PROJECTIONS
On peut employer le bain d'or pendanl un tempe très courl el faire agir successivement et localement les divers bains de virage sur le négatif sec; on obtient des images très artistiques à l'aide de ce procédé.
Les diapositives pour projections sont faites sur verre du format de S."> x 100»». Sur l'épreuve, on dispose un cache, soit des formats commerciaux 08 X 08'»'» ou 70 X 74 , soit de toute autre forme en rapport avec
le sujet représenté que Ton recouvre d'un verre mince; on colle à cheval sur tout le pourtour des deux verres des bandée de papier noir : ces bandes empêchent les poussières et l'humidité de passer entre les verres. Pour permettre de reconnaître dans l'obscurité quel est le côté de l'image qui doit être tourné vers l'écran (ce qui est indispensable pour éviter l'inversion de l'image), on applique sur le coin droit inférieur de ces plaques une étiquette ronde destinée à se trouver placée sous le pouce de l'opérateur quand celui-ci saisit La plaque entre le pouce et l'index, et la regarde de façon à la voir telle qu'elle doit être sur la projection; sur une des marges de l'épreuve on colle une étiquette de papier blanc sur laquelle on inscrit le titre à l'aide d'une machine à écrire, sur l'autre marge on fixe une autre bande imprimée portant \<- numéro de la série à laquelle appartient l'épreuve, le nom de l'auteur, etc.
On conserve les épreuves pour projections dans des boites de bois, sans rainures, sur les faces desquelles ou colle des bandes de molleton épais; les séries sont classées dans ces boites et (.n le-; sépare par de petites planchettes de la largeur des épreuves, mais un peu moins hautes que celles-ci: on colle également du molleton épais sur ces planchettes.
1479. Pratique des projections. Les diapositives doivenl être préalablement classées et numérotées dans lY.rdre suivant lequel elles doivent être projetées; c'est Là une précaution indispensable que l'on oublie
trop souvent. L'appareil de projection doit être placé sur un support aussi stable que possible : le meilleur support est celui qui a été récemment construit par Molteni. On commence par régler la lumière : on emploie le plus fréquemment la lumière oxhydrique (A. 1221). mais on peut utiliser le bec Auer, l'acétylène, la lumière électrique, rte. | .a lumière «>x\ -éthérique ne présente pas de causes de dangers si la manipulation se t'ait correctement. La lanterne doit être placée à une hauteur telle que l'axe de l'objectif horizontal coïncide avec le centre de l'écran. C'est une très mauvaise méthode que d'incliner la lanterne ; il es! liés difficile, dans CC cas. d'obtenir un parallélisme rigoureux entre la diapositive et l'écran de projection: ce défaut de parallélisme se traduit par une déformation de l'image. On a renoncé a peu près complètement au dispositif qui consiste à montrer les projections par transparence, parc.' que dans ce genre de projections il est assez difficile d'éviter qu'il ne se forme sur l'écran un espace brillant visible pour tous les spectateurs; de plus, cette disposition exige presque toujours l'emploi d'objectifs à court foyer qui déforment souvent les diapositives les mieux faites. L'écran de calicot blanc sera frotté avec de la magnésie de façon à augmenter son pouvoir réllecteur; l'écran ainsi préparé refléchit tout autant qu'une surface plâtrée à neuf, surfaces que l'on trouve disposées à cet effet dans certaines salles de conférences.
Les systèmes optiques doivent être à la température de la salle dans
laquelle se font les projections; si le condensateur et l'objectif sont à une température inférieure à celle de la salle, l'humidité se condense à la surface des verres, et cette buée fait pâlir ou même disparaître complètement l'image. Le même inconvénient se produit si le verre des objectifs ou du condensateur est couvert de poussières : on essuie ces poussières avec une toile fine. L'emploi de la trousse d'objectifs à projections de Molteni1 permettra d'opérer dans les conditions de recul les plus défavorables.
Le châssis qui contient les épreuves à projeter doit être disposé pour recevoir deux diapositives, de telle sorte que l'écran soit toujours couvert par une image ; la projection en blanc, c'est-à-dire le passage du châssis sans épreuve, doit être absolument évité.
