PHOTOGRAPHIES DU SOLEIL
sur verre. Ce procédé est un peu moins précis, mais beaucoup plus expéditif que l'emploi des lils micrométriques.
M. Lippmann a imaginé un dispositif nouveau pour enregistrer le passage au méridien d'étoiles faibles. 11 substitue à l'instrument méridien un équatorial entraîné par un mouvement d'horlogerie et fait apparaître sur la plaque, à des intervalles égaux, l'image du méridien du lieu : la méthode ne suppose l'uniformité du mouvement de l' équatorial que pendant la durée d'une seconde >.
L'étude des photographies d'étoiles doubles faites par le P. Hagen à l'observatoire de Georgetown a permis de comparer les résultats obtenus avec ceux donnés par l'héliométre de Kœnigsberg : la photographie semble conduire à des distances un peu plus petites que celles fournies par l'héliométre.
1487. Photographies du soleil. — L'étal dé la photosphère est régulièrement enregistré à l'observatoire de Meudon. Les négatifs obtenus par M. Janssen sont faits avec des temps de pose très courts afin d'obtenir tous les détails de la structure granulaire de la photosphère au détriment de la définition des bords, définition qui n'est utile que pour déterminer la latitude des taches et leur surface.
Pour étudier la chromosphère, M. Deslandres se sert de deux spectrographes : l'un, à fente étroite et à faible dispersion, indique la distribution des vapeurs de calcium dans la chromosphère ; L'autre, à fente large et à forte dispersion, se prête à la détermination des vitesses dans le sens du rayon visuel. L'image fixe du soleil est fournie par un Bidérostal Foucault. L'appareil composé d'un collimateur, d'un prisme et .l'un télescope, est mû par un clepsydre, «le manière -À enregistrer l'image du soleil par portions successives; un système de lev iers communique un mouvement proportionnel à la plaque photographique.
Pour les recherches qui exigent une forte dispersion. M. Deslandres fait usage du quatrième spectre d'un réseau de Rowland. Les facules ou flammes visibles au télescope se révèlent parmi renforcement du spectre continu, les nuages de vapeur de calcium par le renforcement et le dédoublement de certaines raies. La netteté des «'preuves obtenues par M. Deslandres permet de connaître tous les mouvements généraux de l'atmosphère solaire.
M. Deslandres. photographiant la couronne solaire lors de sa mission à Foundioum, au Sénégal, a constaté Le mouvement de rotation de cette couronne : c'est en photographiant sur la même plaque les spectres juxtaposés des parties est et ouest de la couronne qu'il a pu constater, par un déplacement des raies II et K, ce mouvement de rotation. 11 a de plus constaté que le spectre de la couronne dans L'extrême ultra-violet s'étend presque aussi loin que le spectre solaire, avec une intensité un peu moindre dans l'ultra violet 2.
M. Parker' a réussi à photographier la couronne solaire à travers des
l. Photo-Gasette, 1895, p. 1 1(>. — S. Annales du Bureau des longitudes, 1890. — 3. Engl. Mech., 2 janvier 1896.
écrans métalliques, le disque visible ne donnant, dans les mêmes conditions, qu'une couronne très faible.
Pour la photographie de l'éclipsé du 9 août 1896, plusieurs observateurs étaient munis d'un appareil appelé cœlostat, peu employé jusqu'à présent, et dont M. Lippmann a signalé les remarquables propriétés. L'instrument consiste en un miroir plan fixé à un axe qui est orienté suivant la ligne des pôles et qui fait une révolution en quarante-huit heures. Le plan du miroir est réglé de manière à être parallèle à l'axe de l'instrument : ce miroir renvoie dans une direction fixe les rayons lumineux qui viennent des différents points du ciel. On peut alors installer, suivant cette direction, des appareils qui, restant immobiles, peuvent être de dimensions et de poids tels qu'il serait impossible de les monter équatorialement. La possibilité d'avoir un champ immobile dans une lunette fixe est l'avantage caractéristique présenté par le cœlostat, M. Common a construit trois miroirs de 0m40 de diamètre pour les cœlostats destinés à l'observation des éclipses.
1488. Sélénéphotographie. — Le Dr Weinek a utilisé le grand équa torial de l'observatoire du mont Hamilton pour obtenir des photographies de la lune. Dans l'hypothèse qu'aucun procédé d'agrandissement ne saurait rendre toute la richesse des détails des originaux, le D1' AVeinek s'était décidé à exécuter, d'après les phototypes vus au microscope, des dessins à grande échelle; mais ces dessins, bien que relativement fidèles, sont inférieurs aux épreuves purement photographiques, exécutées par des opérateurs habiles, d'après les négatifs originaux amplifiés de vingt à vingt-quatre fois, et sans aucune retouche.
MM. Lœwy et Puiseux ont abordé le même champ de recherches en utilisant le grand équatorial coudé de l'observatoire de Paris. L'atlas de la lune, commencé à la fin de 1893, a été obtenu en agrandissant photographiquement et sans aucune retouche les épreuves focales. Le diamètre delà lune est d'environ 0m171, les originaux sont plus grands que ceux de l'observatoire de Lick et leur finesse nous parait au moins égale à celle de ces derniers. Les épreuves faites à Paris sont incontestablement les plus belles qui aient été produites : elles montrent, comme celles de Lick, bien des détails qui ne sont figurés sur aucune carte. On est en droit d'aftirmer la réalité de ces objets, car ils se présentent avec la même forme et la même étendue sur deux négatifs différents. Pour obtenir ces résultats il faut multiplier les poses jusqu'à ce que l'on ait rencontré pour chaque région de la lune, l'éclairage, le temps de pose et les conditions atmosphériques convenables. Il y a là un ensemble de conditions qui ne se réalisent pas souvent dans l'espace d'une année, et c'est à peine si l'on peut compter sous le ciel de Paris une trentaine de nuits favorables à ces sortes de recherches. MM. Lœwy et Puiseux ont commencé la publication de leur atlas, dont nous avons pu admirer les premiers spécimens lors de la réunion du Comité international de la Carte du ciel. Les images focales ont été agrandies quatorze à quinze fois, ce qui donne environ 2m50 de diamètre à l'image de la lune. L'Académie des sciences de Paris a décerné à M. Puiseux le prix Lalande pour le concours si important qu'il a apporté à M. Lœwy.
1489. Photographie des planètes et des comètes. — M. Stanley