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Stéréoscopie de précision

ANAGL YPHES.

blable aux instruments ordinaires et permet l'examen des images transposées ou inversées. A cet effet, les prismes sont montés sur des tubes qui se glissent à frottement doux sur les tubes qui portent les oculaires.

M. A. Buguet a montré, en 1891, qu'on pouvait voir en relief des projections d'images stéréoscopiques naturelles projetées sur un écran. On arrive à 1rs superposer à l aide de deux prismes que le spectateur place devant ses yeux; mais il faut des prismes d'un angle déterminé et, de plus, on doit chercher, en s'éloignant plus ou moins de l'écran, l'endroit d'où l'effet est le meilleur. M. le colonel Moessard a imaginé une stéréo-jumelle reposant aussi sur l'emploi de deux prismes : mais la disposition donnée aux images et aux prismes est différente. Les images parasites sont masquées et l'angle de déviation est variable de façon à permettre aux spectateurs de constater l'elfe t stéréoscopique quelle que soit la distance qui les sépare de l'écran1.

M. Drouin a repris la construction du stéréoscope à éclipses imaginé par d'Almeida, appareil qui était destine à examiner les épreuves par projection. Le stéréoscope de M. Drouin se prête à l'examen des épreuves sur papier. 11 se compose d'un tambour opaque, à axe horizontal, pouvant tourner rapidement autour de cet axe; l'épreuve droite et l'épreuve gauche du stéréogramme sont collées dos à dos sur le même carton et en sens inverse l'une de l'autre; ce carton est monté dans le tambour suivant un plan diamétral et de façon à tourner avec le tambour. Celui-ci est percé de deux fenêtres étroites diamétralement opposées et situées dans un plan perpendiculaire à celui de l'épreuve. Ces deux fentes ne sont pas comprises entre les mêmes plans perpendiculaires à l'axe du cylindre : l'une se trouve à l'extrémité gauche de la génératrice qui lui correspond, Tau Ire se trouve ù l'extrémité droite de la génératrice diamétralement opposée. Les distances et les longueurs de ces lentes sont déterminées de telle laçon que l'o-il gauche ne puisse voir que l'image gauche et l'o-il droit l'image droite. L'épreuve est éclairée par une forte source de lumière extérieure, comme le soleil, ou un faisceau de lumière artificielle très intense ; si les épreuves sont de teinte un peu foncée, il est très difficile d'arriver à un ('clairement convenable2.

1483. Anaglyphes.— Au lieu d'imprimer les deux épreuves sur feuilles distinctes, on peut, comme l'a indiqué M. Ducos du Hauron1, superposer leurs impressions en employant pour chacune une couleur dilférente. Les images sont alors examinées au travers de deux verres diversement colorés,

un pour chaqu il. L'épreuve droite, dont les ombres sont imprimées en

couleur sur fond blanc, doit être invisible à travers l'écran gauche qui ne doit laisser passer que l'effet d'un tableau uniformément éclairé et teinté; elle doit, au contraire, paraître vigoureuse à travers l'écran droit; de même L'épreuve gauche ne pourra Ôtre vue qu'à travers l'écran gauche et disparaîtra en clair à travers l'écran droit. Ces deux couleurs ne sont pas étendues par teintes plates empruntant leur modelé à un dessin noir, mais elles sont graduées l'une et l'autre en teintes et demi-teintes constituées par leur propre substance, avec exclusion absolue du noir.

1. Bulletin de la Société française de photographie , 1895, pp. 154, 558- — ± Bulletin de l 'Association belge de photographie , 1895, p. 0-19. — 3. Brevet français, n- 216,465, 15 septembre 1891 : estampes, photographies et tableau* steréoscopiques produisant leur effet en plein jour sans l'aide du stéréoscope.

Les anaglyphes peuvent être classés en deux catégories : les anaglyphes noirs, les anaglyphes polychromes. Les premiers, bien que constitués par deux images en couleur, forment à la vue, à travers le binocle bi chrome, une image en une teinte sombre voisine du noir. Les anaglyphes polychromes ou stéréochromes sont constitués par trois images en couleur dont deux sont perçues par un œil, la troisième par l'autre œil, et déterminent la sensation du relief unie à la sensation de la couleur.

Si les anaglyphes noirs doivent être examinés par projection, on prendra comme pigment formant l'image la laque de garance et le bleu de Prusse; on les examinera au travers d'un verre rouge rubis ou d'une feuille de celluloïd ou de gélatine mince colorée avec du ponceau d'aniline; l'autre verre sera de la teinte bleu-turquoise et, au besoin, on superposera plusieurs de ces verres ou bien on emploiera une pellicule de gélatine colorée avec du bleu de Prusse.

Pour obtenir les anaglyphes polychromes, on établit deux monochromes, l'un rouge, l'autre jaune, destinés à la perspective de l'œil droit. Ils sont superposés identiquement, c'est-à-dire avec concordance complète de toutes leurs lignes : le monochrome bleu correspondra à la perspective de l'œil gauche; on l'imprime au-dessus de la première image rouge-jaune en la faisant chevaucher avec un écart facultativement plus ou moins grand, suivant qu'on veut faire apparaître la polychromie réduite et en avant de la surface, ou qu'on veut la faire apparaître amplifiée et au delà de celte surface. L'œil droit est muni d'un verre bleu turquoise et l'œil gauche d'un verre rouge rubis. Si l'on imprime sur papier, les couleurs employées doivent être, en ce qui concerne la perspective de droite, d'abord le jaune de chrome sur laquelle on imprime l'image formée par la laque de garance ; la troisième image est imprimée avec du bleu de Prusse. Pour les épreuves transparentes, il faut remplacer le jaune de chrome soit par des positives au chlorure d'argent non virées et fixées au sulfocyanure d'ammonium, soit par des gélatines colorées au picrate d'ammoniaque, gélatines que l'on obtient par photoplastographie ; ce procédé est précieux pour obtenir ces stéréogrammes coloriés.

On peut aussi disposer les couleurs de la façon suivante : l'image rouge et l'image bleue sont employées pour la perspective de l'œil A, l'une et l'autre étant vues par l'œil A armé d'un verre jaune, tandis que l'image jaune appartient à la perspective de B et est vue par cet œil armé d'un verre bleu violet.

Une troisième solution consiste à employer pour la perspective de l'œil A l'image jaune et l'image bleue, vues l'une et l'autre par cet œil armé d'un verre rouge pourpre, tandis que l'image rouge appartient à la perspective de B et est perçue par cet œil armé d'un verre vert.

M. Ducos du Hauron a constaté qu'étant donnés deux phototypes stéréoscopiques, l'un D créé par la lumière verte, l'autre G créé par la lumière rouge orangé, si le premier de ces phototypes est imprimé en rouge et le second en bleu, le premier étant examiné au travers d'un verre bleu turquoise et le second au travers d'un verre rouge rubis, il peut arriver que ces deux images donnent la sensation d'une polychromie complète sans la coopération du monochrome jaune.

M. Drouin a construit un stéréoscope à double réflexion totale qui permet

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