. On obtient des colorations sépia en neutralisant la solution d'urane et de cuivre avec de l'ammoniaque et employant un bain révélateur à 2 o/o de ferrocyanure2.
1458. Emploi des sels de manganèse, de cobalt, de cérium.
1. The Photogramme, avril, L896. — 2. The Suint-Louis and Canadian Pholographer, lH«.)->, n° 6.
MM. Lumière1 ont constaté que la solution de chlorhydrate de paramidophénol, donne, avec les sels de manganèse, des images intenses, dont les demi-teintes claires présentent une coloration jaune que l'on peut éliminer en ajoutant au bain développateur une petite quantité d'acide chlorhydrique ; cette quantité ne doit pas dépasser 1 o/0 du volume total du bain (A, 1207). Avec l'aniline en solution alcoolique étendue d'eau et avec ses sels, on a des images vert pâle dont la teinte s'accentue par addition de 5 °/o d'acide chlorhydrique; les images virent au violet par addition d'ammoniaque. La naphtylamine a se comporte comme l'aniline ; elle ne fonctionne bien qu'en solution très acide, en fournissant des épreuves bleues que l'ammoniaque fait virer au rouge. On peut d'ailleurs mélanger ces diverses substances en proportions différentes pour obtenir des teintes très variées.
L'oxalate cobaltique peut servir à la production d'images photographiques (A, 1208). MM. Lumière2 le préparent en précipitant un sel cobalteux (sulfate ou chlorure) par une solution de peroxyde de sodium en excès. Le précipité bien lavé est traité dans l'obscurité par une solution froide et saturée d'acide oxalique : il faut que la liqueur contienne un excès de peroxyde de cobalt; on laisse en contact pendant quelques heures, puis on filtre la liqueur dans une cuvette; on fait flotter à la surface de ce liquide des feuilles de papier recouvertes d'un encollage à la gélatine, on sèche dans l'obscurité et on expose sous un négatif. La durée de l'exposition à la lumière n'est qu'une faible fraction de celle nécessaire pour l'obtention d'épreuves aux sels d'argent sur papier albuminé. La couleur du papier passe du vert au rose, la lumière réduisant le sel cobaltique vert à l'état d'oxalate cobalteux rose. Lorsque l'exposition est jugée suffisante, on immerge l'épreuve sans lavages dans une solution à 5 % de ferricyanure de potassium. Le sel de cobalt, ramené à l'état de sel au minimum dans toutes les parties frappées par la lumière, donne du ferricyanure cobalteux insoluble dans l'eau, tandis que le sel cobaltique non altéré par la lumière ne donne pas de précipité. On lave pour enlever l'excès de ferricyanure ainsi que le sel cobaltique; on obtient une épreuve rouge, peu intense, que Ton traite par une solution de 10 à 20 grammes d'un sulfure alcalin dans 1 litre d'eau : l'image passe au noir; on lave et on laisse sécher. Les sulfures alcalins peuvent être remplacés par divers sels métalliques. Le sulfate de fer donne des épreuves bleues et le sulfate de nickel des épreuves rouges , par suite de la formation de ferricyanure de fer ou de nickel.
Les sels cériques sont réduits par la lumière, mais la solubilité de ces sels est relativement faible, de là un obstacle à leur emploi en photographie. Si l'on traite l'épreuve obtenue par les sels de cobalt (ferricyanure cobalteux) par un sel cérique, il se forme un ferricyanure cérique qui est insoluble et qui possède des propriétés très oxydantes, de sorte que, après le traitement par ce sel cérique, on peut faire réagir sur l'épreuve des aminés ou des phénols et former des matières colorantes. Le chlorhydrate d'aniline, par exemple, donne des épreuves noir verdâtre qui virent au rouge par l'ammoniaque; avec la naphtylamine a, les épreuves sont bleu violacé et deviennent violet rouge par les alcalis 3.
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1893, p. 106. — 2. Ibid., 1893, p. 372. — 3. Ibid., pp. 198, 373.