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CHAPITRE PREMIER

§ 1. — Microphotographie.

1484. Appareils. — M. Lemardeley a construit un appareil de photomicrographie qui s'adapte, comme un objectif ordinaire, aux chambres noires photographiques. Il se compose d'un objectif de microscope en avant duquel sont placés un porte-objet et un condensateur à verres colorés donnant un éclairage monochromatique. La préparation se place sur un porte-objet fixe, et la mise au point se fait, comme dans tous les microscopes, à l'aide d'une vis micrométrique.

Zeiss a établi un nouveau modèle de chambre noire microphotographique. La chambre, très rigide et très légère à la fois, est fixée à une tige verticale susceptible de prendre toutes les inclinaisons possibles autour de cette verticale; l'appareil est destiné à tous les supports du microscope, mais surtout aux modèles lia et IV a de ce constructeur; il donne, d'ailleurs, de très bons résultats avec tous les microscopes.

M. Frémont1 a insisté sur l'utilité qu'il y avait pour la photographie des objets opaques à envoyer la lumière par le tube même de l'objectif, ce dernier faisant office de condensateur, comme cela a lieu lorsqu'on utilise un vertical illuminator quelconque (IV, 898). Cette disposition, comme l'a montré M. Màrey, est très importante pour la chronophotographie microscopique.

Le Dr Fayel, pour photographier les objets opaques, dispose l'objet à photographier en avant d'une chambre noire munie de son objectif photographique : le principe de la méthode consiste à substituer à l'objet luimême son image aérienne fournie par un bon objectif.

La mise au point des objets microscopiques peut se faire facilement si au lieu d'employer une glace dépolie on utilise une glace recouverte d'une émulsion au sulfate de baryte 2. M. Max Toch a fortement recommandé ce procédé.

1. Comptes rendus, 1895, p. 323. —2. The Amateur photographier, 7 juillet 1893.

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M. \V. GifTord utilise, avec les diverses sources de lumière, une cuve contenant une dissolution de vert malachite. Avec cette lumière, il n'est pas nécessaire d'employer les plaques orthochromatiques, il suffit de se servir de plaques ordinaires suffisamment rapides D'autres opérateurs1 préfèrent, comme nous, utiliser les plaques orthochroroatiques en interposant sur le trajet des rayons lumineux des cuves contenant des solutions colorées. Les meilleures dissolutions à employer ont été indiquées par le !)>• Neunauss (IV, 891i.

M. Yvon2 ;i fait observer que pour tous les travaux micrographiques il est utile de disposer d'un banc de fonte d'un poids considérable, reposant sur des pieds massifs, que l'on peut placer sur des pavés de caoutchouc : on évite ainsi l'inlluence des trépidations, très nuisibles à la netteté des images.

M. de Wildemann a insisté sur les avantages que l'on peut retirer de l'emploi de l'appareil a projection du \y Ivlinger3. Cet appareil permet dê dessiner ou de photographier des préparations microscopiques sous un faible grossissement. La maison Leitz, de Wetzlar, construit cet appareil spécialement pour la photographie. La chambre noire est munie latéralement d'un petit volet; par l'ouverture, la mise au ooint peut se taire sur un papier blanc remplaçant le verre dépoli ; lorsque la mise au point est faite, on remplace le châssis à papier blanc par un châssis contenant la plaque sensible.

Le Dr Van Heurcb a étudié la lumière de l'acétylène et les avantages que

présente la tlamme de ce gaz pour la photoinicrographie ; il a trouvé que les temps d'exposition, lorsqu'on emploie une lampe à incandescence, la lumière de l'acétylène ou celle du pétrole, varient comme les nombres 1, 2, G. M. W'.-H. Walsmley a trouvé que l'emploi de cette lumière constituait l'éclairage idéal pour la photomicrographie4. If. C. Fox1 a obtenu de très bons résultats par l'emploi de cet éclairage.

Pour photographier les préparations microscopiques dont les dimensions sont un peu considérables, M. w. Forgan1 trouve avantageux d'employer un objectif simple à paysages, diaphragmé au l<»'' du foyer; la préparation pat éclairée par la lumière dill'usée au travers d'un verre dépoli. On peut employer la tlamme du magnésium.