§ 4. — Stéréoscope.
1480. Matériel. — Les objectifs anastigmatiques de tous les bons constructeurs sont actuellement les plus employés pour produire les épreuves stéréoscopiques ; mais il n'existe qu'un très petit nombre d'instruments permettant d'obtenir des images de monuments très rapprochés. Si l'on examine la plupart des catalogues d'opticiens, on constate que les objectifs de foyer le plus court pour couvrir la plaque de 70 X 70 millimètres sont ceux ayant GO à 70 millimètres de foyer, ce qui correspond à un angle de 55 à 60° environ, sous-tendu par le plus grand côté de la plaque. Dans certains cas, pour la reproduction des intérieurs, monuments rapprochés, cette distance focale est trop longue. Lacour a construit sur noire demande des périgraphes anastigmatiques ayant environ 45 millimètres de foyer et couvrant nettement un champ circulaire de 120 millimètres. Ces objectifs sont très précieux dans le cas où l'on manque de recul, c'est-à-dire lorsqu'on ne peut s'éloigner suffisamment du sujet à photographier.
Zeiss a établi pour le stéréoscope des trousses de lentilles simples anastigmatiques2 qui peuvent être employées seules ou bien être combinées deux à deux et donner soit des aplanats anastigmatiques ordinaires, soit des aplanats anastigmatiques symétriques; il suffit dans la pratique de trois paires de lentilles simples de 10, 12 et 16 centimètres. Les diverses combinaisons que l'on peut faire avec ces lentilles employées deux à deux ou isolément sont, en millimètres :
Lorsqu'on dépasse le foyer de 160 millimètres, les lentilles ordinaires à paysages sont très suffisantes pour l'obtention des images stéréoscopiques, l'angle utilisé étant alors très faible.
La plupart des obturateurs peuvent être modifiés de façon à servir accouplés pour les objectifs. Plusieurs constructeurs, parmi lesquels il convient de citer Thornton-Pickardt et Berthiot, ont établi des obturateurs spéciaux pour chambres stéréoscopiques. L'obturateur planchette de Berthiot (voir fig. 115, p. 174) est remarquable par son faible volume. Le plus souvent,
1. Bulletin de la Société française de photographie, 1896, p. 540. — 2. Revue suisse de photographie, 1894, p. 305.
STÉRÉOSCOPIE.
pour ne pas modifier le centrage des objectifs à court foyer, centrage qui est souvent délicat, on a intérêt à utiliser les obturateurs à rideau (p. 171) placés contre la plaque sensible.
Les chambres noires employées pour le stéréoscope doivent permettre l'utilisation d'objectifs à très court foyer, et dans ce but il est bon que l'avant de l'appareil soit fixé à lu base, la mise au point se faisant par l'arriére, ou tout au moins que l'arrière puisse se placer à une très faible distance de l'avant; la planchette qui porte les objectifs doit pouvoir s'élever ou s'abaisser de plusieurs centimètres.
1481. Écarteraient des objectifs. L'écartemenl des centres des deux objectifs doit autant que possible être variable; mais, dans la plupart des cas, il suffit qu'il soit égal à la moitié de la longueur de la plaque utilisée. Ce n'est que dans le cas de photographies d'objets très rapprochés ou très éloignés (auquel cas on emploie deux chambrés noires) qu'il y a lieu de modifier cet écartement; on le réglera, suivant le but à atteindre, d'après la formule qu'a fait connaître M. Càzesf. Soit A L'intervalle des objectifs, 5 l'intervalle des yeux, qui est en moyenne de 0 à 7 centimètres, D la distance aux objectifs du premier plan de front du sujet, d la distance aux yeux du premier plan de front de l'objet reconstitué, qui ne peut être inférieure à la distance minimum de* la vision distincte, 1» la dimension en profondeur du sujet ou la distance qui sépare ses deux plans de front extrêmes, pa la dimension en profondeur de l'objet reconstitué, on doit avoir :