1485. Procédés à employer. Le procédé photographique auquel on a recours le plus souvent est le procédé du gélatino-bromure, à cause de la

rapidité avec laquelle l'image peut être obtenue. On doit donner la préférence aux plaques orthochromatiques ou aux panchromatiques, et s'il B'agit d'obtenir un agrandissement du négatif, OU devra utiliser les émulsions au collodio-bromure, les plaques «'tant ort hochrom a tisées par l'éosinate d'argent. Ces plaques ne Be conservent pas longtemps, mais elles donnent des images extrêmement fines et sont d'une rapidité suffisante, surtout si l'on utilise la lumière solaire.

I. Bulletin de la Société française de photographie, 1898, p. "-MI. — Ihid.,

1896, p. 21'). — ■'>. lUilIrtu) de la Socirtr hehjc de microscopie , 1894-9."), n°« 7-9, p. 183, — t. Amer. Micr. Journal , 1895, XVI, p. 889.-5. Journal Roy. Micr. Soc, 1896, p. 851 — 8, Journ. Roy. Mier. Soc., 1896; p. 349.

§ 2. — Photographie astronomique.

1486. Photographie des étoiles. — Dans sa quatrième réunion, le Comité international de la Carte du ciel a adopté un certain nombre de résolutions parmi lesquelles il convient de signaler celles relatives aux mesures. Ces mesures, pour ce qui concerne le catalogue photographique, doivent être dirigées de manière que l'erreur probable ne dépasse jamais 0",20. Chaque observatoire aura la liberté de choisir la position des étoiles de repère dans les catalogues qui lui paraîtront les plus convenables. Les observatoires pourront déterminer la grandeur des étoiles soit en les mesurant, soit en les estimant.

Le Comité a admis comme mode de reproduction de la Carte la photoglyptographie sur cuivre d'après les négatifs à trois poses agrandis deux fois. Les observatoires feront leurs diapositifs sur verre par contact, dont l'un sera déposé au pavillon de Breteuil, siège du Bureau international des poids et mesures.

M. D. Gill a constaté1 que le nombre des étoiles photographiques augmente rapidement avec la durée de la pose; ce nombre, qui est de 10,000 par degré carré pour une pose cle trois heures quinze minutes, atteint 100,000 pour une pose de vingt-quatre heures (pose obtenue en huit nuits différentes). De même M. Russel a constaté qu'une atmosphère troublée provoque une augmentation de la durée de la pose; c'est ainsi qu'une étoile de onzième grandeur, qui par une bonne nuit peut être photographiée en une minute, demande neuf minutes de pose lorsque l'atmosphère est troublée.

M. Schœberlé a établi que les objectifs doubles à portraits (diamètre d'environ 0m15) employés par le Dr Max Wolf, Charlois, etc., donnent en cinq heures de pose toutes les étoiles visibles dans le grand équatorial de Lick; mais ce résultat ne peut être obtenu que par un observateur patient et habile à diriger son instrument2. L'emploi des objectifs doubles tend à entrer de plus en plus dans la pratique. A Harward Collège et à Arequipa, au Pérou, on utilise des objectifs doubles (Petzwal) de 0m20 de diamètre. Ils opèrent rapidement, à tel point qu'un appareil automatique permet de photographier tout l'hémisphère visible en un mois, à raison d'un négatif toutes les vingt minutes. Pour faciliter la comparaison des négatifs, on expose une première série de plaques face sensible en avant, puis dans une seconde série on photographie les mêmes régions du ciel face sensible en arrière. En appliquant les deux négatifs d'une même région gélatine contre gélatine, on peut rapprocher l'une de l'autre les deux images d'une même étoile; toute différence d'éclat et de position est immédiatement mise en évidence. Ce procédé a permis à M. Flemming de découvrir un certain nombre d'étoiles variables et à Miss Wells de trouver une étoile variable, passant de la neuvième à la deuxième grandeur, dans une période de quatre jours.

M. Turner, pour effectuer les mesures sur les négatifs, examine les images à mesurer avec un microscope au foyer duquel est une échelle divisée

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